Mardi 1er décembre 2020


Mardi 1er décembre 2020

Remise du Prix à Marie NDiaye

Remise du Prix à Marie NDiaye

Marie NDiaye par Collette Fellous
Entretien avec Marie NDiaye par Nelly Kaprièlian


Le goût de la solitude, de la liberté et des grandes aventures du langage

Il y a de la magie dans l’œuvre de Marie NDiaye, le réel vacille parfois et à force de l’observer, on y découvre des cercles invisibles qui vont nous mener peu à peu au cœur des choses, au cœur de ce qu’on ne savait pas regarder, ou de ce qu’on avait regardé distraitement.
Des fantômes peuvent alors apparaître, des êtres somnambules, des personnages comme issus de contes anciens ou de mythes, mais aussi des couleurs, des paysages, des noms étranges, des ambiances, des faits divers.
C’est cela la voix singulière de Marie NDiaye dans le paysage littéraire contemporain.
Une voix apparemment calme, sereine, patiente, tranquille qui va pourtant bousculer tout ce qu’elle touche (d’une phrase qui devient de plus en plus sobre) et le rendre merveilleux, légèrement décalé, toujours secret et profond.
La magie comme la littérature est faite pour montrer les facettes moins visibles et moins accessibles du réel.
On dirait que c’est à cela que s’est toujours attachée à chercher Marie NDiaye, et depuis son premier livre publié à dix-sept ans par Jérôme Lindon, aux Éditions de Minuit : Quant au riche avenir. Un titre qui ne croyait pas si bien dire, surtout lorsque l’on sait que Marie avait déjà écrit huit ou dix romans précédemment, depuis ses dix ans et qu’elle était sûre d’en écrire bien d’autres.
Aujourd’hui, c’est avec joie que le jury du Prix Marguerite Yourcenar 2020, orchestré par la Scam, a choisi de couronner son œuvre qui aurait été certainement appréciée par Marguerite Yourcenar, ayant toutes deux en commun le goût de la solitude, de la liberté et des grandes aventures du langage.

Colette Fellous, membre du jury


Entretien avec Marie NDiaye par Nelly Kaprièlian