Le jury a attribué le Prix Mentor 2023 à Elie Monferier pour son projet « Insula », une série photographique portant le nom de l’île de ses ancêtres, Minorque et d’une partie de notre cerveau – le cortex insulaire.

Elie Monferier
Photo : Patrick Cockpit

Insula

« Insula, c’est l’île de mes ancêtres, Minorque, devenue la métaphore d’une mémoire érodée par le sel et le vent. Une île inabordable et meurtrie, dont les roches fissurées font affleurer les fantômes de la guerre civile espagnole et la douleur de l’exil. Insula, c’est également une toute petite partie de notre cerveau – le cortex insulaire – qui régit certaines émotions comme l’empathie et la prise de risque, et qui joue un rôle déterminant dans les phénomènes psychiques d’addiction et de paranoïa. »

Elie Monferier

Artiste visuel, photographe et designer graphique, Elie Monferier s’intéresse à l’image pour sa capacité à produire du récit, à générer de la rupture dans l’ordre fonctionnel du monde et à sonder le mouvant, le dynamique, le sensible par lesquels la pensée se constitue et circule. Ses recherches gravitent en particulier autour de la mémoire, qu’elle soit affective ou pulsionnelle, sociale ou territoriale, et de ses effets. Créateur de livres de photographie, il voit dans ce médium la possibilité sans cesse renouvelée de questionner notre manière de nous déplacer au sein des images et de penser avec elles. Son travail est régulièrement exposé, en France et à l’international, lors de festivals ou en galerie (Festival Circulations, Athens Photo Festival, Galerie Sage Paris, Galerie Enfant Sauvage à Bruxelles). Il est également lauréat du prix du meilleur livre photo de l’année 2020 attribué par PhotoEspana.


Photo : Elie Monferier, par Patrick Cockpit

Elie Monferier avait été présélectionné et coup de cœur du jury, lors de la session #2 à Bordeaux (Festival Itinéraires des Photographes Voyageurs) avec sa série Sang noir.

Projet Sang Noir - Monferier Elie
Projet Sang Noir - Monferier Elie

Sang Noir

« Au Moyen-Age, le sang noir désigne le sang des cerfs et des sangliers en période de rut mais également le sang enflammé de celui qui les chasse, de celui qui s’enfonce au plus profond de la nature pour les affronter. S’il les tue c’est afin d’en manger ensuite le cœur, d’en posséder la force et la vigueur virile. L’homme renoue ainsi avec sa dimension animale. Démesure, déraison et désordre dictent alors son comportement. Il s’ensauvage afin de pouvoir rencontrer la bête réelle qu’il traque mais également pour libérer celle fantasmagorique qui est en lui. »

La Scam remercie le jury 2023 du Prix Mentor et tous les finalistes de l’édition 2023 pour la qualité de leurs propositions. Tous nos remerciements vont également à David Siodos, lauréat du Prix Mentor 2022, pour sa venue et la présentation de son travail au public. Son portfolio « En attendant le silence » est aujourd’hui terminé et nous le félicitons !