Je ne connaissais Jean-Michel Meurice que de réputation – des films remarqués sur des peintres contemporains majeurs, et un passage à la direction des documentaires de la nouvelle Antenne 2 dirigée par Pierre Desgraupes au lendemain de la victoire de Francois Mitterrand en 1981 – quand il envoya vers moi à l’INA l’ami Michel Anthonioz, il y a aujourd’hui exactement 36 ans, pour me proposer de prendre la Direction de l’Unité de Programme Documentaires de La SEPT encore toute jeune. J’ai accepté avec enthousiasme sans mesurer encore le privilège qu’il m’offrait.

C’était au lendemain du vote de la nouvelle loi sur l’audiovisuel et je n’ai appris que plus tard la très délicate et imprévisible navigation politique que Jean-Michel avait conduite les deux années précédentes pour parvenir à maintenir et protéger ce fragile projet, lancé six mois plus tôt à quelques semaines d’élections où la Gauche allait perdre le pouvoir. Sur ce « Passage du Nord-Ouest« , comme le nommait malicieusement Jean-Michel, les récits divergent parfois. Mais je peux témoigner de ce que j’ai vécu à ses côtés à compter de ce jour, de l’intelligence et du dévouement avec lesquels il a su, aventure unique dans l’histoire de la télévision mondiale, constituer et coordonner un Comité des Programmes réunissant, sous la présidence du grand historien Georges Duby et la vice-présidence du délicieux Michel Guy, les personnalités culturelles, scientifiques et audiovisuelles les plus prestigieuses, qui devinrent les garantes directes de la politique éditoriale de la chaîne et de la transparence de ses décisions.

Faisant table rase des lourdes organisations télévisuelles, ces « monstres du quaternaire » dont parlait Pierre Schaeffer, Jean-Michel a mis ainsi en place la table d’émeraude d’une nouvelle alchimie : une « télévision du troisième type » associant l’exigence et la compétence du savoir à celles du media audiovisuel, dotée d’une équipe légère qui s’appuyait sur la richesse d’une production indépendante encore dans son jeune âge. En mettant les documentaires au centre de son programme, La SEPT ambitionnait d’offrir au plus large public des audiences attentives « l’art de penser », tout en constituant un riche patrimoine d’œuvres d’excellence appelées à circuler en Europe et dans le monde entier.

Me reste le souvenir exaltant de ces « cellules » où je partageais régulièrement en tête à tête les choix et les refus de ma petite équipe, tantôt avec Françoise Héritier ou Pierre Bourdieu pour les projets touchant aux sciences sociales, le professeur Jacques-Louis Binet pour les sciences et la médecine, Jean-Marie Prat ou Bernard Ceysson pour les arts, Eliane Victor pour les sujets de société.

Chaque mois, le Comité au grand complet se réunissait, animé avec rigueur et modestie par Jean-Michel, et nous, les responsables des diverses Unités de Programme, nous rapportions sur nos engagements. Pierre Boulez, Anatole Dauman – producteur de la Nouvelle Vague – ou l’inspiré Yves Jaigu ne cessaient de nous inviter à hausser encore nos ambitions, tandis que trois personnalités légendaires de la télévision européenne – Michael Kustow de Channel 4, Eckart Stein de la ZDF et Claude Torracinta de la Télévision suisse – partageaient avec tous leurs réflexions. Ce Comité des Programmes protégeait en même temps des convoitises de ses grandes sœurs le budget d’argent frais de la SEPT et de toutes les pressions politiques ou corporatistes…

Jean-Michel était profondément habité par une éthique et un sens des responsabilités d’un media public. Le rêve dont il a coordonné la cristallisation pendant ces trois premières années de La SEPT a continué de vivre et persister pour devenir ARTE, une chaîne libre dont l’excellence est universellement reconnue. C’est à cet élan et cette ambition initiale qu’elle le doit.

En 2000, quand une possible absorption par France Télévisions menaçait l’indépendance d’ARTE, c’est encore Jean-Michel qui a réuni dans une lettre ouverte tous ceux qui restaient de cette ancienne « garde d’honneur » du Comité des Programmes.

À partir de 1990, Jean-Michel, qui était repassé derrière la caméra, nous a soumis, comme à d’autres chaînes, ses projets de réalisateur.

Nos séances de travail autour de grands documentaires et séries d’investigation comme Série noire au Crédit Lyonnais, Elf, les chasses au trésor et Une Afrique sous influence, ou le Système Octogon, réalisés avec la complicité du regretté Fabrizio Calvi, comptent parmi les plus riches expériences de ma carrière de responsable de programme. Ces films, qui ne craignaient pas de porter le fer dans les scandales économico-politiques les plus brûlants en les rendant compréhensibles par une écriture toujours originale et singulière, ont été parmi les succès les plus éclatants d’ARTE.

Même s’il évoquait dans un sourire ces « auteurs stylobates sur des tours hautaines », Jean-Michel croyait à une télévision d’auteur, ambitieuse, exigeante, humaniste, respectueuse du spectateur.

Réalisateur de plus d’une centaine d’œuvres et couronné par la Scam, Commandeur des Arts et des Lettres, Jean-Michel était aussi un peintre d’avant-garde qui pratiqua jusqu’à sa dernière heure un « art rupestre », comme une célébration de lignes, de couleurs et de surfaces. Ses toiles sont dans les musées du monde entier. Une salle lui est consacrée au MAM, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Ce n’est pas ici le lieu de parler de l’homme intègre et de l’ami fidèle qu’était Jean-Michel, mais je ne doute pas que la pensée reconnaissante de plus d’un honnête homme et plus d’une honnête femme l’accompagne pour sa traversée du Styx… même si je sais que les retrouvailles dont les religions ont voulu réconforter les mortels ne sont que dans nos cœurs.

Adieu l’ami, tu ne seras pas oublié…

Thierry Garrel

Paroles d’auteur

A la question Quelle est la place de l’auteur dans la société ? Jean-Michel Meurice, Prix Charles Brabant 2010, nous répondait en 2011.

Depuis quarante ans, la Scam s’est construit une identité visuelle forte : son site, scam.fr, sa revue, Astérisque, ses créations graphiques portent haut l’ensemble de ses engagements. Mais, alors qu’elle incarne le réel à travers l’image ou le texte, il lui manquait de se raconter par le son.

Retour sur un voyage créatif et sensoriel, aux côtés de l’autrice-compositrice et documentariste sonore Marie Guérin. Elle a capté les bruits du monde mêlés aux motifs musicaux qu’elle a façonnés pour créer l’identité sonore de la Scam.

La glaneuse

Formée, en partie, à l’Institut national de l’audiovisuel, Marie Guérin y aborde les notions techniques et physiques relatives à l’onde sonore. Puis, elle intègre la classe d’électroacoustique de la compositrice Christine Groult, au Conservatoire régional de Pantin, où elle étudie ce que l’expérimentation dite schaefferienne — du nom de Pierre Schaeffer, connu comme le père de la musique concrète — nomme « l’écoute réduite », et dont ces classes sont l’héritage. Marie apprend à tresser un discours, une composition, dans ce que François Bayle, autre pionnier expérimentateur de cette musique, appelle « un aller-retour incessant entre le geste et l’oreille ».

Piocher dans le réel son caractère musical, lors d’une cueillette, d’une capture dans l’environnement sonore, chercher sa poésie « inouïe », comme la définit Schaeffer. Cette matière première collectée qui se transforme, se détourne, se coupe, se retouche, se monte pour que ces sons microphoniques deviennent des sons jamais entendus. C’est ainsi que Marie Guérin crée.

Pour cette nouvelle composition, l’artiste sort du studio, armée de son expérience de musicienne électroacoustique et de documentariste audio, et part capturer le réel, ces bruits du monde. Les prélever. Pour les (re)composer. Trouver sa gamme, les notes, les couleurs.

La signature sera un mélange entre des prises de son du réel, une mélodie jouée à la fois par des instruments acoustiques et des instruments virtuels, le tout façonné en studio par les outils de la musique électronique.

Durant plusieurs jours, Marie arpentera la nature, la ville, des terrains divers et multiples pour capter le bouillonnement de ce qui nous entoure et forger l’identité sonore d’un collectif d’auteurs et d’autrices du réel…

Bienvenue sur le chemin de la création.

Traduire et transposer l’identité de la Scam, recueillir et concentrer ses intentions, ses regards, ses envies, ses énergies, sa diversité, ses voix dans une signature sonore. Passionnant !

Marie Guérin

Jour 1 – La mise en mouvement

Point de départ : l’élaboration d’une partition, d’une formule, un motif comme une typographie sonore, un jeu de ponctuation… Une composition, certes, mais pas au sens classique du terme. Non. Marie Guérin chantonne. Une ritournelle. Inspirée de la tradition orale, populaire, elle sera la base de son travail, mais aussi celle d’une culture ancestrale, où la musique est conçue, organisée, enseignée, conservée en dehors de tout système d’écriture, et que Marie a à cœur de faire entendre. Travaillée avec les outils de la musique électronique, la mélodie sera posée, puis embarquée pour le début d’une autre marche, celle de la glaneuse en quête du réel, de la polyphonie du monde.

L’artiste décide d’entamer son voyage du côté de Montmartre. Équipée d’une enceinte Bluetooth pour rediffuser le motif musical sur le terrain, de son enregistreur, et de son micro qu’elle dit être sa plume, ses notes, sa gamme. Comme pour Charles Duvelle, ethnomusicologue et grand collecteur de musique populaire, « utiliser le microphone comme on utilise un instrument de musique ».

Elle grimpe vers la basilique du Sacré-Cœur. « Hakuna Matata », lui glisse un vendeur de bracelets brésiliens à la sauvette. Et ce sera à la sauvette que Marie poursuivra sa récolte… Elle rencontre Moncef, en haut de la butte, Bernardo et Maxence. Musiciens qui pour le plaisir du passant grattent leur guitare en échange de quelques pièces. Elle enregistre. Puis, rue des Trois-Frères, dans un immeuble soutenu par des étais, Jésus et Elloy. Elle boit une bière, fume une cigarette. Ce jour-là, Marie a recueilli le silence dans la basilique et la prière de l’un de ces flâneurs… Jésus a joué à la guitare la mélodie qu’elle a composée, diffusée sur l’enceinte. Marie éteint l’enregistreur.

Jour 2 – Se confronter au monde

Se fondre dans le réel. Capter ce qui étreint, accumuler et bâtir la banque de sons qui composera les fondations du corpus original. Y plonger le motif mélodico-rythmique. Bousculer la partition. Le travail de création et d’immersion se poursuit.

Suivant sa première inspiration, guidée par l’idée d’aller glaner au pied des street pianos — ces instruments placés dans la rue ou dans les espaces publics qui invitent le passant à jouer, à l’instant — Marie se rend gare Montparnasse, où elle croise Pierre. Assis au piano, il improvise La Lettre à Élise. Ensemble, ils tentent de reproduire la mélodie de Marie qu’elle diffuse et rediffuse comme un memento sur l’enceinte ambulante… Mais cela ne prend pas. Ce que l’on imagine, parfois, et ce que la réalité nous donne ne s’accordent pas toujours.

Marie voudrait pouvoir écrire une partition avec cette musique anecdotique, selon la formule de Luc Ferrari — représentant majeur dans les années 1960 de la musique concrète : un mélange de réel impromptu, fixé et composé de notes, de croquis, de photos, de citations, de ces substances capturées du terrain…  Il faut que l’instrumentarium se construise, trouver ce son de tête, chef de file de l’œuvre.

Jour 3 – Quand soufflent les voix

De cette matière amassée au son de ses escapades, Marie veut nourrir la mélodie d’une présence humaine. Des souffles, des voix, distinctes ou pas, qui bourdonnent, murmurent, glissent dans l’atmosphère. L’artiste cherche la rumeur, cet ensemble confus de bruits, de sons, au même instant, au même endroit. Elle part à la rencontre de la chorale La Tête à l’Est, dirigée par Corinne Ernoux. L’ensemble vocale se lance, les pépiements s’échappent alors de l’harmonie d’où vibre la note en accord continu. Quand le réel se met au service de la mélodie et qu’il devient grille et partition. Le corpus s’étoffe.

Jour 4 – Voyage dans le temps et l’espace

Retour à la gare Saint-Lazare, en immersion. Moumene, voyageur au street piano, rejoue la mélodie de Marie à l’oreille… Mais le piano est trop moderne. Sa tonalité ? La quintessence de la musique occidentale. Marie replonge alors à la genèse, lorsque la mélodie s’est imposée à elle. Cette ritournelle, ancestrale. Le serpent s’invite doucement dans ses pensées créatives. Courbé en S, percé de six trous, à la vibration cuivrée, dont les premières traces remontent à la fin du XVIe siècle, il a longtemps accompagné le chant liturgique et le chœur dont il renforçait la partie grave lors des offices religieux. Pour l’artiste, il incarne quelque chose d’atemporel, d’inclassable, datant d’une époque où la notation musicale était minimale, au plus juste de ce que représente pour elle la musique électroacoustique.

Dans le soin et l’énergie apportés à la confection d’un corpus original se joue déjà une intention forte. Dans les prises de sons, on entend le geste et son intentionnalité. Une clé est à trouver, là, dans le geste – si fort et chargé de responsabilité – de captation du réel.

Marie Guérin

Volny Houstiou, professeur de serpent et de tuba au conservatoire de Rouen, arrive à Paris pour accompagner Marie dans une nouvelle séance d’enregistrement. Déplacer l’instrument in situ. Pour cela, ils investissent la Scam, son porche, sa cour, ses caves, pour y tester différentes acoustiques. Puis, le brouhaha du parc Monceau voisin, entre quiétude et agitation, nœud d’énergie, où Volny se met à jouer au milieu d’un groupe de sportifs. Ça bruisse, palpite, bourdonne…

Pause. Se reprend le souffle.

Comme pour retourner à l’essence même de cet instrument immémorial qu’est le serpent, un dernier instant le consacre, dans l’église orthodoxe roumaine des Saints-Archanges, où le père Iulian les accueille, rue Jean-de-Bauvais dans le Ve arrondissement. Un dernier voyage. Dans le temps et l’espace. Pour capter cette sonorité sublimée dans ce lieu de sacre. La journée est finie. La quête aussi.

Dans le studio du compositeur électronique commencent maintenant le tissage, la composition à partir de ces matériaux. À assembler. Puis à mixer.

Jour 5 – Mise en boîte

La séquence de mixage, réalisé dans les studios du Groupe de recherches musicales — fondés en 1948 par Pierre Schaeffer sous le nom de Groupe de musique concrète, et qui reste aujourd’hui l’un des plus grands centres de musique électroacoustique — clôt cette partition pensée avec les bruits du monde. Avant-dernière étape durant laquelle Marie transpose ce corpus sonore vers la composition finale. Elle joue avec les sons, les étire, les mélange aux instruments électroniques.

L’identité se décompose puis se recompose en autant d’univers que d’usages. Pour la Scam, Marie a imaginé le son du logo animé jusqu’ici muet, un tapis sonore et des virgules qui viendront tour à tour rythmer les contenus vidéos et podcasts à venir de la société d’auteur.

La signature sonore est enfin là. Imaginée, conçue et créée dans ce passage étroit entre la musique et la voix, entre réalité et création, entre bruit du monde et arythmie instrumentale. Un travail délicat, réalisé grâce au savoir-faire et à la sensibilité de Marie Guérin et avec la complicité professionnelle du studio wave.audio, qui désormais fera vivre, et surtout vibrer la Scam.

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

Pour son podcast L’Île sous la mer, Camille Juzeau est allée à la rencontre de collégiens et de collégiennes sur l’île de Petite-Terre à Mayotte. En nous dévoilant les coulisses de son enregistrement, elle nous raconte une terre secouée, entre tremblements de terre et violence, où la jeunesse îlienne dévoile des chemins de vie empreints de ces réalités qui s’entrechoquent, mais n’empêchent finalement pas les histoires d’enfant d’exister.

Tout au bout de l’île de Petite-Terre, 12 kilomètres carrés accrochés au flanc ouest de Mayotte et reliés par une barge, le collège de Pamandzi est déjà un peu sur les hauteurs.
Je dois y rencontrer des élèves de troisième pour le podcast que je suis venue enregistrer ici. À l’accueil, ils ont l’air préoccupés. Des parents sont là, des enseignants, les discussions semblent animées. Le professeur d’histoire-géo me cueille quelques minutes plus tard et m’explique : « Un règlement de compte est survenu hier soir dans le quartier : deux gamins de 12 ans ont été assassinés, décapités par d’autres du même âge. »

Il poursuit : « Une bonne partie des parents n’ont pas voulu laisser leurs enfants venir au collège ce matin, ils s’inquiètent pour leur sécurité. Ces derniers temps les violences ont augmenté, la Covid n’a pas aidé. » Nous sommes en janvier 2021, entre deux confinements. Tandis qu’il me parle, nous montons à l’étage, vers les classes. J’aperçois le proviseur par la porte ouverte de son bureau, il est au téléphone, l’air un peu dépassé par la situation.

Le professeur d’histoire-géo est calme, lui. Je lui dis que je peux revenir plus tard dans la semaine, mais il a déjà ouvert la porte d’une classe. Aux dix élèves présents, il demande : « Coucou les jeunes, qui veut parler du nouveau volcan au micro de la dame ? » Ça ne se bouscule pas, timidité des adolescents. Il en interpelle un ou deux gentiment, qui se lèvent, finalement pas mécontents. Je me dis que c’est pour eux une bonne excuse pour sécher le cours de SVT qui débute. Même chose dans la classe attenante où je me retrouve avec sept collégiens qui me sourient et chahutent entre eux. Ces mêmes collégiens qui connaissent sûrement les victimes ou les bourreaux des sinistres événements de la veille.

J’ai coupé la clim pour le son, et la chaleur envahit la salle de classe du préfabriqué où nous nous sommes installés. Djounaidi, 14 ans, s’est proposé pour commencer. Tout en faisant les tests micro je lui demande comment il va et il me raconte que ce sont ses cousins qui ont été tués. Ça s’est passé sur la colline de Pamandzi, derrière l’école, là où il habite.

Ces collines, couvertes de végétation haute, abritent des maisons en tôle, les bidonvilles de Mayotte sur Petite-Terre et Grande-Terre. Y logent surtout les Comoriens sans papiers. Dans la jungle, les descentes de police sont moins aisées.
Djounaidi est d’Anjouan. Soixante-dix kilomètres de mer séparent cette île des côtes françaises de Mayotte. Soixante-dix kilomètres que ses parents et lui, petit à l’époque, ont traversé de nuit, à bord de « kwassa-kwassa », minuscules bateaux de pêche. Le prix de cette périlleuse traversée ? Entre 700 et 1 000 euros, l’équivalent d’une année de travail aux Comores, l’un des pays les plus pauvres du monde. Une somme que beaucoup de Comoriens, aspirant à rejoindre les côtes françaises, continuent de payer aux passeurs aujourd’hui.

Le département, qui comptabilise la moitié des reconduites aux frontières françaises, a vu croître le nombre de mineurs isolés sur l’île. En 2015, le Défenseur des droits en recensait 3 000, sans famille et sans papiers. Sans ressources. Alors il y a l’errance, et la baston. Ça le met en colère, Djounaidi, cette violence qui défigure son île. La violence qui colle à la peau est là, latente, tout autour d’eux.

Mais dans ce préfabriqué où nos peaux sont déjà moites et où nos masques collent au visage, ce n’est pas cette histoire que je suis venue lui faire raconter. Alors je lui pose les questions que j’ai griffonnées sur un carnet : l’île comment est-elle ? Et la mer ? Et ce volcan sous-marin qui a surgit d’un coup au large de Petite-Terre ?

Il se prête au jeu facilement, raconte les tremblements de terre qui ont secoué l’île depuis 2017 ; la montée des eaux, l’inondation des routes ; l’arrivée des scientifiques de métropole à bord du Marion Dufresne, le bateau d’étude océanographique et de ravitaillement des Terres australes et antarctiques françaises. Mais il conte aussi ses excursions avec ses frères et sa sœur autour de l’ancien cratère devenu lac, vert fluo et acide ; les histoires que sa mère lui rapporte, les souvenirs qu’elle a de sa vie sur l’île comorienne ; sa grand-mère, restée là-bas et qu’il n’a pas revue depuis des années ; les nuits où il observe les étoiles et qu’il se prend pour un pirate, et les matins où les oiseaux multicolores piaillent à ses fenêtres. Sa sœur qui veut devenir ornithologue et lui policier.
Sa réalité : tout cela à la fois.

Sur la barge, je divague en regardant la mer, chargée de chacune des histoires qui constituent la complexité d’un réel, qu’un documentaire ne peut qu’effleurer, et pourtant.

Camille Juzeau

Puis chacun des six autres avec leurs mots sortis de l’enfance racontent les évolutions liées à la naissance du géant sous-marin qui a fait perdre douze centimètres à leur île. Ça charrie gentiment, certains sont timides, d’autres attirés par le micro. On a ri, finalement, cet après-midi-là. Ils ont pensé un peu à autre chose, c’est ce que je me dis.

En reprenant la route en sens inverse, en fin de journée, je marche longuement le long de la nationale, guettant un bus censé passer en ce lieu. On m’a dit de ne pas traîner dans les parages. Alors quand, à un angle de rue, j’aperçois un gars qui s’approche de sa voiture et me voyant un peu perdue me fait signe de monter, je n’hésite pas. En roulant vers la mer, il me parle. Il me dit qu’il vit là, à Petite-Terre, depuis cinq ans. Il a fui la Syrie, réfugié politique. On doit avoir à peu près le même âge. Il me parle des fêtes qui ont lieu ici, et me propose de revenir le samedi suivant.

Sur la barge, je divague en regardant la mer, chargée de chacune des histoires qui constituent la complexité d’un réel, qu’un documentaire ne peut qu’effleurer, et pourtant.

J’élague des parties entières du réel pour construire une bonne histoire.

Camille Juzeau

Paris, quelques semaines plus tard. Face à mon ordinateur, je coupe et découpe les paroles, les mots, les ambiances de la mer ou des oiseaux enregistrés à Mayotte. Je réécoute Djounaidi, le professeur d’histoire-géo… Et aussi la dame mahoraise qui m’a ouvert sa maison – alors que ces maisons sont difficiles d’accès aux blancs – et qui, malgré sa gentillesse, s’énervait pourtant que trop de Comoriens transforment l’île autrefois si calme. La faute, pensait-elle, leur revenait. J’élague des parties entières du réel pour construire une bonne histoire. Un récit avec un début percutant, des cliffhangers et des scènes fortes, car il faut embarquer l’auditeur.

Mais face à mon écran, j’ai encore en tête imprimés les yeux brillants de Djounaidi, celui qui se rêvait pirate.

***

Après des études en sciences du vivant et en histoire et philosophie des sciences, Camille Juzeau se lance notamment dans le journalisme avec l’écriture de chroniques pour Radio France, avant de devenir autrice et réalisatrice de ses premiers podcasts, et d’ajouter à ses compétences celle de productrice. En parallèle, elle poursuit ses nombreuses collaborations à la radio.

La Scam affirme la place singulière des auteurs et des autrices dans la société. Astérisque en est le porte-voix.

Photographe, documentariste, auteur de fiction et même preneur de son, les casquettes ne manquent pas pour définir l’art du travail de Roger Pic. Mais ce qui caractérisait surtout ce boulimique d’images reste incontestablement sa foi en l’autre. Aujourd’hui, à travers le prix qui porte son nom, la Scam consacre cet explorateur visionnaire, militant du droit d’auteur, et, à travers lui, toute une génération de grands reporters. Retour en mots avec Rémi Lainé, président de la Scam, sur cet incroyable personnage, et en images avec un film retraçant les trente et un lauréats et lauréates qui depuis 1993 portent haut son héritage.

Pic en nous

Photographe dans la veine des plus grands, documentariste, pêcheur de sons, curieux des nouvelles formes de prise de vue, il a traversé son temps le regard aux aguets, avec épinglées au cœur les « vertus de l’espérance » selon les mots de Régis Debray, que reflètent la plupart de ses images. Si son approche des grands dirigeants révolutionnaires, Castro, Mao ou Hô Chi Minh lui a valu, suprême honneur, le titre décerné par la presse conservatrice d’« attaché de presse des barbares », il semble plutôt que tout de lui renvoie à l’humanisme, cette foi en l’autre qui rend le monde meilleur.

Né en 20 du nom de Pinard, ça ne s’invente pas, il s’est choisi comme pseudonyme Pic diminutif de picrate, « vin de piètre qualité » en argot. L’homme devait avoir chevillé à l’âme un certain sens de l’autodérision, cette belle marque de sensibilité et d’intelligence. Biberonné au Front populaire qu’il a vu émerger, épris de culture (« cinglé de théâtre » disait-il, il a engrangé 280 000 photos de scène), aventurier tout terrain et boulimique d’images, il s’est engagé très tôt dans un combat pour faire reconnaître le droit des preneurs de vues. Leur droit à gagner leur vie. Dans un métier très empreint d’individualisme, il s’est toujours inscrit comme un homme du collectif et c’est ce qui fait de lui un pionnier d’exception. Évangéliste du droit, il s’était alerté de la judiciarisation excessive de ses revendications qui, appliquées à l’excès, pourraient conduire un photographe à devoir payer pour prendre une vache dans un pré, « puisque la vache appartient à quelqu’un et le pré également ».

Penser qu’il aurait pu serrer la main de Clemenceau et que, sur ses vieux jours, il s’est intéressé à l’« immatriculation numérique des images » qui circulent sur internet, donne une idée de l’envergure et de la longévité du personnage. Il y avait chez cet homme un côté explorateur visionnaire. Lorsqu’il courait le monde, il opérait « … caméra à l’épaule, magnétophone sur le ventre, petite perche dans la ceinture pour le micro, sac à dos pour les magasins de la caméra 16mm, batteries de secours, appareil photo et pellicules, petite caméra de secours, un œil dans la caméra dans la main droite, l’autre dans le Leica tenu dans la main gauche ». À contre-courant des nostalgies annonciatrices d’aigreur, il a vécu – et on le comprend volontiers vu ce qui précède -, l’arrivée des caméras numériques « si légères et maniables » comme un apport décisif, « une renaissance ».

Roger Pic a été très tôt un compagnon de route de la Scam, la communauté des auteurs et autrices du réel créée il y a quarante ans. Que le prix photo qu’elle décerne chaque année porte son nom répond à un impératif organique, naturel. Il a décliné son art dans tous les répertoires qui sont aujourd’hui ceux de la Scam, le documentaire, le journalisme, la photo bien sûr, l’écrit, la radio, la vidéo. Nous, les 50 000 auteurs et autrices avons, même sans le savoir, toutes et tous en nous quelque chose de Roger Pic.

Rémi Lainé, réalisateur et président de la Scam

Ho Chi Minh (1890-1969) et Pham Van Dong (1906-2000). (Vietnam). Vers 1966. Photo Roger Pic / adoc-photos

Maria Callas (1923-1977). 1964. Photo Roger Pic / adoc-photos

Ernesto Che Guevara (1928-1967). 1963. Photo Roger Pic / adoc-photos

L’œuvre de Roger Pic illustre le passage entre la photographie humaniste et toute une génération de photojournalistes. À l’occasion des 30 ans du prix qui porte le nom de ce boulimique d’images, la Scam a réalisé un film présentant les trente et un lauréates et lauréats, toutes et tous témoins photographiques de leur époque. Retour sur trente ans d’histoire du réel.

Les lauréates et lauréats du prix

Baudouin Mouanda Prix Roger Pic 2022
photo Rochelle Boubelo

Baudouin Mouanda - 2022

Alexis Vettoretti
Photo Benjamin Géminel

Alexis Vettoretti - 2021

Sandra Reinflet
Photo Benjamin Géminel

Sandra Reinflet - 2020

Tomas van Houtryve Prix Roger Pic 2019
photo Tomas van Houtryve

Tomas van Houtryve - 2019 (ex æquo)

Denis Dailleux Prix Roger Pic 2019
photo Denis Dailleux

Denis Dailleux - 2019 (ex æquo)

Laura El-Tantawy Prix Roger Pic 2018
photo Laura El-Tantawy

Laura El-Tantawy - 2018

Romain Laurendeau -
Romain Laurendeau - Photo Droits Réservés

Romain Laurendeau - 2017

Pierre Faure Prix Roger Pic 2016
photo Patrick Cockpit

Pierre Faure - 2016

Vasantha Yogananthan Prix Roger Pic 2015
photo Cécile Poimboeuf-Koizumi

Vasantha Yogananthan - 2015

Anne Rearick Prix Roger Pic 2014
photo Miriam Rodriguez

Anne Rearick - 2014

Bruno Fert Prix Roger Pic 2013
photo Mélanie Kerloc'h

Bruno Fert - 2013

Cédric Gerbahaye Prix Roger Pic 2012
photo Stephan Vanfleteren

Cédric Gerbehaye - 2012

Christian Lutz Prix Roger Pic 2011
photo Alex Simha

Christian Lutz - 2011

Philippe Marinig Prix Roger Pic 2010
photo Laurent Parienti

Philippe Marinig - 2010

Michael Ackerman Prix Roger Pic 2009
photo Michael Ackerman

Michael Ackerman - 2009

Philippe Guionie Prix Roger Pic 2008
photo François Mouries

Philippe Guionie - 2008

Cédric Martigny Prix Roger Pic 2007
photo Laurence Brassamin

Cédric Martigny - 2007

Alain Turpault Prix Roger Pic 2006
photo Jean-François Bauret

Alain Turpault - 2006

Martin Kollar Prix Roger Pic 2005
Martin Kollar

Martin Kollar - 2005

Philip Blenkinsop Prix Roger Pic 2004
photo Philip Blenkinsop

Philip Blenkinsop - 2004

Olivier Culmann Prix Roger Pic 2003
photo Zéphir Culmann

Olivier Culmann - 2003

Guy Tillim Prix Roger Pic 2002
photo droits réservés

Guy Tillim - 2002

Tiane Doan na Champassak Prix Roger Pic 2001
photo Albane Dumas

Tiane Doan na Champassak - 2001

Jean-Claude Coutausse Prix Roger Pic 2000
photo Jean-Claude Coutausse

Jean-Claude Coutausse - 2000

Gérard Uféras Prix Roger Pic 1999
photo Jean Turco

Gérard Uféras - 1999

Christine Spengler Prix Roger Pic 1998
photo Christine Spengler

Christine Spengler - 1998

Éric Larrayadieu Prix Roger Pic 1997
photo Éric Larrayadieu

Éric Larrayadieu - 1997

Jane Evelyn Atwood Prix Roger Pic 1996
photo Sylvain Girard

Jane Evelyn Atwood - 1996

Marc Le Mené Prix Roger Pic 1995
photo Frédérique Lomba

Marc Le Mené - 1995

Giorgia Fiorio Prix Roger Pic 1994
photo Christian Jungwirth

Giorgia Fiorio - 1994

Patricia Canino Prix Roger Pic 1993
photo Sergei Pescei

Patricia Canino - 1993

Découvrez les 30 Étoiles de la Scam 2022 ! 30 films étoilés, en présence de leurs auteurices, rencontreront leur public lors du festival Vrai de Vrai du 4 au 6 novembre prochain au Forum des images (entrée libre).

Le 17e jury des Étoiles de la Scam était présidé par Cécile Allegra et composé de Jean Crépu, François-Xavier Destors, Auberi Edler et Jérôme Lambert.

 

143 rue du désert d’Hassen Ferhani

Ciné+ Club
Centrale Electrique, Allers Retours Films

1996, Hold-up à Moscou de Madeleine Leroyer, co-écrit avec Tim Toidze, création graphique de Léo Régeard

Arte
Point du Jour, Les films du balibari, Arte France
Avec la participation de RTS Radio Télévision Suisse

Akeji, le souffle de la montagne de Mélanie Schaan et Corentin Leconte

France 2
.Mille et Une. Films
Avec la participation de France Télévisions, TVR

La Caviar Connection de Benoît Bringer et Laurent Richard, réalisé par Benoît Bringer

Arte
Forbidden Films, Arte France
Avec la participation de RTS Radio Télévision Suisse, RTBF

La Chambre de Camille Vidal-Naquet

France 3 Paris Île-de-France
Slow Production
Avec la participation de France Télévisions, France 3 Paris Île-de-France

Cyrille, agriculteur, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes de Rodolphe Marconi

Canal+
Black Dynamite Films

Les Damnés de la Commune de Raphaël Meyssan d’après ses romans graphiques (Éditions Delcourt)

Arte
Cinétévé, Arte France
Avec la participation de TV5 Monde, Histoire TV

Le Dormeur éveillé de Boris Van der Avoort

RTBF — La Trois
YC Aligator Film, RTBF, CBA, GSARA

L’Expérience Ungemach, une histoire de l’eugénisme de Vincent Gaullier et Jean-Jacques Lonni, écrit par Vincent Gaullier, dessiné par Jean-Jacques Lonni

Histoire TV
Look at Sciences, Sancho & Co, France Télévisions — France 3 Grand Est
Avec la participation de Histoire TV

Ghofrane et les promesses du printemps de Raja Amari

Arte
Cinétévé, Arte France

*L’Hypothèse de Zimov de Denis Sneguirev

Arte
Arturo Mio, 13 Productions, Arte France, Take Five, RTBF, Ethnofund Film Company
Avec la participation de Ushuaïa TV, VRT, RTS Radio Télévision Suisse, Planete+ Poland

*Journal d’un médecin de ville de Nicolas Mesdom

Arte
Camera lucida, Les Films du Bal

Kounachir de Vladimir Kozlov

Vosges Télévision
Les Films du Temps Scellé, Les Docs du Nord
Avec la participation de Vosges Télévision

Marguerite Duras, l’écriture et la vie de Lise Baron

France 5
Les Nouveaux Jours Productions
Avec la participation de France Télévisions

Les Mots de la fin de Gaëlle Hardy et Agnès Lejeune

RTBF
Les Films de la Passerelle, RTBF, WIP Wallonie Image Production, Wallimage

Le Mystère Satoshi, aux origines du Bitcoin de Rémi Forte, écrit par Rémi Forte et Julien Goetz

Youtube
IKO, Arte France

*Nous la mangerons, c’est la moindre des choses d’Elsa Maury

Tënk
CVB, Chuck Productions, CBA, GSARA

Nuremberg, des images pour l’histoire de Jean-Christophe Klotz

Arte
Zadig Productions, Schulberg Productions, KG Productions
Avec la participation de Arte France

Petites de Pauline Beugnies et Léo Parmentier

RTBF — La Trois
Rayuela Productions, Diplodokus, RTBF, WIP Wallonie Image Production

Préliminaires de Julie Talon, écrit par Julie Talon et Mathieu Horeau, animation de Bérangère Lallemant

Arte
Les Films d’Ici, Arte France

Quelque chose qui vit et brûle de Giovanni Donfrancesco

Arte
Bocalupo Films, Altara Films, Rai Cinema, Arte France

Reconquérir l’école d’Emmanuel Segaut, écrit par Laetitia Kugler et Emmanuel Segaut

LCN-La Chaine Normande
EKLA Production, Vià93, LCN-La Chaine Normande

René Carmille, un hacker sous l’occupation de Youssr Youssef

Public Sénat
Tournez S’Il Vous Plaît, Public Sénat

Retour à Reims [fragments] de Jean-Gabriel Périot, d’après Retour à Reims de Didier Eribon (Fayard)

Arte
Les Films de Pierre, Arte France, INA

Salvator Mundi. La stupéfiante affaire du dernier Vinci d’Antoine Vitkine

France 5
Zadig Productions
Avec la participation de France Télévisions

*La Terre de Gevar de Qutaiba Barhamji

Lyon Capitale TV
Haut les Mains Productions, Lyon Capitale TV

Tuer l’indien dans le cœur de l’enfant de Gwenlaouen Le Gouil

Arte.tv
TV Presse Productions, Arte GEIE
Avec la participation de la RTBF

Vibrato, l’écoute des victimes du Bataclan de Jérémy Leroux

Public Sénat
Day For Night, Public Sénat, Vosges Télévision
Avec la participation de Alsace 20, Moselle TV, Canal 32, Vosges Télévision

Vivre en pays taliban de Margaux Benn et Solène Chalvon-Fioriti

Arte
Arte GEIE, Caravelle Productions, France 24

William et les fantômes de Jean-Marie Châtelier

France 3 Normandie
Scotto Productions, France Télévisions – France 3 Normandie

 

*Ce film a été soutenu à l’écriture par la bourse Brouillon d’un rêve de la Scam.

Le Jury a également décerné deux Prix audiovisuels

Prix du documentaire 2022

Silent voice de Reka Valerik, coécrit avec Anais Llobet
TV7 Bordeaux
Dublin Films, Need productions, Maelstrom Studios

Prix du Grand reportage 2022

On the line, les expulsés de l’Amérique de Alex Gohari, Leo Mattei, Matthieu Besnard 
France 2
Brotherfilms

Contact presse

Astrid Lockhart – astrid.lockhart@scam.fr – +33 1 56 69 64 05
2e Bureau – festivaldesetoiles@2e-bureau.com – +33 1 42 33 93 18

Contact Étoiles

Carine Bled-Auclair – carine.bled-auclair@scam.fr
Alessandra Valente – alessandra.valente@scam.fr

Les auteurs et autrices de la Scam ont approuvé mercredi 15 juin, à une très large majorité, l’ensemble des résolutions soumises au vote.
Nombre d’associés inscrits :  47 733
Nombre total de votants : 3 320 (soit  6,97 %) dont 5 votes en séance et 3 315 votes électroniques

Les résultats de l’assemblée générale ordinaire

Les résolutions soumises au vote

1/ Rapport d’activité et de transparence 2021
Nombre de « Oui » :   6 502 voix soit 98,01 %
Nombre de « Non » :  132 voix soit 1,99 %

2/ Comptes annuels 2021
Nombre de « Oui » :  6 424 voix soit 98,27 %
Nombre de « Non » :  113 voix soit 1,73 %

3/ Affectation de l’excédent de gestion 2021

Nombre de « Oui » :  6 444 voix soit 94,51 %
Nombre de « Non » :  374 voix soit 5,49 %

4/ Utilisation de sommes irrépartissables durant l’exercice 2021
Nombre de « Oui » :   6 076 voix soit 95,70 %
Nombre de « Non » : 273 voix soit 4,30 %

5/ Modification de la politique générale de déductions sur droits relative à la mise à jour des taux et à la retenue pratiquée pour les utilisations des images fixes par les services Google (hors YouTube)

Nombre de « Oui » : 6 187 voix soit 97,42 %
Nombre de « Non » :  164 voix soit 2,58 %

6/ Modification de la politique générale de déductions sur droits relative à l’imputation de certains frais ponctuels liés à la recherche d’auteurs ou ayants droit
Nombre de « Oui » :  5 953 voix soit 94,90 %
Nombre de « Non » :  320 voix soit  5,10 %

7/ Budget prévisionnel des indemnités, défraiements et rétributions des membres des organes sociaux

Nombre de « Oui » :  5 818 voix soit 93,40 %
Nombre de « Non » :  411 voix soit 6,60 %

8/ Budget culturel 2022
Nombre de « Oui » : 6 356 voix soit 96,23 %
Nombre de « Non » :  249 voix soit 3,77  %
Le budget culturel 2022 est approuvé à la majorité des 2/3.

9/ Précisions apportées au barème de répartition des œuvres audiovisuelles
Nombre de « Oui » : 6 040 voix soit 94,29 %
Nombre de « Non » : 366 voix 5,71 soit %

10/ Critères d’éligibilité des auteurices d’œuvres audiovisuelles journalistiques
Nombre de « Oui » : 5 849 voix soit 92,66 %
Nombre de « Non » :  463 voix soit 7,34 %

11/ Résolution relative au passage des mandant·es en adhérent·es pour la presse écrite
Nombre de « Oui » :  5 837 voix soit 92,58 %
Nombre de « Non » : 468 voix soit 7,42 %

12/ Opérations immobilières
Nombre de « Oui » : 4 953 voix soit 86,82 %
Nombre de « Non » : 752  voix soit 13,18 %


Les résultats de l’assemblée générale extraordinaire

Résolution soumise au vote

Modification des statuts et du règlement général de la société

Nombre de « Oui » :  5 980 voix soit 95,71 %
Nombre de « Non » :  268 voix soit 4,29 %

Le Jury de L’Œil d’Or, présidé par Agnieszka Holland et composé de Pierre Deladonchamps, Hicham Falah, Iryna Tsilyk, Alex Vicente a décerné lors du festival de Cannes

L’Œil d’or 2022
All that breathes de Shaunak Sen

(Inde / Etats-Unis / Royaume-Uni –1h34’ – SÉLECTION OFFICIELLE – SÉANCES SPÉCIALES)
Production Kiterabbit films, Rise films.

A Delhi, dans une atmosphère irrespirable de fin du monde, avec dans l’air la menace des massacres interreligieux, deux frères, Nadeem et Saud, mettent tout en œuvre pour sauver des milans noirs, majestueux rapaces migrateurs, victimes de la folie des hommes.

« L’Œil d’or récompense un film qui, dans un monde de destruction, nous rappelle que chaque vie compte. Attraper une caméra, sauver un oiseau, chasser quelques moments de beauté volée, tout cela importe. C’est un voyage inspirant, une observation de trois Don Quichotte qui, à défaut de sauver le monde entier, vont sauver le leur. »

Le mot du jury

Prix Spécial du Jury
Mariupolis 2 de Mantas Kvedaravicius

Lituanie / France / Allemagne – 112’ – SÉLECTION OFFICIELLE – SÉANCES SPÉCIALES
Easy riders films, Studio Uljana Kim, Extimacy films, Twenty vision filmproduktion Gmbh

« Vous savez ce qu’il y avait de plus incroyable à Mariupol ? Personne n’avait peur de la mort (…). [Elle] était déjà là, et tout le monde voulait une mort valable (…). C’était le paradis en enfer. C’était l’odeur de la valeur nue de la mort. » (Notes de tournage)

« Notre Prix Spécial récompense un film comparable à aucun autre dans la compétition. MARIUPOLIS 2 est une déclaration radicale, courageuse, artistique et existentielle. Le réalisateur Mantas Kvedaravicius fait partie des milliers de civils tués par l’armée russe depuis le début de l’invasion à grande échelle voulue par Poutine. »

Le mot du jury

L’Œil d’or – Le Prix du documentaire a été créé en 2015 par la Scam avec la complicité du Festival de Cannes. Il est doté de 5000 euros.

CONTACTS PRESSE : Florence Narozny / Mathis Elion – florence@lebureaudeflorence.fr – T:+33(0)6 86 50 24 51

Jury oeil d'or 2022
Jury 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Jury L'Oeil d'or 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Shaunak Sen, L'Œil d'or 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Prix Spécial du jury de L'Oeil d'or 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

Shaunak Sen, L'Œil d'or 2022 - photo Benjamin Géminel / Hans Lucas

La Société civile des auteurs multimédia (« la Scam ») et Meta ont conclu un accord démontrant leur engagement commun en faveur de la culture en France, en Belgique et au Luxembourg, ainsi qu’en faveur des auteurs et autrices d’œuvres audiovisuelles.

Cet accord est le résultat d’une étroite collaboration basée sur une approche axée sur les données afin d’évaluer le répertoire de la Scam sur les plateformes de Meta.

La Scam et Meta sont convenus de continuer à collaborer à l’amélioration des outils et des ressources destinés à un large éventail de titulaires de droits de tous types.

Aujourd’hui, la Société civile des auteurs multimédia et Meta ont annoncé avoir conclu un accord qui témoigne de leur engagement commun à soutenir les auteurs d’œuvres audiovisuelles, moteurs de la création culturelle en France, en Belgique et au Luxembourg. L’accord prévoit que Meta se voit octroyer une licence concernant le répertoire de la Scam sur ses plateformes (telles que Facebook ou Instagram), illustrant ainsi l’engagement de Meta en faveur de la protection de la propriété intellectuelle et des objectifs de l’article 17 de la Directive européenne sur le droit d’auteur.

Pour parvenir à cet accord, la Scam et Meta ont travaillé en étroite collaboration en adoptant une approche axée sur les données afin d’évaluer le répertoire de la Scam sur les plateformes de Meta. Ce faisant, elles sont convenues d’un cadre conforme aux engagements des parties en matière de propriété intellectuelle, tout en respectant le modèle économique de Meta.

Grâce à cet accord, les utilisateurs en France, en Belgique et au Luxembourg pourront continuer à visionner et partager librement au sein de leurs communautés les œuvres audiovisuelles du répertoire de la Scam sur les plateformes de Meta, et les auteurs de ces œuvres seront rémunérés en conséquence.

Je salue cet accord historique dans la mesure où c’est le premier du genre dans le secteur audiovisuel en France, en Belgique et au Luxembourg, et me semble-t-il en Europe, signé à la suite de la Directive sur le droit d’auteur. Je me réjouis de constater qu’au terme de négociations approfondies, nous ayons ainsi pu défendre nos intérêts respectifs et mettre en place un cadre protecteur pour les droits de nos membres sur des réseaux sociaux de toute première importance. Ceci démontre notre capacité à nous adapter à l’évolution du secteur des médias. Et ceci est prometteur pour l’avenir et le partenariat qui démarre aujourd’hui.

Hervé Rony, directeur général de la Scam

La signature de cet accord réaffirme notre engagement sans faille à œuvrer pour protéger et soutenir la création audiovisuelle française. Il constitue une étape majeure dans l’action de longue date que nous menons aux côtés des acteurs du monde de la culture en faveur de la promotion des œuvres audiovisuelles et de la protection de la propriété intellectuelle, au service de la création de valeur pour l’écosystème culturel français.

Laurent Solly, Vice-Président Europe du Sud de Meta

Meta s’est engagé de longue date envers les titulaires de droits en créant des outils tels que Creator Studio et Rights Manager pour leur fournir des informations sur leurs contenus et leur permettre de contrôler comment, quand et où leurs contenus sont partagés sur les plateformes de Meta. En outre, la Scam et Meta sont convenus de collaborer pour améliorer les outils qui soutiennent un large éventail de titulaires de droits.

La Scam et Meta sont tous deux des participants actifs du paysage culturel français et européen et se réjouissent de la poursuite de leur partenariat pour développer un écosystème solide pour les utilisateurs et les titulaires de droits.

À propos de la Scam :

La Scam, Société civile des auteurs multimédia, rassemble 49 000 auteurs et autrices qui explorent toutes les formes du genre documentaire : audiovisuel, radio, littérature, journalisme, traduction, photographie, dessin, écritures et formes émergentes. Elle les représente auprès des pouvoirs publics, des diffuseurs, des distributeurs, des plateformes (vidéo, podcast), des producteurs et des éditeurs. Elle négocie en leur nom, collecte et répartit leurs droits d’auteur (plus de 112 millions d’euros en 2020). Elle défend leurs intérêts et mène une action culturelle ambitieuse pour la promotion de leurs œuvres. Elle organise des rencontres professionnelles, propose des bourses d’écriture et des prix et assure le financement de manifestations et organismes dédiés.

À propos de Meta :

Meta construit des technologies qui aident les gens à se connecter, à trouver des communautés et à développer des entreprises. Lorsque Facebook a été lancé en 2004, cela a changé la façon dont les gens se connectent. Des applications comme Messenger, Instagram et WhatsApp ont permis à des milliards de personnes dans le monde de s’émanciper. Aujourd’hui, Meta va au-delà des écrans 2D et s’oriente vers des expériences immersives comme la réalité augmentée et virtuelle pour aider à construire la prochaine évolution de la technologie sociale.

Tout d’abord, la Scam tient à saluer chaleureusement Roselyne Bachelot Narquin pour son engagement et son soutien précieux à la création et aux créateurs dans un contexte inédit et difficile.

La Scam félicite aujourd’hui Madame Rima Abdul-Malak pour sa nomination rue de Valois conseillère culture et communication d’Emmanuel Macron depuis 2019, sa connaissance des questions relevant de la création culturelle et son appui en faveur du régime social et fiscal des artistes-auteurs plaident en sa faveur. Nous lui souhaitons plein succès dans son action en espérant qu’elle pourra agir sur le long terme au sein d’un ministère plus pérenne que les précédents.

Les enjeux auxquels notre secteur, dans son ensemble et dans sa diversité, doit faire face aujourd’hui sont nombreux et il existe un nombre de dossiers qui méritent une attention particulière.

En premier lieu, Mme Abdul-Malak doit être en mesure de peser sur le débat qui s’ouvre sur le financement de l’audiovisuel public après la décision précipitée et malvenue du Président de la République de supprimer la redevance sans aucune mesure pour pallier sa disparition. Le service public a besoin d’un financement stable et pérenne, sans être soumis aux aléas de la conjoncture politique. Il est impératif que la nouvelle ministre s’engage fortement au sein du nouveau gouvernement tant auprès de la Première Ministre que du Président Macron et de Bercy. Nous attendons, de toute urgence de la ministre, des garanties sur la pérennité de l’audiovisuel public, ses moyens, son indépendance. Ses premiers mots vont dans le bon sens, nous attendons des actes.

En deuxième lieu, nous comptons sur la nouvelle ministre pour poursuivre, comme elle a su le faire à l’Elysée, une action volontariste pour améliorer la protection sociale d’auteurs et d’autrices en proie à une précarisation préoccupante. La défense de justes rémunérations et le partage de la valeur, au cœur notamment des négociations avec les éditeurs, méritera toute son attention.

Enfin, nous attendons de Mme Abdul-Malak dans le droit fil du précédent quinquennat un soutien sans faille en France comme en Europe qu’il s’agisse du droit d’auteur, du financement de la création ou de la défense de la liberté d’informer et de la lutte contre les infox. Sur ce dernier point il faut développer encore davantage l’éducation aux médias qui mérite de devenir une grande cause.

contact presse :

astrid lockhart – 06 73 84 98 27 – astrid.lockhart@scam.fr

La Scam tiendra ses assemblées générales ordinaire et extraordinaire, le mercredi 15 juin à 9h30 dans ses locaux. A suivre en direct sur l’espace connecté.
Vous pouvez voter sur le site sécurisé dédié au vote électronique du 9 mai (10h) au 13 juin (12 h, heure de Paris) ou en séance, le mercredi 15 juin.

2022 est une année intermédiaire. On pourrait aussi dire charnière.

Pas de renouvellement des membres du conseil d’administration : nous sommes en milieu de mandat. Mais comment vous dire que tous les scrutins sont importants… Parmi des motions qui peuvent apparaître techniques, il y a des choix stratégiques sur lesquels vous êtes toutes et tous invités à vous prononcer.

Merci pour votre vote.

Rémi Lainé, Président

Comme chaque année la Scam organise aux Rendez-vous de Blois un débat entre historien, historienne et journaliste sur un thème d’actualité. Cette année le choix s’est porté sur l’Ukraine.

Table-ronde « Ukraine, naissance d’une nation »

de 14h à 15h30 – Amphi 2 – Université site Jaurès

Il y a encore une trentaine d’années cet intitulé se serait accompagné d’un point d’interrogation : l’Ukraine soviétique n’était qu’un état virtuel, sans réelle autonomie par rapport à Moscou. La proclamation de son indépendance, en 1991, s’est traduite dès lors par une histoire politique et géopolitique chahutée, dominée par l’alternance au pouvoir des « pro » et « anti » russes.

À partir de 2014 l’annexion de la Crimée et la dissidence de certaines régions du Donbass ont marqué sur le terrain une volonté russe de mise sous tutelle de l’Ukraine, niée en tant que nation par Vladimir Poutine, dès le premier discours qu’il a tenu, aux premières heures de la guerre déclenchée en février dernier. Comme toujours l’histoire éclaire cette actualité, depuis le Moyen-Âge du « Joug tatar » jusqu’à l’hypothèse, débattue, d’un génocide organisé par Staline.

Le débat, animé par Pascal Ory, professeur émérite à la Sorbonne (Paris 1), membre de l’Académie française, confrontera les regards de Paul Gradvohl, professeur à la Sorbonne (Paris 1), directeur du Centre de recherche sur l’Europe centrale contemporaine, et de Pierre Haski, éditorialiste à France-Inter, président de Reporters sans frontières.

> En savoir plus

Le marathon des images

de 21h à 00h – Cinéma Les Lobis

Cinq minutes montre en main pour expliquer une image, en révéler l’intérêt et la portée historique, l’originalité ou la banalité. Tel est le défi lancé à vingt-quatre historiennes et historiens par le 5e Marathon des images. Une nouveauté cette année : l’image mystère. Choisie par le président de séance, elle sera soumise à l’examen du public. Venez assister aux trois séances d’une heure, réunissant huit personnalités par séance sur la scène du cinéma Les Lobis.

Avec le soutien de la Scam. Une coproduction CNC-INA-CEPH, pilotée par un « comité marathon » présidé par Pascal Ory et composé de Catherine Brice, Guillaume Calafat, Joël Chandelier, Jean-Marie Génard, Claire Judde De Larivière, Emmanuel Laurentin, Pierre Matheron, Julien Neutres, Claire Sotinel, Mileva Stupar.

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Le cycle cinéma

Cinéma Les Lobis

La mer, son immensité et ses flots impétueux, sa beauté et sa vie grouillante, ses pêcheurs, ses marins et ses marchands, ses esclaves et ses flibustiers, ses touristes et ses sportifs, ses monstres et ses catastrophes… tout un univers maritime où s’écrit l’histoire des hommes et des femmes et dont le cinéma s’est dès l’origine emparé, le captant, l’explorant, le sublimant par des images qui nous le rendent tour à tour enchanteur, effrayant, fascinant. Le cycle cinéma tente d’en donner quelques aperçus suggestifs, tout en s’ouvrant aux productions d’actualité, au travers d’une dizaine d’avant-premières et d’un nouveau Prix du film de fiction historique.

Soutenu par la Scam.

> En savoir plus

La Scam parraine pour la quatrième année consécutive la Soirée Grands Reporters, moment fort du Prix Bayeux. Au cœur des échanges cette année : l’Ukraine.

Dans un contexte géopolitique brûlant, marqué par la réapparition de la guerre sur le sol européen, à un petit millier de kilomètres de la frontière française, le Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre confirme sa nécessité d’exister. Plus utile que jamais, pour nous aider à comprendre, décrypter les conflits contemporains.

Les rendez-vous de la Scam

Soirée Grands reporters : L’Ukraine, épicentre d’une autre longue guerre en Europe ?
Vendredi 7 octobre à 21h – Pavillon – Place Gauquelin-Despallières

Boutcha, Irpin, Marioupol, les atrocités de la guerre en Ukraine ont été documentées en temps réel. Présence massive de journalistes sur place, multiplicité des médias, technologie numérique de l’immédiateté et des réseaux sociaux, tout a été quadrillé. Mais comme dans toutes les guerres, la communication des belligérants brouille la réalité.
Aussi nombreux soient les reporters sur le terrain, de quels moyens disposent-ils pour délivrer l’information la plus juste qui soit ? Comment couvrir le retour d’une guerre d’artillerie en Europe ? Quelles interprétations en tirer ? Comment couvrir un possible enlisement dans la durée ?
Si les premières semaines ont frappé d’effroi une opinion publique mobilisée, l’usure du temps qui passe et la familiarisation de l’horreur qui se répète ont émoussé l’intérêt des citoyens. Comment interpeller les consciences fatiguées par la répétition des événements ? Comment mettre en corrélation l’histoire qui se joue et le journalisme qui raconte ?
Les historiens ont beau établir les parallèles avec l’Autriche de 1938, de Neville Chamberlain et Edouard Daladier allant négocier la paix avec Adolf Hitler comme l’ont fait Ursula Von der Leyen et Emmanuel Macron avec Vladimir Poutine, Polonais et Moldaves manifester leurs craintes d’un conflit susceptible de s’étendre à leurs frontières, la crise de l’énergie prendre chaque jour un aspect plus crucial, c’est comme si personne n’y croyait vraiment.
Alors qu’aucune situation ne peut se calquer sur une autre, doit-on vraiment craindre une répétition de l’histoire à partir du moment où des pays européens arment l’Ukraine et qu’un nouvel ordre mondial opposant les démocraties à des régimes se configure à la moindre tension géopolitique ? Un embrasement à l’échelle de l’Europe est-il possible ? Et sous quelles formes ? Le pouvoir russe veut-il vraiment une nouvelle union soviétique ? Que sera demain ? Le début ou la fin ?

Préparée et animée par Éric Valmir, avec les correspondants de guerre qui couvrent ce conflit, des journalistes ukrainiens et russes, et des duplex depuis Kiev, Moscou et le Donbass pour tenter d’éclairer les zones d’ombres d’un conflit aux multiples grilles de lecture : Natalia Antelava (Coda Story), Ksenia Bolchakova (Grand Reporter), Patrick Chauvel (Photojournaliste), Zoïa Svetova (Novaya Gazeta), Denis Kataev (Dojd TV), Guillaume Herbaut (Photojournaliste), Maurine Mercier (correspondante radio en Ukraine), Etienne Monin (correspondant Radio France), Remy Ourdan (Grand Reporter), Elena Volochine (France 24), Benoit Vitkine (en duplex de Moscou).
Une soirée parrainée par la Scam.

Remise des Prix Bayeux 2022
Samedi 9 octobre à 18h30 – Pavillon – Place Gauquelin-Despallières

Présentée par Nicolas Poincaré.
Cette année, la Scam sera représentée au sein du jury du Prix international de journalisme par Jennifer Deschamps et Didier Dahan, membres de la commission des journalistes. Ce jury est présidé par le photoreporter allemand Thomas Dworzak.

Exposition  – Albert Londres et l’image
Du 3 octobre au 13 novembre 2022 – Hôtel du Doyen

Pour célébrer les 90 ans de la mort d’Albert Londres, le travail photographique de cette légende du journalisme sera pour la première fois dévoilé.

C’est un peu comme une révélation qu’on avait en fait sous les yeux depuis bien longtemps. Le journaliste Albert Londres (1884-1932), connu pour son art du récit, son engagement contre l’injustice et les violences les plus diverses, à l’encontre des « fous », des prostitués, des bagnards, des noirs traités en esclaves… était aussi photographe.
Plus de 800 clichés retrouvés à ce jour, pris aussi bien à titre professionnel qu’en amateur. La plupart des grandes enquêtes qu’il entreprit à travers le monde possèdent ainsi leurs images. Parfois, elles furent publiées à la une des grands journaux de l’époque. Beaucoup d’autres seront visibles pour la première fois à Bayeux. Londres affirmait que « le métier de journaliste n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ».
En ces temps de suspicion massive à l’encontre de l’information, cette exposition invite à un voyage aux origines du journalisme contemporain. Elle vise à montrer qu’en plein essor de la presse, aux yeux du reporter Albert Londres, l’image comme le mot avaient déjà ce même objectif, cette même ambition de servir la vérité.

Rémi Lainé, président de la Scam,
Émérance Dubas, Arizona Distribution et Ophélie Rebelo,
ont le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire

Mauvaises Filles
de Émérance Dubas

2022 – 71 minutes – produit par Les Films de l’œil sauvage, en coproduction avec France 3 Pays-de-la-Loire & Bip Tv

Lauréate de la Bourse « Brouillon d’un rêve » de la Scam

Insoumises, rebelles, incomprises ou simplement mal-aimées. Comme tant d’autres femmes, Édith, Michèle, Éveline et Fabienne ont été placées en maison de correction à l’adolescence. Aujourd’hui, portée par une incroyable force de vie, chacune raconte son histoire et révèle le sort bouleversant réservé à ces « mauvaises filles » jusqu’à la fin des années 1970 en France.

Les Prix 2022 seront remis à Riga, en Lettonie, le lundi 28 novembre prochain. Un hommage sera rendu aux journalistes russes en exil et à leurs consœurs et confrères ukrainiens. Toutes et tous ont en partage une même volonté de lutter pour une information digne de ce nom. Les journalistes du Prix Albert Londres se veulent résolument à leurs côtés.

84e Prix de la presse écrite

Margaux Benn Le Figaro
Julie Brafman Libération
Christel Brigaudeau Le Parisien Aujourd’hui en France
Hélène Coutard Society
Mathias Destal, Geoffrey Livolsi et Ariane Lavrilleux Disclose
Paul Gogo Libération
Louis Imbert Le Monde
Bruno Meyerfeld Le Monde
Sophie Tardy-Joubert XXI

38e Prix audiovisuel

Martin BoudotSérie Vert de rage (France 5, Première ligne – 3 x 50’)
Loup Bureau Tranchées (Unité – 85’)
Sarah Creta Libye les centres de la honte (Arte, Magneto – 60’)
Jules Giraudat Malte, au nom de Daphne (France 5, Forbidden films – 56’)
Alexandra Jousset et Ksenia Bolchakova Wagner, l’armée de l’ombre de Poutine (France 5, Capa Presse – 79’)
Anaïs Llobet et Reka Valerik Silent Voice (TV7 Bordeaux, Dublin film – 51’)
Jean-Baptiste Renaud, Sonia Ghezali et Shahzaib Wahlah11 septembre : 20 ans après, le retour des talibans (M6, Slugnews – 71’)

6e Prix du livre

Victor Castanet Les Fossoyeurs (Fayard)
Solène Chalvon-Fioriti La Femme qui s’est éveillée, une histoire afghane (Flammarion)
Vincent Larouche La saga SNC-Lavalin : un thriller géopolitique (Éditions La Presse)
Thibault Petit Handicap à vendre (Les Arènes)
Guillaume PitronL’Enfer numérique – Voyage au bout d’un like (Éditions LLL)
Charlotte PudlowskiOu peut-être une nuit (Grasset)

Contact presse

Stéphane Joseph – 06 82 90 01 93 – albert.londres@scam.fr

Logo partenaires prix Albert londres 2022

Rémi Lainé, président de la Scam et
Jean Roke Patoudem, auteur et réalisateur,
ont le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire

Elvis Kemayo, l’Idole yéyé
de Jean Roke Patoudem

2021 – 90 minutes – produit par Patou Films International et Cameroon Studio, avec la participation de La Sacem et TVMONDE

Né le 7 septembre 1948 à New Bell, un quartier de Douala au Cameroun, Pierre Kemayo grandi en intégrant très vite la musique à sa vie. C’est ainsi qu’il débute sa carrière à l’âge de 13 ans en tant que chanteur dans le groupe de son quartier. Ce n’est qu’à 16 ans qu’il commence vraiment à animer les bars de Douala puis rejoint le King’s Club de Yaoundé comme chanteur à 19 ans. L’Amérique, la France, le Cameroun et l’Afrique tout entière va bientôt avoir Elvis Kemayo ; un savant mélange d’Evis Presley et de Claude François. Voici l’histoire de Pierre Kemayo devenu Elvis Kemayo. 

Rémi Lainé, président de la Scam,
Caroline Kim Morange, Sylvie Gautier et Quentin Daniel,
ont le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire

Socorristas – militantes de l’avortement
de Caroline Kim Morange

2022 – 70 minutes – produit par pop’films et Wombat films

Lauréat de la Bourse « Brouillon d’un rêve » de la Scam

2018-2020 : alors que l’Argentine est secouée par un débat historique sur la légalisation de l’avortement, nous suivons les Socorristas dans leur combat. Malgré les interdits, ces militantes aident par téléphone d’autres femmes à avorter. Elles se font alors discrètes et tendres. Mais lorsqu’elles manifestent, elles sont flamboyantes et joyeuses, désireuses de sortir l’avortement de la honte. Ancrée dans la réalité argentine, leur lutte est aussi un combat mondial, atemporel, pour la liberté du corps et l’autonomie

Dix films documentaires sortent sur les grands écrans en octobre 2022. Allez nombreux voir ces films dès les premiers jours pour leur donner une chance de rester à l’affiche la semaine suivante !

La Combattante
de Camille Ponsin

Prix de la compétition nationale du FIPADOC 2022

France – 2020 – 94′ – Minima Productions

Marie-José Tubiana, 90 ans, est une ethnologue à la retraite, spécialiste du Darfour. Chaque jour, elle recueille minutieusement des témoignages de réfugiés pour authentifier leur récit et compléter leur dossier de demandeur d’asile. Malgré son âge, elle met à contribution son savoir et le travail de toute une vie de recherche, pour mener son combat. Le combat d’une vie dédiée à autrui.

Sortie en salles le 5 octobre 2022.

Distribution : KMBO


40 jours, 4 criollos et du silence
de Jean-François Pignon

France – 2021 – 95′

Jean-François Pignon, dresseur reconnu de chevaux en liberté, se lance un nouveau défi : apprivoiser quatre chevaux dans leur milieu naturel, en totale liberté, dans le campo d’un célèbre chanteur français, Florent Pagny.
40 jours de voyage initiatique en Patagonie où il va mettre en œuvre son savoir faire et sa patience : peu à peu, la magie opère…

Sortie en salles le 5 octobre 2022.


Licu, une histoire roumaine
de Ana Dumitrescu

Roumanie – 2017 – 86′ – Jules et Films

La vie d’un homme de 92 ans qui a tout vécu : la paix, la guerre, le communisme, la révolution et l’après-révolution. Ce magnifique portrait d’un homme et de son pays est aussi le récit du temps qui passe.

Sortie en salles le 5 octobre 2022.

Distribution : BarProd

Pénélope, mon amour
de Claire Doyon

France – 2021 – 88′ – Tamara Films, Microclimat

Depuis 18 ans je filme Pénélope, jeune adulte porteuse d’autisme. Un jour j’ai ouvert le placard qui contenait des cassettes DV et des bobines super 8. Ça m’a presque crevé les yeux. Il fallait rassembler toutes ces images. Pénélope mon amour trace le parcours d’une mère et de sa fille à travers les années. Il raconte différentes étapes : le choc du diagnostic, la déclaration de guerre, l’abdication des armes, pour finalement accepter et découvrir un mode d’existence autre. Pénélope ne cesse d’acclamer ce qu’elle est, je ne cesse de questionner qui elle est. La réponse à la question est précisément dans cette quête infinie. Tout m’est renvoyé en miroir. Ainsi, n’est-ce pas Pénélope qui par ricochet me dit qui je suis ?

Sortie en salles le 12 octobre 2022.

Distribution : Norte Distribution

Temps morts
de Vincent Dieutre, Julien Thèves

France – 2020 – 84′ – À vif cinémas

L’un est confiné à Paris, l’autre à la campagne. L’un est écrivain, l’autre réalisateur. Au printemps 2020, tous deux correspondent avec leurs téléphones. Ils filment le réel et se filment dans l’épreuve, pendant l’épidémie. Cette traversée du temps est un document historique, intime et collectif, drôle et profond, tourné dans l’urgence de l’événement. Que faire de ce « temps mort », de ce temps retrouvé ?

Sortie en salles le 12 octobre 2022. 

Distribution : À vif cinémas

Habités
de Séverine Mathieu

France – 2021 – 85′ – Les Films du Carry, Dis-Formes, Lyon Capitale TV

Le film raconte ma rencontre avec quatre habitants de Marseille qui vivent entre raison et déraison. Considérés comme ‘malades’ par la société, ils habitent néanmoins en ville. Entre des périodes d’hospitalisation, ils tentent de s’élancer vers le monde commun, de l’habiter, d’y être présents, alors qu’ils sont eux-mêmes habités, étrangers, inspirés.

Sortie en salles le 19 octobre 2022.

Distribution : Les Films du Carry

Du TGM au TGV
de Ruggero Gabbai

France – 2022 – 88′ – Forma Internaitonal

Le parcours de la communauté juive de Tunisie partie pour la France en quête d’une nouvelle vie. Le documentaire s’articule autour d’images d’archives et d’interventions de juifs tunisiens qui livrent des témoignages touchants et poignants sur la face cachée de l’exil. Au-delà de la difficulté d’un nouveau départ dans un nouveau pays, c’est notamment la répercussion de ce déracinement sur plusieurs générations que le film tente de mettre en lumière.

Sortie en salles le 25 octobre 2022.

Hopper
de Phil Grabsky

Grande-Bretagne – 2022 – 90′ – Seventh Arts production

Les toiles d’Edward Hopper sont les plus reconnaissables dans l’art américain, elles sont appréciées, acclamées et restent mystérieuses. A l’occasion de la grande exposition au Whitney Museum de New York (à partir du 22 octobre 2022), Exposition sur Grand Écran présente son nouveau film consacré à l’art, la vie et l’entourage d’Hopper. Nous découvrirons la personnalité énigmatique derrière le pinceau : ses débuts d’illustrateur, sa femme qui abandonna une carrière artistique prometteuse pour devenir son agent, et son succès critique aussi bien que commercial. Mêlant interviews d’experts, extraits de journaux personnels, et une surprenante réflexion visuelle de la vie aux États-Unis, le film donne vie à l’artiste américain le plus influent de l’histoire.

Sortie en salles le 25 octobre 2022.

Distribution : Seventh Arts production

Mon pays imaginaire
de Patricio Guzmán

Chili, France – 2022 – 83′ – ARTE France Cinéma, Market Chile

Octobre 2019, une révolution inattendue, une explosion sociale. Un million et demi de personnes ont manifesté dans les rues de Santiago pour plus de démocratie, une vie plus digne, une meilleure éducation, un meilleur système de santé et une nouvelle Constitution. Le Chili avait retrouvé sa mémoire. L’événement que j’attendais depuis mes luttes étudiantes de 1973 se concrétisait enfin.

Sortie en salles le 26 octobre 2022.

Distribution : Pyramide Films

Derniers jours d’un médecin de campagne
de Olivier Ducray

France – 2018 – 52′ – Hanna Films, Les productions du désordre, France 3 Bourgogne/Franche-comté, LCP la chaîne parlementaire

Patrick Laine, 68 ans, exerce la médecine depuis 35 ans à Saulnot, petite commune de Haute-Saône. Passionné par son travail mais usé, il sait qu’il va devoir s’arrêter. Mais aucun successeur ne s’est présenté pour prendre le relais. Ses derniers mois d’exercice sont de plus en plus difficiles car s’approche ce qu’il a toujours voulu éviter : laisser ses patients sans médecin et sans soutien.

Sortie en salles le 26 octobre 2022.

Distribution : Tamasa Distribution

Rémi Lainé, président de la Scam,
Richard Bois et Ruwenzori,
ont le plaisir de vous inviter à la projection du film documentaire

Tuer le silence
de Richard Bois

2019 – 66 minutes – produit par Ruwenzori

Tuer le silence raconte le passage douloureux mais bénéfique, du silence à la parole à travers cinq interviews de militaires qui ont connu le front. Ce sont des blessures physiques et psychiques, dont témoignent ces témoins à visage découvert. Tuer le silence, c’est le récit d’une libération.

Tuer le silence a reçu le Prix Circom 2020

Voir un film en salle – et c’est la raison d’être de ce festival – c’est focaliser son regard bien plus efficacement que devant son écran personnel, smartphone, ordinateur ou télé, lorsque la vie tout autour dissipe l’attention. Voir un documentaire, c’est à un moment donné, le temps du film, réduire le monde réel à une histoire, une scène, un personnage. Le réel ramené à l’écran, modelé par l’œil d’un auteur ou d’une autrice avec son point de vue assumé, n’en devient que plus vrai.

Rémi Lainé - Réalisateur et président de LaScam

Vrai de vrai ! C’est le nouveau nom de notre festival annuel, Les Étoiles du documentaire, qui revient en novembre pour sa 17ème édition.

Vrai de vrai, la vocation des Étoiles de la Scam, c’est offrir un panorama de la diversité documentaire et ouvrir une fenêtre sur le monde dans ce qu’il a de meilleur… et parfois de pire.

Vrai de vrai, c’est inviter les amateurs, les amatrices, les spectateurs de tous genres, les citoyens, les actrices du monde de demain, à entrer dans une salle de cinéma pour y découvrir d’autres points de vue.

Le Festival Vrai de vrai, c’est la grande fête du documentaire, du vendredi 4 au dimanche 6 novembre, au Forum des Images à Paris. Et c’est gratuit (vrai de vrai !).

Affiche du Festival Vrai de Vrai 2022 – crédit photo Heiða Helgadóttir – Design Catherine Zask

Affiche festival Vrai de Vrai 2022
photo Heiða Helgadóttir - design Catherine Zask

Contact presse : astrid.lockhart@scam.fr – 06 73 84 98 27