Découvrez les 30 Étoiles de la Scam 2022 ! 30 films étoilés, en présence de leurs auteurices, rencontreront leur public lors du festival Vrai de Vrai du 4 au 6 novembre prochain au Forum des images (entrée libre).

Le 17e jury des Étoiles de la Scam était présidé par Cécile Allegra et composé de Jean Crépu, François-Xavier Destors, Auberi Edler et Jérôme Lambert.

 

143 rue du désert d’Hassen Ferhani

Ciné+ Club
Centrale Electrique, Allers Retours Films

1996, Hold-up à Moscou de Madeleine Leroyer, co-écrit avec Tim Toidze, création graphique de Léo Régeard

Arte
Point du Jour, Les films du balibari, Arte France
Avec la participation de RTS Radio Télévision Suisse

Akeji, le souffle de la montagne de Mélanie Schaan et Corentin Leconte

France 2
.Mille et Une. Films
Avec la participation de France Télévisions, TVR

La Caviar Connection de Benoît Bringer et Laurent Richard, réalisé par Benoît Bringer

Arte
Forbidden Films, Arte France
Avec la participation de RTS Radio Télévision Suisse, RTBF

La Chambre de Camille Vidal-Naquet

France 3 Paris Île-de-France
Slow Production
Avec la participation de France Télévisions, France 3 Paris Île-de-France

Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes de Rodolphe Marconi

Canal+
Black Dynamite Films

Les Damnés de la Commune de Raphaël Meyssan d’après ses romans graphiques (Éditions Delcourt)

Arte
Cinétévé, Arte France
Avec la participation de TV5 Monde, Histoire TV

Le Dormeur éveillé de Boris Van der Avoort

RTBF — La Trois
YC Aligator Film, RTBF, CBA, GSARA

L’Expérience Ungemach, une histoire de l’eugénisme de Vincent Gaullier et Jean-Jacques Lonni, écrit par Vincent Gaullier, dessiné par Jean-Jacques Lonni

Histoire TV
Look at Sciences, Sancho & Co, France Télévisions — France 3 Grand Est
Avec la participation de Histoire TV

Ghofrane et les promesses du printemps de Raja Amari

Arte
Cinétévé, Arte France

*L’Hypothèse de Zimov de Denis Sneguirev

Arte
Arturo Mio, 13 Productions, Arte France, Take Five, RTBF, Ethnofund Film Company
Avec la participation de Ushuaïa TV, VRT, RTS Radio Télévision Suisse, Planete+ Poland

*Journal d’un médecin de ville de Nicolas Mesdom

Arte
Camera lucida, Les Films du Bal

Kounachir de Vladimir Kozlov

Vosges Télévision
Les Films du Temps Scellé, Les Docs du Nord
Avec la participation de Vosges Télévision

Marguerite Duras, l’écriture et la vie de Lise Baron

France 5
Les Nouveaux Jours Productions
Avec la participation de France Télévisions

Les Mots de la fin de Gaëlle Hardy et Agnès Lejeune

RTBF
Les Films de la Passerelle, RTBF, WIP Wallonie Image Production, Wallimage

Le Mystère Satoshi, aux origines du Bitcoin de Rémi Forte, écrit par Rémi Forte et Julien Goetz

Youtube
IKO, Arte France

*Nous la mangerons, c’est la moindre des choses d’Elsa Maury

Tënk
CVB, Chuck Productions, CBA, GSARA

Nuremberg, des images pour l’histoire de Jean-Christophe Klotz

Arte
Zadig Productions, Schulberg Productions, KG Productions
Avec la participation de Arte France

Petites de Pauline Beugnies et Léo Parmentier

RTBF — La Trois
Rayuela Productions, Diplodokus, RTBF, WIP Wallonie Image Production

Préliminaires de Julie Talon, écrit par Julie Talon et Mathieu Horeau, animation de Bérangère Lallemant

Arte
Les Films d’Ici, Arte France

Quelque chose qui vit et brûle de Giovanni Donfrancesco

Arte
Bocalupo Films, Altara Films, Rai Cinema, Arte France

Reconquérir l’école d’Emmanuel Segaut, écrit par Laetitia Kugler et Emmanuel Segaut

LCN-La Chaine Normande
EKLA Production, Vià93, LCN-La Chaine Normande

René Carmille, un hacker sous l’occupation de Youssr Youssef

Public Sénat
Tournez S’Il Vous Plaît, Public Sénat

Retour à Reims [fragments] de Jean-Gabriel Périot, d’après Retour à Reims de Didier Eribon (Fayard)

Arte
Les Films de Pierre, Arte France, INA

Salvator Mundi. La stupéfiante affaire du dernier Vinci d’Antoine Vitkine

France 5
Zadig Productions
Avec la participation de France Télévisions

*La Terre de Gevar de Qutaiba Barhamji

Lyon Capitale TV
Haut les Mains Productions, Lyon Capitale TV

Tuer l’indien dans le cœur de l’enfant de Gwenlaouen Le Gouil

Arte.tv
TV Presse Productions, Arte GEIE
Avec la participation de la RTBF

Vibrato, l’écoute des victimes du Bataclan de Jérémy Leroux

Public Sénat
Day For Night, Public Sénat, Vosges Télévision
Avec la participation de Alsace 20, Moselle TV, Canal 32, Vosges Télévision

Vivre en pays taliban de Margaux Benn et Solène Chalvon-Fioriti

Arte
Arte GEIE, Caravelle Productions, France 24

William et les fantômes de Jean-Marie Châtelier

France 3 Normandie
Scotto Productions, France Télévisions – France 3 Normandie

 

*Ce film a été soutenu à l’écriture par la bourse Brouillon d’un rêve de la Scam.

Le Jury a également décerné deux Prix audiovisuels

Prix du documentaire 2022

Silent voice de Reka Valerik, coécrit avec Anais Llobet
TV7 Bordeaux
Dublin Films, Need productions, Maelstrom Studios

Prix du Grand reportage 2022

On the line, les expulsés de l’Amérique de Alex Gohari, Leo Mattei, Matthieu Besnard 
France 2
Brotherfilms

Contact presse

Astrid Lockhart – astrid.lockhart@scam.fr – +33 1 56 69 64 05
2e Bureau – festivaldesetoiles@2e-bureau.com – +33 1 42 33 93 18

Contact Étoiles

Carine Bled-Auclair – carine.bled-auclair@scam.fr
Alessandra Valente – alessandra.valente@scam.fr

Quand les fils des destinées se croisent… Marguerite Yourcenar fut la première femme admise à l’Académie française le 6 mars 1980. Chantal Thomas, lauréate de notre Prix Marguerite Yourcenar 2022, a rejoint les rangs de l’Académie française, le 16 juin. La romancière Simonetta Greggio nous entraîne dans le sillage de l’œuvre multiple de Chantal Thomas.

Je nageais au milieu des vagues de la Méditerranée lorsque j’ai pensé à vous, chère Chantal Thomas. J’ai pensé qu’il fallait que j’efface ce que j’avais écrit et que je recommence autrement le texte qui parle de vous et de vos livres. J’ai pensé que tout ce qui est convenu ne vous correspond pas.

J’ai pensé que vos yeux sont exactement de la couleur de l’eau de mer dans laquelle j’étais plongée, d’azur avec un liseré bleu.

J’ai pensé que ce prix Marguerite Yourcenar dont la Scam récompense l’œuvre entière d’un écrivain tombe à point pour vous découvrir ou redécouvrir, parce que Yourcenar avait cette même urgence que vous de comprendre, de formuler. De raconter, de s’amuser. D’être libre et de rendre au lecteur sa liberté.

Et puis, j’ai pensé qu’il fallait vous laisser la parole :

S’offrir aux caresses, voir et revoir La Nuit, la Voie Lactée, Profession Reporter, Catherine Deneuve dans Belle de Jour et Humphrey Bogart dans Casablanca, boire du champagne et des margaritas, marcher dans Central Park, y faire du patins à glace, s’ acheter des jacinthes des chaussures et des billets d’avion, essayer des chapeaux, rêver sur des kimonos, emplir sa chambre de fleurs des champs, la livrer au plus grand désordre, en faire l’antre de métamorphoses, changer d’adresse comme de chemise, se souvenir de ses rêves, ne pas s’empêcher de pleurer, parler avec des inconnus, s’enfuir des conférences et des théâtres où l’on s’ennuie, prendre au hasard n’importe quel autobus, lire au lit, se peindre les ongles, descendre en plein soleil dans la poudreuse des pentes qui n’en finissent pas, manger des cerises, nager dans toutes les mers du monde.

Il y a chez vous ce charme de vivre comme on marche, on skie, on glisse, on embrasse, on fait l’amour, on boit de l’eau et du vin ; pour chacune, et à chacune, de ces actions, vous donnez le temps et le sens qui conviennent. Et le respect. Et la dignité. L’acte est un, définitif mais renouvelable tant qu’on foule cette terre, tant qu’on respire – tant qu’on peut – car s’il y a, parmi les merveilles de votre écriture, une vertu qui saute promptement aux yeux, c’est le désir. Un désir qui déborde du cadre, qui saute dans une marelle sur un pied, qui avale le lecteur dans un sourire, gourmandise plus forte que tout.

car s’il y a, parmi les merveilles de votre écriture, une vertu qui saute promptement aux yeux, c’est le désir. Un désir qui déborde du cadre, qui saute dans une marelle sur un pied, qui avale le lecteur dans un sourire, gourmandise plus forte que tout. 

Simonetta Greggio

Le mystère Chantal Thomas

Née à Lyon en 1945, directrice de recherches au CNRS, vous multipliez les facettes d’un répertoire qui vous voit tour à tour romancière, essayiste, scénariste et auteur de pièces de théâtre. Férue du XVIIIe siècle, – votre siècle d’élection, ennemi du pathos et de la morbidité, branché quoi qu’il en coûte sur une musique de Vivaldi ou de Mozart – vous avez écrit sur Sade, Casanova, Marie Antoinette et ses contemporains. C’est d’ailleurs avec Les Adieux à la Reine, roman émouvant sur les derniers jours de Versailles, délicieusement porté au cinéma, que vous avez reçu le Prix Femina et vous avez été connue – ou devrait-on plutôt dire reconnue ? – du grand public.

Mais c’est également au moment où la lumière vous frappe que votre mystère s’épaissît. Comment faites-vous pour suivre pas à pas la jeune Agathe, lectrice personnelle de Marie Antoinette, dans cette quête éperdue de sa Reine, une femme à laquelle elle voue la dévotion que l’on voue aux Saints ? Avez-vous vous eue une autre vie, parallèle ou plus ancienne, dans laquelle vous fouliez les marbres de Versailles en compagnie de ces personnes que vous semblez connaître si bien ?

Tout ce qui se passe dans ces pages est magique, intense, surnaturel. L’on sort de cette lecture avec l’impression exacte d’un visage que l’on aurait, par l’entremise de votre héroïne, connu, et par son biais, adoré.

Simonetta Greggio

L’on en sort les narines à l’affut des fleurs que la Reine affectionnait, les oreilles attentives à l’écho des pas des courtisans dans les nuits d’avant le massacre, le cœur affolé par l’imminence de la Terreur. A la fin, Agathe est sauvée. La Reine est perdue. Gabrielle de Polignac, la favorite de Marie Antoinette, meurt le cœur brisé à Vienne peu de temps après. Nous sommes ravis et en voulons plus. Et nous en aurons plus encore, avec L’Echange des Princesses et le Testament d’Olympe, remarquables de sensualité, où les mots justes voisinent les mots crus – non, vous ne nous laissez pas oublier que vos premières amours, auprès de Roland Barthes à l’époque de votre fréquentation de son séminaire légendaire de la rue de Tournon, furent Sade et les libertins. Dans votre texte Sade, la dissertation et l’orgie, vous disséquez allègrement ces phrases dont vous dites que vous étiez, à l’origine, incapable de les situer dans un contexte d’histoire littéraire ou politique. De l’avoir fait, continuez-vous, n’a en rien diminué, relativisé ou même expliqué la puissance phantasmatique. Vous nous faites partager aussi la réaction de Barthes lorsque vous lui avez fait part de votre projet :

Son visage s’était voilé d’une très grande lassitude, puis, pendant deux ans, nous n’en avons plus jamais parlé. Quand je lui envoyais des chapitres, il me répondait, sur des cartes postales, par quelques mots brefs et délicats, aussi courtois qu’allusifs.

Vous concluez par l’exquis : Barthes n’aidait pas.

La débauche sadienne, l’aventure (masochiste & malicieuse) Casanovienne autour de laquelle vous écrivez par la suite – Casanova, un voyage libertin – vous intriguent et vous réjouissent – vous jouez avec nos nerfs, et avouez que vous prenez plaisir à nous lâcher la main au milieu de vos monstres, à nous mener par le bout du nez – à faire de nous, enfin, vos jouets, avec vos mots à tiroir : (…) cette formule qu’utilise Casanova pour (ne pas) faire l’amour : donner le bonjour ! Un bonjour en passant, si rapide qu’il confine à l’au revoir.

Fragments d’un discours amoureux

Si on vous connaît plus particulièrement pour vos romans où, parfaitement à l’aise avec dates, repères, usages, étiquettes, noms de familles et petits noms, décors et lieux, vous déroulez le quotidien de vos héroïnes dans un Paris d’antan, dans un Lyon du bord de fleuve, dans un Potager du Roy enchanteur et perdu, vous surprenez ensuite les lecteurs par vos livres et vos essais plus personnels. Dans Souvenirs de la marée basse, un récit intime curieusement fragmenté, vous racontez une enfance, la vôtre, un père et une mère, une meilleure amie. Tout est doux, cruel, tendu, tendre. Sensitif, entre bleu turquoise de l’eau et bleu plus léger du ciel. Bleus, ciel et mer, mer et mère. Vous reprenez ce même fil – rouge dans le bleu – avec De Sable et de Neige, admirable possibilité d’un désastre. Vous passez de Colette à Pontalis, de Barthes (encore et toujours) à Tanizaki, de Sardanapale à Madame Du Deffand, de Delacroix à Proust, des huitres d’Arcachon aux huitres de Kyoto, toutes nues dans des pots transparents. Votre mère est là, votre mère à laquelle vous revenez d’une manière ou d’une autre dans chacun de vos livres, et votre père aussi, qui se meurt trop jeune un 2 janvier de vos seize ans, et nous fait pleurer de votre chagrin, tant vous nous tenez près de vous par le cœur et l’esprit. Ce père mort de silence comme on meurt de solitude ou de faim, père de l’écrivaine que vous êtes devenue – toutes ces photos de la petite fille que vous étiez, de la beauté qui vous entourait, celle de la nature et celle de vos parents, par laquelle les mots vivent, jalonnent et ponctuent les chapitres de vos Traits et Portraits.

Je nageais dans la Méditerranée lorsque j’ai pensé à vous. A vous, qui vous êtes autorisée la première personne avec vos derniers livres – intime enfin légitimé et partagé. Je pensais que, vagabonde adoucie, sensuelle et cérébrale, votre étreinte littéraire s’est faite joyeuse, lumineuse. Transparente comme certaines eaux. J’ai aussi pensé que tout ce qui est conventionnel, n’est pas vous. La passion vous habite comme on nage, comme on respire. Et comme on écrit, bien sûr. Une utopie.

Mais c’est cela qui nous anime, n’est-ce pas ? C’est cela qui nous fait glisser dans les vagues les yeux ouverts, même si ça pique comme des larmes, même si le sel mange la peau.

Merci pour tout cela, chère, très chère, Chantal Thomas.

Simonetta Greggio, romancière est membre de la commission de l’écrit de la Scam.

La Scam affirme la place singulière des auteurs et des autrices dans la société. Astérisque en est le porte-voix.

Les prix sonores de la Scam récompensent dans leur diversité les plus belles écritures radiophoniques. Cette mise en lumière encourage les plus jeunes et rend hommage aux autrices et auteurs confirmés. Ils seront remis aux trois lauréats, en ouverture de la Nuit de la radio, le jeudi 16 juin à la Scam.

Le Prix de l’ensemble de l’oeuvre radiophonique décerné à Jean Daive

Né en 1941 dans les Ardennes, Jean Daive est encyclopédiste, reporter, photographe, romancier, poète, homme de radio et directeur de revues. Il a publié plus de quarante livres et il est traducteur de l’allemand et de l’anglo-américain. C’est en 1975 qu’il entre à France Culture, participant aux Nuits Magnétiques dès leur création en 1978, ainsi qu’à la plupart des programmes de la chaîne confiés aux producteurs tournants, du Pays d’ici à À voix nue, en passant par les émissions spéciales de longue durée comme Un rêve américain, Franz Kafka, William Faulkner-Mississipi, Dylan Thomas. Son oeuvre radiophonique comprend de nombreux Grands Entretiens avec, entre autres, Julien Gracq, Jorge Luis Borges, Jean-Luc Godard, Jean-Marie Straub, Francis Ponge, Christian Boltanski, Marguerite Duras, James Baldwin, Robert Rauschenberg.

Jean Daive, Prix de l’ensemble de l’oeuvre radiophonique 2022 - Photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Le Prix de l’oeuvre sonore de l’année décerné à Péroline Barbet-Adda
pour Piste animale

52’13 – diffusion le 1er mars 2021, sur la RTBF La 1ère (Par Ouï dire)

Piste animale est un bestiaire subjectif et sonore. Un chassé-croisé intemporel humain/animal, avec un gonflement du réel, un effet de décalage, d’amplification et d’exagération.
Ce sont des histoires à suspens, où l’on arrive ou trop tôt, ou trop tard. Elles racontent ces bêtes qui résonnent dans le bois, ces oiseaux qui s’envolent vers les derniers confins, ou ces petits animaux qui rampent en lisière.
Que l’on entend, sans voir. Que l’on espère, sans vanité. Que l’on connaît à peine.

Péroline Babet-Adda est réalisatrice, créatrice sonore et productrice déléguée pour la radio et différentes structures patrimoniales. Elle assure la production artistique de disques et réalise des documentaires radiophoniques pour France Culture. Elle travaille notamment sur les musiques populaires et traditionnelles et ses productions mêlent archives, collectages et créations sonores. Sa démarche s’ancre dans une recherche ethnologique.

Péroline Barbet-Adda, Prix de l’oeuvre sonore de l’année 2022 - Photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Le Prix Découverte sonore décerné à Hajer Ben Boubaker
pour Une histoire du Mouvement des travailleurs arabes

4 x 55’ – diffusion du 18 au 21 octobre 2021, sur France Culture (LSD)

Pour cette série documentaire, Hajer Ben Boubaker replonge dans l’histoire méconnue de l’une des pierres angulaires des luttes antiracistes et sociales de la France, celle du mouvement des travailleurs arabes. Première organisation antiraciste autonome, le MTA et ses membres ont jalonné les luttes des années 1970 portant au cœur du débat public l’égalité entre immigrés et français. À l’heure du débat vivace autour de l’antiracisme, cette série propose de mettre en lumière l’histoire d’une décennie méconnue, entre la fin de la guerre d’Algérie et la marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983.

Diplômée en Histoire et Sciences Politiques de la Sorbonne et du Master Genre, Politique et Sexualité de l’EHESS, Hajer Ben Boubaker est actuellement chercheuse indépendante. Elle s’intéresse à l’histoire des musiques arabes et des luttes ouvrières de l’immigrations nord-africaine ainsi qu’aux politiques migratoires européennes et leurs influences dans les pays de la rive sud de la méditerranée. Elle est créatrice du podcast Vintage Arab qui interroge la place des transmissions culturelles et politiques en diaspora et qui s’attache à se réapproprier un patrimoine.

Hajer Ben Boubaker, Prix Découverte sonore 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Contact presse

Astrid Lockhart – 06 73 84 98 27 – astrid.lockhart@scam.fr

Réunie mercredi 15 juin, l’assemblée générale de la Scam a adopté l’ensemble des résolutions soumises au vote. À cette occasion, la Scam publie ses chiffres-clés 2021, extraits du rapport d’activité et de transparence, également approuvés ce jour.

Les auteurs et autrices de la Scam

  • Au 31 décembre 2021, la Scam compte 49 744 auteurices (dont 651 membres au Canada et 3 664 en Belgique) qui représentent ses différents répertoires : documentaire audiovisuel et sonore, journalisme, web vidéo, littérature, traduction, photographie, illustration, bande dessinée…
  • Composée de 38 % de femmes, elle compte 43 % de membres de moins de 50 ans.
  • En 2021, elle accueille 1 816 nouveaux auteurs et autrices.

Les perceptions

  • En 2021, la Scam a collecté 109 M€ de droits d’auteur.
  • Près de ¾ des perceptions sont issues des exploitations 2021.
  • 51 % des droits collectés proviennent des chaînes de télévision.

Les répartitions

  • En 2021, les sommes réparties aux ayants droit s’élèvent à 110,79 millions d’euros.
  • Près de 80 % concernent l’audiovisuel, 7,4 % la radio, 6,2 % l’écrit, 4,5 % le web, 2,8 % le journalisme et 0,3 % les images fixes.
  • 44 165 ayants droit ont bénéficié d’une répartition en 2021, soit plus de 88 % des membres.

Les œuvres déclarées

  • 123 912 œuvres audiovisuelles ont été déclarées au répertoire de la Scam en 2021.
  • Le répertoire de la Scam est désormais composé de 1,4 million d’œuvres audiovisuelles ;
  • 16 362 d’œuvres radiophoniques ont été enregistrées ;
  • 12 468 auteurs et autrices d’œuvres littéraires ont bénéficié d’une répartition au titre de la copie privée, de la reprographie et du droit de prêt.

 Les actions culturelles

  • La Scam a consacré 2 638 119 € aux actions culturelles. Ce budget est principalement alimenté par des droits perçus au titre de la copie privée sur les ventes de supports vierges.
  • Les bourses Brouillon d’un rêve représentent 30 % des dépenses culturelles. 1 674 candidatures ont été déposées au sein des différents répertoires et 173 bourses ont été attribuées.

L’action sociale

La Scam a attribué 2 854 397 € au titre de l’action sociale, à 2 907 auteurices :

  • 2 774 218 € au titre de la contribution senior à 2 863 allocataires;
  • 80 179 € au titre du fonds de solidarité à 44 bénéficiaires ;

Le conseil juridique et fiscal

La direction juridique a dispensé 2 090 conseils et accompagnements individuels.

La gestion financière

En 2021, 111 986 € d’excédent de gestion ont été affectés à l’action culturelle de la société

La trésorerie disponible de 156 M€ au 31 décembre 2021 correspond notamment aux droits à répartir aux auteurs :

  • 133,3 M€ de droits en attente de répartition ;
  • 6,3 M€ de compte de membres créditeurs (personnes non encore identifiées) ;
  • 6,5 M€ pour le compte d’auteurs non-membres ;
  • 2,1 M€ de droits en attente de règlement aux auteurices.

Contact presse

astrid lockhart  – astrid.lockhart@scam.fr – 06 73 84 98 27

Les auteurs et autrices de la Scam ont approuvé mercredi 15 juin, à une très large majorité, l’ensemble des résolutions soumises au vote.
Nombre d’associés inscrits :  47 733
Nombre total de votants : 3 320 (soit  6,97 %) dont 5 votes en séance et 3 315 votes électroniques

Les résultats de l’assemblée générale ordinaire

Les résolutions soumises au vote

1/ Rapport d’activité et de transparence 2021
Nombre de « Oui » :   6 502 voix soit 98,01 %
Nombre de « Non » :  132 voix soit 1,99 %

2/ Comptes annuels 2021
Nombre de « Oui » :  6 424 voix soit 98,27 %
Nombre de « Non » :  113 voix soit 1,73 %

3/ Affectation de l’excédent de gestion 2021

Nombre de « Oui » :  6 444 voix soit 94,51 %
Nombre de « Non » :  374 voix soit 5,49 %

4/ Utilisation de sommes irrépartissables durant l’exercice 2021
Nombre de « Oui » :   6 076 voix soit 95,70 %
Nombre de « Non » : 273 voix soit 4,30 %

5/ Modification de la politique générale de déductions sur droits relative à la mise à jour des taux et à la retenue pratiquée pour les utilisations des images fixes par les services Google (hors YouTube)

Nombre de « Oui » : 6 187 voix soit 97,42 %
Nombre de « Non » :  164 voix soit 2,58 %

6/ Modification de la politique générale de déductions sur droits relative à l’imputation de certains frais ponctuels liés à la recherche d’auteurs ou ayants droit
Nombre de « Oui » :  5 953 voix soit 94,90 %
Nombre de « Non » :  320 voix soit  5,10 %

7/ Budget prévisionnel des indemnités, défraiements et rétributions des membres des organes sociaux

Nombre de « Oui » :  5 818 voix soit 93,40 %
Nombre de « Non » :  411 voix soit 6,60 %

8/ Budget culturel 2022
Nombre de « Oui » : 6 356 voix soit 96,23 %
Nombre de « Non » :  249 voix soit 3,77  %
Le budget culturel 2022 est approuvé à la majorité des 2/3.

9/ Précisions apportées au barème de répartition des œuvres audiovisuelles
Nombre de « Oui » : 6 040 voix soit 94,29 %
Nombre de « Non » : 366 voix 5,71 soit %

10/ Critères d’éligibilité des auteurices d’œuvres audiovisuelles journalistiques
Nombre de « Oui » : 5 849 voix soit 92,66 %
Nombre de « Non » :  463 voix soit 7,34 %

11/ Résolution relative au passage des mandant·es en adhérent·es pour la presse écrite
Nombre de « Oui » :  5 837 voix soit 92,58 %
Nombre de « Non » : 468 voix soit 7,42 %

12/ Opérations immobilières
Nombre de « Oui » : 4 953 voix soit 86,82 %
Nombre de « Non » : 752  voix soit 13,18 %


Les résultats de l’assemblée générale extraordinaire

Résolution soumise au vote

Modification des statuts et du règlement général de la société

Nombre de « Oui » :  5 980 voix soit 95,71 %
Nombre de « Non » :  268 voix soit 4,29 %

Le Jury de L’Œil d’Or, présidé par Agnieszka Holland et composé de Pierre Deladonchamps, Hicham Falah, Iryna Tsilyk, Alex Vicente a décerné lors du festival de Cannes

L’Œil d’or 2022
All that breathes de Shaunak Sen

(Inde / Etats-Unis / Royaume-Uni –1h34’ – SÉLECTION OFFICIELLE – SÉANCES SPÉCIALES)
Production Kiterabbit films, Rise films.

A Delhi, dans une atmosphère irrespirable de fin du monde, avec dans l’air la menace des massacres interreligieux, deux frères, Nadeem et Saud, mettent tout en œuvre pour sauver des milans noirs, majestueux rapaces migrateurs, victimes de la folie des hommes.

« L’Œil d’or récompense un film qui, dans un monde de destruction, nous rappelle que chaque vie compte. Attraper une caméra, sauver un oiseau, chasser quelques moments de beauté volée, tout cela importe. C’est un voyage inspirant, une observation de trois Don Quichotte qui, à défaut de sauver le monde entier, vont sauver le leur. »

Le mot du jury

Prix Spécial du Jury
Mariupolis 2 de Mantas Kvedaravicius

Lituanie / France / Allemagne – 112’ – SÉLECTION OFFICIELLE – SÉANCES SPÉCIALES
Easy riders films, Studio Uljana Kim, Extimacy films, Twenty vision filmproduktion Gmbh

« Vous savez ce qu’il y avait de plus incroyable à Mariupol ? Personne n’avait peur de la mort (…). [Elle] était déjà là, et tout le monde voulait une mort valable (…). C’était le paradis en enfer. C’était l’odeur de la valeur nue de la mort. » (Notes de tournage)

« Notre Prix Spécial récompense un film comparable à aucun autre dans la compétition. MARIUPOLIS 2 est une déclaration radicale, courageuse, artistique et existentielle. Le réalisateur Mantas Kvedaravicius fait partie des milliers de civils tués par l’armée russe depuis le début de l’invasion à grande échelle voulue par Poutine. »

Le mot du jury

L’Œil d’or – Le Prix du documentaire a été créé en 2015 par la Scam avec la complicité du Festival de Cannes. Il est doté de 5000 euros.

CONTACTS PRESSE : Florence Narozny / Mathis Elion – florence@lebureaudeflorence.fr – T:+33(0)6 86 50 24 51

Jury oeil d'or 2022
Jury 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Jury L'Oeil d'or 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Shaunak Sen, L'Œil d'or 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Prix Spécial du jury de L'Oeil d'or 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Shaunak Sen, L'Œil d'or 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

La Société civile des auteurs multimédia (« la Scam ») et Meta ont conclu un accord démontrant leur engagement commun en faveur de la culture en France, en Belgique et au Luxembourg, ainsi qu’en faveur des auteurs et autrices d’œuvres audiovisuelles.

Cet accord est le résultat d’une étroite collaboration basée sur une approche axée sur les données afin d’évaluer le répertoire de la Scam sur les plateformes de Meta.

La Scam et Meta sont convenus de continuer à collaborer à l’amélioration des outils et des ressources destinés à un large éventail de titulaires de droits de tous types.

Aujourd’hui, la Société civile des auteurs multimédia et Meta ont annoncé avoir conclu un accord qui témoigne de leur engagement commun à soutenir les auteurs d’œuvres audiovisuelles, moteurs de la création culturelle en France, en Belgique et au Luxembourg. L’accord prévoit que Meta se voit octroyer une licence concernant le répertoire de la Scam sur ses plateformes (telles que Facebook ou Instagram), illustrant ainsi l’engagement de Meta en faveur de la protection de la propriété intellectuelle et des objectifs de l’article 17 de la Directive européenne sur le droit d’auteur.

Pour parvenir à cet accord, la Scam et Meta ont travaillé en étroite collaboration en adoptant une approche axée sur les données afin d’évaluer le répertoire de la Scam sur les plateformes de Meta. Ce faisant, elles sont convenues d’un cadre conforme aux engagements des parties en matière de propriété intellectuelle, tout en respectant le modèle économique de Meta.

Grâce à cet accord, les utilisateurs en France, en Belgique et au Luxembourg pourront continuer à visionner et partager librement au sein de leurs communautés les œuvres audiovisuelles du répertoire de la Scam sur les plateformes de Meta, et les auteurs de ces œuvres seront rémunérés en conséquence.

Je salue cet accord historique dans la mesure où c’est le premier du genre dans le secteur audiovisuel en France, en Belgique et au Luxembourg, et me semble-t-il en Europe, signé à la suite de la Directive sur le droit d’auteur. Je me réjouis de constater qu’au terme de négociations approfondies, nous ayons ainsi pu défendre nos intérêts respectifs et mettre en place un cadre protecteur pour les droits de nos membres sur des réseaux sociaux de toute première importance. Ceci démontre notre capacité à nous adapter à l’évolution du secteur des médias. Et ceci est prometteur pour l’avenir et le partenariat qui démarre aujourd’hui.

Hervé Rony, directeur général de la Scam

La signature de cet accord réaffirme notre engagement sans faille à œuvrer pour protéger et soutenir la création audiovisuelle française. Il constitue une étape majeure dans l’action de longue date que nous menons aux côtés des acteurs du monde de la culture en faveur de la promotion des œuvres audiovisuelles et de la protection de la propriété intellectuelle, au service de la création de valeur pour l’écosystème culturel français.

Laurent Solly, Vice-Président Europe du Sud de Meta

Meta s’est engagé de longue date envers les titulaires de droits en créant des outils tels que Creator Studio et Rights Manager pour leur fournir des informations sur leurs contenus et leur permettre de contrôler comment, quand et où leurs contenus sont partagés sur les plateformes de Meta. En outre, la Scam et Meta sont convenus de collaborer pour améliorer les outils qui soutiennent un large éventail de titulaires de droits.

La Scam et Meta sont tous deux des participants actifs du paysage culturel français et européen et se réjouissent de la poursuite de leur partenariat pour développer un écosystème solide pour les utilisateurs et les titulaires de droits.

À propos de la Scam :

La Scam, Société civile des auteurs multimédia, rassemble 49 000 auteurs et autrices qui explorent toutes les formes du genre documentaire : audiovisuel, radio, littérature, journalisme, traduction, photographie, dessin, écritures et formes émergentes. Elle les représente auprès des pouvoirs publics, des diffuseurs, des distributeurs, des plateformes (vidéo, podcast), des producteurs et des éditeurs. Elle négocie en leur nom, collecte et répartit leurs droits d’auteur (plus de 112 millions d’euros en 2020). Elle défend leurs intérêts et mène une action culturelle ambitieuse pour la promotion de leurs œuvres. Elle organise des rencontres professionnelles, propose des bourses d’écriture et des prix et assure le financement de manifestations et organismes dédiés.

À propos de Meta :

Meta construit des technologies qui aident les gens à se connecter, à trouver des communautés et à développer des entreprises. Lorsque Facebook a été lancé en 2004, cela a changé la façon dont les gens se connectent. Des applications comme Messenger, Instagram et WhatsApp ont permis à des milliards de personnes dans le monde de s’émanciper. Aujourd’hui, Meta va au-delà des écrans 2D et s’oriente vers des expériences immersives comme la réalité augmentée et virtuelle pour aider à construire la prochaine évolution de la technologie sociale.

Tout d’abord, la Scam tient à saluer chaleureusement Roselyne Bachelot Narquin pour son engagement et son soutien précieux à la création et aux créateurs dans un contexte inédit et difficile.

La Scam félicite aujourd’hui Madame Rima Abdul-Malak pour sa nomination rue de Valois conseillère culture et communication d’Emmanuel Macron depuis 2019, sa connaissance des questions relevant de la création culturelle et son appui en faveur du régime social et fiscal des artistes-auteurs plaident en sa faveur. Nous lui souhaitons plein succès dans son action en espérant qu’elle pourra agir sur le long terme au sein d’un ministère plus pérenne que les précédents.

Les enjeux auxquels notre secteur, dans son ensemble et dans sa diversité, doit faire face aujourd’hui sont nombreux et il existe un nombre de dossiers qui méritent une attention particulière.

En premier lieu, Mme Abdul-Malak doit être en mesure de peser sur le débat qui s’ouvre sur le financement de l’audiovisuel public après la décision précipitée et malvenue du Président de la République de supprimer la redevance sans aucune mesure pour pallier sa disparition. Le service public a besoin d’un financement stable et pérenne, sans être soumis aux aléas de la conjoncture politique. Il est impératif que la nouvelle ministre s’engage fortement au sein du nouveau gouvernement tant auprès de la Première Ministre que du Président Macron et de Bercy. Nous attendons, de toute urgence de la ministre, des garanties sur la pérennité de l’audiovisuel public, ses moyens, son indépendance. Ses premiers mots vont dans le bon sens, nous attendons des actes.

En deuxième lieu, nous comptons sur la nouvelle ministre pour poursuivre, comme elle a su le faire à l’Elysée, une action volontariste pour améliorer la protection sociale d’auteurs et d’autrices en proie à une précarisation préoccupante. La défense de justes rémunérations et le partage de la valeur, au cœur notamment des négociations avec les éditeurs, méritera toute son attention.

Enfin, nous attendons de Mme Abdul-Malak dans le droit fil du précédent quinquennat un soutien sans faille en France comme en Europe qu’il s’agisse du droit d’auteur, du financement de la création ou de la défense de la liberté d’informer et de la lutte contre les infox. Sur ce dernier point il faut développer encore davantage l’éducation aux médias qui mérite de devenir une grande cause.

contact presse :

astrid lockhart – 06 73 84 98 27 – astrid.lockhart@scam.fr

La Scam tiendra ses assemblées générales ordinaire et extraordinaire, le mercredi 15 juin à 9h30 dans ses locaux. A suivre en direct sur l’espace connecté.
Vous pouvez voter sur le site sécurisé dédié au vote électronique du 9 mai (10h) au 13 juin (12 h, heure de Paris) ou en séance, le mercredi 15 juin.

2022 est une année intermédiaire. On pourrait aussi dire charnière.

Pas de renouvellement des membres du conseil d’administration : nous sommes en milieu de mandat. Mais comment vous dire que tous les scrutins sont importants… Parmi des motions qui peuvent apparaître techniques, il y a des choix stratégiques sur lesquels vous êtes toutes et tous invités à vous prononcer.

Merci pour votre vote.

Rémi Lainé, Président

Le livre d’Yves Harté  La main sur le cœur sortira le 25 août prochain aux éditions Le cherche midi. Yves Harté a été lauréat en presse écrite du Prix Albert-Londres en 1990.

La main sur le cœur
d’Yves Harté

Quand Yves Harté aperçoit le très célèbre tableau du Greco, El caballero de la mano en el pecho (Le Chevalier à la main sur la poitrine), lors d’une rétrospective à Tolède, une chose l’intrigue : la note qui accompagne le portrait diffère d’une autre qu’il a lue autrefois. La première assurait que le modèle était un notable sage et obscur, celle-ci affirme qu’il s’agit d’un aventurier du Siècle d’or, espion et courtisan de Philippe II. Laquelle est vraie ?
L’auteur décide de mener l’enquête en Espagne.

Plus il progresse au cœur du pays, plus lui revient en mémoire le souvenir d’un ami avec qui il avait déjà voyagé sur ces terres : Pierre Veilletet, écrivain et journaliste, qui l’aida à ses débuts.
Comme l’un des deux modèles évoqués pour le portrait, cet aîné extravagant, drôle et affabulateur cherchait une reconnaissance qui ne venait pas, jusqu’à ce qu’un jour il décède dans la solitude. Son absence pèse à l’auteur. Au fil des routes ensoleillées et poussiéreuses d’une Espagne qui change, la figure du caballero et de l’ami se superposent au point de se confondre.

Dans ce récit sensible à l’écriture éblouissante, Yves Harté livre une réflexion intime sur l’amitié masculine et les rêves des hommes, qui meurent parfois de ne pas les atteindre.

(Sélection Prix Littéraire Le Monde)

Rendez-vous est pris au Frames Pro, à Avignon, pour une 4e édition des Rencontres IRL de la Scam, qui, cette année, abordera l’incroyable popularité du phénomène true crime. Autour d’auteurs et d’autrices, décryptage de ce nouveau genre narratif où la réalité dépasse bien souvent la fiction.

Le genre du true crime, originellement littéraire, s’est étendu dans toutes les sphères de la création documentaire remportant un succès incroyable auprès d’un public toujours plus avide d’histoires singulières, tout particulièrement en France. Affaires criminelles, faits divers, enquêtes judiciaires… mais comment raconter l’indicible ? Qu’est-ce qui fait le sel d’une bonne histoire de true crime ?  Qu’est-ce que ces œuvres nous disent de la société ? Comment capter l’attention du public en évitant l’écueil du voyeurisme ?

À travers leurs récits empruntant différents chemins médiatiques (web, livre, radio et podcast, TV), les autrices et auteurs invités mènent l’enquête, parfois en totale immersion, décryptent les faits, se rapprochent au plus près des affaires et de leurs protagonistes….  La diversité des regards et des écritures documentaires permet d’appréhender une réalité qui souvent dépasse la fiction.

Une table ronde, animée par Julia Lagrée autour d’un panel d’invité.e.s permettra d’échanger sur ce phénomène narratif.

Feldup, vidéaste, musicien
Victoria Charlton, vidéaste, autrice, présentatrice
Mathieu Palain, écrivain, journaliste
Constance Vilanova, journaliste indépendante en presse écrite, en radio et en podcast

Cette rencontre a été conçue par Pascaline Peretti pour la Scam.

Feldup est un vidéaste et musicien français dont la chaîne YouTube traite des faits étranges et des légendes urbaines qu’on retrouve souvent sur internet et au cœur des recoins sombres de l’horreur. Il est l’auteur de la série Findings qui explore par exemple les faces cachées de jeux en réalité alterné (ARG). Il écrit, compose et interprète de manière autodidacte et a sorti un premier album intitulé A Thousand Doors, Just One Key (label Talitres) en 2020.

YouTube / Twitter / Bandcamp

(suite…)

Hervé Rony, directeur général de la Scam interviendra lors d’une table ronde sur les industries culturelles et créatives et la transition écologique.
#ThinkCulture2022

Débat 1 – Les industries culturelles et créatives et la transition écologique : quelle sobriété numérique ?

Mardi 6 septembre à 10h30 au Centre Pompidou

Le numérique constitue 3 à 4 % des émissions de gaz à effet de serre, mais la culture est le premier poste mondial de consommation de données (VOD, jeu vidéo, streaming…). La distribution numérique d’une œuvre ou d’un produit culturel est moins émettrice de CO2 que la distribution physique, mais la première peut s’additionner à la seconde autant que s’y substituer, alors que les jauges des salles numériques sont illimitées, induisant un possible effet rebond.

Le streaming apparaît comme un processus de décarbonation des activités culturelles, mais l’ajout de la vidéo aux contenus musicaux accroît le besoin en bande passante, la course aux formats de plus en plus lourds justifie des réseaux de plus en plus puissants, la saturation des réseaux  suscite le renouvellement des infrastructures numériques, et de plus chaque appareil numérique a un coût environnemental (production, transport)…

Comment les professionnels, plateformes, industrie musicale, organismes de gestion collective, artistes s’emparent-ils d’un tel enjeu ? Comment peut-on mesurer et ensuite diminuer l’empreinte numérique des produits et de leurs usages ? Est-il imaginable de suivre certaines pistes parfois évoquées : limiter quantitativement la consommation de streaming, au risque de réduire les ressources des filières culturelles, ou encore prioriser certains usages, au risque de porter atteinte au principe de neutralité du web, voire restreindre le stockage dans le cloud ?
Quel est l’état actuel de la réflexion et quelles sont les initiatives initiées ?

Un débat animé par Romain Berrod, News Tank Culture, en présence de  :
Nicolas Galibert, président de Sony Music Publishing,
Benjamin Guincestre, vice-président ingéniérie Deezer,
Camille Pène, membre fondatrice des Augures,
Hervé Rony, directeur général de la Scam.

News Tank Culture apporte aux équipes de direction des entreprises et des institutions une information précise, rapide, vérifiée et contextualisée sur l’économie et les politiques de la culture. News Tank Culture mobilise des moyens à la hauteur des attentes de ses abonnés, dont les décisions doivent se nourrir de l’information utile en temps utile – c’est-à-dire un média tout numérique, neutre, indépendant, sans publicité.

Le prix Pierre & Alexandra Boulat, soutenu et doté par la Scam, est destiné à encourager le travail des photojournalistes souvent contraints par des difficultés économiques. Cette année, il sera remis à Laura Morton pour son projet Wild West tech lors du festival Visa pour l’image, à Perpignan, en septembre.

Depuis 2015, le prix Pierre & Alexandra Boulat est soutenu par la Scam et doté de 8 000 euros offrant ainsi aux photojournalistes la possibilité de poursuivre un travail engagé ou de réaliser un projet inédit.

Pour la 34e édition du festival, l’association Pierre & Alexandra Boulat consacrera Laura Morton pour Wild West tech, un projet qui traitent des technologies automatisées et des changements structurels massifs qui en découlent au cœur de la Silicon Valley. Cette récompense permettra à la photographe documentaire américaine de réaliser le dernier chapitre de son opus.

Laura Morton est une photojournaliste indépendante basée, depuis 2006, à San Francisco, en Californie, États-Unis. Une grande partie de son travail personnel se concentre sur l’influence des tendances culturelles sur l’expérience humaine, ainsi que sur les questions économiques. Née dans le Maryland, elle a fréquenté l’université de Caroline du Nord, à Chapel Hill, et a obtenu un diplôme en sciences politiques et en journalisme.

Depuis 2014, avec son projet Wild West tech, initialement financé avec le soutien du fonds d’urgence de la Fondation Magnum, Laura Morton documente le boom économique de l’industrie technologique de la Silicon Valley. Les entrepreneurs de cet épicentre mondial de l’industrie technologique développent des innovations telles que la robotique et les blockchains qui remodèlent peu à peu le monde du travail.

Le dernier chapitre de son opus sera dédié à ces technologies du futur et aux individus qui les sous-tendent, en mettant l’accent sur les puissants changements structurels de l’humanité qui naissent au cœur de la Silicon Valley.

Le prix sera remis par Sandra Reinflet, membre de la commission des images fixes de la Scam, au Campo Santo de Perpignan, lors de la soirée du jeudi 1er septembre.

Laura Morton, lauréate du Prix Pierre & Alexandra Boulat 2022, soutenu par la Scam
Wild West Tech - Laura Morton

Chris Hirst dans son costume « Robot Dance Party » avec haut-parleurs intégrés, lors d’une fête organisée par les résidents de 20 Mission, un complexe de co-living où vivent de nombreux entrepreneurs de start-up. Leurs fêtes très élaborées devenant trop importantes pour leur espace, ils louent désormais des salles dans le centre-ville. San Francisco, Californie, juillet 2015.

Le jury 2021 était composé de :

Dimitri Beck / Polka Magazine
Jean-François Camp / Durev
Cyril Drouhet / Le Figaro Magazine
Jérôme Huffer / Paris Match
Delphine Lelu / Visa pour l’image
Sandra Reinflet / Photographe, commission des images fixes de la Scam
Axelle de Russé / Prix Pierre & Alexandra Boulat 2019, pour sa série Dehors

Lauréats et lauréates des années précédentes :

2020 – Jérôme Gence
2019 – Axelle de Russé / Hans Lucas
2018 – Jérôme Sessini / Magnum Photos
2017 – Romain Laurendeau / Studio Hans Lucas
2016 – Ferhat Bouda / Agence VU’
2015 – Alfonso Moral
2014 – Kosuke Okahara
2013 – Arnau Bach
2012 – Maciek Nabrdalik / VII
2010 – Lizzie Sadin
2009 – Margaret Crow
2008 – Jean Chung

Lisez la tribune publiée dans Le Monde à l’initiative de l’intersyndicale de l’audiovisuel public et des organisations professionnelles du cinéma et de l’audiovisuel.

L’audiovisuel public mérite un débat sérieux !

Nos organisations regroupent des salarié·es travaillant directement ou indirectement pour les entreprises de l’audiovisuel public, des autrices et auteurs, des entreprises de création, de production et de diffusion d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles.

Nous avons, les unes et les autres, alerté, pétitionné, mobilisé, argumenté longuement pour décrire les dangers d’une suppression de la contribution à l’audiovisuel public (CAP, ex-redevance).

Nous avons dit et redit que le pouvoir d’achat était un problème trop sérieux pour se satisfaire de demies ou de fausses mesures qui n’amélioreront pas la vie de nos concitoyens et fragiliseront l’audiovisuel public.

Nous avons démontré la nécessité de conforter les entreprises de l’audiovisuel public, dont l’indépendance de financement par une taxe affectée constitue la base de l’indépendance éditoriale, pour assumer ses missions : informer, éduquer, divertir.

Nous avons rappelé l’utilité indéniable du service public, accrue par la crise sanitaire, permettant in extremis de pérenniser France 4 comme chaîne de la jeunesse et de la culture.

Nous avons montré que les entreprises de l’audiovisuel public, France Télévisions, Radio France, L’INA, France Médias Monde, TV5Monde, Arte jouent un rôle essentiel de soutien à l’investigation, à la création et à la diffusion du cinéma, de la fiction, du documentaire, du film d’animation, du spectacle vivant et de la musique.

Nous n’avons reçu en retour que des assertions se voulant « rassurantes » et aussitôt contredites par des projets de fusion et des propos dénigrant nos activités.
Nous avons été auditionnés par la mission IGAC–IGF (Inspection générale des Affaires Culturelles et Inspection générale des Finances) mandatée par le précédent Premier Ministre, mais nous venons à peine de prendre connaissance de ce rapport, la veille du 14 juillet, alors qu’il pointe un risque constitutionnel.

Nous avons fait des propositions constructives pour faire évoluer la CAP, pour l’adapter aux nouveaux usages et la moderniser, en changer l’assiette, la rendre plus juste par une progressivité selon les revenus, pour aller plus loin que la seule exonération touchant déjà les 4 millions de ménages les plus pauvres. Et surtout ne pas faire dépendre son budget de décisions annuelles dans un contexte forcément tendu.

Nous avons constaté qu’en Europe, les pays (Allemagne, Italie, pays scandinaves, Suisse) qui ont conforté le financement par une taxe affectée ont aussi conforté leurs services publics, dans des contextes où bien souvent la lutte contre la désinformation de masse devient une priorité.

A contrario, dans les quelques pays qui ont fait le choix de la budgétisation et ont délaissé le financement de leur audiovisuel public par une taxe affectée, leur délitement est rapidement arrivé, avec le train des économies et parfois des attaques contre l’indépendance et la liberté, portées par l’extrême droite quand elle est au pouvoir.

Sur l’ensemble de ces points, de ces travaux, nous n’avons été pour l’instant ni écoutés ni entendus par le Président de la République et son Gouvernement.

Aujourd’hui, au-delà de nos différences, nous, salarié·es, journalistes, autrices et auteurs, réalisatrices et réalisateurs, responsables de structures de production et de diffusion refusons, que le nécessaire débat sur l’audiovisuel public et son financement soit confisqué et escamoté au détour d’un projet de loi de finances rectificatif au cœur de l’été et au profit d’un tour de passe-passe budgétaire.

Il n’est pas raisonnable d’improviser ni de préempter l’avenir du service public de l’audiovisuel sans qu’une réflexion approfondie n’existe, sans que les forces vives de ce pays, sans que les parlementaires, n’aient le temps de participer à une réelle concertation et à un débat commun.

Un débat qui porte sur les missions de service public, le besoin de conforter et de développer les œuvres et programmes que nous concevons, fabriquons et diffusons pour et sur nos services publics.

Un débat qui porte sur l’indépendance et sur les enjeux de diversité culturelle et d’information.

Un débat qui porte sur la démocratie et le rôle que doit jouer en sa faveur l’audiovisuel public et tout l’écosystème dont nous sommes les actrices et acteurs.

Un débat qui porte sur un financement public, qui garantisse la justice fiscale et un rendement dynamique.

Nous exigeons ce vaste débat public à la rentrée de septembre, plutôt qu’un passage en force en plein mois d’août.

Un débat public, citoyen, essentiel, républicain.

Parmi les premiers signataires

David André, réalisateur

Feurat Alani, journaliste, écrivain

Laura Alcoba, écrivaine

Yann Arthus-Bertrand, réalisateur

Thaddee Bertrand, monteur

Julie Bertuccelli, cinéaste, présidente de la Cinémathèque du Documentaire

Lise Blanchet, journaliste,

Jean-Pierre Bloc, monteur

Hervé Brusini, journaliste, président du Prix Albert Londres

Gilles Cayatte, réalisateur

Matthieu Chatelier, réalisateur

Catherine Clément, écrivaine, philosophe

Seb Coupy, réalisateur

Mathilde Damoisel, réalisatrice

Florence Dauchez, journaliste

Jean-François Delassus, écrivain

Leila Djitli, journaliste et réalisatrice,

Amalia Escriva, réalisatrice

Marc Faye, réalisateur

Colette Fellous, écrivaine, productrice radio

Anne Georget, réalisatrice, présidente du Fipadoc

Nicolas Glimois, réalisateur

Pascal Goblot, réalisateur

Tania Goldenberg, réalisatrice

Jacques Graf, photographe,

Geneviève Guicheney, journaliste

Danielle Jaeggi, réalisatrice

Isabelle Jarry, écrivain

Patrick Jeudy, réalisateur

Elisabeth Kapnist, réalisatrice

Samy Ketz, journaliste AFP

Baudouin Koenig, réalisateur

Rémi Lainé, réalisateur, président de la Scam

Roméo Langlois, journaliste France 24

Georgi Lazarevski, réalisateur

Karine Le Bail, chercheuse CNRS, productrice radio

Gwen Le Gouil, journaliste

Thomas Legrand, journaliste éditorialiste France Inter

Sébastien Lifschitz, réalisateur

Virginir Linhart, réalisatrice

Marie Maffre, réalisatrice

Marie Mandy, réalisatrice

Alexis Marant, réalisateur

Jean-Paul Mari, journaliste

Xavier Marquis, auteur réalisateur,

Claudia Marschal, réalisatrice

Laëtitia Moreau, réalisatrice

Emmanuel Moreau, journaliste,

Anita Perez, monteuse
Rithy Panh, réalisateur

Jean-Pierre Perrin, journaliste, écrivain

Nicolas Philibert, réalisateur

Anne Poiret, réalisatrice

Jean-Claude Pomonti, journaliste, écrivain

Jérôme Prieur, réalisateur

Philippe Pujol, journaliste, écrivain

Tania Rakhmanova, réalisatrice

Isabelle Rey, autrice,

Philippe Rochot, journaliste

Françoise Romand, réalisatrice

Marie-Monique Robin, réalisatrice

Hervé Rony, directeur général de la Scam

Bertrand Rosenthal, journaliste,

Christian Rosset, producteur de création radiophonique

Patrick de Saint-Exupéry, journaliste

Marie-Pierre Samitier, journaliste

Nathalie Sapena, journaliste

Guy Seligmann, réalisateur, ancien président de la Scam,

Caroline Swysen, réalisatrice

Frédéric Tonolli, réalisateur

Charlotte Tourres, monteuse

Anja Unger, réalisatrice

Bénédicte Van der Maar, photographe

Jean-Robert Viallet, réalisateur

Tomas Van Houtryve, photographe,

Tristan Waleckx, journaliste

Olivier Weber, écrivain, journaliste

Ruth Zilbermann, réalisatrice

Josianne Zardoya, réalisatrice

La Scam, partenaire historique du festival international du photojournalisme, vous attend à Perpignan, le 31 août et le 1er septembre, autour de trois rendez-vous à ne surtout pas manquer !

Prix Mentor 2022

Mercredi 31 août à 15 h au Palais des Congrès

Visa pour l’image accueille la cinquième session du prix Mentor 2022.

Doté de 5 000 euros par la Scam et d’une formation d’une valeur de 2 500 euros du CFPJ Paris, ce prix est dédié à la réalisation d’un projet photographique.

L’occasion de découvrir les portfolios des photographes présélectionnés et d’élire en présence du jury votre coup de cœur.

Rencontre professionnelle : « Le Statut du photojournaliste. Comment exercer sereinement le métier de photojournaliste en 2022 ? »

Jeudi 1er septembre de 14h30 à 16h au Palais des congrès

Un état des lieux sur les difficultés de l’exercice du métier de photojournaliste aujourd’hui, les enjeux et les perspectives d’amélioration du statut. Le débat réunira celles et ceux qui œuvrent pour la protection du statut de photojournaliste en France :

  • Jean-Baptiste Henimann, Rédacteur photo de l’agence Vu’, représentant du CLAP
  • Vincent Lannier, Secrétaire Général du Syndicat National des Journalistes
  • Catherine Lozach, Présidente de la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (sous réserve)
  • Jean-Michel Mazerolle, membre de la commission des journalistes de la Scam
  • Adrienne Surprenant, Photographe indépendante, membre de l’Agence Myop

Le débat sera modéré par Pierre Ciot, Photographe et Vice-Président de la SAIF.

Remise du prix Pierre & Alexandra Boulat

Jeudi 1er septembre à 21 h au Campo Santo

Sandra Reinflet, membre de la commission images fixes de la Scam, remettra le prix Pierre & Alexandra Boulat à Laura Morton.

Le prix encourage le travail des photojournalistes se heurtant aux difficultés économiques de leur métier. Doté de 8 000 euros, il permet à un ou une photojournaliste de réaliser un reportage inédit.

Dans le cadre des Frames Pro qui se dérouleront en septembre à Avignon, la Scam remettra le prix de la Vulgarisation qui accompagne l’émergence de nouveaux vidéastes. Une 7e édition qui a bien l’intention de bousculer la création en ligne.

L’événement majeur dédié à la création vidéo diffusée sur Internet se tiendra le week-end du 3 et 4 septembre au cœur d’Avignon.
Près d’une trentaine de vidéastes issus de différentes plateformes digitales seront présents pour allier culture, divertissement et vulgarisation. Une programmation imaginée pour le public, mais également pour les professionnels avec trois journées de rencontres, de conférences, d’ateliers, d’échanges entre créateurs et décideurs du secteur, du 5 au 7 septembre au Palais des Papes.

Les rendez-vous de la Scam 2022

Samedi 3 septembre
Remise des prix Frames Émergence dont le prix de la Vulgarisation Scam

Marianne Rigaud, membre de la commission des écritures et formes émergentes de la Scam, remettra le prix de la Vulgarisation 2022, doté de 1 500 euros, qui récompense l’auteur ou l’autrice d’une vidéo de vulgarisation à caractère culturel, historique, scientifique…

Mardi 6 septembre de 11 h à 12 h
Atelier Scam : droit d’auteur

En présence de Cyril Etien et Sherine Deraz.

Mercredi 7 septembre de 12 h 15 à 13 h 45
Déjeuner vidéaste au Carré du Palais

Ce déjeuner est offert par la Scam dans le cadre des rencontres professionnelles Frames.Pro.

Mercredi 7 septembre de 14 h 00 à 15 h 30
Rencontre IRL # 4 : true crime et autres faits divers

Le genre du true crime, originellement littéraire, s’est étendu dans toutes les sphères de la création documentaire remportant un succès incroyable auprès d’un public toujours plus avide d’histoires singulières, tout particulièrement en France. Affaires criminelles, faits divers, enquêtes judiciaires… mais comment raconter l’indicible ? Qu’est-ce qui fait le sel d’une bonne histoire de true crime ?  Qu’est-ce que ces œuvres nous disent de la société ? Comment capter l’attention du public en évitant l’écueil du voyeurisme ?

À travers leurs récits empruntant différents chemins médiatiques (web, livre, radio et podcast, TV), les autrices et auteurs invités mènent l’enquête, parfois en totale immersion, décryptent les faits, se rapprochent au plus près des affaires et de leurs protagonistes….  La diversité des regards et des écritures documentaires permet d’appréhender une réalité qui souvent dépasse la fiction.

Une table ronde, animée par Julia Lagrée autour d’un panel d’invité.e.s permettra d’échanger sur ce phénomène narratif.

Lundi 5, mardi 6 et mercredi 7 septembre 2022
Journées professionnelles Frames.Pro

Depuis 2017, Frames s’engage dans la professionnalisation et l’industrialisation du secteur de la web création.
Vidéastes membres de la Scam, accréditez-vous ! Nous avons négocié pour vous un tarif réduit : 36 € (au lieu de 50 €) pour le pass des trois journées professionnelles.
Pour obtenir le code promo, n’hésitez pas à en faire la demande auprès de sherine.deraz@scam.fr

Les 23, 25 et 26 août, la Scam posent ses valises, et ses convictions, au cœur du village de Lussas, pour une nouvelle fête du documentaire. Au programme de cette 34e édition, cinq films engagés, issus de la sélection Brouillon d’un rêve, et un voyage dans l’espace, et dans vos oreilles, avec la Nuit de la radio.

Brouillon d’un rêve reste l’un des seuls dispositifs disponibles dans le domaine de la création documentaire, à soutenir directement, avec les plus larges critères d’éligibilité, les auteurs et les autrices porteurs et porteuses de projets en germe. Dispositif vivant, il a pour vocation de s’adapter en permanence aux évolutions des pratiques. L’année dernière, fruit d’une longue réflexion, nous avons créé en appoint la bourse Repérages. Dotée de 2 500 euros, elle se déclenche avec un dossier plus sommaire, huit pages contre quinze pour la bourse « originelle », qui elle, peut monter jusqu’à 6 000 euros et venir en appoint du repérage. C’est unique, c’est précieux, et donc très couru. Preuve de la pertinence de cette nouvelle opportunité offerte aux auteurs et autrices, nous avons été submergés de demandes. Il nous a fallu à nouveau ajuster, déployer des moyens conséquents pour répondre au mieux.

L’afflux permanent de candidatures nous contraint à un énorme travail en coulisses. Certes, le système reste perfectible, mais les efforts consentis, humains et financiers, sont largement récompensés par la naissance d’œuvres foisonnantes et singulières dont, une fois de plus, la programmation de Lussas atteste. Elle se nourrit de la curiosité des auteurs et des autrices, du partage de leurs rêves, de la variété de leurs regards et de leurs approches.

Cette année, on voyage de Lens à Mayotte, on nomadise aux côtés des parias de l’emploi, on partage quelques moments de l’incessante lutte des clandestins et on s’émerveille de la vocalise d’un merle. De la lutte sociale aux trilles des oiseaux, c’est ce que l’on appelle le chant du monde. Ça va être la fête au village. Et vive le documentaire.

Rémi Lainé, réalisateur, président de la Scam

Mardi 23 août
Présentation du dispositif Brouillon d’un rêve du documentaire et de son nouveau volet Repérages. Dotée de 2 500 euros, cette bourse est destinée à soutenir une première étape d’écriture pour effectuer des repérages, des recherches documentaires, des entretiens préparatoires ou bien encore la fabrication d’un teaser…

Jeudi 25 août
Rendez-vous est pris pour la Journée Brouillon d’un rêve dont la programmation, imaginée par les membres du jury, Marianne Bressy, Anne Levy Morelle et Lise Roure, responsable du dispositif Brouillon d’un rêve de la Scam, mettra à l’honneur, cette fois encore, cinq films documentaires engagés.

Vendredi 26 août
La Nuit de la radio revient, à Saint-Laurent-sous-Coiron, pour une nouvelle expérience d’écoute collective, casque sur les oreilles, au son du programme proposé cette année par Amandine Casadamont. Retour immersif sur l’histoire de la conquête spatiale que l’homme s’est toujours évertué à fantasmer, pour le meilleur et pour le pire…
Entrée sur pré-inscription à l’accueil public du festival.

Autour de cinq films documentaires choisis parmi les œuvres soutenues dès l’écriture par l’aide à la création de la Scam, cette journée nous invite à découvrir des femmes et des hommes souvent happés par une société en crise, mais où la force de leurs combats raniment l’espoir d’un monde pas si perdu. À voir et à revoir.

Séance de 10 h 15

Il Posto – Un emploi stable de Gianluca Matarrese et Mattia Colombo

Italie, France (75′) • 2022 • Production : Giovanni DonfrancescoAltara Films

Une vie nomade à la recherche d’un emploi stable.

Il Posto est un documentaire « on the road » sur le mirage d’un emploi stable et la tragédie d’une nation aux prises avec le chômage, un voyage au cœur d’une grande crise sociale, morale et économique qui, bien qu’italienne, reflète en partie une condition européenne. Le film concerne la génération des années de mobilité et de flexibilité, perdue dans l’incertitude mais aspirant toujours à la stabilité et en quête d’une place dans le monde.


Langue des oiseaux d’Érik Bullot

France (54’) • 2022 • Diffuseur : Bip TV • Production : Baldanders Films

Composé de séquences musicales, graves et drôles, Langue des oiseaux est un documentaire de création, poétique et philosophique, sur les tentatives de traduction du chant des oiseaux. Un rêve de communication possible ou imaginaire entre les espèces.


Séance de 14 h 45

Chaylla de Clara Teper et Paul Pirritano

France (72′) • 2022 • Diffuseur : Bip TV • Production : Marc Faye Novanima Productions

Chaylla, 23 ans, vit à Lens, dans le nord de la France, et tente de se libérer d’une relation conjugale violente. Elle est prête à se battre. Pour obtenir la garde de ses enfants, pour faire reconnaître ce qu’elle a subi. Mais en elle, l’espoir persiste de former de nouveau une famille avec son ex-compagnon. Entre combat juridique et lutte intime, Chaylla est le récit de quatre années de la vie d’une jeune femme, dont les tentatives d’émancipation et le désir puissant de justice se confrontent aux mécanismes de l’emprise et de la dépendance.


Malavoune tango de Jean Marc Lacaze

France (56’) • 2022 • Diffuseur : Lyon Capitale TV, Tënk • Production : Les Films de la caravane
• Coproduction avec Lyon Capitale TV

Mayotte, île française de l’archipel des Comores, où de jeunes clandestins élèvent des chiens. Chef, Flamsy et Djé se libèrent ainsi d’une société musulmane. Fany, César, Bily et d’autres chiens errants, servent de bouc émissaire. Cette relation à l’animal dévoile une société tiraillée, entre culture comorienne et culture française, dans une île où insécurité se conjugue à clandestinité. Malavoune tango est un chassé-croisé de situations entre meute et portrait où le chien incarne une errance identitaire.

Séance de 21 h 15

Éclaireuses de Lydie Wisshaupt-Claudel

Belgique (90′) • 2022 • Joachim Thôme Les Productions du Verger

Marie et Juliette ont quitté l’enseignement classique pour ouvrir au cœur de Bruxelles une école où elles accueillent des enfants sans passé scolaire, souvent issus de l’exil. Elles leur offrent un lieu et un temps hors des apprentissages scolaires formels pour être ou redevenir des enfants, avant d’affronter l’institution scolaire qui attendra d’eux d’être des élèves. Au fil de leurs tentatives et de leurs réflexions pédagogiques, Éclaireuses nous oblige à questionner l’école comme un lieu vecteur de rapports d’oppression qui nous touchent toutes et tous.


Après l’annonce de la suppression de la contribution à l’audiovisuel public par le candidat Macron redevenu président de la République, un projet de loi de finance rectificative est d’ores et déjà à l’agenda du Parlement pour le mois de juillet, et devrait proposer un nouveau dispositif. Les pistes de réforme reposeraient sur un financement pluriannuel et la mise en place d’une commission indépendante chargée de se prononcer sur la trajectoire budgétaire. Le gouvernement entendrait ainsi donner des gages d’indépendance et de pérennité au moyen de financer l’audiovisuel public.

Miroir aux alouettes : le budget de l’Etat est voté chaque automne par les parlementaires et aucun comité Théodule ne saurait leur dicter la conduite à tenir.

La Scam a bien conscience que la poursuite de la perception de la contribution à l’audiovisuel public déconnectée de la taxe d’habitation induirait des coûts prohibitifs. Pour autant, forte de ses 49 000 membres, elle milite pour le maintien du principe d’un financement affecté : seul un prélèvement destiné à financer les antennes publiques permet de garantir indépendance, pérennité et ambition indispensables au fonctionnement d’un service public digne d’un pays moderne.

Le rapport intitulé Une autre redevance est possible de Julia Cagé, publié par la fondation Jean Jaurès en début de semaine, est riche d’enseignements. A l’instar de ce qui se pratique dans les pays du Nord de l’Europe, où les sociétés publiques de l’audiovisuel sont de puissants moteurs de création, l’option la plus souhaitable serait la mise en place d’une contribution affectée progressive en fonction du revenu. Elle permettrait à la fois de mieux s’adapter aux foyers les plus modestes, et d’alléger le coût pour celles et ceux qui perçoivent moins de 50.000 euros de revenus annuels.

Les créateurs et créatrices de l’audiovisuel espèrent vivement une prise de conscience collective de la place centrale qu’occupent nos antennes publiques, France Télévisions, Radio France, ARTE France, France Médias Monde et l’INA dans notre société.  Rappelons à celles et ceux qui n’en auraient toujours pas conscience que le service public de l’audiovisuel est un facteur de prospérité non seulement culturel mais aussi économique ; compte-tenu de son rayonnement dans le secteur, un emploi dans le public génère deux emplois et demi dans le privé. N’oublions pas non plus le rôle démocratique essentiel du service public qui est un des meilleurs garants de la qualité de l’information.

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