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> Prix
pour l'ensemble de son oeuvre
Peter Watkins
« Auteur
et critique des médias », ainsi se définit
Peter Watkins. Auteur d’une œuvre originale, très
engagée, à contre courant des modes, il a été longtemps
boudé par la presse (et par les politiques). Pour exemple,
La Bombe, film de fiction (mais Oscar du meilleur documentaire
en 1966 !), a été interdit d’antenne par la
BBC pendant plus de vingt ans ! Contraint à quitter l’Angleterre,
Peter Watkins s’est acharné. Son courage, une absolue
liberté cinématographique, un refus de se plier aux
idées reçues audiovisuelles (on pense à Orson
Welles), ont peut-être aujourd’hui, enfin, raison de
la censure et du silence des médias.
Entretenant savamment la confusion entre documentaire et fiction, Peter
Watkins remet en cause la notion d’objectivité, de « réalité » assénée
par les mass-médias* dont il cherche constamment à contrer
l’impact dévastateur (on pense aussi à Noam Chomsky).
Peter Watkins est un grand auteur rebelle, sans aucun doute. L’été dernier,
le Festival International du Film de La Rochelle lui rendait hommage en
présentant une rétrospective quasi-intégrale de son
oeuvre.
Filmographie
partielle : Journal d’un soldat inconnu / The Diary of an
unknown Soldier (1959) ; Visages oubliés / The Forgotten
Faces (1961) ; La Bataille de Culloden / Culloden (1964) ; La Bombe
/ The War Game (1966) ; Gladiateurs / The Gladiators (1969) ; Punishment
Park (1971) ; Edvard Munch (1973) ; Le Voyage / The Journey (1987)
; Le Libre penseur / The Freethinker (1994) ; La Commune (2000).
Certains
de ces films sont distribués, en France, par Co-errances
*Voir
le livre de P. Watkins, Media Crisis (publié aux éditions
Homnisphères, Paris, 2004) et son site internet
: www.mnsi.net/~pwatkins/
> Prix
du meilleur documentaire de l’année
Stéphane
Breton pour Le Ciel dans un jardin
62’ – 2003 – Les Films
d’ici, Arte
Le Ciel dans un jardin forme, avec Eux et moi (2001), un diptyque. Tournés à quelques
années d’écart dans un petit village de Nouvelle-Guinée,
ces deux films tendent à inverser l’approche classique des
documentaires ethnographiques en montrant comment les tribus indigènes
voient la personne qui les observe. Les frustrations de l’ethnologue,
en l’occurrence le réalisateur lui-même, et les spéculations
ayant cours autour de lui sont au cœur de ces films en forme de
récit, toujours livrés à la première personne
et selon le regard d’une caméra subjective. « En gagnant
un degré dans leur intimité, je voudrais montrer à quel
point leur vie et la nôtre sont différentes. Ils n’ont
rien et ils ont du temps. Nous sommes riches et nous n’en avons
pas. Qu’est-ce que la vie quand le temps en est la matière
première ?»
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Anthropologue
et écrivain, réalisateur de film
documentaires et maître de conférences à l’EHESS, Stéphane
Breton a publié La Mascarade
des sexes (Calmann-Lévy, 1989), Fleuves
immobiles (Calmann-Lévy, 1991) et, avec
Jean-Louis Motte, Des hommes nommés brume
(Arthaud-Flammarion, 1991). Son dernier livre,
Télévision, publié chez
Grasset, est le portrait faussement candide de
notre époque.
Il a vécu plusieurs années chez les Wodani des Hautes-Terres
de Nouvelle-Guinée, où il a réalisé les deux
documentaires cités plus haut, Eux et moi (Les Films d’Ici
/ Arte, 2001) et Le Ciel dans un jardin (Les Films d’Ici / Arte,
2003).
> Prix
Jean Lods
Olivier
Meyrou pour Bye Bye Apartheid
52’ – 2003 – Néria Productions, Hold Up Films,
Voyage
“ Prenez une pièce d’identité,
inscrivez-vous et votez !” Tel est le message de Pieter
Dirk Uys, l’humoriste le plus médiatisé d’Afrique
du Sud. C’est sous les traits d’Evita Bezuidenhout,
vieille dame afrikaner, qu’il parcourt le pays et encourage
le peuple, longtemps brimé par le régime de l’Apartheid, à faire
entendre sa voix et voter. Drapée dans ses tenues extravagantes,
arborant de magnifiques bijoux en or, Evita n’a pas sa
pareille pour aborder avec humour les questions politiques épineuses,
pour affronter les polémiques, pour orchestrer les débats
les plus délicats. Son arme, c’est l’humour
et ça marche. Blancs et Noirs d’Afrique du Sud,
aujourd’hui confrontés à une nouvelle équation
politique, se réunissent pour voir la grande Evita et
rient de bon cœur avant de débattre de questions
politiques.
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Après des études universitaires en littérature générale
et comparée et en communication, Olivier Meyrou entre à la
Fémis. Il part ensuite étudier à la Tish School
of the Arts, Université de New York et y réalise deux documentaires,
My Own Little Gay America (1996) et Zelda (1998).
En 2001, il termine Celebration : ce documentaire tourné pendant
deux ans en super 16mm, raconte les deux dernières années
professionnelles d’Yves Saint-Laurent. Le film, toujours inédit,
fait actuellement l’objet d’un procès !
En 2005, avec Au-delà de la haine, il signe le portrait bouleversant
d’une famille en deuil, les proches de François Chenu, assassiné à Reims
en 2002 par trois skinheads qui voulaient « casser du pédé ».
Olivier Meyrou prépare actuellement la réalisation d’un
long métrage, La Tentation de l’ombre, adapté du
roman de Eric Yung (Cherche Midi éditeur).
> Prix
Découverte
Diego
Martinez-Vignatti pour Nosotros
70’ – 2003 – Lux Fugit Films, RTBF, CBA
Nosotros
(Nous)
« En 1900, des millions d’immigrés arrivent au port de Buenos
Aires. Ils avaient tous le même rêve, faire fortune. Ils n’imaginaient
pas qu’ils allaient créer quelque chose de plus important : une
musique, une danse, une façon de marcher et d’aimer, une manière
d’exister dans le monde… Nos grands-parents ont créé le
tango. Aujourd’hui, nous, les héritiers de cette culture, nous continuons à danser
comme nous vivons. Eternellement à Buenos Aires. » D. M.-V.
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Diego Martinez-Vignatti est né en Argentine en
1971. Diplômé en Droit et en Histoire de l’Art (ayant également
suivi une formation d’écriture de scénario et de
photographie), il part en Europe en 1995 pour y faire des études
de cinéma et entre à l’INSAS, à Bruxelles,
dans la section image. Chef opérateur et cadreur, il a signé l’image
de plus de 20 films dont Japón (Rotterdam 2002, Caméra
d’Or au Festival de Cannes 2002), Bataille dans le ciel (compétition
officielle, Cannes 2005). Réalisateur, il a fait ses armes avec
un premier court métrage de 3’, Tango nocturno (1999), suivi,
en 2001, de Le Vin est à moi. Il prépare actuellement son
premier long métrage de fiction, Helena.
> Prix
international de la Scam
(remis au Festival international Cinéma du Réel, en mars
2004)
Li Yifan et Yan Yü pour Yanmo (Mise
en eau / Before the Flood) - Chine
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