Pour la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques
Depuis plus de vingt ans, la Scam milite pour que l’audiovisuel public s’affranchisse des lois du marché qui sont, selon elle, incompatibles avec les missions de service public qui lui incombent. Tant que subsistera un mode de financement aussi dépendant de l’audience qu’est celui de la vente d’espaces publicitaires, la programmation des oeuvres de création restera bridée par la nécessaire rentabilité des cases. Une télévision dont le financement est étroitement lié à la publicité propose des programmes qui s’adressent plus à des consommateurs qu’à des citoyens indépendants ; ces programmes sont souvent incompatibles avec les missions de service public. La publicité a tendance, même sur des chaines publiques dotées d’une certaine éthique, à imposer une politique de programmes qui est une politique non pas de l’offre mais de la demande. La publicité commande évidemment de servir la plus large audience possible, ce qui anéantit, chacun le sait, l’audace de programmer des émissions ou des oeuvres n’ayant pas ce caractère grand public a priori. Ce n’est pas choquant dans le cadre d’un paysage audiovisuel libre et ouvert à tous les types de médias et de publics mais c’est en revanche incompatible avec la nature même d’un service public fidèle à sa mission. Or, le documentaire et le reportage, coeur du répertoire de la Scam, sont des programmes qui, par essence, permettent d’enrichir la réflexion des citoyens. A ce titre, ils sont l’espace de création le plus menacé. Plus d’une fois dans l’histoire de l’audiovisuel, ces oeuvres se sont trouvées déprogrammées, ou programmées à des heures avancées de la nuit sous les prétextes les plus triviaux : audience supposée trop faible, pression d’annonceurs, ou pire, autocensure des diffuseurs. Pour garantir l’indépendance des auteurs, voire les préserver de tout soupçon de collusion avec le pouvoir économique, la meilleure solution est sans aucun doute d’éradiquer totalement la publicité des antennes de l’audiovisuel public. Incontestablement, la suppression de la publicité après 20 heures est donc une excellente mesure : elle a permis au Groupe France Télévisions d’accélérer et d‘ancrer un virage important dans sa programmation. Les documentaires, reportages et magazines retrouvent les lumières du prime time.