Pour rappel, le 30 octobre 2008, le Sénat a adopté en première lecture après déclaration d’urgence, le projet de loi « Création et Internet ». A une large majorité, l'ensemble des dispositions de la loi "favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet" a été voté, souscrivant ainsi à une logique pédagogique et préventive qui concilie les droits des créateurs et ceux des internautes plutôt qu'à une logique répressive. - En cas de téléchargement illégal répété, le principe de la réponse graduée a été privilégié en faveur de la suspension de l’abonnement à Internet, plutôt qu’une amende ; suspension ramenée à un mois au lieu de trois. - L'efficacité et l'irréprochabilité de l'Hadopi (la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) ont été affirmées afin de lui donner les moyens d'assurer ses missions de contrôle et de sanction à l’encontre des internautes mais également d'encourager le développement de l'offre légale sur Internet. Mars 2009 : l'examen du projet de loi entamé les 10, 11 et 12 mars à l'Assemblée nationale a repris le 30 mars. A cette occasion, la Sacem, la Sacd et la Scam ont organisé aux côtés du Snep et de l'Arp, une conférence de presse destinée à donner la parole aux auteurs et à soutenir ce projet de loi qui concilie les droits des créateurs et ceux des internautes. De nombreux artistes chanteurs et cinéastes se sont réunis, lundi 30 mars à 11 heures au foyer du théâtre de l'Odéon pour défendre le projet de loi qualifié par ces détracteurs de "liberticide". Les artistes ont rappelé l'importance de réglementer le téléchargement sur Internet pour éviter ce qu'il convient d'appeler le vol des oeuvres. Dénonçant le risque d'une culture unique, ils veulent continuer à pouvoir proposer une offre diversifiée rémunérant les créateurs et l'ensemble de la filière artistique. Etaient présents notamment Jean-Claude Carrière, Jean-Jacques Annaud, Alain Cornau, Da Silva, Françoise Hardy, Dany, Sanseverino, Alain Chamfort, Christophe Mae, Renan Luce, Didier Lockwood, Agnès Bihl, Thomas Dutronc, Gotan Project, Bertrand Burgalat, Arthur H... Jeudi 2 avril, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi instaurant notamment une coupure de l'accès internet en cas de téléchargement illégal, après deux avertissements. Les dernières étapes à prévoir avant la promulgation de la loi sont l'examen par la Commission Mixte Paritaire réunissant sept sénateurs et sept députés et vraisemblablement des recours devant le Conseil Constitutionnel. Mardi 7 avril, la Commission Mixte Paritaire s'est réunie pour parvenir à un compromis sur les points restant en discussion . Le mécanisme de la réponse graduée a été "durci" : en cas de suspension de leur accès, les internautes devront encore payer leur abonnement et l'amnistie proposée par les députés pour les internautes poursuivis pour téléchargement illégal avant l'entrée en vigueur de la loi supprimée. Jeudi 9 avril, tandis que le vote du parlement ne devait être qu'une formalité, la loi adoptée par le Sénat a été rejetée par l'Assemblée nationale par 21 voix contre et 15 voix pour.
Le texte de loi a été remis en discussion à l'Assemblée nationale le 28 avril dernier et adopté le 13 mai.