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photo : Matthieu Raffard

Marie NDiaye, lauréate 2020

photo : Matthieu Raffard

Marie NDiaye est née à Pithiviers le 4 juin 1967 d’un père d’origine sénégalaise et d’une mère française.
Elle a commencé à écrire vers l’âge de treize ans et publie à dix-huit ans son premier roman Quant au riche avenir, aux éditions de Minuit.
Elle obtient une bourse de l’Académie de France et sera pensionnaire durant un an à la Villa Médicis à Rome de 1989 à 1991.
Elle écrit de nombreux romans, dont En Famille (1991), La Sorcière (1996), La Naufragée (1999) et en 2001, Rosie Carpe, publié aux éditions de Minuit, est couronné par le prix Femina.
En 2009, Marie NDiaye obtient le prix Goncourt pour son roman Trois femmes puissantes, publié aux éditions Gallimard. En 2013, Ladivine qui conte le destin tourmenté de trois générations de femmes, est récompensé par le grand prix de l’héroïne Madame Figaro. Son prochain roman, La Vengeance m’appartient, paraîtra en janvier 2021 aux éditions Gallimard.
Marie NDiaye a également écrit pour la jeunesse et pour le théâtre.
Elle est l’une des deux seuls auteurs français vivants inscrits au répertoire de la Comédie Française avec Papa doit manger. Avec Jean-Yves Cendrey, Marie NDiaye a écrit en 2007 un ensemble de trois pièces de théâtre intitulé Puzzle. Le théâtre du Rond-Point à Paris mettra en scène Les Serpents pour la saison 2020-2021.
Elle a également coécrit en 2009 le scénario du film White Material de Claire Denis.
Depuis trente ans, l’écriture singulière de Marie NDiaye ne cesse de se développer entre œuvre romanesque et théâtrale.
Une œuvre qui creuse toujours plus avant le rapport des êtres au monde et questionne avec justesse la filiation, la responsabilité morale et ce que chaque humain se doit à lui-même.
Une œuvre forte, composante indispensable de la littérature française que le jury du Prix Yourcenar 2020 honore unanimement avec enthousiasme.


Repères bibliographiques

2021 La Vengeance m’appartient, Gallimard
2016 La Cheffe, roman d’une cuisinière, Gallimard
2013 Ladivine, Gallimard
2011 Y penser sans cesse – Photographies de Denis Cointe, L’Arbre vengeur
2009 Trois femmes puissantes, Gallimard
2007 Mon cœur à l’étroit, Gallimard
2005 Autoportrait en vert, Mercure de France
2004 Tous mes amis, nouvelles, Minuit
2001 Rosie Carpe, Minuit
1999 La Naufragée, Flohic
1996 La Sorcière, Minuit
1994 Un temps de saison, Minuit
1989 La Femme changée en bûche, Minuit
1988 Comédie classique, P.O.L
1985 Quant au riche avenir, Minuit

Théâtre

2011 Les Grandes Personnes, Gallimard
2007 Providence et Toute vérité avec Jean-Yves Cendrey, in Jean-Yves Cendrey et Marie NDiaye, Puzzle, Gallimard
2004 Rien d’humain, Les Solitaires Intempestifs Les Serpents, Minuit
2003 Papa doit manger, Minuit
1999 Hilda, Minuit

Romans jeunesse

2016 Vingt-huit bêtes : un chant d’amour avec Dominique Zerhfuss, Gallimard
2005 Le Souhait – Illustration Alice Charbin, École des loisirs
2003 Les Paradis de Prunelle – illustration Pierre Mornet, Albin Michel Jeunesse
2000 La Diablesse et son enfant – illustration Nadja, École des loisirs

Le goût de la solitude, de la liberté et des grandes aventures du langage

Il y a de la magie dans l’œuvre de Marie NDiaye, le réel vacille parfois et à force de l’observer, on y découvre des cercles invisibles qui vont nous mener peu à peu au cœur des choses, au cœur de ce qu’on ne savait pas regarder, ou de ce qu’on avait regardé distraitement.
Des fantômes peuvent alors apparaître, des êtres somnambules, des personnages comme issus de contes anciens ou de mythes, mais aussi des couleurs, des paysages, des noms étranges, des ambiances, des faits divers.
C’est cela la voix singulière de Marie NDiaye dans le paysage littéraire contemporain.
Une voix apparemment calme, sereine, patiente, tranquille qui va pourtant bousculer tout ce qu’elle touche (d’une phrase qui devient de plus en plus sobre) et le rendre merveilleux, légèrement décalé, toujours secret et profond.
La magie comme la littérature est faite pour montrer les facettes moins visibles et moins accessibles du réel.
On dirait que c’est à cela que s’est toujours attachée à chercher Marie NDiaye, et depuis son premier livre publié à dix-sept ans par Jérôme Lindon, aux Éditions de Minuit : Quant au riche avenir. Un titre qui ne croyait pas si bien dire, surtout lorsque l’on sait que Marie avait déjà écrit huit ou dix romans précédemment, depuis ses dix ans et qu’elle était sûre d’en écrire bien d’autres.
Aujourd’hui, c’est avec joie que le jury du Prix Marguerite Yourcenar 2020, orchestré par la Scam, a choisi de couronner son œuvre qui aurait été certainement appréciée par Marguerite Yourcenar, ayant toutes deux en commun le goût de la solitude, de la liberté et des grandes aventures du langage.

Colette Fellous, membre du jury



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