Décerné par la Commission des écritures et formes émergentes de la Scam, le prix Nouvelles Écritures a été remis au Fipadoc à Thierry Loa pour 21-22 China, le premier film d’une série en 360 VR époustouflante.

21-22 China
de Thierry Loa

Nous vivons à l’époque anthropocène marquée par l’impact de l’humain sur la planète : un voyage méditatif immersif qui fait découvrir une Chine où l’urbanisation rapide, le développement industriel majeur et les changements massifs transforment la topographie.

En nous proposant une expérience vertigineuse de réalité virtuelle, 21-22 China nous immerge dans une démonstration implacable sur la transformation d’un territoire par les activités humaines.

Avec une composition sonore subtile, et sans un mot de commentaire, l’œuvre révèle les paysages naturels, industriels et urbains avec la même grâce esthétique et nous permet de ressentir et comprendre les effets de nos actions sur la planète.

Le jury a également souhaité récompenser la démarche globale de Thierry Loa, qui s’est lancé dans un état des lieux clinique et visuel de ce que l’on appelle désormais l’anthropocène.

Le Jury : Pascal Goblot - Claudia Marschal - Marianne Rigaux

Thierry Loa est un cinéaste interdisciplinaire et un créateur de contenu pour les nouveaux médias. Ayant étudié le multimédia, la philosophie, le cinéma et la géographie, il a exploré et travaillé dans diverses disciplines visuelles et médiatiques, sur une gamme variée et mixte de projets tels que des installations vidéo, des films, de l’interactif et de la photographie.
Découvrez l’ensemble de ses œuvres  www.doctorhello.net

Le jury était composé des membres de la Commission des écritures et formes émergentes de la Scam : Claudia Marschal, autrice, réalisatrice – Pascal Goblot, documentariste, vidéaste  – Marianne Rigaux, autrice, réalisatrice.

Créé par l’ATAA en partenariat avec la Scam en 2017, ce prix s’intéresse à la traduction de documentaires et aux auteurs-autrices derrière les VF et VOST. Ouverture des candidatures en ligne du 23 janvier au 28 février 2023.

Après une 5e édition pimpante le 4 octobre dernier dans les locaux de la Scam, le Prix de la traduction de documentaires revient en 2023. La traduction occupe une part toujours plus grande du panorama audiovisuel français, dont le documentaire n’est pas des moindres. Grâce aux traducteurs et traductrices, les documentaires étrangers arrivent doublés et/ou sous-titrés jusqu’à leur public. Ce Prix vise à valoriser leur travail de création et à mettre en lumière la profession tout entière, dans un partenariat fructueux avec la Scam.

Dossiers de candidature

Les personnes intéressées peuvent envoyer leurs candidatures via le formulaire en ligne sur le site de l’ATAA, disponible du 23 janvier au 28 février 2023.
Avis aux membres de la chaîne de production, responsables de chaînes de télévision, laboratoires : n’hésitez pas à recommander des adaptations au comité, qui pourra en contacter l’auteur ou l’autrice !

À noter : en raison de la présence de membres du jury travaillant chez Netflix et Éclair Vanves, les documentaires diffusés et/ou traités pour cette plateforme et ce laboratoire seront exclus pour cette édition. 

Remise des prix

Le palmarès sera dévoilé à l’automne 2023.

Pour toute question, contacter le comité : prix-documentaire@ataa.fr

Le 12 décembre dernier, lors des 30e Prix RSF de la liberté de la presse, Dmitri Mouratov, rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, Prix Nobel de la Paix 2021, a reçu la médaille Albert Londres des mains d’Hervé Brusini et Manon Loizeau.
Ce prix d’honneur s’inscrit dans le prolongement des Prix Albert Londres 2022, remis à Riga le 28 novembre dernier pour rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont le courage de la vérité chevillé au corps.

A cette occasion, les journalistes du Prix Albert Londres avaient rencontré plusieurs journalistes russes en exil de Novaïa Gazeta Europe, Medusa, DodjTV…

Un Prix d’honneur avait également été attribué à plusieurs journalistes ukrainiens, Andriy Tsaplienko, envoyé spécial 1+1média, Sevgil Musaieva, rédactrice en chef de Ukrainska Pravda, Evgeniy Maloletka et Mstyslav Chernov, journalistes AP à Kiev. Ce prix d’honneur leur sera prochainement remis en mains propres à Kiev.

Cette année, la Coalition française pour la diversité culturelle a décidé de mettre à l’honneur Françoise Nyssen, éditrice, femme de culture, ancienne ministre de la Culture afin de saluer ses engagements en faveur de la protection et de la promotion de la diversité culturelle en France et en Europe. Elle récompense également la structure Enharmonique pour son action de promotion de la musique baroque et son travail auprès des publics éloignés de la culture au travers du projet L’Échappée initiée par l’Ensemble Masques.

Les lauréats 2022

Françoise Nyssen

Éditrice, femme de culture et ancienne ministre de la Culture, Françoise Nyssen rejoint en 1978, après un doctorat en biochimie et un diplôme d’urbaniste, la direction de l’architecture du ministère belge de l’Environnement et du cadre de vie. En 1980, elle change de voie et intègre le monde de l’édition où elle devient associée et présidente-directrice générale de la coopérative d’éditions du Paradou. En 1987, elle devient associée et présidente du directoire de la maison d’édition Actes Sud fondée par son père Hubert Nyssen. En parallèle, elle créée la librairie Actes Sud et dirige notamment la collection « Un endroit où aller » qui rassemble des textes à la fois singuliers et inclassables. Sous sa présidence, la maison indépendante Actes Sud devient le neuvième groupe d’édition français. En 2017, sous la présidence d’Emmanuel Macron, Françoise Nyssen est nommée ministre de la Culture. Elle y mène notamment une politique active en faveur du soutien à la création en Europe en appelant les eurodéputés à réformer le droit d’auteur et les droits voisins, et à renforcer la responsabilité des plateformes numériques à l’égard de la création. À l’occasion de l’adoption de la directive Services de Médias Audiovisuels – SMA, elle défend avec succès une remontée de l’obligation de diffusion des œuvres européennes sur les services de vidéo à la demande. À l’issue de son mandat ministériel, elle reprend les rênes de sa maison d’édition en s’investissant également dans deux très importants festivals de spectacle vivant dont elle prend la présidence des conseils d’administration : le festival international de théâtre de rue d’Aurillac, à travers l’association Éclat, et le festival d’Avignon. Françoise Nyssen incarne également un symbole du combat pour la diversité dans l’édition en se mobilisant contre les formes de concentration du secteur et pour le maintien d’un tissu indépendant d’éditeurs.

L’association Enharmonique pour l’Echappée initié par l’Ensemble Masques

Le projet L’Échappée, scène itinérante en Bourgogne-Franche-Comté, propose des représentations d’orchestre de musique baroque au sein d’une salle de spectacle itinérante pour tous les publics de la région. Du 9 septembre au 10 octobre 2022, six instrumentistes de Bourgogne-Franche-Comté se sont ainsi relayés au sein d’un semi-remorque nommé L’Échappée, lors d’un festival itinérant à la rencontre de divers publics, notamment les scolaires et ceux n’ayant pas un accès facile à la culture. Après deux ans de bouleversements dus à la crise sanitaire, dans une période de reprise des manifestations culturelles, le projet L’Échappée rempli un rôle essentiel : rendre accessible la culture en zone rurale. Ce projet est l’oeuvre de l’Ensemble Masques et son directeur artistique Olivier Fortin qui se sont rapprochés de l’association Enharmonique. Créé en 2017, l’ensemble tire son nom des « masques » anglais élisabéthain, spectacle mêlant poésie, musique, danse et théâtre, et est reconnu pour l’expressivité, l’éloquence et la profondeur de ses interprétations. Le festival itinérant récompensé au travers de l’association Enharmonique, a vocation à se déployer sur le territoire national jusqu’en 2024, dans le respect des valeurs de l’Économie Sociale et Solidaire.

Les lauréats des précédentes éditions du prix de la diversité culturelle

2021 : Nabil Ayouch et l’association Principe Actif
2020 : Audrey Azoulay, le Festival Les Suds, à Arles et la structure Rualité
2019 : Costa Gavras et Clowns Sans Frontières 2018 : Pierre Sellal et le Festival Nuits Métis 2017 : Véronique Guèvremont, Ivan Bernier et le Festival Sens Interdits 2016 : Silvia Costa, Jacques Toubon et la Caravane des Dix Mots 2015 : Michaëlle Jean et l’association l’Art éclair 2014 : Thomas Ostermeier et l’Observatoire de la Diversité Culturelle 2013 : Cristian Mungiu et l’association Voix de Femmes à Bruxelles
2012 : Raoul Peck, Louise Beaudoin et l’ASPAS 2011 : Jack Ralite, Jean Musitelli et le Festival Musiques Métisses

Créée en 1997, la Coalition française pour la diversité culturelle regroupe plus de quarante organisations professionnelles de l’ensemble des secteurs culturels et créatifs tels que le cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de l’édition, de la musique, des arts graphiques et plastiques. Ensemble, elles défendent la liberté d’expression et de création, et le droit pour chaque État de définir des politiques de soutien à la création.
Remis depuis 2011, les prix de la Diversité Culturelle s’inscrivent dans le cadre de l’action de la Coalition à savoir accompagner des initiatives, récompenser des parcours professionnels et artistiques et encourager des bonnes pratiques qui peuvent contribuer à promouvoir et à défendre la diversité culturelle.

Contacts Presse

France : Agnès Mazet – 01 40 23 45 11 – agnes.mazet@sacd.fr
International : Manon Montrouge – +33 (0)1 40 23 47 99 – contact@coalitionfrancaise.orgwww.coalitionfrancaise.org

Palpable, lourd, viscéral, opaque… Fasciné par ce ciel pollué de Delhi, le lauréat de L’Œil d’or 2022 – Le Prix du documentaire à Cannes nous dévoile la genèse d’All that breathes, son deuxième film, empreint de cette ambiance où les oiseaux tombent du ciel, où des frères consacrent leur vie à les sauver mais où le malaise écologique plane cruellement sur les colères quotidiennes.

Emmanuel Raspiengeas — D’où vous est venue l’idée de ce deuxième film, après Cities of sleep ? Aviez-vous été témoin de chutes d’oiseaux en raison de la pollution de l’air à Delhi, ou aviez-vous déjà rencontré les frères Mohammad Saud et Nadeem Shehzad, héros d’All that breathes ?

Shaunak Sen Avant même que je ne rencontre les personnages, j’avais le désir d’exprimer un état d’esprit, et de rendre palpable une texture. Je suis fasciné par le ciel monochrome et pollué de Delhi, et la façon dont il imprègne notre vie, en particulier l’hiver. Lorsque vous vivez là-bas, l’air est un objet à part entière, palpable, viscéral, lourd, gris et opaque. Vous ne pouvez pas ne pas penser en permanence à cet air qui vous entoure, à cette masse grise sans nuage, où le soleil est une lueur diffuse, et dans lequel vous pouvez distinguer des petits points noirs qui planent. Ce sont les milans noirs.

J’en ai un jour clairement distingué un tombant du ciel. J’ai été captivé par cette vision d’un oiseau noir chutant dans un ciel gris. Le film a donc commencé par une simple recherche sur Google : « Où vont les oiseaux tombés du ciel ? » C’est alors que j’ai découvert ces deux frères, et que je me suis renseigné sur leur compte, avant de les rencontrer dans cette cave qui leur sert de clinique, avec toutes ces boîtes, ces étagères et ces oiseaux. Un décor absolument fascinant d’un point de vue cinématographique.

Je ne voulais pas faire un film animalier ni un film frontalement sociologique ou politique.

Shaunak Sen

E. R. — Vous parlez immédiatement de la dimension visuelle de votre film, comme un peintre d’un tableau. All that breathes est porté par une esthétique très forte, éloigné de tout naturalisme, et parfois plus proche des codes de la fiction. Pourquoi ce choix de vous écarter d’une forme de réalisme ?

S. S. — Mon premier film, Cities of sleep, était extrêmement brut, sombre, sale. Pour celui-ci, j’ai vite senti que la tonalité en serait bien moins anxiogène et nerveuse. Déjà, parce que Mohammad et Nadeem dégagent une grande force tranquille. Ce sont des sortes de philosophe. Plus important encore, je voulais que le film place les spectateurs dans un état méditatif, contemplatif, et les pousse à lever les yeux, à regarder le ciel, à remarquer les oiseaux… Et lentement, à percevoir la tension permanente entre les humains et les formes de vies non humaines.

Je voulais absolument faire un film qui capte l’interdépendance de l’air, des oiseaux et des hommes, cet enchevêtrement du vivant. Pour cela, la forme se devait d’être lyrique et poétique. Ce qui est plus facile à dire qu’à faire en documentaire…

Nous avons donc vite décidé d’utiliser les outils de la fiction pour raconter cette histoire : des grues, des rails de travelling, toutes ces choses-là. Heureusement, le décor dans lequel évoluent les frères est très petit, très étroit, et ils y répètent les mêmes actions tous les jours : les boîtes sont apportées ; les boîtes sont remplies d’oiseaux ; les oiseaux sont stockés à la cave ; les oiseaux sont soignés…

Cette répétition des gestes m’a permis de trouver rapidement une chorégraphie et de l’adapter au rythme de ce lieu. De plus, même si nous filmions des animaux, je savais que je ne voulais pas faire un film animalier ni un film frontalement sociologique ou politique. Enfin, je savais que je ne voulais pas faire simplement un film sur des bonnes personnes faisant de belles choses.

E. R. — Si vous n’avez pas voulu faire un film frontalement politique, il le devient néanmoins, à la fois en raison de son intérêt pour tous les êtres vivants, dès son titre, mais aussi en raison de l’irruption de la violence religieuse et sociale dans le quotidien de vos deux héros. Comment vous êtes-vous adapté à cette réalité ?

S. S. — Mohammad et Nadeem ne sont pas fortement politisés. Ils sont plus intéressés par les dieux et les hommes. Je voulais respecter leur intégrité, ce qui leur paraissait important. Je ne voulais pas imposer de structure ou de discours préconçus. Toutefois, durant le tournage, Delhi traversait une période tumultueuse et chaotique. Nous avons donc décidé que le monde extérieur devait se faufiler dans leur quotidien.

Lorsque les frères sont sur leur balcon, on entend le bruit des manifestants à l’extérieur ou les échos de la radio. Quand l’un d’eux regarde une vidéo de violences, nous avons décidé de ne garder que l’audio. De la sorte, tout ceci est devenu l’arrière-fond de leur vie, quelque chose de ressenti, qui n’avait pas besoin d’être verbalisé.

Voilà comment j’ai voulu en faire un film politique, indirectement. Ça me semble être la meilleure solution. Être trop frontal ne sert qu’à convaincre les convaincus et à être rejeté par les autres. Alors qu’un film doit permettre d’ouvrir la conversation.

E. R. — Vous prenez le temps de parler d’une relation complexe entre ces deux frères, pleine de conflits malgré leur amour.

S. S. — J’ai tout de suite perçu qu’ils étaient des personnages remarquables, avec beaucoup de force de caractère pour parvenir à faire ce qu’ils font. Ils travaillent quotidiennement, avec très peu de moyens et d’aide. Leur vie est réellement difficile, et cela peut être parfois très déprimant. Ce sont de vrais héros, des sortes de Don Quichotte, qui parviennent à avancer avec trois fois rien. Chaque oiseau qui arrive à sortir de sa cage et à voler à nouveau représente un petit miracle.

Bien sûr, ça n’est jamais facile, et j’ai pu deviner qu’il y avait en permanence des tensions et des conflits entre eux. Mais j’ai rapidement compris que leurs querelles étaient le symptôme d’un malaise écologique plus large que leur propre personne.

Je voulais montrer que le réchauffement climatique affecte également l’état d’esprit. Il influe sur notre irritabilité, notre mesquinerie, et nos colères de chaque jour. Les gens voient le changement climatique comme une sorte de phénomène monumental, plus grand que nature, qui n’a pas d’incidence directe dans la texture de notre quotidien, ce qui est totalement faux.

Les gens voient le changement climatique comme une sorte de phénomène monumental, plus grand que nature, qui n’a pas d’incidence directe dans la texture de notre quotidien, ce qui est totalement faux.

Shaunak Sen

E. R. — Le réalisateur américain Samuel Fuller a dit : « Vous devez faire un film quand vous êtes en colère. » Avez-vous fait ce film par colère, tristesse, angoisse ?

S. S. — Toute personne qui dit avoir réalisé un documentaire à cause d’une seule et unique émotion ment. Vous pouvez concevoir une fiction de cette façon, mais pas un documentaire, parce que cela prend deux ans minimum à tourner. Et aucune émotion brute ne dure aussi longtemps. Les émotions ont une date d’expiration assez rapide.

C’est pourquoi, il faut qu’un documentaire soit guidé par un mélange d’émotions, et qu’il faut laisser sa propre vie en devenir le carburant. En plus de toutes celles que vous avez citées, je dirais que je voulais ajouter une forme d’élégie. J’ai traversé une grande tragédie personnelle durant le tournage de ce film, car j’ai perdu mon père. Tout s’est alors passé comme si mon immense douleur se mêlait avec ma lamentation, plus large, sur l’état de notre planète et de l’air qui nous entoure, pour finalement apporter une couche de signification supplémentaire.

E. R. — Vous êtes le deuxième réalisateur indien d’affilée à gagner l’Œil d’or à Cannes, après Payal Kapadia avec Toute une nuit sans savoir. Est-ce que cela indique que le documentaire indien est en train de vivre son âge d’or ? Quelle est la situation de cette industrie actuellement ? Est-ce que le documentaire est devenu le meilleur endroit pour s’exprimer esthétiquement et politiquement ?

S. S. — C’est indéniable que nous vivons un moment particulier : entre Writing with fire de Rintu Thomas et Sushmit Ghosh qui a gagné un prix du public à Sundance et a été nominé pour l’Oscar du meilleur documentaire l’année dernière, le succès de Toute une nuit sans savoir et, maintenant, le Grand Prix du Jury du Cinéma Mondial à Sundance et l’Œil d’or à Cannes pour All that breathes. Il se passe quelque chose, il y a une attention accrue envers notre travail.

Cela étant dit, je ne voudrais pas tout repeindre en rose. Il faut demeurer prudemment optimiste et rester sur nos gardes. Les plateformes OTT [services de streaming] ont beaucoup aidé à notre diffusion, car il y a une vraie demande de documentaires. Mais cela reste difficile de montrer nos films en Inde, où il y a des problèmes de distribution et de financement. La réalité n’est ni toute blanche ni toute noire, les deux situations cohabitent : c’est à la fois très dur d’exister et nous traversons tout de même un moment particulier durant lequel notre production documentaire est de bien meilleure qualité que la production de fiction, qui est pourtant absolument énorme en Inde.

C’est assez réjouissant qu’un si petit secteur, une telle niche, soit si performante. En effet, beaucoup d’articles ces derniers mois évoquent un possible « âge d’or » du documentaire indien, et je me sens chanceux d’y contribuer actuellement.

All that breathes de Shaunak Sen, L’Œil d’or – Le Prix du documentaire à Cannes 2022
États-Unis, Inde, Royaume-Uni, 2022, 1 h 34

Projection à la Scam
mardi 15 novembre 2022 à 19 h 00

(suite…)

Rendez-vous incontournable pour les auteurs et les autrices de documentaires et reportages, le Festival Vrai de Vrai, qui s’est tenu du 4 au 6 novembre au Forum des images à Paris, s’est démarqué par une reprise de la fréquentation du public. Avec près de 4200 spectateurs, bien
au-delà de 2021, cette 17e édition fête avec bonheur le retour du public en salles. Un public mêlant amateurs et professionnels, toujours aussi curieux et engagé, venu nombreux à la rencontre de ces 32 films exceptionnels et de leurs auteurs et autrices.

Cette grande fête du documentaire s’est achevée dimanche soir, lors de la soirée de clôture, avec la projection du Prix du documentaire Scam de l’année, Silent Voice de Reka Valerik et Anaïs LLobet.

Le Prix du public a été décerné à Les Damnés de la Commune, premier film de Raphaël Meyssan (Cinétévé, Arte France). À l’occasion des 150 ans de la Commune, l’auteur nous plonge au cœur de cette révolution et livre une adaptation virtuose de son roman graphique et éponyme (Éditions Delcourt).

Retour en images sur ces trois jours :

Le Festival se poursuit en ligne et en régions…

Du 7 au 21 novembre, Vrai de Vrai est l’invité de mk2 Curiosity qui met en lumière et à la Une toute la programmation du festival en accès libre !

Chez nos amis Kub et Tënk, savourez dès le mois de décembre, une sélection documentaire parmi les œuvres primées. Et tout au long de l’année, rendez-vous à Rennes, Strasbourg, Nantes et Marseille, avec le soutien de la Cinémathèque du documentaire.

Mention spéciale à tous nos partenaires, ainsi qu’aux nombreux volontaires pour leur soutien précieux.

Contact presse

astrid.lockhart@scam.fr – 06 73 84 98 27 – vraidevrai.fr

La lauréate du Prix Scam du Récit dessiné 2022, Elene Usdin, sera à l’honneur pendant le festival SoBD.

Elene Usdin, Prix du Récit dessiné 2022, à l’honneur

Jeudi 1er décembre, 19h-20h, BPI

Dans le cadre des Jeudis de la BD et en partenariat avec le salon SoBD 2022, la Bpi reçoit Elene Usdin, autrice de René·e aux bois dormants, paru chez Sarbacane le 1er septembre 2021. Venez échanger avec l’autrice et participer à un atelier créatif.

Entre Paris et Bruxelles, Elene Usdin a commencé sa carrière comme peintre pour le cinéma, illustratrice de presse et de livres jeunesse. Avec son ouvrage, René·e aux bois dormants, pour lequel le prix du récit dessiné lui a été attribué par la Scam, Elene Usdin s’inspire de la rafle des années 1960 dont ont été victimes les Premières Nations du Canada, pour nous proposer une relecture des mythes fondateurs des peuples autochtones canadiens. René, son personnage, va se lancer dans un voyage fantastique, peuplé de créatures magnifiques et terrifiantes, et se métamorphoser au gré des rencontres. Avec un style proche de la peinture aux couleurs intenses et saturées, Elene Usdin nous embarque dans un univers onirique plein de magie.

Entrée libre pour la rencontre. Atelier sur inscription par mail à nouvelle-generation@bpi.fr  (10 places)

Samedi 3 décembre, 18h-18h30, Musée éphémère du SoBD

Elene Usdin recevra son prix pour son livre René.e aux bois dormants. Le jury était composé de Pierre Cornilleau, Simonetta Greggio, Pascal Ory, Lucie Quéméner (lauréate du prix 2021 avec Baume du Tigre) et Téhem (mention du prix 2021 avec Piments zoizos).

Dimanche 4 décembre de 15h à 17h, stand Stripologie.com

Séance de dédicace avec Elene Usdin.

Le SoBD, salon de la bande dessinée au cœur de Paris, a été créé en 2011. Installé dans le Marais, quartier historique de la capitale, ouvrant ses portes peu avant les fêtes de fin d’année, le SoBD accueille des milliers de visiteurs, environ cent cinquante artistes et auteurs, et des dizaines d’éditeurs. De plus, le SoBD propose des expositions, des rencontres et tables rondes, une remise de prix, des masters classes, plusieurs ateliers… La quasi totalité du SoBD (hors master class) est en accès gratuit.

Le 6 octobre dernier, le prix Nobel de littérature 2022 consacrait Annie Ernaux, « pour le courage et l’acuité clinique avec lesquels elle met au jour les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle ».

Cinq ans après lui avoir décerné le prix Marguerite Yourcenar pour l’ensemble de son œuvre, les 50 000 auteurs et autrices de la Scam lui adressent leurs félicitations les plus vives.

Nous sommes toutes et tous très fiers et c’est une grande joie pour nous de voir récompensée une écrivaine que nous admirons.

Le jury du Prix Marguerite Yourcenar

Sans traducteurs de talent, les films étrangers resteraient inaccessibles à la très grande majorité du public français.
À travers ce Prix,  l’ATAA avec le soutien de la Scam met à en lumière le travail de ces auteurs et autrices de l’ombre.

Prix de la traduction de documentaires télévisés
Christophe Elson et Marie Laroussinie

Marie Laroussinie - photo Brett Walsh
Marie Laroussinie - photo Brett Walsh

pour Derrière nos écrans de fumée
de Jeff Orlowski

Titre original : The Social Dilemma 
94’ – 2020 – USA – diffusé sur Netflix
produit par Exposure Labs, Argent Pictures et The Space Program
Version française : Dubbing Brothers
Direction artistique : Caroline Cadrieu

Entre documentaire et drame, ce film donne la parole à des experts qui nous mettent en garde contre les innovations dont ils ont été les pionniers et décrient l’impact dangereux des réseaux sociaux. Il décortique le modèle économique des entreprises du numérique, telles que Facebook, Google, Twitter, Instagram et YouTube. Des analyses d’universitaires, comme Shoshana Zuboff qui a créé le concept de « capitalisme de surveillance », et des témoignages alarmistes d’anciens employés de ces géants du Web (ingénieurs, concepteurs de services, dirigeants, etc.) défilent, illustrés par des séquences fictionnelles mettant en scène des adolescents dont l’attention est de plus en plus mobilisée par leur activité en ligne.

Mention spéciale du jury
Elsa Vandaele

Elsa Vandaele - photo Brett Walsh
Elsa Vandaele - photo Brett Walsh

pour Seaspiracy : la pêche en question
d’Ali Tabrizi

Titre original : Seaspiracy
90’ – 2021 – USA – diffusé sur Netflix
produit par Aum Films et Disruptive Studios
Version française : Dubbing Brothers
Direction artistique : Caroline Cadrieu

Dans ce documentaire caméra à l’épaule sur les dommages des activités humaines sur la vie marine, un cinéaste passionné met à jour une grave corruption à l’échelle mondiale. Il décrit l’impact de l’homme sur les écosystèmes marins, en particulier les débris plastique, les filets dérivants et la surpêche dans l’ensemble des océans, mettant en cause les ravages de la pêche industrielle. Le film s’interroge également sur le concept de pêche durable et mène l’enquête sur plusieurs organismes de préservation en exposant leurs insuffisances dans la lutte pour la protection des océans.

Voir un film en salle – et c’est la raison d’être de ce festival – c’est focaliser son regard bien plus efficacement que devant son écran personnel, smartphone, ordinateur ou télé, lorsque la vie tout autour dissipe l’attention. Voir un documentaire, c’est à un moment donné, le temps du film, réduire le monde réel à une histoire, une scène, un personnage. Le réel ramené à l’écran, modelé par l’œil d’un auteur ou d’une autrice avec son point de vue assumé, n’en devient que plus vrai.

Rémi Lainé - Réalisateur et président de LaScam

Vrai de vrai ! C’est le nouveau nom de notre festival annuel, Les Étoiles du documentaire, qui revient en novembre pour sa 17ème édition.

Vrai de vrai, la vocation des Étoiles de la Scam, c’est offrir un panorama de la diversité documentaire et ouvrir une fenêtre sur le monde dans ce qu’il a de meilleur… et parfois de pire.

Vrai de vrai, c’est inviter les amateurs, les amatrices, les spectateurs de tous genres, les citoyens, les actrices du monde de demain, à entrer dans une salle de cinéma pour y découvrir d’autres points de vue.

Le Festival Vrai de vrai, c’est la grande fête du documentaire, du vendredi 4 au dimanche 6 novembre, au Forum des Images à Paris. Et c’est gratuit (vrai de vrai !).

Affiche du Festival Vrai de Vrai 2022 – crédit photo Heiða Helgadóttir – Design Catherine Zask

Affiche festival Vrai de Vrai 2022
photo Heiða Helgadóttir - design Catherine Zask

Contact presse : astrid.lockhart@scam.fr – 06 73 84 98 27