Après l’étude transversale « Le documentaire, les régions et leurs aides », publiée en juin 2021, la Scam poursuit avec la journaliste Emmanuelle Miquet son tour de France, cette fois par territoire. Deuxième focus avec la région Nouvelle-Aquitaine où plusieurs chantiers sont en cours parmi lesquels l’évolution des soutiens d’une collectivité devenue l’une des plus attractives de France pour les créateurs et les créatrices.

Le sentiment est partagé par la plupart des auteurs et des autrices de documentaires audiovisuels réunis au sein de Naais, l’association des auteurs et autrices de l’image et du son en Nouvelle-Aquitaine : à l’instar de l’ensemble de la communauté professionnelle du territoire, il ne manque pas grand-chose à la région Nouvelle-Aquitaine pour optimiser ses dispositifs à la création, nombreux et divers, et qui ont grandement contribué à structurer la filière

Une région en perpétuel mouvement

La plus grande région de France, depuis la réforme territoriale de 2015, combine les aides du fonds de soutien au cinéma et à l’audiovisuel de l’Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine (Alca) et les dispositifs propres à la région, dits fonds filières parce qu’à effets structurants pour les professionnels locaux. S’y ajoutent les soutiens des trois départements investis dans le documentaire, en 2021, sur les six engagés dans la création.

Enfin, les quatre contrats d’objectifs et de moyens (COM) signés entre la région et France 3 Nouvelle-Aquitaine, TV7, Kanaldude et ÒCtele contribuent majoritairement au genre (66 % du total des aides en 2021), avec un apport de 230 000 euros (64 % du montant). Fait rare, ces COM accordent des aides au développement et des conventions d’écriture, initiées par TV7 et rejointes par Kanaldude et ÒCtele.

Jusque-là opérés par la délégation numérique de la région Nouvelle-Aquitaine, les COM seront gérés par la direction du cinéma et de l’audiovisuel à partir de janvier 2023, année de l’échéance des contrats. Ce transfert a été décidé dans un souci de « mise en cohérence de la filière », explique Charline Claveau, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine et vice-présidente chargée de la culture, des langues et cultures régionales et du patrimoine.

D’autres changements, résultant de plusieurs chantiers, interviendront dans les prochains mois. Outre la réforme du fonds de soutien menée par la région et l’Alca, cette dernière a initié une grande étude quantitative et qualitative dans le but de « dresser le premier état des lieux de la filière à l’échelle de la grande région Nouvelle-Aquitaine », commente Emmanuel Feulié, son directeur cinéma et audiovisuel. Cet état des lieux avait fait l’objet, ces dernières années, de demandes récurrentes des professionnels, et en particulier des auteurs et des autrices. Enfin, la réforme des statuts de l’agence Alca, prévue pour 2024, a été décidée à la suite de la dernière élection de son conseil d’administration, en décembre 2021, où Naais, qui y siégeait depuis la création de l’agence, n’a pas été réélue.

Les statuts actuels de l’Alca ne favorisent pas l’équilibre harmonieux et essentiel d’une communauté audiovisuelle qui ne cesse de progresser et d’évoluer. 

Naaïs et La Tribune des auteurs

Par voie de communiqué de presse, Naais et le think-tank de La Tribune des auteurs, qui réunit principalement scénaristes, cinéastes, autrices-réalisatrices et auteurs-réalisateurs régionaux, ont immédiatement déploré que « les statuts actuels de l’agence ne favorisent pas l’équilibre harmonieux et essentiel d’une communauté audiovisuelle qui ne cesse de progresser et d’évoluer grâce notamment aux efforts financiers des collectivités locales ».

Les signataires ont demandé aux instances concernées de « prendre la mesure du déficit de représentativité » au sein du nouveau conseil d’administration de l’Alca et « de mettre en œuvre les dispositions nécessaires à l’intégration de représentants des cinéastes et des scénaristes ». Que Naais n’ait pas été renouvelée est « problématique », répète aujourd’hui encore Charline Claveau, une position exprimée dès janvier 2022, au Fipadoc, à Biarritz, au cours de la table ronde de la Scam Territoires et Création. Il est important que tous les corps de professionnels puissent être représentés au conseil d’administration, avait alors plaidé l’élue.

En attendant la réforme des statuts de l’Alca, il a été proposé à Naais un siège d’observateur permanent jusqu’aux prochaines élections, en 2024. Une alternative qui permet à l’association d’être présente, mais sans pouvoir prendre part au vote. La Tribune des auteurs a par ailleurs intégré récemment l’assemblée générale de l’Alca.

La région Nouvelle-Aquitaine et le documentaire audiovisuel

Troisième fonds d’aide à la création, derrière l’Ile-de-France et les Hauts-de-France, en 2021, la région Nouvelle-Aquitaine se classe septième nationale pour le documentaire audiovisuel, avec une enveloppe de 865 000 euros (11 % du fonds global), qui intègre les quatre contrats d’objectifs et de moyens (COM). Celle-ci franchit un million d’euros, si l’on y ajoute les départements impliqués dans le genre (Charente, Charente-Maritime, Dordogne), dont la contribution inclut des aides attribuées directement aux auteurs et aux auteurices, fait unique dans l’Hexagone, l’an dernier. À l’échelon de la seule région, la Nouvelle-Aquitaine rafle le record des aides directes à l’écriture (11). La répartition par étapes de soutien relègue néanmoins l’écriture (7 % du total alloué au documentaire) et le développement (1,2 %), loin derrière la production (91,8 %).

865 000 €

aide à la création

Ouvrir le débat

L’état des lieux du secteur du cinéma et de l’audiovisuel sur le territoire est en attente, la restitution du premier volet chiffré (nombre de professionnels par catégorie de métiers, de films produits, typologie…) ayant pris du retard. À terme, un document unique doit centraliser les statistiques et les éléments issus d’entretiens réalisés avec des professionnels par activité.

La réforme des règlements intérieurs des aides était, quant à elle, initialement prévue début 2023, sur la base des travaux menés par l’Alca et par le service culture de la région. Elle sera finalement reportée pour coïncider avec le renouvellement de la convention triennale de coopération État-région-CNC, à échéance fin 2022. Le futur contrat, qui porte sur la période 2023-2025, sera pour sa part en vigueur au 1er janvier, bien que signé à la fin 2023. En effet, la première année d’application de la convention est généralement celle du temps de la négociation et de sa rédaction.

Dans ce contexte, la collectivité vient de décider d’une concertation avec les professionnels du territoire, et avec des organisations nationales, pour ouvrir le débat. Le détail de ses modalités reste à définir. Une « conjonction de facteurs » a motivé ce nouveau calendrier, expose Charline Claveau. L’étude de l’Alca est « un bon point d’appui » pour relancer une consultation à l’occasion de sa restitution, estime l’élue. « Ensuite, il y a eu deux arrivées [la sienne, en juillet 2021, et celle de Rachel Cordier, directrice générale de l’Alca depuis le 1er septembre dernier], qui ont appuyé le souhait d’avoir un regard renouvelé », à l’approche de la nouvelle convention. Ce temps supplémentaire sera aussi l’occasion d’analyser les conséquences de la pandémie et de soulever les nombreuses interrogations qui pèsent sur les équilibres actuels de l’industrie : incertitudes budgétaires au CNC, fréquentation en salles et fragilité du financement après la suppression de la redevance.

La dernière concertation formelle avec les professionnels remonte à 2019-2020, pour la convention triennale 2020-2022, rappelle la Naais. « Ces dernières années, nous avons souvent été consultés tardivement et mis devant le fait accompli, que ce soit avec la région ou avec l’Alca. Donc la méthode est largement perfectible. Nous avons rencontré Charline Claveau et entendu sa volonté de changer les pratiques. »

On constate parfois des difficultés entre auteurs et producteurs, on voudrait être un peu plus exigeant sur ce point.

Emmanuel Feulié, Alca

Le calendrier a changé, mais l’approche de la région et de l’agence reste la même. Plus qu’une réforme d’ampleur, la démarche porte davantage sur « l’adaptation et l’amélioration de la mécanique », fait valoir la région, estimant que ses « fondations sont solides » et que les dispositifs et les règlements « ont donné des résultats ». Dans ce cadre, tout en confirmant les « axes importants » (la coproduction internationale, le cinéma, court et long métrage…), il s’agira par exemple « de redéfinir certains critères d’aides, et peut-être d’introduire de nouveaux soutiens, en fonction des résultats de la concertation », expose Emmanuel Feulié.

Au sujet du documentaire audiovisuel, « il n’y a pas de grands bouleversements annoncés, sinon peut-être sur des critères en lien avec le territoire, indique Emmanuel Feulié. On ne va probablement pas changer grand-chose sur le règlement qui concerne les auteurs », poursuit-il, soulignant toutefois qu’une « attention particulière » sera portée à leur rémunération concernant les aides en amont de développement et d’écriture, lorsqu’elles sont perçues par le producteur. « On constate parfois des difficultés entre auteurs et producteurs, on voudrait être un peu plus exigeant sur ce point », observe-t-il.

  • 77 aides

    à la création
    en 2021

  • 61 K€

    pour
    l'écriture

  • 10 K€

    pour le développement

  • 794 K€

    pour la
    production

Crise de croissance

En faisant évoluer les règlements, l’enjeu est aussi de « gérer la crise de croissance de la région devenue extrêmement attractive ces dernières années », constate Emmanuel Feulié. Le nombre des dossiers déposés ne cesse d’augmenter, relève l’Alca. Sur les trois dernières années, la progression générale s’établit en moyenne à 5 %.

Entre 2021 et 2022, les demandes pour le genre documentaire (tous formats confondus, court et long métrage, unitaire TV) a bondi de 13,9 %. C’est à l’étape du développement que la hausse est la plus forte (+ 21,3 %), suivie de l’écriture (+ 15,9 %), celle de la production se révélant quasi stable (+ 1,2 %), selon les chiffres de l’Alca. À ce rythme, « le fonds de soutien sera de plus en plus sélectif », avertit l’agence, sans compter que ce volume complexifie la gestion des dossiers en interne.

Avant même ce scénario, l’une des principales revendications de Naais est « qu’il puisse y avoir un taux de sélectivité plus ouvert aux auteurs régionaux ». L’aide au « Projet d’après », mis en place par la région pour les auteurs et les autrices en 2020, durant le Covid, afin de soutenir des projets en amorce, « est le seul dispositif qui ne soit pas ultra sélectif et qui accompagne l’auteur sur la base d’une idée de film, devenant de ce fait une véritable aide à l’écriture et non pas une prime à l’écriture », relève Naais, très favorable à ce soutien. L’association constate, en revanche, que « l’aide à l’écriture conventionnelle n’est pas facile à obtenir en Nouvelle-Aquitaine ». Également bien dotée (5 000 euros maximum), l’aide au « Projet d’après » bénéficie en effet d’un taux de sélectivité très faible : près de 53 % (plus d’un projet sur deux soutenus) en 2022, 76,5 % en 2021 et un peu plus de 62 % en 2020, confirme la région.

Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour sortir d’un tropisme aquitain et passer à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine. 

Emmanuel Feulié, Alca

Lancé à titre expérimental, ce dispositif pourrait cependant bouger. Une réflexion est en cours pour une éventuelle évolution vers une aide au programme d’écriture, sur le modèle de l’aide au programme pour les sociétés de production, déjà gérée par la région. Destinée à une entreprise installée en Nouvelle-Aquitaine, celle-ci permet de soutenir une structure sur plusieurs projets en amorce. De la même manière, un auteur ou une autrice serait ainsi potentiellement accompagné sur divers projets.

Dans les initiatives « contrariées en partie par le Covid », l’Alca souhaite continuer à déployer des rencontres interprofessionnelles sur le territoire de la Nouvelle-Aquitaine comme cela s’est déjà fait à « Limoges, Poitiers et régulièrement à Biarritz, à l’occasion des différents festivals » accueillis dans la ville, rappelle le directeur du cinéma et de l’audiovisuel. « Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour sortir d’un tropisme aquitain et passer à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, aller repérer des talents… Cela n’est pas évident dans une région aussi grande que la nôtre. Il y a des territoires qu’on apprend encore à connaître », développe Emmanuel Feulié. Celui-ci pointe, en outre, une « équipe qui s’est beaucoup renouvelée » au sein de l’agence. Entre son arrivée, en 2019, et aujourd’hui, l’effectif du département cinéma et audiovisuel a plus que doublé, atteignant 18 personnes, depuis la rentrée de septembre.

Agence et collectivité, une collaboration à la loupe

« Progresser sur la circulation de l’information » et la clarification des soutiens de l’Alca est un autre des chantiers en cours de l’agence. La critique vaut aussi pour la région, selon des auteurs et autrices de Naais, qui évoquent par ailleurs la complexité, au quotidien, que peut entraîner la coexistence entre l’agence et la collectivité ainsi qu’un manque de lisibilité sur la répartition des aides. La question du dialogue et de la collaboration entre l’Alca et la région est d’autre part régulièrement pointée par les professionnels dans leur ensemble. Le fait que la Nouvelle-Aquitaine ait souhaité avoir une agence spécialisée « peut induire des effets non pas de concurrence mais des effets de bord et de difficultés de clarté, de lisibilité et d’articulation entre la région et l’Alca », reconnaît Charline Claveau.

Il est absolument nécessaire qu’il y ait une très grande fluidité et une étroitesse de travail entre la région et l’Alca.

Charline Claveau, région Nouvelle-Aquitaine

Dès son arrivée, l’élue a estimé « absolument nécessaire » qu’il puisse y « avoir une très grande fluidité et une étroitesse de travail » entre la région et l’Alca, et cela, pour le « bénéfice des professionnels ». L’agence dans sa forme actuelle, c’est-à-dire depuis la fusion, « est relativement jeune et assez neuve », tempère-t-elle néanmoins.

La première phase du travail sur l’évolution des règlements du fonds de soutien a été menée conjointement par l’équipe de l’Alca et par l’équipe cinéma de la région, rappelle quant à lui Emmanuel Feulié. « Il y a eu une démarche participative en interne entre les deux entités pour construire cette proposition. Nous avons appris à travailler ensemble. C’est très important. » Selon lui, « la concertation à venir donnera un éclairage nouveau. Les évolutions des dispositifs de soutien seront le fruit du croisement de ce travail et des retours des professionnels ».

Il ne s’agit pas seulement de produire en région mais depuis la région. 

David Hurst, La Peña

La Nouvelle-Aquitaine se caractérise par la présence de nombreuses associations professionnelles qui pourraient se fédérer au sein d’une interprofessionnelle régionale. À la faveur d’échanges renforcés pendant la pandémie, « on s’est rendu compte qu’on partageait beaucoup plus de choses qu’on ne l’imaginait, notamment sur deux points fondamentaux que sont la création et l’initiative régionale. Il ne s’agit pas seulement de produire en région mais depuis la région », explique David Hurst, coprésident de La Peña (Produire en Nouvelle-Aquitaine), principale association de producteurs sur le territoire, moteur dans ce projet de collectif interassociatif.

L’objectif est « avant tout d’être une force de réflexion et de proposition par rapport à nos interlocuteurs institutionnels en valorisant cette question de la création depuis la région, poursuit David Hurst. Si on est tous ensemble, notre voix sera encore plus forte et plus incontournable. C’est d’autant plus important dans le contexte de fragilisation sur le plan national », note le producteur.

Le sujet de cette interprofessionnelle sera discuté durent la sixième édition de Territoire(s) d’images, les rencontres professionnelles organisées par La Peña, les 5 et 6 décembre, à Limoges. Un séminaire à huis clos entre les associations professionnelles y est annoncé, en présence notamment du Collectif des festivals de cinéma et d’audiovisuel de Nouvelle-Aquitaine, Naais, la Tribune des auteurs, les Maisons de production associées, Atana (Association des techniciens de l’audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine) ou Cina (Cinémas indépendants de Nouvelle-Aquitaine).

À ce stade, Naais ne dispose pas « d’assez d’éléments pour se prononcer sur la forme que cela peut prendre, mais si elle est un véritable espace de dialogue, une interprofessionnelle peut être une vraie force. La rencontre à Limoges permettra, nous l’espérons, d’en poser les jalons », commente l’association, en amont. La Tribune des auteurs, d’ores et déjà favorable à cette initiative, évoque Films en Bretagne, qui réunit et représente les professionnels de l’audiovisuel et du cinéma, de l’écriture à la diffusion.

Ces multiples chantiers pourraient, demain, apporter le peu qui manque à la Nouvelle-Aquitaine pour optimiser ses dispositifs. C’est pourquoi leurs issues seront attentivement scrutées dans les prochains mois.

Le Faana, un festival créé par les autrices et les auteurs de Naais pour valoriser leurs films

Organisé pour la première fois en septembre 2021, à Saint-Georges-de-Didonne, près de Royan, le Festival des autrices et auteurs de l’image du son en Nouvelle-Aquitaine (Faana) a été créé par Naais pour « mettre en lumière les œuvres des autrices et des auteurs de la région », qui sont « plus d’une centaine », selon les chiffres de l’association. D’une périodicité biennale, le Faana propose une sélection de films de tous les genres, aussi bien produits par la Nouvelle-Aquitaine que par d’autres régions, voire autoproduits, et des rencontres professionnelles. L’objectif du festival est de « montrer la diversité de ce qui se fait dans notre très grande région », mentionne Naais. En Nouvelle-Aquitaine, il y a très peu d’accompagnement de la part de la région et de l’Alca sur la diffusion des œuvres audiovisuelles et des courts métrages. Nous espérons que la récente arrivée d’une nouvelle chargée de mission à la diffusion changera la donne », observe l’association. Après une première année, qui a remporté son pari en termes de fréquentation, la prochaine édition est attendue en septembre 2023. « Offrir un espace d’échanges et de rencontres fait partie de nos missions », fait valoir l’association, à l’instar du « coin doc, du coin fiction, l’organisation de tables rondes et de journées de formation qui sont autant d’occasions de réunir des auteurs ».

Méthodologie des enquêtes de la Scam pour un état des lieux du documentaire en région

Ces focus restent circonscrits au seul documentaire audiovisuel (donc hors court et long métrage). Ils proposeront une photographie quantitative et qualitative de chaque région, à travers la parole des auteurs-réalisateurs et autrices-réalisatrices qui vivent et travaillent dans ces territoires. S’y exprimeront également les points de vue des autres acteurs animant ces filières régionales.

Les chiffres clés relatifs à la région Occitanie sont issus des données collectées par l’agence Ciclic-Centre-Val-de-Loire pour le Panorama des interventions territoriales en faveur du cinéma et de l’audiovisuel publié chaque année, dans le cadre de sa convention de coopération triennale État-région-CNC. Le périmètre des collectivités est identique à celui du Panorama, qui prend en compte la région, les départements, les eurométropoles, les métropoles et les villes, s’il y a lieu. De la même manière, les statistiques se concentrent sur les aides délivrées par la région, le premier niveau d’intervention. Les investissements de la région agrègent ceux octroyés via le ou les contrats d’objectifs et de moyens signés entre la collectivité et le ou les diffuseurs, quand ils existent. Les statistiques autres que celles de Ciclic qui pourraient être citées sont dans tous les cas sourcées. Le choix a été fait de ne pas comparer les chiffres de l’année 2021 et ceux de l’année 2020, sauf cas particulier, l’année de la pandémie ayant été marquée par l’attribution d’aides exceptionnelles, dans certaines régions, par définition non reconduites en 2021.

Remerciements : Pauline Martin et Pierre Dallois à l’agence Ciclic-Centre-Val-de-Loire et la Boucle documentaire.

Série Territoires et Création

photo Pascal Bondis

#1 – L’Occitanie

Les 23, 25 et 26 août, la Scam posent ses valises, et ses convictions, au cœur du village de Lussas, pour une nouvelle fête du documentaire. Au programme de cette 34e édition, cinq films engagés, issus de la sélection Brouillon d’un rêve, et un voyage dans l’espace, et dans vos oreilles, avec la Nuit de la radio.

Brouillon d’un rêve reste l’un des seuls dispositifs disponibles dans le domaine de la création documentaire, à soutenir directement, avec les plus larges critères d’éligibilité, les auteurs et les autrices porteurs et porteuses de projets en germe. Dispositif vivant, il a pour vocation de s’adapter en permanence aux évolutions des pratiques. L’année dernière, fruit d’une longue réflexion, nous avons créé en appoint la bourse Repérages. Dotée de 2 500 euros, elle se déclenche avec un dossier plus sommaire, huit pages contre quinze pour la bourse « originelle », qui elle, peut monter jusqu’à 6 000 euros et venir en appoint du repérage. C’est unique, c’est précieux, et donc très couru. Preuve de la pertinence de cette nouvelle opportunité offerte aux auteurs et autrices, nous avons été submergés de demandes. Il nous a fallu à nouveau ajuster, déployer des moyens conséquents pour répondre au mieux.

L’afflux permanent de candidatures nous contraint à un énorme travail en coulisses. Certes, le système reste perfectible, mais les efforts consentis, humains et financiers, sont largement récompensés par la naissance d’œuvres foisonnantes et singulières dont, une fois de plus, la programmation de Lussas atteste. Elle se nourrit de la curiosité des auteurs et des autrices, du partage de leurs rêves, de la variété de leurs regards et de leurs approches.

Cette année, on voyage de Lens à Mayotte, on nomadise aux côtés des parias de l’emploi, on partage quelques moments de l’incessante lutte des clandestins et on s’émerveille de la vocalise d’un merle. De la lutte sociale aux trilles des oiseaux, c’est ce que l’on appelle le chant du monde. Ça va être la fête au village. Et vive le documentaire.

Rémi Lainé, réalisateur, président de la Scam

Mardi 23 août
Présentation du dispositif Brouillon d’un rêve du documentaire et de son nouveau volet Repérages. Dotée de 2 500 euros, cette bourse est destinée à soutenir une première étape d’écriture pour effectuer des repérages, des recherches documentaires, des entretiens préparatoires ou bien encore la fabrication d’un teaser…

Jeudi 25 août
Rendez-vous est pris pour la Journée Brouillon d’un rêve dont la programmation, imaginée par les membres du jury, Marianne Bressy, Anne Levy Morelle et Lise Roure, responsable du dispositif Brouillon d’un rêve de la Scam, mettra à l’honneur, cette fois encore, cinq films documentaires engagés.

Vendredi 26 août
La Nuit de la radio revient, à Saint-Laurent-sous-Coiron, pour une nouvelle expérience d’écoute collective, casque sur les oreilles, au son du programme proposé cette année par Amandine Casadamont. Retour immersif sur l’histoire de la conquête spatiale que l’homme s’est toujours évertué à fantasmer, pour le meilleur et pour le pire…
Entrée sur pré-inscription à l’accueil public du festival.

Nous, cinéphiles, spectateurs du monde entier, cinéastes documentaristes, sommes en deuil aujourd’hui ! Un grand homme vient de mourir ce vendredi 4 février 2022. Un homme par qui notre passion pour le cinéma, la vie, la démocratie, le dialogue, s’était construite là-bas, dans un petit village d’Ardèche ! C’était un grand homme bâtisseur d’une cité, Lussas, où avec son copain de l’école communale Jean-Marie Barbe, il n’a cessé de permettre à l’une des capitales du cinéma documentaire de s’établir.

Il s’appelait Jean-Paul Roux, c’était le maire de Lussas depuis 1987, il y avait protégé et développé l’agriculture et crée un des plus grands pôles du cinéma documentaire du monde, avec les États généraux du film documentaire depuis 1989.

Ces deux amis se sont battus côte à côte pour rendre la culture populaire, pour démontrer qu’on peut cultiver ses terres et son intelligence d’un même mouvement, que le cinéma documentaire est celui que les jeunes considèrent comme le leur…

Jean-Paul Roux, agriculteur, maire et président de la communauté de communes a passé sa vie à défendre l’intérêt général, à privilégier l’agriculture et la culture.

À Lussas chaque rue porte la trace de son œuvre.

Que les majorités politiques, que les modes puissent changer ne doit pas détruire les infrastructures construites pour les citoyens, qu’ils soient agriculteurs ou cinéphiles.

Aujourd’hui nous regardons l’immense œuvre de ces deux hommes avec la crainte qu’elle vacille…. Il nous faut l’admirer et la continuer.

Les cinéastes documentaristes du monde entier sont venus à Lussas et Lussas a rayonné sur tous les continents.

De ce couple fertile le maire paysan et l’homme de culture il reste Jean Marie Barbe, infatigable créateur, rêveur et visionnaire dont tant de jeunes ont reçu la vocation.

Nous devons lui rappeler notre soutien malgré ce deuil afin que le miracle Lussas perdure.

Signataires

Olivier Barlet, journaliste
Emma Benestan, cinéaste
Malek Bensmail, cinéaste
Saskia Berthod, monteuse
Simone Bitton, cinéaste
Catherine Bizern, déléguée générale du Cinéma du Réel
Florence Bon, monteuse
Claudine Bories, cinéaste
Sophie Bredier, cinéaste
Agnès Bruckert, monteuse
Dominique Cabrera, cinéaste
François Caillat, cinéaste
Patrice Chagnard, cinéaste
Patric Chiha, cinéaste
Xavier Christians, cinéaste
Cléo Cohen, cinéaste
Jean Louis Comolli, cinéaste et écrivain
Richard Copans, cinéaste
Didier Cros, cinéaste
Jacques Deschamps, cinéaste
Vincent Dieutre, cinéaste
Alice Diop, cinéaste
Claire Doyon, cinéaste
Jean-Pierre Duret, ingénieur du son et cinéaste
Olivier Dury, cinéaste
Hassen Ferhani, cinéaste
Thierry Garrel, ancien directeur de l’Unité documentaire d’Arte
Emmanuel Gras, cinéaste
Denis Gheerbrandt, cinéaste
Jean-Marie Gigon, producteur
Dominique Gros, cinéaste
Henri François Imbert, cinéaste
Rebecca Houzel, productrice et coprésidente de l’association des amis du réel
Yves Jeuland, cinéaste
Rémi Lainé, président de la Scam
Arnaud Lambert, critique et cinéaste
Vladimir Léon, cinéaste
Pierre-Oscar Lévy, cinéaste
Alain-Paul Mallard, écrivain et cinéaste
Stéphane Mercurio, cinéaste
Arnaud de Mezamat, producteur et cinéaste
Eugénie Michel Vilette, productrice
Avi Mograbi, cinéaste
Mariana Otero, cinéaste et coprésidente de l’association des amis du réel
Julie Paratian, productrice
Claudio Pazienza, cinéaste
Yves de Perretti, cinéaste
Alexe Poukine, cinéaste
Catherine Rascon, monteuse
Isabelle Rèbre, cinéaste
Félicie Roblin, productrice et Vice-présidente de la commission TV Procirep
Benoît Rossel, cinéaste
Anna Roussillon, cinéaste
Carine Ruzniewski, productrice
Régis Sauder, cinéaste
Stefano Savona, cinéaste
Margaux Serre, monteuse
Claire Simon, cinéaste
Reza Serkanian, Cinéaste
Mehran Tamadon, cinéaste
Mathias Théry, cinéaste
Gilles Trinques, cinéaste
Catalina Vilar, cinéaste
Maxence Voiseux, cinéaste
Yolande Zauberman, cinéaste

La Scam partenaire de Longueur d’ondes, vous donne rendez-vous à Brest pour quatre jours de festivités et de nouvelles expériences sonores !

En tête-à-tête avec « Brouillon d’un rêve sonore »

Jeudi 27 janvier, de 14h à 18h et vendredi 28 janvier, de 9h30 à 12h30
Place des Machines – Ateliers des Capucins

Vous avez un projet de création documentaire et souhaitez le présenter à la bourse Brouillon d’un rêve, l’aide à l’écriture de la Scam ? Vous doutez de l’éligibilité de votre projet ? Vous avez besoin de conseils et voulez comprendre la philosophie, la ligne éditoriale de Brouillon d’un rêve et vous assurer de frapper à la bonne porte ? Lise Roure, responsable de l’aide à la création Brouillon d’un rêve, vous reçoit individuellement pour vous orienter au sein de ce dispositif.

Inscription obligatoire sur evenementbdr@scam.fr, avant le lundi 24 janvier à 12h.

Panorama – La Scam et les auteurices du sonore

Vendredi 28 janvier, de 14h à 14h45
La Station – Ateliers des Capucins

Avec Véronique Bourlon (directrice de l’action culturelle) et Vianney Baudeu (responsable juridique répertoire sonore)

Vous êtes déjà auteur ou autrice d’œuvres sonores ou vous envisagez de vous lancer dans la création sonore ? La Scam propose une séance d’information sur l’ensemble des actions et des aides mises en place en votre faveur : droits d’auteur liées aux diffusions hertziennes ou en ligne, bourses d’aide à la création et Prix annuels. La présentation sera suivie d’un échange avec le public.

Table ronde : « Quel avenir pour les auteurices de podcasts ? »

Vendredi 28 janvier, de 15h15 à 16h30
Auditorium – Ateliers des Capucins

Avec Hervé Rony (directeur général de la Scam), Elizabeth Le Hot (Adjointe au directeur général des médias et des industries culturelles, Ministère de la Culture), Hervé Godechot (conseiller du CSA) et Loïc Chusseau (co-fondateur de Pop’ Média, auteur du « Plaidoyer pour un fonds des nouvelles écritures sonores » pour la Scam), animé par Matilde Meslin (Slate).

L’essor du podcast en France constitue une opportunité inédite pour la création sonore et l’émergence de nouveaux talents. Pour autant, le modèle économique et la rentabilité encore fragiles de ce secteur, ne permettent pas toujours d’assurer une rémunération suffisante à ses auteurices. Autour de cette table, quatre acteurices de l’écosystème échangeront sur ce constat et tenteront d’identifier des pistes d’amélioration possibles.

Nuit de la radio 2021 – Avoir 20 ans

Vendredi 28 janvier, de 16h45 à 18h15
Auditorium – Ateliers des Capucins

La Scam vous convie à une expérience unique d’écoute collective avec le programme sonore réalisé par Leïla Djitli : Avoir 20 ans, le temps des copains, de l’amour, de la guerre aussi, le temps qui passe… « On n’a pas tous les jours 20 ans [nous dit la chanson], ça nous arrive une fois seulement, ce jour-là passe hélas trop vite, c’est pourquoi il faut qu’on en profite… ». Alors Avoir 20 ans, est-ce le plus bel âge de la vie ?
Une plongée dans les pépites mythiques de l’histoire de la radio, piochées dans les archives de l’Ina.
Un événement Scam en partenariat avec l’Ina et Radio France.

Nuit de la radio 2021

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