Lettre Astérisque n°63 : « Une nouvelle rentrée, de nouveaux projets »

Publié le mercredi 17 juillet 2019


image conception graphique : Catherine Zask. En couverture Yolande Zauberman - photo Matthieu Raffard

L'édito de Laëtitia Moreau, présidente de la Scam

Action Professionnelle, Tribune, Astérisque, action culturelle, Actu1, Agenda


« Une nouvelle rentrée, de nouveaux projets »

Le 21 juin dernier, au premier jour de l’été, le conseil d’administration a procédé au renouvellement du bureau de la Scam que j’ai désormais l’honneur de présider pour deux ans aux côtés de Lise Blanchet, vice-présidente et de Rémi Lainé, trésorier. Encore une femme à la présidence ! Le fait est que la Scam est particulièrement vertueuse en matière de parité et nous le devons à Anne Georget et Julie Bertuccelli auxquelles je succède et que je remercie chaleureusement pour ce qu’elles ont mis en œuvre.

Alors oui, c’est un immense honneur. Depuis huit ans que je me suis engagée pour la Scam, j’ai pu mesurer à quel point l’action de notre société est diverse et forte. Nous sommes 45000, rejoints par des autrices et des auteurs toujours plus nombreux comme les vidéastes du Net. Écrivains, photographes, journalistes et réalisateurs de radio et de télévision, traductrices, traducteurs, vidéastes, autrices et auteurs des écritures immersives, augmentées… étendues ! Le répertoire est foisonnant, en pleine expansion, et des ponts nouveaux se créent entre les disciplines. L’action culturelle de la Scam est à l’image de ce foisonnement, notre astérisque apparaît sur bien des programmes de festivals qui, en ces temps de restrictions budgétaires, comptent sur nous pour continuer à faire vivre l’accès à la culture, et la Culture tout court, notamment en Région.

Les autrices et les auteurs souffrent aussi de ces budgets en baisse. La question de la rémunération, notamment en documentaire et en reportage, est centrale. La Scam n’est pas un syndicat et n’a pas vocation à discuter directement avec les partenaires sociaux, mais nous n’avons eu de cesse avec la charte des usages professionnels et la loi transparence de mettre tous les acteurs autour de la table pour s’entendre sur des pratiques et une éthique communes. Nous poursuivrons cet objectif car nous sommes convaincus que structurer nos professions protégera mieux les autrices et les auteurs et renforcera l’ensemble du secteur. C’est d’autant plus nécessaire à l’heure de l’implantation durable de nouveaux acteurs tels Netflix, et demain Amazon et Disney.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des chantiers, des renégociations sont en cours avec plusieurs diffuseurs fortement motivés par un désir de revoir les contrats à la baisse. La raison d’être de la Scam, c’est précisément la négociation des droits, leur gestion et leur répartition. C’est un modèle que nous envient beaucoup d’autrices et auteurs étrangers car, collectivement, nous avons su faire valoir nos droits et construire un modèle culturel exigeant, d’une grande vitalité. On fait rarement mieux avec moins… toutes les autrices et auteurs le savent. Moins de moyens, c’est en réalité moins de moyens pour la diversité des regards, pour la liberté de création et d’expression. Défendre les autrices et les auteurs, c’est défendre une certaine idée de la démocratie et du partage de la culture.

Au premier jour de l’été à la Scam, nous fêtions les lauréates et lauréats de nos Prix, et ces mots prenaient tout leur sens. Sur scène, Luz, primé pour son ouvrage Indélébiles, nous a invités à rester combatif et à changer d’acronyme pour faire de la Scam la société de « Sports de Combat et Arts Martiaux ». Carmen Castillo, récompensée pour l’ensemble de son oeuvre, nous a exhortés avec cette voix si particulière de ne jamais oublier que les drames individuels ou collectifs se transcendent dans l’art et la création et que, par-là, nous recouvrons notre humanité. Pervenche Berès, Jean-Marie Cavada, Marc Joulaud et Virginie Rozière, récompensés pour leur action en faveur de la directive droit d’auteur au Parlement européen, nous ont mis en garde. Avec les géants du numérique, notre environnement économique, social et culturel se trouve durablement bouleversé et si nous n’y prenons pas garde, ce sont eux qui décideront des règles du jeu. De toutes les règles du jeu. Nous avons, avec d’autres sociétés d’auteur, remporté une première victoire, il nous faut aujourd’hui être vigilants pour que cette directive soit transposée dans les meilleurs délais en droit français. Et nous devons continuer le combat au niveau européen pour que, notamment, une plateforme européenne audacieuse et créative soit en capacité de rivaliser avec ces géants. Une chose est sûre : tout ne fait que commencer.


Au sommaire

Portrait de Philippe Rochot - p°4 
Tribune libre d'Olivier Da Lage sur le droit voisin - p°8 
Interview de Yolande Zauberman - p°12 
Le vivier Radio Campus - p°18 
Remuons-nous! - p°20 
Hommage à Roger Pic - p°22 
La Scam en chiffres - p°25 
Les auteurs et les autrices ont voté - p°26 
Les Étoiles 2019 - p°28 
Prix Scam 2019 - p°30




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