photo Benjamin Géminel
photo Benjamin Géminel

Le jury salue la présélection 2022 illustrant la richesse et la diversité du grand reportage. Ces journalistes sont l’honneur d’une profession en prise directe avec les soubresauts, les fulgurances de l’histoire. Pour le 90e anniversaire de la mort d’Albert Londres, le jury a délibéré à Riga, souhaitant rendre hommage à tous les journalistes qui œuvrent pour rendre compte de la guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine.

Prix Albert Londres 2022
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Ksenia Bolchakova, Alexandra Jousset, Margaux Benn, Victor Castanet

Margaux Benn, Prix Albert Londres 2022 de la presse écrite
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Margaux Benn - Prix de la presse écrite

Alexandra Jousset Prix Albert Londres 2022 de l'audiovisuel
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Alexandra Jousset - Prix de l'audiovisuel

Ksenia Bolchakova, Prix Albert Londres 2022 de l'audiovisuel
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Ksenia Bolchakova - Prix de l'audiovisuel

Victor Castanet Prix Albert Londres 2022 du Livre
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Victor Castanet - Prix du livre

Prix Albert Londres 2022
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Ksenia Bolchakova, Alexandra Jousset, Margaux Benn, Victor Castanet

Margaux Benn, Prix Albert Londres 2022 de la presse écrite
photo Benjamin Gémniel / Hans Lucas

Margaux Benn - Prix de la presse écrite

Alexandra Jousset Prix Albert Londres 2022 de l'audiovisuel
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Alexandra Jousset - Prix de l'audiovisuel

Ksenia Bolchakova, Prix Albert Londres 2022 de l'audiovisuel
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Ksenia Bolchakova - Prix de l'audiovisuel

Victor Castanet Prix Albert Londres 2022 du Livre
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Victor Castanet - Prix du livre

Hervé Brusini, président du Prix Albert Londres 2022
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Hervé Brusini, président du Prix Albert Londres

Aurélie Royet-Gounin ambassadrice de France en Lettonie
photo Benjain Géminel / Hans Lucas

Aurélie Royet-Gounin, Ambassadrice de France en Lettonie

Rémi Lainé Président de la Scam
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Rémi Lainé, président de la Scam

Victor Castanet Prix Albert Londres 2022 du livre
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Victor Castanet

Prix Albert Londres 2022
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Margaux Benn, Ksenia Bolchakova, Alexandra Jousset, Victor Castanet

84e Prix de la presse écrite

Margaux Benn
pour ses reportages sur la guerre en Ukraine publiés dans Le Figaro

Après avoir travaillé pour l’AFP, le New York Times, le Guardian, Jeune Afrique, la BBC… Margaux Benn, franco-canadienne, est aujourd’hui grand reporter au Figaro. Le jury avait déjà remarqué sa plume singulière en la présélectionnant à deux reprises. Il salue aujourd’hui son style, son écriture enviable, une tendresse dans le regard posé sur ceux qui sont au front, des angles inattendus et un renouvellement permanent de son art du récit.

38e Prix de l’audiovisuel

Alexandra Jousset et Ksenia Bolchakova
pour leur film Wagner, l’armée de l’ombre de Poutine (France 5, Capa presse)

Ces deux femmes, qui réalisent des documentaires depuis plus de dix ans, ont réalisé ce film aussi terrifiant et glaçant qu’il est précurseur et prémonitoire. Alexandra Jousset et Ksenia Bolchakova ont été les premières à documenter les actions de cette armée de l’ombre, contribuant à nous faire comprendre les enjeux de la géopolitique du Kremlin. Le jury récompense une enquête fouillée et implacable, un travail dangereux sur des terrains où le prix de la vie ne vaut pas cher.

6e Prix du livre

Victor Castanet
pour Les Fossoyeurs (Editions Fayard)

Journaliste de presse écrite et de télévision, Victor Castanet a mené une enquête de trois ans dans l’univers des Ehpad qui a abouti à une déflagration, un séisme, une prise de conscience dans la société. Le jury ne pouvait pas passer à côté d’un tel coup de poing sur ces trafiquants de la mort car Les Fossoyeurs illustre parfaitement « la plume dans la plaie » chère à Albert Londres.

Un Prix d’honneur a été décerné à Andriy Tsaplienko et Sevgil Musaieva, respectivement envoyé spécial 1+1 Media Ukraine et rédactrice en chef de Ukrainska Pravda, afin, à travers eux, de témoigner aux journalistes ukrainiens une solidarité sans faille pour le travail effectué sur la guerre qui frappe leur pays. Chaque jour, ils rendent compte, et documentent pour une future justice. Ils sont en première ligne d’un défi lancé au journalisme : témoigner en temps réel, se battre pour être au plus près de la réalité des faits. Ce prix leur sera prochainement remis à Kiev par une délégation de journalistes du Prix Albert Londres.

Le jury 2022 présidé par Hervé Brusini, était composé de : Lise Blanchet, Annick Cojean, Catherine Jentile, François Hauter, Christian Hoche, Jean-Xavier de Lestrade, Manon Loizeau, Sylvain Louvet, Alain Louyot, Jean-Baptiste Malet, Jean-Paul Mari, Delphine Minoui, Alfred de Montesquiou, Michel Moutot, Patrick de Saint-Exupéry, Frédéric Tonolli, Olivier Weber, ainsi que des lauréats 2021 : Caroline Hayek, Emilienne Malfatto, Alex Gohari et Léo Mattei.

Contact

Stéphane Joseph – 06 82 90 01 93 – stephane.joseph@scam.fr

Parce que la création sonore est un parent pauvre des politiques publiques, la Scam dévoile au Paris Podcast festival un livre blanc pour franchir le mur du son !

Ce document à destination des décideurs français et européens élabore des pistes législatives, fiscales, économiques concrètes, pour une meilleure structuration de la profession et un rééquilibrage de la chaîne de valeur de la création sonore.

Malgré l’essor remarquable du podcast et le vif intérêt du public pour la radio, la structuration du secteur est encore balbutiante.  La création audionumérique souffre de plusieurs impensés juridiques : les conditions de la propriété intellectuelle peinent à être systématiquement garanties et un réel statut manque aux autrices et auteurs sonores pour dialoguer en confiance avec les différents acteurs du secteur (producteurs, diffuseurs, plateformes…).

Dans ce contexte, Création sonore, pour un écosystème pérenne se veut une plateforme de proposition :

Pour un partage de la valeur équitable

Afin de maintenir et préserver l’essor de la création sonore : clarifier le régime juridique de la diffusion sonore pour un partage de la valeur avec tous les acteurs de la chaîne de création.

Pour un écosystème vertueux

  • Afin d’assurer le soutien public de la création sonore : mettre en place des outils fiscaux affectés assujétissant l’ensemble des acteurs de la diffusion (éditeurs, agrégateurs, hébergeurs).
  • Pour une création sonore française originale qualitative et ambitieuse : donner une définition aux « œuvres sonores » et mettre en place une obligation pour les diffuseurs de production de créations sonores originales et indépendantes.

Pour une meilleure protection des auteurices de la création sonore

  • Afin de sécuriser les droits des auteurs d’œuvres sonores : proposer une définition claire, complète et actualisée de l’auteur audio dans le code de la propriété intellectuelle.
  • Pour mieux protéger les auteurs : lancer une concertation de la filière sonore pour parvenir à la conclusion d’un accord interprofessionnel.

Pour une implication des décideurs français et européens

  • Créer une régulation des médias sonores : mobiliser les autorités françaises pour soutenir auprès de l’Union Européenne une régulation du média sonore à l’instar des médias audiovisuels.
  • Rendre éligible la création sonore aux soutiens de l’Union européenne : créer un ou des appels à projets pour le développement d’œuvres radiophoniques et de podcasts.

Sommaire

Franchir le mur du son, par Karine Le bail et Rémi Lainé (p3-4)
Préambule : Création sonore pour un écosystème pérenne (p5-6)
1. Le partage de la valeur : L’autorisation des ayants droit comme pilier de la diffusion sonore (p7-10)
2. Un écosysteme vertueux pour financer la création sonore (p11-15)
3. Donner une place aux auteurices de la création sonore dans le droit français (p17-21)
4. Encourager les décideurs Français et Européens à faire une place au média sonore dans la régulation des médias (p23-28)
Paroles de professionnels (p29-53)

Contact presse

astrid lockhart  – 06 73 84 98 27 – astrid.lockhart@scam.fr

La Scam lance aujourd’hui son premier podcast pédagogique destiné aux auteurs et autrices sonores.

Le répertoire radiophonique a toujours occupé une place de choix à la Scam. Afin d’accompagner au mieux ses membres, la Scam a créé le podcast « A comme auteurice » qui voit le jour après la signature de nombreux accords déterminants pour les droits d’auteur avec des plateformes de podcast. Il confirme le rôle de la Scam et sa volonté d’accompagner les formes innovantes de diffusion et de création sonore.

Dans une approche résolument didactique et vulgarisatrice, « A comme auteurice » aborde les grandes notions du droit d’auteur à l’attention de celles et ceux qui créent des podcasts. Neuf capsules audios déclinées sous la forme d’un abécédaire de mots clés, neuf épisodes essentiels pour comprendre des notions fondamentales :

A comme auteur, autrice
B comme bourse
C comme contrat
D comme déclaration
D comme droit d’auteur
D comme diffusion
E comme écosystème
O comme œuvre
R comme rémunération

« A comme auteurice » est un podcast de la Scam, produit par wave.audio. Il est écrit et présenté par Samia Basille, réalisé par Emmanuel Baux et produit par Isabelle Duriez.

À découvrir sur toutes les plateformes d’écoute.

 

contact presse

astrid lockhart – 06 73 84 98 27 – astrid.lockhart@scam.fr

Depuis quarante ans, la Scam s’est construit une identité visuelle forte : son site, scam.fr, sa revue, Astérisque, ses créations graphiques portent haut l’ensemble de ses engagements. Mais, alors qu’elle incarne le réel à travers l’image ou le texte, il lui manquait de se raconter par le son.

Retour sur un voyage créatif et sensoriel, aux côtés de l’autrice-compositrice et documentariste sonore Marie Guérin. Elle a capté les bruits du monde mêlés aux motifs musicaux qu’elle a façonnés pour créer l’identité sonore de la Scam.

La glaneuse

Formée, en partie, à l’Institut national de l’audiovisuel, Marie Guérin y aborde les notions techniques et physiques relatives à l’onde sonore. Puis, elle intègre la classe d’électroacoustique de la compositrice Christine Groult, au Conservatoire régional de Pantin, où elle étudie ce que l’expérimentation dite schaefferienne — du nom de Pierre Schaeffer, connu comme le père de la musique concrète — nomme « l’écoute réduite », et dont ces classes sont l’héritage. Marie apprend à tresser un discours, une composition, dans ce que François Bayle, autre pionnier expérimentateur de cette musique, appelle « un aller-retour incessant entre le geste et l’oreille ».

Piocher dans le réel son caractère musical, lors d’une cueillette, d’une capture dans l’environnement sonore, chercher sa poésie « inouïe », comme la définit Schaeffer. Cette matière première collectée qui se transforme, se détourne, se coupe, se retouche, se monte pour que ces sons microphoniques deviennent des sons jamais entendus. C’est ainsi que Marie Guérin crée.

Pour cette nouvelle composition, l’artiste sort du studio, armée de son expérience de musicienne électroacoustique et de documentariste audio, et part capturer le réel, ces bruits du monde. Les prélever. Pour les (re)composer. Trouver sa gamme, les notes, les couleurs.

La signature sera un mélange entre des prises de son du réel, une mélodie jouée à la fois par des instruments acoustiques et des instruments virtuels, le tout façonné en studio par les outils de la musique électronique.

Durant plusieurs jours, Marie arpentera la nature, la ville, des terrains divers et multiples pour capter le bouillonnement de ce qui nous entoure et forger l’identité sonore d’un collectif d’auteurs et d’autrices du réel…

Bienvenue sur le chemin de la création.

Traduire et transposer l’identité de la Scam, recueillir et concentrer ses intentions, ses regards, ses envies, ses énergies, sa diversité, ses voix dans une signature sonore. Passionnant !

Marie Guérin

Jour 1 – La mise en mouvement

Point de départ : l’élaboration d’une partition, d’une formule, un motif comme une typographie sonore, un jeu de ponctuation… Une composition, certes, mais pas au sens classique du terme. Non. Marie Guérin chantonne. Une ritournelle. Inspirée de la tradition orale, populaire, elle sera la base de son travail, mais aussi celle d’une culture ancestrale, où la musique est conçue, organisée, enseignée, conservée en dehors de tout système d’écriture, et que Marie a à cœur de faire entendre. Travaillée avec les outils de la musique électronique, la mélodie sera posée, puis embarquée pour le début d’une autre marche, celle de la glaneuse en quête du réel, de la polyphonie du monde.

L’artiste décide d’entamer son voyage du côté de Montmartre. Équipée d’une enceinte Bluetooth pour rediffuser le motif musical sur le terrain, de son enregistreur, et de son micro qu’elle dit être sa plume, ses notes, sa gamme. Comme pour Charles Duvelle, ethnomusicologue et grand collecteur de musique populaire, « utiliser le microphone comme on utilise un instrument de musique ».

Elle grimpe vers la basilique du Sacré-Cœur. « Hakuna Matata », lui glisse un vendeur de bracelets brésiliens à la sauvette. Et ce sera à la sauvette que Marie poursuivra sa récolte… Elle rencontre Moncef, en haut de la butte, Bernardo et Maxence. Musiciens qui pour le plaisir du passant grattent leur guitare en échange de quelques pièces. Elle enregistre. Puis, rue des Trois-Frères, dans un immeuble soutenu par des étais, Jésus et Elloy. Elle boit une bière, fume une cigarette. Ce jour-là, Marie a recueilli le silence dans la basilique et la prière de l’un de ces flâneurs… Jésus a joué à la guitare la mélodie qu’elle a composée, diffusée sur l’enceinte. Marie éteint l’enregistreur.

Jour 2 – Se confronter au monde

Se fondre dans le réel. Capter ce qui étreint, accumuler et bâtir la banque de sons qui composera les fondations du corpus original. Y plonger le motif mélodico-rythmique. Bousculer la partition. Le travail de création et d’immersion se poursuit.

Suivant sa première inspiration, guidée par l’idée d’aller glaner au pied des street pianos — ces instruments placés dans la rue ou dans les espaces publics qui invitent le passant à jouer, à l’instant — Marie se rend gare Montparnasse, où elle croise Pierre. Assis au piano, il improvise La Lettre à Élise. Ensemble, ils tentent de reproduire la mélodie de Marie qu’elle diffuse et rediffuse comme un memento sur l’enceinte ambulante… Mais cela ne prend pas. Ce que l’on imagine, parfois, et ce que la réalité nous donne ne s’accordent pas toujours.

Marie voudrait pouvoir écrire une partition avec cette musique anecdotique, selon la formule de Luc Ferrari — représentant majeur dans les années 1960 de la musique concrète : un mélange de réel impromptu, fixé et composé de notes, de croquis, de photos, de citations, de ces substances capturées du terrain…  Il faut que l’instrumentarium se construise, trouver ce son de tête, chef de file de l’œuvre.

Jour 3 – Quand soufflent les voix

De cette matière amassée au son de ses escapades, Marie veut nourrir la mélodie d’une présence humaine. Des souffles, des voix, distinctes ou pas, qui bourdonnent, murmurent, glissent dans l’atmosphère. L’artiste cherche la rumeur, cet ensemble confus de bruits, de sons, au même instant, au même endroit. Elle part à la rencontre de la chorale La Tête à l’Est, dirigée par Corinne Ernoux. L’ensemble vocale se lance, les pépiements s’échappent alors de l’harmonie d’où vibre la note en accord continu. Quand le réel se met au service de la mélodie et qu’il devient grille et partition. Le corpus s’étoffe.

Jour 4 – Voyage dans le temps et l’espace

Retour à la gare Saint-Lazare, en immersion. Moumene, voyageur au street piano, rejoue la mélodie de Marie à l’oreille… Mais le piano est trop moderne. Sa tonalité ? La quintessence de la musique occidentale. Marie replonge alors à la genèse, lorsque la mélodie s’est imposée à elle. Cette ritournelle, ancestrale. Le serpent s’invite doucement dans ses pensées créatives. Courbé en S, percé de six trous, à la vibration cuivrée, dont les premières traces remontent à la fin du XVIe siècle, il a longtemps accompagné le chant liturgique et le chœur dont il renforçait la partie grave lors des offices religieux. Pour l’artiste, il incarne quelque chose d’atemporel, d’inclassable, datant d’une époque où la notation musicale était minimale, au plus juste de ce que représente pour elle la musique électroacoustique.

Dans le soin et l’énergie apportés à la confection d’un corpus original se joue déjà une intention forte. Dans les prises de sons, on entend le geste et son intentionnalité. Une clé est à trouver, là, dans le geste – si fort et chargé de responsabilité – de captation du réel.

Marie Guérin

Volny Houstiou, professeur de serpent et de tuba au conservatoire de Rouen, arrive à Paris pour accompagner Marie dans une nouvelle séance d’enregistrement. Déplacer l’instrument in situ. Pour cela, ils investissent la Scam, son porche, sa cour, ses caves, pour y tester différentes acoustiques. Puis, le brouhaha du parc Monceau voisin, entre quiétude et agitation, nœud d’énergie, où Volny se met à jouer au milieu d’un groupe de sportifs. Ça bruisse, palpite, bourdonne…

Pause. Se reprend le souffle.

Comme pour retourner à l’essence même de cet instrument immémorial qu’est le serpent, un dernier instant le consacre, dans l’église orthodoxe roumaine des Saints-Archanges, où le père Iulian les accueille, rue Jean-de-Bauvais dans le Ve arrondissement. Un dernier voyage. Dans le temps et l’espace. Pour capter cette sonorité sublimée dans ce lieu de sacre. La journée est finie. La quête aussi.

Dans le studio du compositeur électronique commencent maintenant le tissage, la composition à partir de ces matériaux. À assembler. Puis à mixer.

Jour 5 – Mise en boîte

La séquence de mixage, réalisé dans les studios du Groupe de recherches musicales — fondés en 1948 par Pierre Schaeffer sous le nom de Groupe de musique concrète, et qui reste aujourd’hui l’un des plus grands centres de musique électroacoustique — clôt cette partition pensée avec les bruits du monde. Avant-dernière étape durant laquelle Marie transpose ce corpus sonore vers la composition finale. Elle joue avec les sons, les étire, les mélange aux instruments électroniques.

L’identité se décompose puis se recompose en autant d’univers que d’usages. Pour la Scam, Marie a imaginé le son du logo animé jusqu’ici muet, un tapis sonore et des virgules qui viendront tour à tour rythmer les contenus vidéos et podcasts à venir de la société d’auteur.

La signature sonore est enfin là. Imaginée, conçue et créée dans ce passage étroit entre la musique et la voix, entre réalité et création, entre bruit du monde et arythmie instrumentale. Un travail délicat, réalisé grâce au savoir-faire et à la sensibilité de Marie Guérin et avec la complicité professionnelle du studio wave.audio, qui désormais fera vivre, et surtout vibrer la Scam.

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

Pour son podcast L’Île sous la mer, Camille Juzeau est allée à la rencontre de collégiens et de collégiennes sur l’île de Petite-Terre à Mayotte. En nous dévoilant les coulisses de son enregistrement, elle nous raconte une terre secouée, entre tremblements de terre et violence, où la jeunesse îlienne dévoile des chemins de vie empreints de ces réalités qui s’entrechoquent, mais n’empêchent finalement pas les histoires d’enfant d’exister.

Tout au bout de l’île de Petite-Terre, 12 kilomètres carrés accrochés au flanc ouest de Mayotte et reliés par une barge, le collège de Pamandzi est déjà un peu sur les hauteurs.
Je dois y rencontrer des élèves de troisième pour le podcast que je suis venue enregistrer ici. À l’accueil, ils ont l’air préoccupés. Des parents sont là, des enseignants, les discussions semblent animées. Le professeur d’histoire-géo me cueille quelques minutes plus tard et m’explique : « Un règlement de compte est survenu hier soir dans le quartier : deux gamins de 12 ans ont été assassinés, décapités par d’autres du même âge. »

Il poursuit : « Une bonne partie des parents n’ont pas voulu laisser leurs enfants venir au collège ce matin, ils s’inquiètent pour leur sécurité. Ces derniers temps les violences ont augmenté, la Covid n’a pas aidé. » Nous sommes en janvier 2021, entre deux confinements. Tandis qu’il me parle, nous montons à l’étage, vers les classes. J’aperçois le proviseur par la porte ouverte de son bureau, il est au téléphone, l’air un peu dépassé par la situation.

Le professeur d’histoire-géo est calme, lui. Je lui dis que je peux revenir plus tard dans la semaine, mais il a déjà ouvert la porte d’une classe. Aux dix élèves présents, il demande : « Coucou les jeunes, qui veut parler du nouveau volcan au micro de la dame ? » Ça ne se bouscule pas, timidité des adolescents. Il en interpelle un ou deux gentiment, qui se lèvent, finalement pas mécontents. Je me dis que c’est pour eux une bonne excuse pour sécher le cours de SVT qui débute. Même chose dans la classe attenante où je me retrouve avec sept collégiens qui me sourient et chahutent entre eux. Ces mêmes collégiens qui connaissent sûrement les victimes ou les bourreaux des sinistres événements de la veille.

J’ai coupé la clim pour le son, et la chaleur envahit la salle de classe du préfabriqué où nous nous sommes installés. Djounaidi, 14 ans, s’est proposé pour commencer. Tout en faisant les tests micro je lui demande comment il va et il me raconte que ce sont ses cousins qui ont été tués. Ça s’est passé sur la colline de Pamandzi, derrière l’école, là où il habite.

Ces collines, couvertes de végétation haute, abritent des maisons en tôle, les bidonvilles de Mayotte sur Petite-Terre et Grande-Terre. Y logent surtout les Comoriens sans papiers. Dans la jungle, les descentes de police sont moins aisées.
Djounaidi est d’Anjouan. Soixante-dix kilomètres de mer séparent cette île des côtes françaises de Mayotte. Soixante-dix kilomètres que ses parents et lui, petit à l’époque, ont traversé de nuit, à bord de « kwassa-kwassa », minuscules bateaux de pêche. Le prix de cette périlleuse traversée ? Entre 700 et 1 000 euros, l’équivalent d’une année de travail aux Comores, l’un des pays les plus pauvres du monde. Une somme que beaucoup de Comoriens, aspirant à rejoindre les côtes françaises, continuent de payer aux passeurs aujourd’hui.

Le département, qui comptabilise la moitié des reconduites aux frontières françaises, a vu croître le nombre de mineurs isolés sur l’île. En 2015, le Défenseur des droits en recensait 3 000, sans famille et sans papiers. Sans ressources. Alors il y a l’errance, et la baston. Ça le met en colère, Djounaidi, cette violence qui défigure son île. La violence qui colle à la peau est là, latente, tout autour d’eux.

Mais dans ce préfabriqué où nos peaux sont déjà moites et où nos masques collent au visage, ce n’est pas cette histoire que je suis venue lui faire raconter. Alors je lui pose les questions que j’ai griffonnées sur un carnet : l’île comment est-elle ? Et la mer ? Et ce volcan sous-marin qui a surgit d’un coup au large de Petite-Terre ?

Il se prête au jeu facilement, raconte les tremblements de terre qui ont secoué l’île depuis 2017 ; la montée des eaux, l’inondation des routes ; l’arrivée des scientifiques de métropole à bord du Marion Dufresne, le bateau d’étude océanographique et de ravitaillement des Terres australes et antarctiques françaises. Mais il conte aussi ses excursions avec ses frères et sa sœur autour de l’ancien cratère devenu lac, vert fluo et acide ; les histoires que sa mère lui rapporte, les souvenirs qu’elle a de sa vie sur l’île comorienne ; sa grand-mère, restée là-bas et qu’il n’a pas revue depuis des années ; les nuits où il observe les étoiles et qu’il se prend pour un pirate, et les matins où les oiseaux multicolores piaillent à ses fenêtres. Sa sœur qui veut devenir ornithologue et lui policier.
Sa réalité : tout cela à la fois.

Sur la barge, je divague en regardant la mer, chargée de chacune des histoires qui constituent la complexité d’un réel, qu’un documentaire ne peut qu’effleurer, et pourtant.

Camille Juzeau

Puis chacun des six autres avec leurs mots sortis de l’enfance racontent les évolutions liées à la naissance du géant sous-marin qui a fait perdre douze centimètres à leur île. Ça charrie gentiment, certains sont timides, d’autres attirés par le micro. On a ri, finalement, cet après-midi-là. Ils ont pensé un peu à autre chose, c’est ce que je me dis.

En reprenant la route en sens inverse, en fin de journée, je marche longuement le long de la nationale, guettant un bus censé passer en ce lieu. On m’a dit de ne pas traîner dans les parages. Alors quand, à un angle de rue, j’aperçois un gars qui s’approche de sa voiture et me voyant un peu perdue me fait signe de monter, je n’hésite pas. En roulant vers la mer, il me parle. Il me dit qu’il vit là, à Petite-Terre, depuis cinq ans. Il a fui la Syrie, réfugié politique. On doit avoir à peu près le même âge. Il me parle des fêtes qui ont lieu ici, et me propose de revenir le samedi suivant.

Sur la barge, je divague en regardant la mer, chargée de chacune des histoires qui constituent la complexité d’un réel, qu’un documentaire ne peut qu’effleurer, et pourtant.

J’élague des parties entières du réel pour construire une bonne histoire.

Camille Juzeau

Paris, quelques semaines plus tard. Face à mon ordinateur, je coupe et découpe les paroles, les mots, les ambiances de la mer ou des oiseaux enregistrés à Mayotte. Je réécoute Djounaidi, le professeur d’histoire-géo… Et aussi la dame mahoraise qui m’a ouvert sa maison – alors que ces maisons sont difficiles d’accès aux blancs – et qui, malgré sa gentillesse, s’énervait pourtant que trop de Comoriens transforment l’île autrefois si calme. La faute, pensait-elle, leur revenait. J’élague des parties entières du réel pour construire une bonne histoire. Un récit avec un début percutant, des cliffhangers et des scènes fortes, car il faut embarquer l’auditeur.

Mais face à mon écran, j’ai encore en tête imprimés les yeux brillants de Djounaidi, celui qui se rêvait pirate.

***

Après des études en sciences du vivant et en histoire et philosophie des sciences, Camille Juzeau se lance notamment dans le journalisme avec l’écriture de chroniques pour Radio France, avant de devenir autrice et réalisatrice de ses premiers podcasts, et d’ajouter à ses compétences celle de productrice. En parallèle, elle poursuit ses nombreuses collaborations à la radio.

La Scam affirme la place singulière des auteurs et des autrices dans la société. Astérisque en est le porte-voix.

Photographe, documentariste, auteur de fiction et même preneur de son, les casquettes ne manquent pas pour définir l’art du travail de Roger Pic. Mais ce qui caractérisait surtout ce boulimique d’images reste incontestablement sa foi en l’autre. Aujourd’hui, à travers le prix qui porte son nom, la Scam consacre cet explorateur visionnaire, militant du droit d’auteur, et, à travers lui, toute une génération de grands reporters. Retour en mots avec Rémi Lainé, président de la Scam, sur cet incroyable personnage, et en images avec un film retraçant les trente et un lauréats et lauréates qui depuis 1993 portent haut son héritage.

Pic en nous

Photographe dans la veine des plus grands, documentariste, pêcheur de sons, curieux des nouvelles formes de prise de vue, il a traversé son temps le regard aux aguets, avec épinglées au cœur les « vertus de l’espérance » selon les mots de Régis Debray, que reflètent la plupart de ses images. Si son approche des grands dirigeants révolutionnaires, Castro, Mao ou Hô Chi Minh lui a valu, suprême honneur, le titre décerné par la presse conservatrice d’« attaché de presse des barbares », il semble plutôt que tout de lui renvoie à l’humanisme, cette foi en l’autre qui rend le monde meilleur.

Né en 20 du nom de Pinard, ça ne s’invente pas, il s’est choisi comme pseudonyme Pic diminutif de picrate, « vin de piètre qualité » en argot. L’homme devait avoir chevillé à l’âme un certain sens de l’autodérision, cette belle marque de sensibilité et d’intelligence. Biberonné au Front populaire qu’il a vu émerger, épris de culture (« cinglé de théâtre » disait-il, il a engrangé 280 000 photos de scène), aventurier tout terrain et boulimique d’images, il s’est engagé très tôt dans un combat pour faire reconnaître le droit des preneurs de vues. Leur droit à gagner leur vie. Dans un métier très empreint d’individualisme, il s’est toujours inscrit comme un homme du collectif et c’est ce qui fait de lui un pionnier d’exception. Évangéliste du droit, il s’était alerté de la judiciarisation excessive de ses revendications qui, appliquées à l’excès, pourraient conduire un photographe à devoir payer pour prendre une vache dans un pré, « puisque la vache appartient à quelqu’un et le pré également ».

Penser qu’il aurait pu serrer la main de Clemenceau et que, sur ses vieux jours, il s’est intéressé à l’« immatriculation numérique des images » qui circulent sur internet, donne une idée de l’envergure et de la longévité du personnage. Il y avait chez cet homme un côté explorateur visionnaire. Lorsqu’il courait le monde, il opérait « … caméra à l’épaule, magnétophone sur le ventre, petite perche dans la ceinture pour le micro, sac à dos pour les magasins de la caméra 16mm, batteries de secours, appareil photo et pellicules, petite caméra de secours, un œil dans la caméra dans la main droite, l’autre dans le Leica tenu dans la main gauche ». À contre-courant des nostalgies annonciatrices d’aigreur, il a vécu – et on le comprend volontiers vu ce qui précède -, l’arrivée des caméras numériques « si légères et maniables » comme un apport décisif, « une renaissance ».

Roger Pic a été très tôt un compagnon de route de la Scam, la communauté des auteurs et autrices du réel créée il y a quarante ans. Que le prix photo qu’elle décerne chaque année porte son nom répond à un impératif organique, naturel. Il a décliné son art dans tous les répertoires qui sont aujourd’hui ceux de la Scam, le documentaire, le journalisme, la photo bien sûr, l’écrit, la radio, la vidéo. Nous, les 50 000 auteurs et autrices avons, même sans le savoir, toutes et tous en nous quelque chose de Roger Pic.

Rémi Lainé, réalisateur et président de la Scam

Ho Chi Minh (1890-1969) et Pham Van Dong (1906-2000). (Vietnam). Vers 1966. Photo Roger Pic / adoc-photos

Maria Callas (1923-1977). 1964. Photo Roger Pic / adoc-photos

Ernesto Che Guevara (1928-1967). 1963. Photo Roger Pic / adoc-photos

L’œuvre de Roger Pic illustre le passage entre la photographie humaniste et toute une génération de photojournalistes. À l’occasion des 30 ans du prix qui porte le nom de ce boulimique d’images, la Scam a réalisé un film présentant les trente et un lauréates et lauréats, toutes et tous témoins photographiques de leur époque. Retour sur trente ans d’histoire du réel.

Les lauréates et lauréats du prix

Baudouin Mouanda Prix Roger Pic 2022
photo Rochelle Boubelo

Baudouin Mouanda - 2022

Alexis Vettoretti
Photo Benjamin Géminel

Alexis Vettoretti - 2021

Sandra Reinflet
Photo Benjamin Géminel

Sandra Reinflet - 2020

Tomas van Houtryve Prix Roger Pic 2019
photo Tomas van Houtryve

Tomas van Houtryve - 2019 (ex æquo)

Denis Dailleux Prix Roger Pic 2019
photo Denis Dailleux

Denis Dailleux - 2019 (ex æquo)

Laura El-Tantawy Prix Roger Pic 2018
photo Laura El-Tantawy

Laura El-Tantawy - 2018

Romain Laurendeau -
Romain Laurendeau - Photo Droits Réservés

Romain Laurendeau - 2017

Pierre Faure Prix Roger Pic 2016
photo Patrick Cockpit

Pierre Faure - 2016

Vasantha Yogananthan Prix Roger Pic 2015
photo Cécile Poimboeuf-Koizumi

Vasantha Yogananthan - 2015

Anne Rearick Prix Roger Pic 2014
photo Miriam Rodriguez

Anne Rearick - 2014

Bruno Fert Prix Roger Pic 2013
photo Mélanie Kerloc'h

Bruno Fert - 2013

Cédric Gerbahaye Prix Roger Pic 2012
photo Stephan Vanfleteren

Cédric Gerbehaye - 2012

Christian Lutz Prix Roger Pic 2011
photo Alex Simha

Christian Lutz - 2011

Philippe Marinig Prix Roger Pic 2010
photo Laurent Parienti

Philippe Marinig - 2010

Michael Ackerman Prix Roger Pic 2009
photo Michael Ackerman

Michael Ackerman - 2009

Philippe Guionie Prix Roger Pic 2008
photo François Mouries

Philippe Guionie - 2008

Cédric Martigny Prix Roger Pic 2007
photo Laurence Brassamin

Cédric Martigny - 2007

Alain Turpault Prix Roger Pic 2006
photo Jean-François Bauret

Alain Turpault - 2006

Martin Kollar Prix Roger Pic 2005
Martin Kollar

Martin Kollar - 2005

Philip Blenkinsop Prix Roger Pic 2004
photo Philip Blenkinsop

Philip Blenkinsop - 2004

Olivier Culmann Prix Roger Pic 2003
photo Zéphir Culmann

Olivier Culmann - 2003

Guy Tillim Prix Roger Pic 2002
photo droits réservés

Guy Tillim - 2002

Tiane Doan na Champassak Prix Roger Pic 2001
photo Albane Dumas

Tiane Doan na Champassak - 2001

Jean-Claude Coutausse Prix Roger Pic 2000
photo Jean-Claude Coutausse

Jean-Claude Coutausse - 2000

Gérard Uféras Prix Roger Pic 1999
photo Jean Turco

Gérard Uféras - 1999

Christine Spengler Prix Roger Pic 1998
photo Christine Spengler

Christine Spengler - 1998

Éric Larrayadieu Prix Roger Pic 1997
photo Éric Larrayadieu

Éric Larrayadieu - 1997

Jane Evelyn Atwood Prix Roger Pic 1996
photo Sylvain Girard

Jane Evelyn Atwood - 1996

Marc Le Mené Prix Roger Pic 1995
photo Frédérique Lomba

Marc Le Mené - 1995

Giorgia Fiorio Prix Roger Pic 1994
photo Christian Jungwirth

Giorgia Fiorio - 1994

Patricia Canino Prix Roger Pic 1993
photo Sergei Pescei

Patricia Canino - 1993

Cette année, cinq finalistes défendront leur projet de résidence devant le jury et le public. Le Prix sera remis à l’issue de la soirée, animée par Ludovic Bassal.

Un extrait de dix minutes de chaque film de fin d’étude sera projeté devant le public pendant la délibération du jury. Le jury annoncera le ou la lauréate et lui remettra le Prix récompensant son film et son projet de résidence.

Marin Martinie, lauréat du Prix Émergences 2019, présentera son projet de résidence terminé, le film Monnaie Centrale (25’ – Le Fresnoy, studio national des arts contemporains). Projection d’un extrait de 10’ du film. Et Nicolas Gourault, lauréat 2021, viendra présenter un teaser (2’09) de son projet de résidence, film en cours de réalisation : Deepdrive.

Les films et projets de résidences finalistes

Omi-Maiko Station
de Jean Gégout

23’34 – 2021 – ENSAD.
Projection d’un extrait de 8’48 du film.

Le soir du 21 juin 2016, un homme trouve une carte mémoire le long d’une piste cyclable. Deux jours après, il apprend qu’une fille de sa ville est portée disparue. Il part alors à sa recherche.

Jean Gégout Film finale prix emergences 2022
photo Omi-Maiko Station de Jean Gégout

Projet de résidence : Kidorikko

Le projet Kidorikko est un documentaire animé et poétique qui s’interroge sur la potentielle disparition de la chanteuse Ten Chiyumi. En tant que narrateur, enquêteur et artiste, je m’accapare de l’underground japonais des années 90 via une réappropriation plastique des images d’archives de l’époque. L’intrigue initiale risque de m’amener vers une introspection progressive où mon rapport à la chanteuse, plus qu’au fait divers en lui-même, devrait laisser entrevoir des parallèles entre différents souvenirs de temps et d’espaces que je ne soupçonnais pas jusqu’alors.

En Cours
de
Juliette Corne

17’59 – 2022 – École nationale supérieure des beaux arts de Paris.
Projection d’un extrait de 10’54 du film.

Mars 2022, la guerre a commencé en Ukraine. De la frontière polonaise jusqu’à Kiyv, la caméra suit ce trajet entrecoupé. On est au cœur de l’événement tout en restant à distance. Du plein au vide, des corps en déplacement à l’absence, des sons stridents jusqu’à la confusion entre vent et bombardements, c’est par les fragments de détails que l’on peut percevoir une infime partie de ce moment de la guerre. Le paysage défile, porté par des conversations d’un quotidien bouleversé. Cette installation vidéo n’a aucune prétention à « parler de… ». Au contraire, c’est admettre l’indicible et notre regard perdu face à cette violence. Le montage a été pensé dans l’idée du temps suspendu qu’induit la réaction à la violence : où il n’y a plus rien à dire, il faut agir. C’est par le sensoriel que les images tentent d’interroger notre propre corps face à l’immensité d’un conflit qui nous dépasse.

En Cours_Juliette Corne_Prix Émergences_2022
photo En cours de Juliette Corne

Projet de résidence C’est quand la fin ?

Ukraine, juillet 2022 la guerre continue. Dans une salle noire, le spectateur traverse un espace aux multiples écrans. Les réalités se confrontent en miroir parfois contradictoires, parfois absurdes mais toujours appartenant au réel. Le but est de parvenir à retranscrire la sidération, le temps long, celui de l’attente, de l’espoir. Il y a « l’avant » et « l’après » mais le « pendant » semble infini. On me dit « j’en ai marre de parler à l’imparfait » pendant qu’un commandant m’avoue qu’il est « aspiré par la guerre ». Un système sonore entoure le spectateur, pris par des images parfois lentes et d’autres saccadées, aspiré dans le chemin vers la violence en hommage à ceux qui continuent de vivre et de se battre. Toucher le réel loin des médias et des fantasmes que les politiques nous font parvenir, résister par l’art, voici l’ambition de ce projet.

In Animae
de Lucas Perrogon

11’26 – 2020 – Université de la Rochelle – IFFCAM.
Projection du film entier.

En observant les contours d’une carcasse cynique, en écoutant sa houle viscérale, en inhalant ses parfums putrescents, nous découvrons que dans la mort, la vie résonne et s’anime d’une lueur si peu familière. Cachées sous les os, des espèces bien peu connues nous offrent le ballet de l’oubli. Serviteurs du temps, c’est par leur concours que ce qui fut sera, et que ce qui naît renaîtra.

photo film - In Animae _Lucas Perrogon_Prix Émergences_2022
photo In Animae de Lucas Perrogon

Projet de résidence : Les Sirènes de l’Oubli

La mort est liée en toute chose, tout élément de l’existence. La mort est la seule certitude du vivant, et c’est par cette fatalité qu’a pu se développer le monde de la conscience. Afin de comprendre ce qui nous lie tant à cette peur enfouie, essayons de décortiquer la mort. Réalisons une rencontre, de la mort qui régit le vivant, du tabou et questionnement de l’humanité, à celle qui transmet la matière dans un cycle perpétuel. Pour ce projet, je souhaite développer le visuel du film ainsi que les techniques à employer pour atteindre mes volontés de réalisation.

Jouissance voix inachevée
de Cristian Mora Moret

29’39 – 2022 – École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy.
Projection d’un extrait 9’52 du film.

Exilé en France, égaré dans le Caucase, un narrateur de 23 ans rencontre sa voisine de 83 ans : une Russe de Tbilissi, ce qui déclenche un aveu à sa mère, dite La Gata, vivant au Venezuela. Ici le français, le russe, l’espagnol et leurs traductions, le silence et la musique alternent, impriment l’imaginaire et inventent une légende, celle du narrateur, qui tient en une phrase : « Qui n’est pas Salope ne connaît pas la Jouissance ».

photo film - Jouissance voix inachevée_Cristian Mora Moret_Prix Émergences_2022
photo Jouissance voix inachevée de Cristian Mora Moret

Projet de résidence : Lettre à la Russie d’un gigolo vénézuélien

Traduire l’intime face à l’histoire, par la création d’un film documentaire, lui-même restitué à travers des figures porte-voix dans un dispositif d’exposition, où plusieurs écrans dialoguent : la voix de l’amoureux en français, la correspondance impossible entre une russe et un hispanophone, la propagandiste fière et aveuglée, le gigolo qui comprend le pouvoir, là où il gémit, et la langue maternelle latine qui amène la dérision dans la tragédie – comme une constellation théâtrale – une déclaration d’amour dans le monde contemporain retentissant dans un bruit de poudre. Pourquoi le plus lointain peut soudain répondre à un désir inconscient ? Comment s’adresser à quelqu’un dont on ne parle pas la langue et qui vous méprise ? Être un pont ? Il n’y a qu’une pute qui peut comprendre cela, c’est mon hypothèse.

WhatRemains,
de Lou Fauroux

25’44 – 2022 – ENSAD
Projection d’un extrait de 10’12 du film.

Début 2048, Google, qui possède la plupart de la Terre et désormais dirigé par Mark Z, trouve un remède contre la mort, via un logiciel d’immortalité digitale. Alors qu’il est réservé à l’élite d’hommes riches et puissants, un groupe de hackeursexs s’empare du code source de ce programme contenant l’antidote d’immortalité et font en sorte de le rendre accessible à tout le monde. Lorsque les infos leak, et que tout le monde tente de se télécharger, les data-centers et les chaines de Cloud-computing font face à des saturations et à des pénuries. Quelques résistant.x.e.s, qui n’ont pas transitionné vers le Google-Verse, dansent dans une rave, et ce jusqu’à la grande coupure d’électricité qui plonge la planète Terre dans le silence total. WhatRemains,? Ce film trouve sa place dans une installation avec sculptures notamment digitales.

photo film - WhatRemains,_Lou Fauroux_Prix Émergences_2022
photo WhatRemains, de Lou Fauroux

Projet de résidence : WhatRemains, CH.II

Le film existerait dans une installation, faite de sculptures et d’objets basés sur la spéculation : que reste-t-il sur la terre après la grande fin, que reste-t-il sur le sol ? La spéculation, d’un post-monde tel que nous le connaissons, propose une vision anthropologique et sociale de l’évolution du mode de vie occidental/capitaliste, face aux défis naturels et sociaux. Quel est l’avenir de tous les matériaux que nous utilisons ? A partir d’outils quotidiens/triviaux, j’imagine comment les derniers humains sur Terre les ont transformés en objets fonctionnels, ce qu’ils ont fait, quelles étaient leurs possibilités à cette époque. Que reste-t-il ?

Le jury se compose de :

Véronique Baton (directrice du fonds de dotation EDIS)
Julie Sanerot (directrice de production et programmation artistique du CentQuatre-Paris)
Claudia Marschal (réalisatrice, commission Écritures et formes émergentes de la Scam)
Nicolas Gourault (lauréat Prix Émergences 2021 pour VO et projet résidence Deepdrive)
Karim Ben Khelifa (lauréat Prix Nouvelles écritures 2022 pour Seven grams)

Les lauréats et lauréates des années précédentes :

Nicolas Gourault (2021)
Gabrielle Stemmer (2020)
Marin Martinie (2019)
Ismaël Joffroy Chandoutis (2018)
Ugo Arsac et Hannah Hummel (2017)

Le Prix Émergences est doté de 6 000 € : 3 000 € par la Scam en récompense d’un film d’école, et 3 000 € par le fonds de dotation EDIS pour une résidence (au CentQuatre-Paris et/ou à l’Ardenome d’Avignon). Le prix est soutenu par l’AndÉa. Il a pour but de stimuler et de soutenir la nouvelle création. Le Prix Émergences propose aux jeunes auteurs et autrices étudiants·es en fin d’études, sortant des écoles d’art, d’audiovisuel et des établissements d’enseignement supérieur, de présenter un film personnel à caractère expérimental, réalisé dans le cadre de leur année diplômante, ainsi qu’un projet d’œuvre numérique en devenir, à réaliser lors de leur résidence.

En partenariat avec le CentQuatre-Paris et le fonds de dotation EDIS, soutenu par l’ANdÉA.

Contact

Caroline Chatriot – prixemergences@scam.fr

Le jury a retenu 11 projets pour la bourse Repérages et 13 projets pour la bourse Écriture.

Brouillon d’un rêve documentaire

Bourse Repérages

  • Cristo era napoletano de Marie Artuphel (1e œuvre)
  • Itajubara de Jean Costa
  • Smecheria d’Antoine Fontaine (1e œuvre)
  • Le sac à dos invisible d’Amandine Gay
  • Nagyvarad 1944 de Ginette Lavigne
  • La langue des naufrages de Baya Medhaffar (1e œuvre)
  • En signes d’Isabelle Montoya
  • Consolacion d’Isabel Pagliai
  • Ville lumière de Joséphine Privat
  • Le parcours d’Arice Siapi (1e œuvre)
  • Metalurg de George Varsimashvili

Bourse d’écriture

  • Tout ce que je leur dois de Nadège Abadie
  • Lisa de Frederik Arens Grandin
  • Acteurs de Karim Bey
  • Attendre le jour de Flore de Corbier (1e œuvre)
  • Gaby entre le fer et les arbres de Jean-Marc Fabre
  • Grands garçons de Chriss Itoua ((lauréat bourse Repérages)
  • The fortress de Romain Kosellek
  • Rond-point de l’Asie et autres nouvelles du delta de Hélène Robert et Jeremy Perrin
  • Marion et la rivière de Marion Sellenet et de Laetitia Moreau
  • Sarisary de Romane Schirm (lauréate bourse Repérages)
  • Être là d’Adèle Shaykhulova
  • Ce qu’il reste après d’Ambra Tonini (lauréate bourse Repérages)
  • La Tournée de Guillaume Vatan

Le Jury et le lectorat

Ces projets ont pu bénéficier du soutien de la Scam grâce à l’engagement des membres du lectorat et du jury, composés exclusivement d’auteurices.

  • Jury : Paola Stevenne, Anne Levy-Morelle et Bernard Mangiante.
  • Lectorat : Bijan Anquetil, Marianne Bressy, Laurent Cibien, Stéphane Goxe, Anca Hirte, Jérôme Laffont, Atisso Medessou et Lucia Sanchez.

Projection du film documentaire de Yves Chevallier. Retransmis en direct sur le site de la Scam.

Rémi Lainé, président de la Scam,
Yves Chevallier, l’Association Respirer en Montagne noire et Françoise Dax-Boyer sa présidente,
ont le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire

Dieu reconnaîtra les siens
de Yves Chevallier

2021 – 40 minutes – produit par Respirer en Montagne Noire et Gallix production

Une évocation poétique et politique du drame cathare : Un réalisateur a reçu la commande d’un film sur la croisade dite des albigeois. En repérage sur les lieux du siège et de la prise du château d’Hautpoul ce réalisateur, sourd, rencontrera d’étranges pèlerins, à la fin du repérage, étrangement le film existe… Jean-Marie Larrieu l’a salué en ces termes : « J’ai apprécié la tenue formelle et l’originalité de l’approche d’un sujet datant de huit siècles via le langage des signes. Le film prend ainsi une allure poétique et quasi ésotérique très intéressante »

Rémi Lainé, président de la Scam,
L’Association pour le développement du documentaire radio et de la création sonore (L’Addor), Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et L’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière,
ont le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire

Regards sonores d’ailleurs

À une époque où le podcast est devenu un genre aussi répandu que standardisé, la résidence internationale ENS Louis-Lumière invite 12 jeunes auteur.rice.s du monde entier à (re)découvrir l’art du documentaire sonore tel qu’il a longtemps été pratiqué en France. Comment créer un récit en s’appuyant sur le son comme matériau narratif, mais sans recourir à la voix off ?  Les six pièces sonores diffusées lors de cette séance constituent autant de réponses variées et inventives à ce défi.

Projection du film documentaire de Virgile Novarina. Retransmis en direct sur le site de la Scam.

Rémi Lainé, président de la Scam,
Gilles Coudert et a.p.r.e.s production,
ont le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire

Pierre Pinoncelli, l’artiste à la phalange coupée
de Virgile Novarina

2022 – 85 minutes – produit par a.p.r.e.s production et Vosges TV

Depuis ses deux attentats au marteau contre l’urinoir de Duchamp en 1993 puis en 2006, l’artiste Pierre Pinoncelli est connu dans le monde entier pour cet acte iconoclaste et subversif. Souvent mal interprétée par la presse, cette double performance, et les procès qui l’ont suivie, ont occulté le reste de son œuvre : ses peintures des années 60, et les nombreux happenings percutants qu’il a réalisés. Souvent motivé par des revendications politiques, Pinoncelli a été au bout de ses idées et s’est exprimé par des gestes souvent choquants, qui nous interrogent.

La projection sera suivie d’un échange entre Ingrid Betancourt et Virgile Novarina.

Rémi Lainé, président de la Scam,
Laurent Chevallier et Billy Toure,
ont le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire

Le courage en plus
de Laurent Chevallier et Billy Toure

2022 – 86 minutes – produit par Vrai Vrai Films, Merveilles Productions en coproduction avec Melody d’Afrique et TV Monde Afrique

Alseny Camara, jeune handicapé vivant en Guinée, a décidé de quitter sa condition de mendiant dans la rue. En 2014, il prend part, avec ses amis handicapés, à la création de la troupe artistique des « Handicapables » à Conakry. Peu à peu son rêve de devenir artiste et ainsi de changer sa vie et celle de sa famille, prend forme. Au fil des ans, notre caméra accompagne au plus près Alseny en Guinée mais aussi en France, dans son chemin si difficile, si incertain mais porteur de si grands espoirs.

Neuf films documentaires sortent sur les grands écrans en décembre.
Allez nombreux voir ces films dès les premiers jours pour leur donner une chance de rester à l’affiche la semaine suivante !

Il nous reste la colère
de Jamila Jendari et Nicolas Beirnaert

France – 2022 – 96′ – Urban Factory, Raffut

En 2011, les ouvriers de Ford à Blanquefort sauvent leur usine et ses mille emplois. La joie de la victoire laisse rapidement place à de nouvelles craintes de fermeture.
Celles-ci finissent par devenir une réalité, jusqu’à l’arrêt définitif des chaînes de montage en 2020.
Il nous reste la colère retrace leur dernière année de combat, dressant le portrait d’un groupe emmené par Philippe Poutou.
Une lutte menée avec énergie et humour, faite d’espoirs et de doutes.

Sortie en salles le 7 décembre 2022.

Distribution : Urban Distribution


La (Très) grande évasion
de Yannick Kergoat

France – 2022 – 114′ – Le Bureau, Wild Bunch

Alors que même le FMI préconise de rétablir pour lutter contre les inégalités une progressivité plus grande de l’impôt sur les revenus les plus élevés, il est frappant de voir que c’est l’inverse qui se met en place depuis des années… Les personnes et les entreprises les plus riches ont de moins en moins de scrupules et de plus en plus de moyens à leur disposition pour échapper à l’impôt. Chacun alimente ainsi, sans aucun sentiment de culpabilité, la ruine progressive des mécanismes de redistribution…

Sortie en salles le 7 décembre 2022.

Distribution : Wild Bunch Distribution

Soutien de Famille
de Maxime Berthou et Mark Pozlep

France – 2022 – 75′ – Forceps Media

À bord de “Soutien de Famille“ qu’ils viennent tout juste de faire restaurer, Max et Mark, deux apprentis marins en quête d’aventure et de poésie, naviguent de la Bretagne à l’Écosse. À leur arrivée, une promesse à tenir : celle de transformer la coque de leur vieux voilier en fûts de whisky… Un pari aux airs de performance artistique qui devra composer avec les caprices de la mer. Jusqu’où les deux amis seront-ils prêts à aller pour atteindre leur liberté ?

Sortie en salles le 7 décembre 2022.

Distribution : La Vingt-cinquième heure

Le Temps des OVNIS
de Georges Combe

France – 2021 – 105′ – PGA Films

Ce film documentaire insère les ovnis dans les problématiques de nos sociétés. Comme un reflet venu du ciel, les ovnis nous interrogent sur notre propre humanité : transhumanisme, génétique, recherche nucléaire, astrophysique, écologie, conquête spatiale, psychologie, physique de l’information, les arts et bien sûr le cinéma… Les ovnis nous fascinent, ils nous font rêver et nous inquiètent au sein de ce film à la palpitante étrangeté…

Sortie en salles le 7 décembre 2022.

Voir la page officielle : https://georgescombe.com/

Distribution : Cinéma Saint-André des Arts

Commune commune
de Dorine Brun et Sarah Jacquet

France – 2022 – 113′ – La Société des Apaches

Aux élections municipales de 2014, dans la Drôme, les citoyens de Saillans, le village où nous habitons, confient la mairie à une liste proposant un partage du pouvoir entre élus et habitants. A l’heure d’un certain désenchantement politique, l’espoir suscité par cette victoire est immense.
Cinq ans plus tard, alors que les élections municipales approchent, nous invitons le village à tirer un premier bilan de cette expérimentation politique. L’expérience sera-t-elle prolongée pour une nouvelle mandature ?

Sortie en salles le 7 décembre 2022.

Distribution : Tangente distribution

Les Années Super 8
de Annie Ernaux et David Ernaux-Briot

France – 2022 – 61′ – Les Films Pelléas

« En revoyant nos films super huit pris entre 1972 et 1981, il m’est apparu que ceux-ci constituaient non seulement une archive familiale mais aussi un témoignage sur les goûts, les loisirs, le style de vie et les aspirations d’une classe sociale, au cours de la décennie qui suit 1968. Ces images muettes, j’ai eu envie de les intégrer dans un récit au croisement de l’histoire, du social et aussi de l’intime, en utilisant mon journal personnel de ces années-là. » – Annie Ernaux

Sortie en salles le 14 décembre 2022.

Distribution : New Story

In Viaggio
de Gianfranco Rosi

Italie – 2022 – 80′ – Stemal Entertainment, 21Uno Film & RAI Cinema

En 2013, pour son premier voyage, le pape François se rend sur l’île de Lampedusa, où il fait appel à la solidarité avec les migrants. Depuis le début de son pontificat, il a déjà visité 53 pays, s’exprimant tour à tour sur la pauvreté, la dignité, le climat, les migrations et la condamnation de toutes les guerres. A travers un montage d’archives, Gianfranco Rosi retrace l’itinéraire du pape, témoin de la misère du monde et toujours plus conscient des limites du réconfort de ses paroles.

Sortie en salles le 14 décembre 2022.

Distribution : Météore Films

Anna
de Alberto Grifi, Massimo Sarchielli

Italie – 1975 – 215′ – Les Films du Camélia

Mineure, enceinte, Anna s’enfuit de son collège. Elle rencontre Massimo Sarchielli sur la place Navone, lequel la conduit dans un appartement, qui sert de studio de tournage, pour devenir le cobaye d’une expérimentation « réaliste ». Les deux réalisateurs voudraient reconstituer une histoire larmoyante mais Anna ne joue pas le jeu et les techniciens se révoltent contre le scénario. Un électricien, Vincenzo, répond au besoin d’amour de la jeune fille : il entre dans le champ et lui déclare sa flamme, en même temps qu’il livre ses récits de luttes ouvrières. Le support vidéo permet d’enregistrer le temps réel et la « vraie vie », sans recourir aux coupes et aux manipulations de la fiction de cinéma. La praxis de la désobéissance que réalisent Anna et Vincenzo permet aux deux jeunes de s’approprier leur vie dans une dimension révolutionnaire.

Sortie en salles le 14 décembre 2022.

Distribution : Les Films du Camélia

Par cœurs
de Benoit Jacquot

France – 2022 – 76′ – Les Films du Losange

Festival d’Avignon, été 2021. Une comédienne, un comédien, face à leur rôle, leur texte, juste avant les représentations. Devant la caméra documentaire de Benoit Jacquot, Isabelle Huppert et Fabrice Luchini au travail.

Sortie en salles le 28 décembre 2022.

Distribution : Les Films du Losange

Projection du film documentaire de Mina Rad. Retransmis en direct sur le site de la Scam.

Rémi Lainé, président de la Scam,
Mina Rad et World Cultural Diversity,
ont le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire

Contes persans, Jean Rouch en Iran
de Mina Rad

2018– 57 minutes – produit par World Cultural Diversity

montage de Shahrouz Tavakol

Contes persans, Jean Rouch en Iran nous fait découvrir la relation profonde de Jean Rouch avec les cinéastes iraniens. Jean Rouch, cinéaste et ethnologue français, est allée trois fois en Iran dans les années 70. Il a animé plusieurs ateliers de cinéma et a fait un film à Ispahan. Le cinéma iranien a été directement et indirectement influencé non seulement par la méthode de Jean Rouch, mais aussi par sa vision et son travail sociologique. « Contes Persan, Jean Rouch en Iran » montre comment la jeune génération de cinéastes iraniens, peut changer la réalité de son pays avec la caméra participatif à la manière de Jean Rouch !

Vous avez un projet vidéo et souhaitez le financer ? La Scam propose un atelier personnalisé pour vous guider dans l’élaboration de votre dossier.

Vous apprendrez à évaluer votre budget, réaliser un pitch vidéo pertinent, mettre en place un calendrier éditorial, solliciter les bons partenaires…

Autant d’éléments nécessaires pour postuler aux aides à la création qui vous sont destinées.

Marie Camier Théron, productrice de contenus vidéo sur YouTube et Twitch, animera cet atelier et vous accompagnera dans votre professionnalisation.

Les conditions de participation :

Être membre de la Scam ou en cours d’adhésion si vous avez plus de 10 000 abonnés, et avoir un projet de vidéo à développer.

Comment postuler à l’atelier ?

Cet atelier étant limité à 8 personnes, votre dossier sera soumis à une sélection. Vous devez impérativement vous inscrire avant le 5 décembre 14h (dans la limite des 50 premières candidatures).

N’attendez pas !

Marie Camier Théron

Marie est productrice de contenus vidéo sur YouTube et Twitch. Co-fondatrice de l’association Les Internettes, elle accompagne depuis plusieurs années des vidéastes désireux de se professionnaliser.
(suite…)