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Le principe
Le 3 juillet 1985, la loi a instauré une rémunération
au profit des auteurs, des artistes-interprètes et des producteurs
du fait de la copie privée des œuvres audiovisuelles (« vidéogrammes »)
et sonores (« phonogrammes ») par les particuliers. À cette époque,
les copies étaient faites sur les cassettes à bandes, à l’aide
des magnétophones et des magnétoscopes.
Ainsi, la copie des œuvres par les particuliers pour leur seul usage
privé était autorisée, mais les ayants droit de
l’audiovisuel et du sonore bénéficiaient en contrepartie
d’une rémunération perçue sur les cassettes
vierges. Les technologies de copie évoluant, la rémunération
pour copie privée a été étendue aux supports
numériques. En 2001, constatant que les œuvres des arts visuels
(peintures, photographies, dessins, …) et de l’écrit
(livres, presse, partition musicales, etc.) faisaient l’objet de
copie privée, la loi a étendu le bénéfice
de cette rémunération à ces œuvres
Le
mécanisme
Les
dispositions légales relatives à la rémunération
pour copie privée figurent dans les articles L 311-1 et suivants
du code de la propriété intellectuelle. Les supports assujettis
et le montant de la rémunération sont déterminés
par une commission de vingt-quatre membres composée pour moitié de
représentants des ayants droit, pour un quart de représentants
des consommateurs et pour un quart de représentants des fabricants
et importateurs de supports.
La rémunération est concrètement perçue auprès
des fabricants et importateurs par deux sociétés d’ayants
droit constituées
en 1985 : Sorecop pour la copie privée sonore et Copie France pour
la copie privée audiovisuelle.
Après l’élargissement de 2001, la perception de la
rémunération des arts visuels et de l’écrit
a été confiée à Sorecop.
Le
montant de la rémunération
Le montant perçu par support vierge varie selon la nature
du support et la capacité d’enregistrement qu’il
permet. Les supports numériques permettant la copie de tous
types de données, dont certaines non protégées
(sauvegardes, données comptables, photos personnelles, etc.),
la rémunération tient compte des usages réels
de copie privée constatés chez les consommateurs. Sur
les supports analogiques, le montant perçu est de 0,28 € par
heure pour les cassettes audio et de 0,43 € par heure pour les
cassettes vidéo.
Sur les supports numériques, il existe une grande diversité de
tarifs du fait des multiples supports existants. Par exemple, la
rémunération pour copie privée est 0,35 € pour
un CD vierge de 700 Mo, 1,10 € pour un DVD vierge de 4,7 Go,
8 € pour les baladeurs numériques d’une capacité de
5 Go, 15 € pour les magnétoscopes numériques à disque
dur d’une capacité de 40 à 80 Go, etc.
Pour l’année 2005, le montant total de la perception
de la rémunération pour copie privée, tous supports
et tous répertoires confondus, s’est élevé à 155
millions d’euros.
La
répartition de la rémunération
La
rémunération est ensuite ventilée entre les
différentes catégories d’ayants droit selon la
clé de partage légale :
>
copie privée audiovisuelle : un tiers pour les auteurs, un
tiers pour les artistes-interprètes, un tiers pour les producteurs
;
>
copie privée sonore : la moitié pour les auteurs, un
quart pour les artistes-interprètes, un quart pour les producteurs
;
>
copie privée des arts visuels et de l’écrit :
la moitié pour les auteurs, l’autre moitié pour
les éditeurs.
Au sein de chaque catégorie d’ayants droit, la rémunération
est à nouveau ventilée : par exemple, la part de la
copie privée audiovisuelle revenant aux auteurs est répartie
entre la SACD (films et téléfilms, etc.), la Scam (documentaires
et reportages, etc.), la Sacem (musique des films, etc.) et l’ADAGP
(œuvres d’art dans les films, etc.). La part de la Scam
pour la copie privée audiovisuelle est de 12,54 %.
La loi prévoit qu’un quart de la rémunération
pour copie privée doit être affecté au financement
d’actions d’aide à la création. Le montant
et la destination des sommes concernées fait l’objet
d’un vote spécifique, tous les ans, en assemblée
générale. Pour l’année 2006, le montant
consacré par la Scam à l’action culturelle provenant
de la rémunération pour copie privée est de
1 million d’euros, ce qui constitue un soutien financier indispensable
pour aider les auteurs et la diffusion de leurs œuvres.
Les trois quarts de la rémunération pour copie privée
sont répartis aux ayants droit selon les reproductions à usage
privé dont leurs œuvres ont fait l’objet.
En matière de copie privée audiovisuelle, la Scam utilise
les données d’enregistrement fournies par l’institut
Médiamétrie pour les sept chaînes hertziennes
: TF1, France 2, France 3, Canal +, France 5, Arte, M6.
Chaque année, le taux de représentativité de
chaque chaîne est calculé, selon son taux de copie et
le volume minutaire. Par exemple, lors de la dernière répartition,
France 5 représentait un taux de copie privée de 23,20
% de l’ensemble du répertoire de la Scam.
En matière de copie privée sonore, la nature des copies
et les sources d’enregistrement (radio, supports du commerce)
sont identifiées par des études de la Sofres.
La répartition aux auteurs de la Scam de la rémunération
pour copie privée est effectuée au mois de novembre
de chaque année, au titre des copies de l’année
précédente.
Pour les œuvres des arts visuels et de l’écrit,
la rémunération a été fixée en
juin 2003 et la perception a débuté en septembre 2003.
Des études sont en cours pour déterminer les clés
de partage entre les différents genres d’œuvres
copiées et les règles de répartition entre les
ayants droit concernés.
Schémas
de répartition des droits de copie privée :
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