Les prix Scam télévision 2005
 
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  > Prix pour l'ensemble de son oeuvre
Peter Watkins
« Auteur et critique des médias », ainsi se définit Peter Watkins. Auteur d’une œuvre originale, très engagée, à contre courant des modes, il a été longtemps boudé par la presse (et par les politiques). Pour exemple, La Bombe, film de fiction (mais Oscar du meilleur documentaire en 1966 !), a été interdit d’antenne par la BBC pendant plus de vingt ans ! Contraint à quitter l’Angleterre, Peter Watkins s’est acharné. Son courage, une absolue liberté cinématographique, un refus de se plier aux idées reçues audiovisuelles (on pense à Orson Welles), ont peut-être aujourd’hui, enfin, raison de la censure et du silence des médias.
Entretenant savamment la confusion entre documentaire et fiction, Peter Watkins remet en cause la notion d’objectivité, de « réalité » assénée par les mass-médias* dont il cherche constamment à contrer l’impact dévastateur (on pense aussi à Noam Chomsky).
Peter Watkins est un grand auteur rebelle, sans aucun doute. L’été dernier, le Festival International du Film de La Rochelle lui rendait hommage en présentant une rétrospective quasi-intégrale de son oeuvre.
Filmographie partielle : Journal d’un soldat inconnu / The Diary of an unknown Soldier (1959) ; Visages oubliés / The Forgotten Faces (1961) ; La Bataille de Culloden / Culloden (1964) ; La Bombe / The War Game (1966) ; Gladiateurs / The Gladiators (1969) ; Punishment Park (1971) ; Edvard Munch (1973) ; Le Voyage / The Journey (1987) ; Le Libre penseur / The Freethinker (1994) ; La Commune (2000).
Certains de ces films sont distribués, en France, par Co-errances

*Voir le livre de P. Watkins, Media Crisis (publié aux éditions Homnisphères, Paris, 2004) et son site internet : www.mnsi.net/~pwatkins/

> Prix du meilleur documentaire de l’année
Stéphane Breton pour Le Ciel dans un jardin
62’ – 2003 – Les Films d’ici, Arte
Le Ciel dans un jardin forme, avec Eux et moi (2001), un diptyque. Tournés à quelques années d’écart dans un petit village de Nouvelle-Guinée, ces deux films tendent à inverser l’approche classique des documentaires ethnographiques en montrant comment les tribus indigènes voient la personne qui les observe. Les frustrations de l’ethnologue, en l’occurrence le réalisateur lui-même, et les spéculations ayant cours autour de lui sont au cœur de ces films en forme de récit, toujours livrés à la première personne et selon le regard d’une caméra subjective. « En gagnant un degré dans leur intimité, je voudrais montrer à quel point leur vie et la nôtre sont différentes. Ils n’ont rien et ils ont du temps. Nous sommes riches et nous n’en avons pas. Qu’est-ce que la vie quand le temps en est la matière première ?»
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Anthropologue et écrivain, réalisateur de film documentaires et maître de conférences à l’EHESS, Stéphane Breton a publié La Mascarade des sexes (Calmann-Lévy, 1989), Fleuves immobiles (Calmann-Lévy, 1991) et, avec Jean-Louis Motte, Des hommes nommés brume (Arthaud-Flammarion, 1991). Son dernier livre, Télévision, publié chez Grasset, est le portrait faussement candide de notre époque.
Il a vécu plusieurs années chez les Wodani des Hautes-Terres de Nouvelle-Guinée, où il a réalisé les deux documentaires cités plus haut, Eux et moi (Les Films d’Ici / Arte, 2001) et Le Ciel dans un jardin (Les Films d’Ici / Arte, 2003).


> Prix Jean Lods
Olivier Meyrou pour Bye Bye Apartheid
52’ – 2003 – Néria Productions, Hold Up Films, Voyage
“ Prenez une pièce d’identité, inscrivez-vous et votez !” Tel est le message de Pieter Dirk Uys, l’humoriste le plus médiatisé d’Afrique du Sud. C’est sous les traits d’Evita Bezuidenhout, vieille dame afrikaner, qu’il parcourt le pays et encourage le peuple, longtemps brimé par le régime de l’Apartheid, à faire entendre sa voix et voter. Drapée dans ses tenues extravagantes, arborant de magnifiques bijoux en or, Evita n’a pas sa pareille pour aborder avec humour les questions politiques épineuses, pour affronter les polémiques, pour orchestrer les débats les plus délicats. Son arme, c’est l’humour et ça marche. Blancs et Noirs d’Afrique du Sud, aujourd’hui confrontés à une nouvelle équation politique, se réunissent pour voir la grande Evita et rient de bon cœur avant de débattre de questions politiques.
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Après des études universitaires en littérature générale et comparée et en communication, Olivier Meyrou entre à la Fémis. Il part ensuite étudier à la Tish School of the Arts, Université de New York et y réalise deux documentaires, My Own Little Gay America (1996) et Zelda (1998).
En 2001, il termine Celebration : ce documentaire tourné pendant deux ans en super 16mm, raconte les deux dernières années professionnelles d’Yves Saint-Laurent. Le film, toujours inédit, fait actuellement l’objet d’un procès !
En 2005, avec Au-delà de la haine, il signe le portrait bouleversant d’une famille en deuil, les proches de François Chenu, assassiné à Reims en 2002 par trois skinheads qui voulaient « casser du pédé ».
Olivier Meyrou prépare actuellement la réalisation d’un long métrage, La Tentation de l’ombre, adapté du roman de Eric Yung (Cherche Midi éditeur).


> Prix Découverte
Diego Martinez-Vignatti pour Nosotros
70’ – 2003 – Lux Fugit Films, RTBF, CBA
Nosotros (Nous)
« En 1900, des millions d’immigrés arrivent au port de Buenos Aires. Ils avaient tous le même rêve, faire fortune. Ils n’imaginaient pas qu’ils allaient créer quelque chose de plus important : une musique, une danse, une façon de marcher et d’aimer, une manière d’exister dans le monde… Nos grands-parents ont créé le tango. Aujourd’hui, nous, les héritiers de cette culture, nous continuons à danser comme nous vivons. Eternellement à Buenos Aires. » D. M.-V.

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Diego Martinez-Vignatti est né en Argentine en 1971. Diplômé en Droit et en Histoire de l’Art (ayant également suivi une formation d’écriture de scénario et de photographie), il part en Europe en 1995 pour y faire des études de cinéma et entre à l’INSAS, à Bruxelles, dans la section image. Chef opérateur et cadreur, il a signé l’image de plus de 20 films dont Japón (Rotterdam 2002, Caméra d’Or au Festival de Cannes 2002), Bataille dans le ciel (compétition officielle, Cannes 2005). Réalisateur, il a fait ses armes avec un premier court métrage de 3’, Tango nocturno (1999), suivi, en 2001, de Le Vin est à moi. Il prépare actuellement son premier long métrage de fiction, Helena.


> Prix international de la Scam
(remis au Festival international Cinéma du Réel, en mars 2004)

Li Yifan et Yan Yü pour Yanmo (Mise en eau / Before the Flood) - Chine