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La
procédure d’injonction de payer est une procédure
judiciaire rapide, avec des formalités réduites, qui
permet à un créancier de contraindre
son débiteur à lui payer ce qu’il lui doit. Les
auteurs risquant malheureusement de se trouver, au cours de leur vie
professionnelle, confrontés à des difficultés
pour obtenir le paiement de leurs droits, cette procédure peut
leur être utile.
Quand
utiliser cette procédure ?
Lorsque la somme due est déterminée (montant clairement établi
par un contrat, un bon de commande, une note de droit d’auteur,
une facture, une reconnaissance de dette…) et exigible (la date
de paiement est dépassée).
Attention : cette procédure n’est pas utilisable pour les
créances de nature salariale ou les créances sur une entreprise
en redressement ou en liquidation judiciaire. Dans le premier cas, il
convient de saisir le conseil des prud’hommes, dans le second cas,
il faut effectuer une déclaration de créance auprès
du représentant des créanciers (dans le cas d’une
créance salariale sur une entreprise en redressement judiciaire,
il existe une protection et une procédure particulières).
A
quel juge adresser la demande ?
La demande doit être adressée au juge siégeant au
tribunal du domicile du débiteur.
Selon le montant de la demande, il s’agit :
- du greffe de la juridiction de proximité lorsque le montant
est inférieur ou égal à 4.000 euros
- du greffe du tribunal d’instance pour une demande d’un
montant supérieur à 4.000 euros.
Dans une même ville, le greffe de la juridiction de proximité et
du tribunal d’instance sont communs.
Comment
présenter la demande ?
La demande, appelée requête, doit être écrite,
datée, signée et accompagnée des documents justificatifs
de la créance (contrats, notes de droits d’auteur, bon de
commande signé, courriers, …).
La requête doit indiquer :
- les nom, prénom, profession, domicile, nationalité, date
et lieu de naissance du demandeur (créancier)
- les nom, prénom, domicile du défendeur (débiteur)
ou, s’il s’agit d’une société, sa dénomination
et son siège social
- l’objet de la demande
- le montant précis de la somme réclamée et les éléments
et circonstances qui le justifient.
Pour établir cette requête,
on peut utiliser :
- le formulaire Cerfa n° 12948*01 pour une demande devant le président
du tribunal d’instance,
- le formulaire Cerfa n°12947*01 pour une demande devant le juge
de proximité.
Ces formulaires sont disponibles au greffe ou sur Internet (www.service-public.fr > rubrique « formulaires » puis
saisir le numéro des formulaires Cerfa).
La requête peut être déposée ou envoyée
au greffe par le demandeur lui-même, par un avocat, par un huissier
ou par toute personne munie d’un pouvoir écrit du demandeur.
Comment
se poursuit la procédure ?
Si
le juge estime la requête justifiée, il rendra une ordonnance
portant injonction de payer pour la somme qu’il détermine.
Le créancier doit alors porter cette décision à la
connaissance de son débiteur, par huissier de justice, dans un
délai de six mois à compter de la date de l’ordonnance.
* Si
le débiteur conteste l’ordonnance
:
Il
dispose d’un délai d’un mois à compter
de la signification de l’ordonnance par l’huissier, pour
contester, par voie d’opposition, l’ordonnance d’injonction
de payer auprès de la juridiction qui l’a rendue. Le tribunal
convoque alors les parties, les entend et tente de les concilier. En
cas d’échec de la conciliation, il rend un jugement.
Il n’est pas obligatoire de se faire représenter par un
avocat. Chaque partie peut s’exprimer directement ou se faire représenter
par un avocat, son conjoint, un parent.
Le
jugement ainsi rendu peut être contesté, par l’une
ou l’autre des parties, devant la Cour d’appel si le montant
de la requête est supérieur à 4.000 euros ou devant
la Cour de cassation si la requête est inférieure ou égale à 4.000
euros (la Cour de cassation ne réexaminera pas les faits mais
seulement les éléments purement juridiques).
* Si
le débiteur ne conteste pas l’ordonnance :
Passé le
délai d’un mois, si le débiteur n’a pas formulé d’opposition
et s’il ne se conforme pas à l’injonction de payer,
le créancier doit demander au greffier d’apposer la formule
exécutoire sur l’ordonnance, ce qui lui donne valeur de
jugement et permet de faire procéder à son exécution.
Pour faire exécuter l’ordonnance, le créancier doit
s’adresser à un huissier de justice qui doit la porter à la
connaissance du débiteur dans un délai de six mois à compter
de la date à laquelle elle a été rendue.
Petit
lexique :
Créancier : personne à qui est due une somme d’argent.
Débiteur : personne qui doit la somme d’argent.
Demandeur : personne qui prend l’initiative d’une démarche
judiciaire pour faire reconnaître par un tribunal ses prétentions
(se faire reconnaître un droit, se faire payer une créance…).
Défendeur : personne contre laquelle est faite la démarche
judiciaire.
Requête : demande écrite auprès d’un magistrat
afin que celui-ci puisse prendre une décision (appelée
ordonnance) sans procédure contradictoire. Les faits doivent être
clairs et évidents afin que le juge puisse trancher.
Ordonnance : décision d’un juge n’ayant pas la
force d’un jugement.
Pour plus d’informations, contacter :
-
la mairie (service de consultation gratuite des avocats)
- le tribunal d’instance
- le site internet : www.service-public.fr rubrique « vos droits »
- le site www.huissiersdeparis.com
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