image

Elise Vincent, Marjolaine Grappe, Christophe Barreyre, Mathieu Cellard et Jean-Baptiste Malet

C’est à Istanbul qu’ont été remis les Prix Albert Londres 2018, en solidarité avec les journalistes turcs qui subissent une répression impitoyable depuis juillet 2016. Menaces, arrestations, emprisonnements… Un climat de terreur règne au sein des médias dont la quasi-totalité a dû se soumettre au pouvoir ou fermer. Les journalistes du Prix Albert Londres ont rencontré de nombreux confrères qui témoignent de l’état de « coma profond » dans lequel est plongé le journalisme turc.

80e Prix de la presse écrite : Élise Vincent
pour ses reportages publiés dans Le Monde.

Élise Vincent, journaliste au Monde depuis 2006, est récompensée pour une série de 6 articles, fruit d’un an de travail, mais aussi l’aboutissement de huit ans consacrés à couvrir les crispations françaises. Une « radiographie des méfiances et des haines » dit la journaliste dont les articles « le djihad derrière les barreaux », « Le dossier Logan », « Génération salafiste », « Dope et vendetta » ont passionné les jurés. Des enquêtes qui confrontent des sources judiciaires à la réalité du terrain. Remarquée depuis plusieurs années par le jury, celui-ci salue la constance et la rigueur de son travail ainsi que la maturité de son style.

34e Prix audiovisuel : Marjolaine Grappe, Christophe Barreyre, Mathieu Cellard
pour Les hommes du dictateur
diffusé sur Arte, dans Arte reportages.

Marjolaine Grappe et Christophe Barreyre (plusieurs fois présélectionnés au Prix Albert Londres) et Mathieu Cellard sont journalistes indépendants. Ils signent une formidable enquête sur la machine à financer le programme nucléaire de la Corée du Nord. Des interviews et des révélations exceptionnelles, un travail d’enquête de longue haleine, qui permettent de comprendre comment fonctionne cette dictature.

2e Prix du livre : Jean-Baptiste Malet
pour L’Empire de l’or rouge (Fayard).

Plus personne ne peut acheter du concentré de tomates sur un marché ou manger une pizza avec la même insouciance après avoir pris connaissances de ce livre. Obsessionnel de l’investigation, Jean-Baptiste Malet nous entraîne dans une enquête autour du monde. Et la tomate devient fable pour nous raconter, de manière magistrale, à la fois le capitalisme et la mondialisation.


Préoccupé par un vent mauvais qui souffle sur l’information dans le monde entier, le jury Albert Londres tient d’autre part à saluer l’initiative menée par un collectif de journalistes visant à poursuivre les enquêtes entamées par des confrères emprisonnés ou assassinés. Initié par Laurent Richard, Forbidden stories incarne une solidarité internationale des journalistes et des rédactions pour mettre fin à l’impunité des criminels. Le Prix Albert Londres fait sien ce défi. Impossible désormais d’arrêter l’information ! Le silence doit devenir vacarme. Les turpitudes que certains souhaitent camoufler en tuant le messager doivent être exposées au monde entier. Le journalisme collaboratif 2.0 offre un nouveau terreau à la liberté d’informer.


Le jury présidé par Annick Cojean, était composé de : Lise Blanchet, Hervé Brusini, Catherine Jentile, François Hauter, Christian Hoche, Marc Kravetz, Jean-Xavier de Lestrade, Manon Loizeau, Alain Louyot, Jean-Paul Mari, Delphine Minoui, Michel Moutot, Philippe Rochot, Patrick de Saint-Exupéry, Frédéric Tonolli, Olivier Weber, ainsi que des lauréats des deux dernières années : Claire Meynial, Sophie Nivelle-Cardinale, Etienne Huver, Samuel Forey, David Thomson, Tristan Waleckx et Matthieu Rénier.

Information / Stéphane Joseph : + 33 6 82 90 01 93

Télécharger le communiqué - pdf