Le jury salue la présélection 2022 illustrant la richesse et la diversité du grand reportage. Ces journalistes sont l’honneur d’une profession en prise directe avec les soubresauts, les fulgurances de l’histoire. Pour le 90e anniversaire de la mort d’Albert Londres, le jury a délibéré à Riga, souhaitant rendre hommage à tous les journalistes qui œuvrent pour rendre compte de la guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine.

84e Prix de la presse écrite

Margaux Benn
pour ses reportages sur la guerre en Ukraine publiés dans Le Figaro

Après avoir travaillé pour l’AFP, le New York Times, le Guardian, Jeune Afrique, la BBC… Margaux Benn, franco-canadienne, est aujourd’hui grand reporter au Figaro. Le jury avait déjà remarqué sa plume singulière en la présélectionnant à deux reprises. Il salue aujourd’hui son style, son écriture enviable, une tendresse dans le regard posé sur ceux qui sont au front, des angles inattendus et un renouvellement permanent de son art du récit.

38e Prix de l’audiovisuel

Alexandra Jousset et Ksenia Bolchakova
pour leur film Wagner, l’armée de l’ombre de Poutine (France 5, Capa presse)

Ces deux femmes, qui réalisent des documentaires depuis plus de dix ans, ont réalisé ce film aussi terrifiant et glaçant qu’il est précurseur et prémonitoire. Alexandra Jousset et Ksenia Bolchakova ont été les premières à documenter les actions de cette armée de l’ombre, contribuant à nous faire comprendre les enjeux de la géopolitique du Kremlin. Le jury récompense une enquête fouillée et implacable, un travail dangereux sur des terrains où le prix de la vie ne vaut pas cher.

6e Prix du livre

Victor Castanet
pour Les Fossoyeurs (Editions Fayard)

Journaliste de presse écrite et de télévision, Victor Castanet a mené une enquête de trois ans dans l’univers des Ehpad qui a abouti à une déflagration, un séisme, une prise de conscience dans la société. Le jury ne pouvait pas passer à côté d’un tel coup de poing sur ces trafiquants de la mort car Les Fossoyeurs illustre parfaitement « la plume dans la plaie » chère à Albert Londres.

Un Prix d’honneur a été décerné à Andriy Tsaplienko et Sevgil Musaieva, respectivement envoyé spécial 1+1 Media Ukraine et rédactrice en chef de Ukrainska Pravda, afin, à travers eux, de témoigner aux journalistes ukrainiens une solidarité sans faille pour le travail effectué sur la guerre qui frappe leur pays. Chaque jour, ils rendent compte, et documentent pour une future justice. Ils sont en première ligne d’un défi lancé au journalisme : témoigner en temps réel, se battre pour être au plus près de la réalité des faits. Ce prix leur sera prochainement remis à Kiev par une délégation de journalistes du Prix Albert Londres.

Le jury 2022 présidé par Hervé Brusini, était composé de : Lise Blanchet, Annick Cojean, Catherine Jentile, François Hauter, Christian Hoche, Jean-Xavier de Lestrade, Manon Loizeau, Sylvain Louvet, Alain Louyot, Jean-Baptiste Malet, Jean-Paul Mari, Delphine Minoui, Alfred de Montesquiou, Michel Moutot, Patrick de Saint-Exupéry, Frédéric Tonolli, Olivier Weber, ainsi que des lauréats 2021 : Caroline Hayek, Emilienne Malfatto, Alex Gohari et Léo Mattei.

Contact

Stéphane Joseph – 06 82 90 01 93 – stephane.joseph@scam.fr

Prix Albert Londres 2022
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Ksenia Bolchakova, Alexandra Jousset, Margaux Benn, Victor Castanet

Margaux Benn, Prix Albert Londres 2022 de la presse écrite
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Margaux Benn - Prix de la presse écrite

Alexandra Jousset Prix Albert Londres 2022 de l'audiovisuel
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Alexandra Jousset - Prix de l'audiovisuel

Ksenia Bolchakova, Prix Albert Londres 2022 de l'audiovisuel
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Ksenia Bolchakova - Prix de l'audiovisuel

Victor Castanet Prix Albert Londres 2022 du Livre
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Victor Castanet - Prix du livre

Prix Albert Londres 2022
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Ksenia Bolchakova, Alexandra Jousset, Margaux Benn, Victor Castanet

Margaux Benn, Prix Albert Londres 2022 de la presse écrite
photo Benjamin Gémniel / Hans Lucas

Margaux Benn - Prix de la presse écrite

Alexandra Jousset Prix Albert Londres 2022 de l'audiovisuel
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Alexandra Jousset - Prix de l'audiovisuel

Ksenia Bolchakova, Prix Albert Londres 2022 de l'audiovisuel
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Ksenia Bolchakova - Prix de l'audiovisuel

Victor Castanet Prix Albert Londres 2022 du Livre
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Victor Castanet - Prix du livre

Hervé Brusini, président du Prix Albert Londres 2022
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Hervé Brusini, président du Prix Albert Londres

Aurélie Royet-Gounin ambassadrice de France en Lettonie
photo Benjain Géminel / Hans Lucas

Aurélie Royet-Gounin, Ambassadrice de France en Lettonie

Rémi Lainé Président de la Scam
photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Rémi Lainé, président de la Scam

Victor Castanet

La Scam, mobilisée aux côtés des journalistes de Mediapart contre la censure.

Nous, sociétés de journalistes, associations de défense du droit à l’information, organisations et collectifs de journalistes, médias, dénonçons avec force la décision du tribunal judiciaire de Paris de faire injonction à Mediapart de ne pas publier de nouvelles révélations sur les pratiques politiques du maire de Saint-Étienne, après celles du chantage à la sextape. Cette censure préalable, décidée sans débat contradictoire, est une grave et flagrante attaque contre la liberté de la presse.

Comment une telle décision a-t-elle pu être rendue, en dehors de toute contradiction, alors qu’il existe pourtant des procédures d’urgence, qui auraient permis à Mediapart de se défendre ?

Depuis la loi du 29 juillet 1881 qui a instauré en France le droit d’information et la liberté d’expression, jamais une telle procédure, à notre connaissance, n’avait été utilisée pour censurer préalablement un média.

Dans un contexte où un industriel a récemment détourné le droit de la presse pour poursuivre un média devant les tribunaux de commerce, où des hommes d’affaires multiplient les procédures bâillons et où de nombreux journalistes se voient refuser l’accès à des données d’intérêt public au nom du “secret des affaires”, cet acte liberticide nous inquiète profondément quant à la situation de la liberté de la presse en France.

Nous sommes solidaires de nos consœurs et confrères de Mediapart et nous nous tenons à leurs côtés.

Premières Sociétés de Journalistes signataires

SDJ de Premières Lignes
SDJ d’Arrêt sur Images
SJPL de Libération
SDJ de l’Humanité
SDR de La Vie
SDJ de BFMTV
SDJ de M6
SDJ de France 2
SDJ de FranceInfo.fr
SDJ de Paris Match
SDJ de Télérama
SDJ de Public Sénat
SDJ de Marianne
SDJ de Courrier international
SDJ des Échos
SDJ de Midi Libre
SDJ de France 24
SDJ de La Tribune
SDR de l’Obs
SDJ du Figaro
SDJ de France 3 Rédaction Nationale
SDJ de L’Usine Nouvelle
SCJ de Sud Ouest
SDJ NRJ Group
SDJ de RTL
SDR du Monde
SDJ de RFI
SDJ de l’AFP
SDJ de l’Express
SDJ du Parisien / Aujourd’hui-en-France
SDJ du JDD
SDJ de Radio France
SDJ de LCI
SDJ de RMC
SDJ de M6
SDJ de Challenges

Premières associations, collectifs et organisations signataires

Informer N’est Pas un Délit
Reporters Sans Frontières
Fédération Internationale des Journalistes
Association de la Presse Judiciaire
Profession Pigiste
SNJ
SNJ-CGT
CFDT Journalistes
F3C CFDT
SGJ-FO
We Report
Splann !
Forbidden Stories
Collectif Extra Muros
Association des journalistes économiques et financiers
La Scam – Société civile des auteurs multimedia
Association des Journalistes de l’Information Sociale
Prix Albert Londres

Premiers médias signataires

Reflets.Info
La Tribune

 

Il existe en ce bas monde des êtres totalement improbables : Jean-Claude Renard, journaliste à Politis, était l‘un d’entre eux.

A l’image de ses pantalons aux couleurs rayonnantes, de son allure mal fagotée, de sa curieuse silhouette voutée, il possédait un charme jamais organisé, une ironie cinglante, une voix gouailleuse et un talent fou pour l’écriture.

Semaine après semaine, après avoir ausculté en long, en large et en travers écrivains, photographes, hommes de radio et documentaristes, il brossait de merveilleux portraits. Celui que l’on surnommait affectueusement Volpe n’avait pas son pareil pour prendre le pouls intime des uns et des autres, pour apercevoir ce que chacun se refusait à lui montrer. Tous ceux qui ont eu un jour la chance d’avoir « leur portrait » tiré par « mézigue » sont des témoins précieux de sa grande obsession : le style, les formules ciselées, les mots justes. Et il aimait l’argot sans modération : « c’est un cador ! » était l’une de ses expressions préférées.

Avec une foi en nous tous qui restera à jamais son mystère, il regardait les documentaires, lisait les livres, déambulait maladroitement dans les festivals et les expositions. Quand on lisait ses articles, un sentiment nous envahissait, le sentiment réconfortant que les efforts accomplis par les uns et les autres pour dire deux ou trois choses sur les hommes et l’état du monde étaient respectés et compris. Pas de doute possible, tout le travail de ce critique amoureux des oeuvres et de ceux qui les engendraient, était traversé par une solide fraternité. Ceux qui le lisaient avaient compris depuis longtemps qu’il affectionnait les auteurs hantés par l’inquiétude, le chagrin et la volonté de bâtir un monde différent.

Après une thèse de doctorat en lettres, il était devenu critique littéraire et gastronomique, écrivain. Il nous laisse une vingtaine de livres et un inédit,  Autoportrait de mon frère. Il faut absolument lire son deuxième roman, Marcello, incarnation parfaite de son amour pour l’Italie et la peinture. C’est l’histoire d’un gardien de musée hanté par le suicide de son collègue prénommé Marcello : « Prends soin de Carlo Bontempi. Je passe par la fenêtre.» C’est un hommage carabiné à son cher disparu et on y entend les rires aux éclats de l’écorché vif de l’écrivain contre la bêtise humaine.

Il nous laisse aussi Amélie, sa compagne et mère de son fils Luca, 3 ans, que nous avons surnommé « le petit bolide ». Il a le regard de son père, les yeux qui pétillent. Nous veillerons sur ce regard. Pendant 25 ans, il n’aura cessé d’être un indéfectible soutien aux créateurs avec ses généreuses qualités, ses blessures déchirantes et ses nombreux défauts terriblement attachants. Pendant 25 ans, Jean-Claude Renard, éternel étudiant, aura eu le feu au cœur et le sang qui bouillonnait pour nous défendre tous. A présent, repos Volpe et « gros becs »

Joseph Beauregard, son ami.

Après l’étude transversale « Le documentaire, les régions et leurs aides », publiée en juin 2021, la Scam poursuit avec la journaliste Emmanuelle Miquet son tour de France, cette fois par territoire. Deuxième focus avec la région Nouvelle-Aquitaine où plusieurs chantiers sont en cours parmi lesquels l’évolution des soutiens d’une collectivité devenue l’une des plus attractives de France pour les créateurs et les créatrices.

Le sentiment est partagé par la plupart des auteurs et des autrices de documentaires audiovisuels réunis au sein de Naais, l’association des auteurs et autrices de l’image et du son en Nouvelle-Aquitaine : à l’instar de l’ensemble de la communauté professionnelle du territoire, il ne manque pas grand-chose à la région Nouvelle-Aquitaine pour optimiser ses dispositifs à la création, nombreux et divers, et qui ont grandement contribué à structurer la filière

Une région en perpétuel mouvement

La plus grande région de France, depuis la réforme territoriale de 2015, combine les aides du fonds de soutien au cinéma et à l’audiovisuel de l’Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine (Alca) et les dispositifs propres à la région, dits fonds filières parce qu’à effets structurants pour les professionnels locaux. S’y ajoutent les soutiens des trois départements investis dans le documentaire, en 2021, sur les six engagés dans la création.

Enfin, les quatre contrats d’objectifs et de moyens (COM) signés entre la région et France 3 Nouvelle-Aquitaine, TV7, Kanaldude et ÒCtele contribuent majoritairement au genre (66 % du total des aides en 2021), avec un apport de 230 000 euros (64 % du montant). Fait rare, ces COM accordent des aides au développement et des conventions d’écriture, initiées par TV7 et rejointes par Kanaldude et ÒCtele.

Jusque-là opérés par la délégation numérique de la région Nouvelle-Aquitaine, les COM seront gérés par la direction du cinéma et de l’audiovisuel à partir de janvier 2023, année de l’échéance des contrats. Ce transfert a été décidé dans un souci de « mise en cohérence de la filière », explique Charline Claveau, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine et vice-présidente chargée de la culture, des langues et cultures régionales et du patrimoine.

D’autres changements, résultant de plusieurs chantiers, interviendront dans les prochains mois. Outre la réforme du fonds de soutien menée par la région et l’Alca, cette dernière a initié une grande étude quantitative et qualitative dans le but de « dresser le premier état des lieux de la filière à l’échelle de la grande région Nouvelle-Aquitaine », commente Emmanuel Feulié, son directeur cinéma et audiovisuel. Cet état des lieux avait fait l’objet, ces dernières années, de demandes récurrentes des professionnels, et en particulier des auteurs et des autrices. Enfin, la réforme des statuts de l’agence Alca, prévue pour 2024, a été décidée à la suite de la dernière élection de son conseil d’administration, en décembre 2021, où Naais, qui y siégeait depuis la création de l’agence, n’a pas été réélue.

Les statuts actuels de l’Alca ne favorisent pas l’équilibre harmonieux et essentiel d’une communauté audiovisuelle qui ne cesse de progresser et d’évoluer. 

Naaïs et La Tribune des auteurs

Par voie de communiqué de presse, Naais et le think-tank de La Tribune des auteurs, qui réunit principalement scénaristes, cinéastes, autrices-réalisatrices et auteurs-réalisateurs régionaux, ont immédiatement déploré que « les statuts actuels de l’agence ne favorisent pas l’équilibre harmonieux et essentiel d’une communauté audiovisuelle qui ne cesse de progresser et d’évoluer grâce notamment aux efforts financiers des collectivités locales ».

Les signataires ont demandé aux instances concernées de « prendre la mesure du déficit de représentativité » au sein du nouveau conseil d’administration de l’Alca et « de mettre en œuvre les dispositions nécessaires à l’intégration de représentants des cinéastes et des scénaristes ». Que Naais n’ait pas été renouvelée est « problématique », répète aujourd’hui encore Charline Claveau, une position exprimée dès janvier 2022, au Fipadoc, à Biarritz, au cours de la table ronde de la Scam Territoires et Création. Il est important que tous les corps de professionnels puissent être représentés au conseil d’administration, avait alors plaidé l’élue.

En attendant la réforme des statuts de l’Alca, il a été proposé à Naais un siège d’observateur permanent jusqu’aux prochaines élections, en 2024. Une alternative qui permet à l’association d’être présente, mais sans pouvoir prendre part au vote. La Tribune des auteurs a par ailleurs intégré récemment l’assemblée générale de l’Alca.

La région Nouvelle-Aquitaine et le documentaire audiovisuel

Troisième fonds d’aide à la création, derrière l’Ile-de-France et les Hauts-de-France, en 2021, la région Nouvelle-Aquitaine se classe septième nationale pour le documentaire audiovisuel, avec une enveloppe de 865 000 euros (11 % du fonds global), qui intègre les quatre contrats d’objectifs et de moyens (COM). Celle-ci franchit un million d’euros, si l’on y ajoute les départements impliqués dans le genre (Charente, Charente-Maritime, Dordogne), dont la contribution inclut des aides attribuées directement aux auteurs et aux auteurices, fait unique dans l’Hexagone, l’an dernier. À l’échelon de la seule région, la Nouvelle-Aquitaine rafle le record des aides directes à l’écriture (11). La répartition par étapes de soutien relègue néanmoins l’écriture (7 % du total alloué au documentaire) et le développement (1,2 %), loin derrière la production (91,8 %).

865 000 €

aide à la création

Ouvrir le débat

L’état des lieux du secteur du cinéma et de l’audiovisuel sur le territoire est en attente, la restitution du premier volet chiffré (nombre de professionnels par catégorie de métiers, de films produits, typologie…) ayant pris du retard. À terme, un document unique doit centraliser les statistiques et les éléments issus d’entretiens réalisés avec des professionnels par activité.

La réforme des règlements intérieurs des aides était, quant à elle, initialement prévue début 2023, sur la base des travaux menés par l’Alca et par le service culture de la région. Elle sera finalement reportée pour coïncider avec le renouvellement de la convention triennale de coopération État-région-CNC, à échéance fin 2022. Le futur contrat, qui porte sur la période 2023-2025, sera pour sa part en vigueur au 1er janvier, bien que signé à la fin 2023. En effet, la première année d’application de la convention est généralement celle du temps de la négociation et de sa rédaction.

Dans ce contexte, la collectivité vient de décider d’une concertation avec les professionnels du territoire, et avec des organisations nationales, pour ouvrir le débat. Le détail de ses modalités reste à définir. Une « conjonction de facteurs » a motivé ce nouveau calendrier, expose Charline Claveau. L’étude de l’Alca est « un bon point d’appui » pour relancer une consultation à l’occasion de sa restitution, estime l’élue. « Ensuite, il y a eu deux arrivées [la sienne, en juillet 2021, et celle de Rachel Cordier, directrice générale de l’Alca depuis le 1er septembre dernier], qui ont appuyé le souhait d’avoir un regard renouvelé », à l’approche de la nouvelle convention. Ce temps supplémentaire sera aussi l’occasion d’analyser les conséquences de la pandémie et de soulever les nombreuses interrogations qui pèsent sur les équilibres actuels de l’industrie : incertitudes budgétaires au CNC, fréquentation en salles et fragilité du financement après la suppression de la redevance.

La dernière concertation formelle avec les professionnels remonte à 2019-2020, pour la convention triennale 2020-2022, rappelle la Naais. « Ces dernières années, nous avons souvent été consultés tardivement et mis devant le fait accompli, que ce soit avec la région ou avec l’Alca. Donc la méthode est largement perfectible. Nous avons rencontré Charline Claveau et entendu sa volonté de changer les pratiques. »

On constate parfois des difficultés entre auteurs et producteurs, on voudrait être un peu plus exigeant sur ce point.

Emmanuel Feulié, Alca

Le calendrier a changé, mais l’approche de la région et de l’agence reste la même. Plus qu’une réforme d’ampleur, la démarche porte davantage sur « l’adaptation et l’amélioration de la mécanique », fait valoir la région, estimant que ses « fondations sont solides » et que les dispositifs et les règlements « ont donné des résultats ». Dans ce cadre, tout en confirmant les « axes importants » (la coproduction internationale, le cinéma, court et long métrage…), il s’agira par exemple « de redéfinir certains critères d’aides, et peut-être d’introduire de nouveaux soutiens, en fonction des résultats de la concertation », expose Emmanuel Feulié.

Au sujet du documentaire audiovisuel, « il n’y a pas de grands bouleversements annoncés, sinon peut-être sur des critères en lien avec le territoire, indique Emmanuel Feulié. On ne va probablement pas changer grand-chose sur le règlement qui concerne les auteurs », poursuit-il, soulignant toutefois qu’une « attention particulière » sera portée à leur rémunération concernant les aides en amont de développement et d’écriture, lorsqu’elles sont perçues par le producteur. « On constate parfois des difficultés entre auteurs et producteurs, on voudrait être un peu plus exigeant sur ce point », observe-t-il.

  • 77 aides

    à la création
    en 2021

  • 61 K€

    pour
    l'écriture

  • 10 K€

    pour le développement

  • 794 K€

    pour la
    production

Crise de croissance

En faisant évoluer les règlements, l’enjeu est aussi de « gérer la crise de croissance de la région devenue extrêmement attractive ces dernières années », constate Emmanuel Feulié. Le nombre des dossiers déposés ne cesse d’augmenter, relève l’Alca. Sur les trois dernières années, la progression générale s’établit en moyenne à 5 %.

Entre 2021 et 2022, les demandes pour le genre documentaire (tous formats confondus, court et long métrage, unitaire TV) a bondi de 13,9 %. C’est à l’étape du développement que la hausse est la plus forte (+ 21,3 %), suivie de l’écriture (+ 15,9 %), celle de la production se révélant quasi stable (+ 1,2 %), selon les chiffres de l’Alca. À ce rythme, « le fonds de soutien sera de plus en plus sélectif », avertit l’agence, sans compter que ce volume complexifie la gestion des dossiers en interne.

Avant même ce scénario, l’une des principales revendications de Naais est « qu’il puisse y avoir un taux de sélectivité plus ouvert aux auteurs régionaux ». L’aide au « Projet d’après », mis en place par la région pour les auteurs et les autrices en 2020, durant le Covid, afin de soutenir des projets en amorce, « est le seul dispositif qui ne soit pas ultra sélectif et qui accompagne l’auteur sur la base d’une idée de film, devenant de ce fait une véritable aide à l’écriture et non pas une prime à l’écriture », relève Naais, très favorable à ce soutien. L’association constate, en revanche, que « l’aide à l’écriture conventionnelle n’est pas facile à obtenir en Nouvelle-Aquitaine ». Également bien dotée (5 000 euros maximum), l’aide au « Projet d’après » bénéficie en effet d’un taux de sélectivité très faible : près de 53 % (plus d’un projet sur deux soutenus) en 2022, 76,5 % en 2021 et un peu plus de 62 % en 2020, confirme la région.

Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour sortir d’un tropisme aquitain et passer à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine. 

Emmanuel Feulié, Alca

Lancé à titre expérimental, ce dispositif pourrait cependant bouger. Une réflexion est en cours pour une éventuelle évolution vers une aide au programme d’écriture, sur le modèle de l’aide au programme pour les sociétés de production, déjà gérée par la région. Destinée à une entreprise installée en Nouvelle-Aquitaine, celle-ci permet de soutenir une structure sur plusieurs projets en amorce. De la même manière, un auteur ou une autrice serait ainsi potentiellement accompagné sur divers projets.

Dans les initiatives « contrariées en partie par le Covid », l’Alca souhaite continuer à déployer des rencontres interprofessionnelles sur le territoire de la Nouvelle-Aquitaine comme cela s’est déjà fait à « Limoges, Poitiers et régulièrement à Biarritz, à l’occasion des différents festivals » accueillis dans la ville, rappelle le directeur du cinéma et de l’audiovisuel. « Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour sortir d’un tropisme aquitain et passer à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, aller repérer des talents… Cela n’est pas évident dans une région aussi grande que la nôtre. Il y a des territoires qu’on apprend encore à connaître », développe Emmanuel Feulié. Celui-ci pointe, en outre, une « équipe qui s’est beaucoup renouvelée » au sein de l’agence. Entre son arrivée, en 2019, et aujourd’hui, l’effectif du département cinéma et audiovisuel a plus que doublé, atteignant 18 personnes, depuis la rentrée de septembre.

Agence et collectivité, une collaboration à la loupe

« Progresser sur la circulation de l’information » et la clarification des soutiens de l’Alca est un autre des chantiers en cours de l’agence. La critique vaut aussi pour la région, selon des auteurs et autrices de Naais, qui évoquent par ailleurs la complexité, au quotidien, que peut entraîner la coexistence entre l’agence et la collectivité ainsi qu’un manque de lisibilité sur la répartition des aides. La question du dialogue et de la collaboration entre l’Alca et la région est d’autre part régulièrement pointée par les professionnels dans leur ensemble. Le fait que la Nouvelle-Aquitaine ait souhaité avoir une agence spécialisée « peut induire des effets non pas de concurrence mais des effets de bord et de difficultés de clarté, de lisibilité et d’articulation entre la région et l’Alca », reconnaît Charline Claveau.

Il est absolument nécessaire qu’il y ait une très grande fluidité et une étroitesse de travail entre la région et l’Alca.

Charline Claveau, région Nouvelle-Aquitaine

Dès son arrivée, l’élue a estimé « absolument nécessaire » qu’il puisse y « avoir une très grande fluidité et une étroitesse de travail » entre la région et l’Alca, et cela, pour le « bénéfice des professionnels ». L’agence dans sa forme actuelle, c’est-à-dire depuis la fusion, « est relativement jeune et assez neuve », tempère-t-elle néanmoins.

La première phase du travail sur l’évolution des règlements du fonds de soutien a été menée conjointement par l’équipe de l’Alca et par l’équipe cinéma de la région, rappelle quant à lui Emmanuel Feulié. « Il y a eu une démarche participative en interne entre les deux entités pour construire cette proposition. Nous avons appris à travailler ensemble. C’est très important. » Selon lui, « la concertation à venir donnera un éclairage nouveau. Les évolutions des dispositifs de soutien seront le fruit du croisement de ce travail et des retours des professionnels ».

Il ne s’agit pas seulement de produire en région mais depuis la région. 

David Hurst, La Peña

La Nouvelle-Aquitaine se caractérise par la présence de nombreuses associations professionnelles qui pourraient se fédérer au sein d’une interprofessionnelle régionale. À la faveur d’échanges renforcés pendant la pandémie, « on s’est rendu compte qu’on partageait beaucoup plus de choses qu’on ne l’imaginait, notamment sur deux points fondamentaux que sont la création et l’initiative régionale. Il ne s’agit pas seulement de produire en région mais depuis la région », explique David Hurst, coprésident de La Peña (Produire en Nouvelle-Aquitaine), principale association de producteurs sur le territoire, moteur dans ce projet de collectif interassociatif.

L’objectif est « avant tout d’être une force de réflexion et de proposition par rapport à nos interlocuteurs institutionnels en valorisant cette question de la création depuis la région, poursuit David Hurst. Si on est tous ensemble, notre voix sera encore plus forte et plus incontournable. C’est d’autant plus important dans le contexte de fragilisation sur le plan national », note le producteur.

Le sujet de cette interprofessionnelle sera discuté durent la sixième édition de Territoire(s) d’images, les rencontres professionnelles organisées par La Peña, les 5 et 6 décembre, à Limoges. Un séminaire à huis clos entre les associations professionnelles y est annoncé, en présence notamment du Collectif des festivals de cinéma et d’audiovisuel de Nouvelle-Aquitaine, Naais, la Tribune des auteurs, les Maisons de production associées, Atana (Association des techniciens de l’audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine) ou Cina (Cinémas indépendants de Nouvelle-Aquitaine).

À ce stade, Naais ne dispose pas « d’assez d’éléments pour se prononcer sur la forme que cela peut prendre, mais si elle est un véritable espace de dialogue, une interprofessionnelle peut être une vraie force. La rencontre à Limoges permettra, nous l’espérons, d’en poser les jalons », commente l’association, en amont. La Tribune des auteurs, d’ores et déjà favorable à cette initiative, évoque Films en Bretagne, qui réunit et représente les professionnels de l’audiovisuel et du cinéma, de l’écriture à la diffusion.

Ces multiples chantiers pourraient, demain, apporter le peu qui manque à la Nouvelle-Aquitaine pour optimiser ses dispositifs. C’est pourquoi leurs issues seront attentivement scrutées dans les prochains mois.

Le Faana, un festival créé par les autrices et les auteurs de Naais pour valoriser leurs films

Organisé pour la première fois en septembre 2021, à Saint-Georges-de-Didonne, près de Royan, le Festival des autrices et auteurs de l’image du son en Nouvelle-Aquitaine (Faana) a été créé par Naais pour « mettre en lumière les œuvres des autrices et des auteurs de la région », qui sont « plus d’une centaine », selon les chiffres de l’association. D’une périodicité biennale, le Faana propose une sélection de films de tous les genres, aussi bien produits par la Nouvelle-Aquitaine que par d’autres régions, voire autoproduits, et des rencontres professionnelles. L’objectif du festival est de « montrer la diversité de ce qui se fait dans notre très grande région », mentionne Naais. En Nouvelle-Aquitaine, il y a très peu d’accompagnement de la part de la région et de l’Alca sur la diffusion des œuvres audiovisuelles et des courts métrages. Nous espérons que la récente arrivée d’une nouvelle chargée de mission à la diffusion changera la donne », observe l’association. Après une première année, qui a remporté son pari en termes de fréquentation, la prochaine édition est attendue en septembre 2023. « Offrir un espace d’échanges et de rencontres fait partie de nos missions », fait valoir l’association, à l’instar du « coin doc, du coin fiction, l’organisation de tables rondes et de journées de formation qui sont autant d’occasions de réunir des auteurs ».

Méthodologie des enquêtes de la Scam pour un état des lieux du documentaire en région

Ces focus restent circonscrits au seul documentaire audiovisuel (donc hors court et long métrage). Ils proposeront une photographie quantitative et qualitative de chaque région, à travers la parole des auteurs-réalisateurs et autrices-réalisatrices qui vivent et travaillent dans ces territoires. S’y exprimeront également les points de vue des autres acteurs animant ces filières régionales.

Les chiffres clés relatifs à la région Occitanie sont issus des données collectées par l’agence Ciclic-Centre-Val-de-Loire pour le Panorama des interventions territoriales en faveur du cinéma et de l’audiovisuel publié chaque année, dans le cadre de sa convention de coopération triennale État-région-CNC. Le périmètre des collectivités est identique à celui du Panorama, qui prend en compte la région, les départements, les eurométropoles, les métropoles et les villes, s’il y a lieu. De la même manière, les statistiques se concentrent sur les aides délivrées par la région, le premier niveau d’intervention. Les investissements de la région agrègent ceux octroyés via le ou les contrats d’objectifs et de moyens signés entre la collectivité et le ou les diffuseurs, quand ils existent. Les statistiques autres que celles de Ciclic qui pourraient être citées sont dans tous les cas sourcées. Le choix a été fait de ne pas comparer les chiffres de l’année 2021 et ceux de l’année 2020, sauf cas particulier, l’année de la pandémie ayant été marquée par l’attribution d’aides exceptionnelles, dans certaines régions, par définition non reconduites en 2021.

Remerciements : Pauline Martin et Pierre Dallois à l’agence Ciclic-Centre-Val-de-Loire et la Boucle documentaire.

Série Territoires et Création

photo Pascal Bondis

#1 – L’Occitanie

Après l’étude transversale « Le documentaire, les régions et leurs aides », publiée en juin 2021, la Scam poursuit avec la journaliste Emmanuelle Miquet son tour de France, cette fois par territoire. Coup d’envoi avec la région Occitanie où un nouveau dispositif d’aide à l’écriture, supprimé depuis deux ans, vient d’être réintroduit.

Une mobilisation d’ampleur

Depuis 2020, les autrices et les auteurs de la région Occitanie sont en effet dépourvus d’aide à l’écriture dite sèche, c’est-à-dire qui leur est directement attribuée. Au début de cette année-là, la collectivité a supprimé de son dispositif les bourses d’écriture pour concentrer ses crédits sur le développement et la production.

Cette décision, prise l’année de l’irruption du Covid-19 qui a fragilisé les créateurs et les créatrices dans leur ensemble, a présidé au rassemblement des auteurs, autrices et des réalisateurs, réalisatrices de documentaire d’Occitanie au sein du collectif RegardOcc et à une mobilisation d’ampleur. La région avait acté la réintroduction de l’aide à l’écriture en 2021, mais les circonstances post-pandémiques ne l’ont finalement pas permis.

Les mois à venir marqueront-ils un retour à la « normale » pour les auteurs et les autrices ? Le 13 juillet dernier, le conseil régional d’Occitanie a effectivement réintroduit le dispositif en adoptant une « aide à l’écriture d’œuvres audiovisuelles » directe.

Un appel à projets a été ouvert dans la foulée, en vue d’une première session de sélection des dossiers lors des comités de lecture de septembre et d’octobre, pour un vote de la commission permanente à la mi-décembre. L’objectif est de permettre d’affecter les premières aides avant la fin de l’année 2022. Trois sessions devraient ensuite être proposées en 2023.

Nous estimons essentiel que la première phase d’écriture se fasse en toute indépendance des producteurs (…) C’est la raison pour laquelle l’aide à l’écriture nous permet de travailler de manière totalement autonome. 

Collectif RegardOcc

« On se réjouit de cette remise en œuvre, réagit RegardOcc. C’est un premier pas, et on espère que le montant du soutien sera revu à la hausse. » L’enveloppe globale de la nouvelle aide à l’écriture, destinée à tous les genres éligibles par le fonds, s’élève à 50 000 euros pour un soutien forfaitaire de 2 000 euros, dorénavant. Les précédentes bourses d’écriture étaient comprises entre 3 000 euros (un montant plancher) et 6 000 euros (un plafond). La demande de RegardOcc portait sur 100 000 euros. « Cela nous semble être le minimum », explique le collectif qui a estimé cette somme en se basant sur les chiffres de l’agence Ciclic-Centre-Val-de-Loire, chargée de collecter chaque année les données des régions pour le Panorama des interventions territoriales en faveur du cinéma et de l’audiovisuel.

À raison de 25 projets annuels, l’objectif de la région, cette enveloppe permettrait en outre d’atteindre « le plancher décent » de 4 000 euros évalué par la Boucle documentaire, réseau d’organisation d’auteurs, autrices et réalisateurs, réalisatrices, pour rémunérer correctement l’étape de l’écriture. RegardOcc rappelle son importance : « Nous estimons essentiel que la première phase d’écriture se fasse en toute indépendance des producteurs qui interviennent ensuite dans la phase de développement. C’est la raison pour laquelle l’aide à l’écriture nous permet de travailler de manière totalement autonome. »

La nouvelle aide bénéficiera à davantage d’auteurs et d’autrices mais pour des montants plus modestes, reconnaît la région. Les perspectives budgétaires ne lui permettent pas pour l’instant d’aller au-delà, poursuit-elle, évoquant un « dispositif coup de pouce » dont les contraintes d’accès ont par ailleurs été allégées. La collectivité va maintenant observer comment ce dispositif fonctionne et s’il répond bien aux attentes des auteurs et des autrices.

Il s’agit « un peu d’un test » dont elle pourra tirer des premières conclusions. Peut-être y aura-t-il des ajustements à faire, avance-t-elle, se disant prête à s’adapter. Son règlement prévoit par ailleurs qu’« au moins un quart du montant de l’aide au développement [attribuée à la société de production] devra être consacrée à la rémunération du ou des auteur(s) », une façon indirecte de les soutenir, rappelle la région.

La région Occitanie et le documentaire audiovisuel

En 2021, les investissements alloués au documentaire audiovisuel par le fonds d’aide à la création de la région Occitanie se sont répartis, pour la deuxième année consécutive, entre les seules étapes de la production (plus de 62 % des aides), du développement (30 %) et de la post-production. Soit un montant de 624 000 euros (14 % de l’enveloppe globale du fonds), au 9e rang national, qui grimpe à 754 000 euros, avec le soutien octroyé par Toulouse Métropole, autre collectivité impliquée sur le territoire rejointe récemment par Montpellier Méditerranée Métropole.

624 000 €

aide à la création

Région et métropoles au coude-à-coude

Autre dossier actuellement sur la table des négociations, le contrat d’objectifs et de moyens (COM), sujet lui aussi sensible en Occitanie, ces deux dernières années. En 2020, le COM signé entre la région et la chaîne locale ViàOccitanie a donné lieu à au moins une dizaine d’engagements de documentaires audiovisuels, selon RegardOcc. Mais, à de rares exceptions, ils n’ont pu être achevés du fait des difficultés économiques rencontrées par le réseau de chaînes locales cette même année.

En 2021, lorsque ViàOccitanie a finalement été rachetée par le groupe de presse La Dépêche du Midi, il n’y pas eu de COM. De nouveaux contrats d’objectifs et de moyens incluant des financements de coproduction seront eux aussi proposés au vote de la mi-décembre, s’engage la région. À terme, cela permettra de renforcer et d’élargir les possibilités de diffusion, notamment des documentaires, estime-t-elle. Après avoir lancé un appel à manifestation d’intérêt, l’étape préalable, afin de recenser les candidats, la collectivité a étudié les propositions des différents diffuseurs tenus secrets. Au côté de ViàOccitanie, les deux autres chaînes locales sont France 3 Occitanie et ÒCtele.

L’année 2022 a par ailleurs signé le lancement du fonds d’aide à la création aux industries culturelles et créatives de la métropole de Montpellier, en complément de celui de la région. Doté de 720 000 euros annuels, le dispositif, qui intervient aux étapes du développement et de la production, s’inscrit dans la continuité du fonds de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle de Toulouse Métropole, créé en 2019, à l’autre extrémité de la vaste région Occitanie.

L’an dernier, le montant de ce fonds s’est élevé à 539 000 euros alloués à des projets documentaires, de fiction et d’animation. Celui de Montpellier Méditerranée Métropole est annoncé à budget constant en 2023.

Mais à l’issue des premiers comités de sélection, à la fin septembre, la métropole a décidé d’abonder une « petite enveloppe » supplémentaire de 8 000 euros, avec Occitanie Films, l’agence du cinéma et de l’audiovisuel de la région, pour repêcher quelques-uns des projets ayant eu la mention « réservés », aux côtés des dossiers estimés « favorables » ou « défavorables ». Un à trois projets issus de chacun des trois comités devraient être soutenus « en workshop ».

À ce jour, en revanche, aucun département du territoire ne possède de fonds d’aide à la création et aucun ne semble disposé à en initier. « Ce n’est pas dans leurs priorités, constate Philippe Aussel, le président de l’Apifa, unique association de producteurs sur le territoire, ils préfèrent intervenir ponctuellement, au gré d’un tournage, par exemple. »

  • 42 aides

    à la création
    en 2021

  • 189 K€

    pour le développement

  • 389 K€

    pour la
    production

  • 46 K€

    pour la
    post-production

Entre précarité et bonne image

Dans ce contexte général évolutif, RegardOcc pointe la problématique persistante des comités de lecture* du fonds de soutien de la région. Chargés de sélectionner les projets, les comités dits d’experts sont établis par chaque région sur la base de principes généraux édictés par le CNC, le Centre national du cinéma et de l’image animée : être composés « majoritairement de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel », comprendre « des professionnels extérieurs à la région » (afin d’éviter les conflits d’intérêts notamment), et faire « l’objet d’un renouvellement régulier ».

RegardOcc regrette que la convention tripartite 2020-2022 de l’Occitanie s’en tienne à ces principes généraux. Au vu de ce qui se passe dans les commissions nationales, le collectif « préconise qu’au moins 50 % des membres des comités soient extérieurs à la région et que les lecteurs soient renouvelés tous les deux ans ». Il relève également que plusieurs experts officient depuis « six ou sept ans », dans certains comités, alors que la convention d’Occitanie prévoit que « chaque membre ne peut plus rester plus de quatre ans ».

Les documentaristes regrettent également l’absence de présentation orale pour les porteurs de dossiers, comme cela peut se pratiquer ailleurs (ce n’est pas une obligation), de retours écrits sur les décisions, de rémunération des experts et de représentants des organisations professionnelles de la région lors des comités. Sur ce dernier point, ce sont les élus qui décident, répond l’Occitanie, et pour le moment, ils ne le souhaitent pas, au motif que cela pourrait créer un risque d’autocensure chez les lecteurs. Ces derniers pouvant craindre que les détails de leurs commentaires soient rapportés aux candidats par les représentants des organisations. Concernant la composition des comités, la collectivité admet une « grosse représentation de la région », pour le documentaire et le court-métrage, qu’elle « va essayer de corriger » lors du prochain renouvellement qui aura lieu en fin d’année.

Il n’y a pas qu’en Occitanie que les comités de lecture essuient des critiques, mais, dans ce territoire, ses dysfonctionnements sont venus s’ajouter à un environnement qui s’est dégradé, ces deux dernières années, créant ce sentiment d’« accumulation », selon RegardOcc. De la même manière, si la difficulté pour les autrices et les auteurs d’être reconnus n’est pas propre à la région, elle s’y trouve accentuée par le décalage entre la précarité des créatrices et créateurs implantés sur le territoire, en général des documentaristes, et l’image de la région, deuxième nationale en nombre de jours de tournage grâce au long-métrage et à la fiction TV avec l’explosion des feuilletons. Pourtant, « sans nous, pas de films », martèle RegardOcc, qui a fait de la formule son slogan.

Nous avons encore besoin de nous structurer. Que ce soient les services [de la région], les producteurs, les techniciens, et les auteurs.

Philippe Aussel, Apifa

« On est une région encore relativement jeune, en termes d’animation de la filière documentaire, comparée à la Bretagne ou à la Nouvelle-Aquitaine, où les choses se sont mises en place beaucoup plus vite », relève Philippe Aussel. Plusieurs raisons l’expliquent, selon lui, dont une « volonté politique plus ou moins efficace », dans une région davantage portée, à la base, sur le secteur « aéronautique et spatial que sur celui de la culture ». « Nous avons encore besoin de nous structurer. Que ce soient les services [de la région], les producteurs, les techniciens, et les auteurs », conclut-il.

En regard des deux dernières années, les récentes décisions prises en Occitanie, ou en passe de l’être, vont globalement dans le bon sens. Elles restent toutefois à confirmer, et à être complétées.

* L’avis des comités de lecture est consultatif (à l’exception de Pictanovo, association chargée de mettre en œuvre et de gérer le fonds de la région des Hauts-de-France, où ce comité est souverain), mais la commission permanente ou la séance plénière du Conseil régional, qui vote ensuite les aides, s’appuie généralement sur la sélection des comités, d’où l’extrême attention qui leur est accordé.

1 – La métropole de Montpellier crée un fonds de soutien à la création

Dédié aux industries culturelles et créatives, le fonds d’aide à la création lancé en 2022 par Montpellier Méditerranée Métropole a pour objectif d’encourager les jeunes talents du territoire et les sociétés de production. Il cible les « œuvres singulières » dans les champs du documentaire, de l’animation, du jeu vidéo, des expériences immersives et de la fiction (court-métrage exclusivement). Le nombre de projets reçus pour l’unique session organisée en année une a atteint 69, majoritairement des documentaires (27 dossiers, soit 39 %) et des fictions (20 dossiers, soit 29 %). La métropole vise deux sessions en 2023 et un cadre d’intervention ajusté au gré du premier bilan dressé pour ce fonds « work in progress », a-t-elle expliqué à la Scam. L’intégration d’une aide à l’écriture est prématurée, mais la collectivité dit avoir conscience qu’il s’agit là d’un « enjeu fort », au même titre que l’aide à l’émergence. Le fonds n’a pas été abondé par le CNC, le Centre national du cinéma et de l’image animée, qui, pour des raisons budgétaires, n’applique plus aux nouveaux entrants le dispositif du « 1 euro du CNC pour 2 euros de la collectivité ». Des discussions sont en cours pour les prochains exercices.

2- Une reprise des Étoiles de la Scam à venir

RegardOcc travaille actuellement sur la reprise de trois ou quatre films des Étoiles de la Scam en Occitanie, comme cela se fait déjà dans d’autres régions, sous forme de mini festivals. Organisée avec la Boucle documentaire, cette reprise s’inscrirait au cours d’une journée proposant également une table ronde autour de la thématique « Être auteur en région ». Y seront conviées les collectivités (région et métropoles) intervenant dans le documentaire notamment, ou encore la Scam. Un temps envisagé dans le cadre du Cinemed (21-29 octobre), à Montpellier, cette journée s’adossera à un festival à déterminer.

Méthodologie des enquêtes de la Scam pour un état des lieux du documentaire en région

Ces focus restent circonscrits au seul documentaire audiovisuel (donc hors court et long métrage). Ils proposeront une photographie quantitative et qualitative de chaque région, à travers la parole des auteurs-réalisateurs et autrices-réalisatrices qui vivent et travaillent dans ces territoires. S’y exprimeront également les points de vue des autres acteurs animant ces filières régionales.

Les chiffres clés relatifs à la région Occitanie sont issus des données collectées par l’agence Ciclic-Centre-Val-de-Loire pour le Panorama des interventions territoriales en faveur du cinéma et de l’audiovisuel publié chaque année, dans le cadre de sa convention de coopération triennale État-région-CNC. Le périmètre des collectivités est identique à celui du Panorama, qui prend en compte la région, les départements, les eurométropoles, les métropoles et les villes, s’il y a lieu. De la même manière, les statistiques se concentrent sur les aides délivrées par la région, le premier niveau d’intervention. Les investissements de la région agrègent ceux octroyés via le ou les contrats d’objectifs et de moyens signés entre la collectivité et le ou les diffuseurs, quand ils existent. Les statistiques autres que celles de Ciclic qui pourraient être citées sont dans tous les cas sourcées. Le choix a été fait de ne pas comparer les chiffres de l’année 2021 et ceux de l’année 2020, sauf cas particulier, l’année de la pandémie ayant été marquée par l’attribution d’aides exceptionnelles, dans certaines régions, par définition non reconduites en 2021.

Remerciements : Pauline Martin et Pierre Dallois à l’agence Ciclic-Centre-Val-de-Loire et la Boucle documentaire.

Le 6 octobre dernier, le prix Nobel de littérature 2022 consacrait Annie Ernaux, « pour le courage et l’acuité clinique avec lesquels elle met au jour les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle ».

Cinq ans après lui avoir décerné le prix Marguerite Yourcenar pour l’ensemble de son œuvre, les 50 000 auteurs et autrices de la Scam lui adressent leurs félicitations les plus vives.

Nous sommes toutes et tous très fiers et c’est une grande joie pour nous de voir récompensée une écrivaine que nous admirons.

Le jury du Prix Marguerite Yourcenar

Retrouvons-nous les 4, 5 et 6 novembre au Forum des Images à Paris pour le 17e festival Les Étoiles du documentaire.
32 films – 32 rencontres – 3 jours – 1 passe-festival… et c’est gratuit !

Pour sa 17e édition, le Festival Vrai de Vrai convoque au Forum des images à Paris, Marguerite Duras, Léonard de Vinci, Boris Eltsine, vingt vaches, un troupeau de mammouths, des médecins, un agriculteur, un oligarque russe, un joueur de poker, des ouvriers, des scientifiques, un berger ermite, un skin devenu moine bouddhiste, des amateurs de caviar, des communards, et bien d’autres encore…

Quand la réalité dépasse la fiction ! Il y sera question d’insomnies chroniques, du goût de la tendresse, des préliminaires à l’ère des réseaux sociaux, des coulisses du pouvoir, du choc de l’exil, de stress
post-traumatique, des affres de la création, de permafrost et de quelques virus potentiellement mortels, entre autres choses…

Choisis parmi 400 œuvres diffusées cette année, ce sont 32 documentaires et reportages exceptionnels, 32 films ambitieux remarqués par la Scam, à découvrir gratuitement sur grand écran  le temps d’un long week-end. Chaque projection sera suivie d’une rencontre avec les réalisateurs et réalisatrices. Outre les 30 Étoiles sélectionnées par le Jury, le Festival propose au public de découvrir les films lauréats du Prix du Grand Reportage et du Prix du Documentaire 2022 de la Scam ; et bien sûr, le dimanche, lors de la soirée de clôture, la remise du Prix du public, invité à voter pour son film favori !

… Ensemble, (…) nous avons choisi les Étoiles. Dans un monde de plus en plus tributaire de la (re)présentation de la réalité, le documentaire reste une arme de questionnement massive… mais aussi l’un des arts les plus aptes à poétiser, envers et contre tout, ce réel qui sans cesse nous échappe…

Cécile Allegra, présidente du jury des Étoiles 2022, composé des documentaristes Jean Crépu, François-Xavier Destors, Auberi Edler et Jérôme Lambert

Un événement Scam en collaboration avec forum des images / télérama / mk2 curiosity/ radio campus / tënk / kub / le mois du film documentaire

Entrée libre à l’ensemble des séances, après obtention du passe gratuit sur forumdesimages.fr ou à retirer en caisse dès le 25 octobre.

Contact presse

astrid.lockhart@scam.fr – 06 73 84 98 27 – vraidevrai.fr

Je ne connaissais Jean-Michel Meurice que de réputation – des films remarqués sur des peintres contemporains majeurs, et un passage à la direction des documentaires de la nouvelle Antenne 2 dirigée par Pierre Desgraupes au lendemain de la victoire de Francois Mitterrand en 1981 – quand il envoya vers moi à l’INA l’ami Michel Anthonioz, il y a aujourd’hui exactement 36 ans, pour me proposer de prendre la Direction de l’Unité de Programme Documentaires de La SEPT encore toute jeune. J’ai accepté avec enthousiasme sans mesurer encore le privilège qu’il m’offrait.

C’était au lendemain du vote de la nouvelle loi sur l’audiovisuel et je n’ai appris que plus tard la très délicate et imprévisible navigation politique que Jean-Michel avait conduite les deux années précédentes pour parvenir à maintenir et protéger ce fragile projet, lancé six mois plus tôt à quelques semaines d’élections où la Gauche allait perdre le pouvoir. Sur ce « Passage du Nord-Ouest« , comme le nommait malicieusement Jean-Michel, les récits divergent parfois. Mais je peux témoigner de ce que j’ai vécu à ses côtés à compter de ce jour, de l’intelligence et du dévouement avec lesquels il a su, aventure unique dans l’histoire de la télévision mondiale, constituer et coordonner un Comité des Programmes réunissant, sous la présidence du grand historien Georges Duby et la vice-présidence du délicieux Michel Guy, les personnalités culturelles, scientifiques et audiovisuelles les plus prestigieuses, qui devinrent les garantes directes de la politique éditoriale de la chaîne et de la transparence de ses décisions.

Faisant table rase des lourdes organisations télévisuelles, ces « monstres du quaternaire » dont parlait Pierre Schaeffer, Jean-Michel a mis ainsi en place la table d’émeraude d’une nouvelle alchimie : une « télévision du troisième type » associant l’exigence et la compétence du savoir à celles du media audiovisuel, dotée d’une équipe légère qui s’appuyait sur la richesse d’une production indépendante encore dans son jeune âge. En mettant les documentaires au centre de son programme, La SEPT ambitionnait d’offrir au plus large public des audiences attentives « l’art de penser », tout en constituant un riche patrimoine d’œuvres d’excellence appelées à circuler en Europe et dans le monde entier.

Me reste le souvenir exaltant de ces « cellules » où je partageais régulièrement en tête à tête les choix et les refus de ma petite équipe, tantôt avec Françoise Héritier ou Pierre Bourdieu pour les projets touchant aux sciences sociales, le professeur Jacques-Louis Binet pour les sciences et la médecine, Jean-Marie Prat ou Bernard Ceysson pour les arts, Eliane Victor pour les sujets de société.

Chaque mois, le Comité au grand complet se réunissait, animé avec rigueur et modestie par Jean-Michel, et nous, les responsables des diverses Unités de Programme, nous rapportions sur nos engagements. Pierre Boulez, Anatole Dauman – producteur de la Nouvelle Vague – ou l’inspiré Yves Jaigu ne cessaient de nous inviter à hausser encore nos ambitions, tandis que trois personnalités légendaires de la télévision européenne – Michael Kustow de Channel 4, Eckart Stein de la ZDF et Claude Torracinta de la Télévision suisse – partageaient avec tous leurs réflexions. Ce Comité des Programmes protégeait en même temps des convoitises de ses grandes sœurs le budget d’argent frais de la SEPT et de toutes les pressions politiques ou corporatistes…

Jean-Michel était profondément habité par une éthique et un sens des responsabilités d’un media public. Le rêve dont il a coordonné la cristallisation pendant ces trois premières années de La SEPT a continué de vivre et persister pour devenir ARTE, une chaîne libre dont l’excellence est universellement reconnue. C’est à cet élan et cette ambition initiale qu’elle le doit.

En 2000, quand une possible absorption par France Télévisions menaçait l’indépendance d’ARTE, c’est encore Jean-Michel qui a réuni dans une lettre ouverte tous ceux qui restaient de cette ancienne « garde d’honneur » du Comité des Programmes.

À partir de 1990, Jean-Michel, qui était repassé derrière la caméra, nous a soumis, comme à d’autres chaînes, ses projets de réalisateur.

Nos séances de travail autour de grands documentaires et séries d’investigation comme Série noire au Crédit Lyonnais, Elf, les chasses au trésor et Une Afrique sous influence, ou le Système Octogon, réalisés avec la complicité du regretté Fabrizio Calvi, comptent parmi les plus riches expériences de ma carrière de responsable de programme. Ces films, qui ne craignaient pas de porter le fer dans les scandales économico-politiques les plus brûlants en les rendant compréhensibles par une écriture toujours originale et singulière, ont été parmi les succès les plus éclatants d’ARTE.

Même s’il évoquait dans un sourire ces « auteurs stylobates sur des tours hautaines », Jean-Michel croyait à une télévision d’auteur, ambitieuse, exigeante, humaniste, respectueuse du spectateur.

Réalisateur de plus d’une centaine d’œuvres et couronné par la Scam, Commandeur des Arts et des Lettres, Jean-Michel était aussi un peintre d’avant-garde qui pratiqua jusqu’à sa dernière heure un « art rupestre », comme une célébration de lignes, de couleurs et de surfaces. Ses toiles sont dans les musées du monde entier. Une salle lui est consacrée au MAM, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Ce n’est pas ici le lieu de parler de l’homme intègre et de l’ami fidèle qu’était Jean-Michel, mais je ne doute pas que la pensée reconnaissante de plus d’un honnête homme et plus d’une honnête femme l’accompagne pour sa traversée du Styx… même si je sais que les retrouvailles dont les religions ont voulu réconforter les mortels ne sont que dans nos cœurs.

Adieu l’ami, tu ne seras pas oublié…

Thierry Garrel, lauréat du prix Jean-Marie Drot 2015 de la Scam, ancien directeur de l’unité documentaire d’Arte

Paroles d’auteur

A la question Quelle est la place de l’auteur dans la société ? Jean-Michel Meurice, Prix Charles Brabant 2010, nous répondait en 2011.

Sans traducteurs de talent, les films étrangers resteraient inaccessibles à la très grande majorité du public français.
À travers ce Prix,  l’ATAA avec le soutien de la Scam met à en lumière le travail de ces auteurs et autrices de l’ombre.

Prix de la traduction de documentaires télévisés
Christophe Elson et Marie Laroussinie

Marie Laroussinie - photo Brett Walsh
Marie Laroussinie - photo Brett Walsh

pour Derrière nos écrans de fumée
de Jeff Orlowski

Titre original : The Social Dilemma 
94’ – 2020 – USA – diffusé sur Netflix
produit par Exposure Labs, Argent Pictures et The Space Program
Version française : Dubbing Brothers
Direction artistique : Caroline Cadrieu

Entre documentaire et drame, ce film donne la parole à des experts qui nous mettent en garde contre les innovations dont ils ont été les pionniers et décrient l’impact dangereux des réseaux sociaux. Il décortique le modèle économique des entreprises du numérique, telles que Facebook, Google, Twitter, Instagram et YouTube. Des analyses d’universitaires, comme Shoshana Zuboff qui a créé le concept de « capitalisme de surveillance », et des témoignages alarmistes d’anciens employés de ces géants du Web (ingénieurs, concepteurs de services, dirigeants, etc.) défilent, illustrés par des séquences fictionnelles mettant en scène des adolescents dont l’attention est de plus en plus mobilisée par leur activité en ligne.

Mention spéciale du jury
Elsa Vandaele

Elsa Vandaele - photo Brett Walsh
Elsa Vandaele - photo Brett Walsh

pour Seaspiracy : la pêche en question
d’Ali Tabrizi

Titre original : Seaspiracy
90’ – 2021 – USA – diffusé sur Netflix
produit par Aum Films et Disruptive Studios
Version française : Dubbing Brothers
Direction artistique : Caroline Cadrieu

Dans ce documentaire caméra à l’épaule sur les dommages des activités humaines sur la vie marine, un cinéaste passionné met à jour une grave corruption à l’échelle mondiale. Il décrit l’impact de l’homme sur les écosystèmes marins, en particulier les débris plastique, les filets dérivants et la surpêche dans l’ensemble des océans, mettant en cause les ravages de la pêche industrielle. Le film s’interroge également sur le concept de pêche durable et mène l’enquête sur plusieurs organismes de préservation en exposant leurs insuffisances dans la lutte pour la protection des océans.

Voir un film en salle – et c’est la raison d’être de ce festival – c’est focaliser son regard bien plus efficacement que devant son écran personnel, smartphone, ordinateur ou télé, lorsque la vie tout autour dissipe l’attention. Voir un documentaire, c’est à un moment donné, le temps du film, réduire le monde réel à une histoire, une scène, un personnage. Le réel ramené à l’écran, modelé par l’œil d’un auteur ou d’une autrice avec son point de vue assumé, n’en devient que plus vrai.

Rémi Lainé - Réalisateur et président de LaScam

Vrai de vrai ! C’est le nouveau nom de notre festival annuel, Les Étoiles du documentaire, qui revient en novembre pour sa 17ème édition.

Vrai de vrai, la vocation des Étoiles de la Scam, c’est offrir un panorama de la diversité documentaire et ouvrir une fenêtre sur le monde dans ce qu’il a de meilleur… et parfois de pire.

Vrai de vrai, c’est inviter les amateurs, les amatrices, les spectateurs de tous genres, les citoyens, les actrices du monde de demain, à entrer dans une salle de cinéma pour y découvrir d’autres points de vue.

Le Festival Vrai de vrai, c’est la grande fête du documentaire, du vendredi 4 au dimanche 6 novembre, au Forum des Images à Paris. Et c’est gratuit (vrai de vrai !).

Affiche du Festival Vrai de Vrai 2022 – crédit photo Heiða Helgadóttir – Design Catherine Zask

Affiche festival Vrai de Vrai 2022
photo Heiða Helgadóttir - design Catherine Zask

Contact presse : astrid.lockhart@scam.fr – 06 73 84 98 27