Elizabeth Martichoux, lauréate du Prix Philippe Caloni 2017 - Prix de l’Intervieweur de l’Année

Publié le mardi 12 décembre 2017


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Pour la onzième édition du Prix et le dixième anniversaire de sa création, le Jury a tenu à distinguer Elizabeth Martichoux pour sa maîtrise de l’art de l’entretien dans « L’INVITE DE RTL », qu’elle assure en direct du lundi au vendredi à 7H45 dans la matinale de RTL.

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Elizabeth Martichoux s’y démarque par un style direct, une grande rigueur dans la connaissance de ses sujets et un questionnement jusqu’au-boutiste mais courtois de ses invités de tous horizons. Elle démontre son souci constant de délivrer une information précise et de qualité aux auditeurs, avec détermination et calme. Journaliste émérite et reconnue dans le paysage audiovisuel français, Elizabeth Martichoux a installé « L’INVITE DE RTL » comme un rendez-vous phare de la matinale de la station.


Les réactions de Thierry Demaizière et Jean-Jacques Bourdin, membres du jury du Prix Philippe Caloni

« Le Prix Philippe Caloni récompense avant tout cette année, une journaliste qui pose les bonnes questions car elle travaille et connaît ses dossiers. Le choix d’Elizabeth Martichoux comme intervieweuse de l’année 2017 rectifie le seul défaut de ce prix, d’être trop masculin, récompense la rigueur et répare peut-être une injustice : c’est sûrement parce qu’Elizabeth Martichoux est une femme qu’on a mis tant de temps à lui confier une interview à une heure de très grande écoute. » Thierry Demaizière.

« Le choix fait par le Jury de distinguer Elizabeth Martichoux comme intervieweuse de l’année 2017 est un très bon choix ! J’aime l’interview précise et justement ses interviews le sont en plus d’être sans esbroufe aucune ! Elle travaille elle-même ses sujets et elle les maîtrise, je suis très heureux qu’elle soit distinguée dans ce genre journalistique. » Jean-Jacques Bourdin.

A propos du dixième anniversaire de la création du Prix Philippe Caloni

« Si le prix Philippe Caloni a réussi à s’imposer depuis 10 ans c’est grâce à son éclectisme, cette capacité à dépasser les chapelles en récompensant aussi bien des journalistes de France Culture ou de RMC, du service public ou du secteur privé et en s’ouvrant à tous les domaines.
Le prix a su aussi récompenser plusieurs types d’interviews, celle du direct qui nécessite pugnacité et réparties ou celles que je pratique qui s’apparentent plus au métier de portraitiste. C’est aussi une des qualités de ce Prix que de ne pratiquer aucun sectarisme. Au fond, le prix Philippe Caloni porte les qualités requises à tout bon intervieweur : être ouvert à tout, être curieux de tout, n’avoir aucun a priori. » Thierry Demaizière, Lauréat 2014 du Prix Philippe Caloni

« Le prix Philippe Caloni, qui récompense l’intervieweur de l’année est indispensable au paysage audiovisuel français. L’interview est un genre bien déterminé, à part et essentiel dans le métier de journaliste. L’interview est le révélateur de tous les hommes et femmes politiques, et notamment l’interview en direct, il n’y a pas de fuite possible ! Le rôle de l’intervieweur est d’empêcher son interlocuteur de prendre des chemins de traverse et d’obtenir des réponses. Dans l’art de l’entretien, ce n’est pas la première question qui est la plus importante, mais la deuxième ou la troisième qui comptent pour obtenir une vérité ! » Jean-Jacques Bourdin, lauréat 2010 du Prix Philippe Caloni


D’une famille originaire de la Creuse, Elizabeth Martichoux est née en 1961 à Paris. Elle passe son enfance près de Fontainebleau au sein d’une fratrie de 4 frères et sœurs. Très tôt, elle n’a qu’une idée en tête : devenir journaliste ! En 1982, elle sort diplômée de l’Ecole Supérieure du Journalisme de Lille (ESJ).

C’est à la radio sur les ondes de France Inter qu’elle débute en tant que stagiaire avant d’être embauchée en 1984. Elle y fera ses armes en tant que reporter. En 1991, elle arrive sur Europe 1 et, pendant dix ans, de la présentation des journaux à l'animation des magazines, elle s’affirme comme l’une des voix les plus populaires de la station.

Elizabeth Martichoux rejoint ensuite RTL au service économique. En 2006, la station lui confie les rênes du journal de 08h00 qui atteint des records d'audience avec près de deux millions d'auditeurs. De 2011 à 2013, elle co-anime le journal de la mi-journée, Les Auditeurs ont la parole, avec Laurent Bazin puis Vincent Parizot.

Son travail est consacré en juillet 2013 lorsqu'elle est nommée rédactrice en chef du service politique de RTL . A la rentrée 2015, la station lui confie une nouvelle mission avec la présentation de l'émission politique Le Grand Jury RTL- LCI - Le Figaro où elle mène les débats. En septembre 2016, elle échange avec Olivier Mazerolle son fauteuil du Grand Jury contre celui de l'Interview politique de 07h50 sur RTL Matin. A l’automne 2016 puis en janvier 2017, Elizabeth Martichoux fait partie des trois journalistes (TF1, RTL, le Figaro et L’Obs) qui ont interviewé les candidats à la Primaire des Républicains d’abord, puis à celle de la Belle Alliance populaire en vue de l’élection Présidentielle 2017.

Parallèlement, la journaliste fait une incursion sur le petit écran dès 1993 avec l'émission Ruban rouge sur France 3. Durant deux ans, elle présente cette émission consacrée aux malades du Sida. Après un long passage par France 5, elle arrive sur LCP, en 2008, pour prendre les commandes de l'émission mensuelle État de santé.

Elizabeth Martichoux a publié deux ouvrages : Ces Femmes qui nous gouvernent (co-écrit avec Catherine Mangin, 1991) et Les Journalistes (2003).

Nous vous livrons en exclusivité une interview d’Elizabeth Martichoux, onzième lauréate du Prix Philippe Caloni, réalisée par Léa Salamé (lauréate 2015 et membre du Jury), le 5 décembre 2017.


Photo: Prix Caloni / Patrice Fabour

Léa Salamé (L.S.) : Félicitations Elizabeth ! ...

Elizabeth Martichoux (E.M.) : Merci !

L.S. : Vous semblez heureuse d’avoir le Prix Philippe Caloni !

E.M : Oui, d’avoir cette reconnaissance évidemment c’est toujours gratifiant ! Je suis très flattée d’avoir ce Prix Philippe Caloni que j’ai connu en plus, j’ai eu cette chance !

L.S. : Qu’est-ce que vous avez ressenti quand Jean-Noël Jeanneney vous a appelée en vous disant « Bonjour Elizabeth Martichoux, vous êtes la lauréate 2017 du Prix Philippe Caloni ? »

E.M : D’abord il y a eu « Bonjour Elizabeth Martichoux ! » et je m’attendais à ce que l’on parle d’une interview à venir ! Et ensuite « Vous êtes la lauréate ! » Très honnêtement, je n’ai pas fait tout de suite la connexion entre Jean-Noël Jeanneney que je connais par ailleurs – il a été le patron de Radio France ! – et le Prix. Ensuite Philippe Caloni, cela a évoqué tout de suite un journaliste que j’ai connu alors que j’étais stagiaire à France Inter, dans ces années-là, on a évidemment une vision à la fois fantasmée, très admirative et très lointaine des intervieweurs puisqu’il « incarnait » l’interview à l’époque … et là j’ai compris : j’ai le Prix, je me dis chouette, super !!!

L.S. : Quelle image avez-vous de Philippe Caloni ?

E.M : C’était une voix - la radio c’est d’abord la voix - et lui il avait une voix fantastique. Il était d’une bienveillance absolue à l’égard de ceux que nous étions à l’époque, ces armées de petits stagiaires qui sortaient des écoles de journalisme et qui voulaient en découdre, qui découvraient la maison de la radio. Je me rappelle vraiment de la géographie des lieux, elle n’a pas beaucoup changé, c’est toujours rond, mais franchement les locaux étaient aussi peu accueillants que possible. Ce qui me revient en mémoire tout de suite c’est le rire, c’est la joie après la matinale, le rendez-vous joyeux entre tous ces mecs !

Les générations étaient plutôt mélangées, il y avait des jeunes, des moins jeunes et Caloni qui restait après sa matinale sur laquelle il régnait à l’époque.

L.S. : Est-ce que la manière d’interviewer a changé depuis Philippe Caloni ?

E.M : Je pense que le journalisme a beaucoup changé, et pour ma part je suis tout à fait contre les déclinistes. Le journalisme a beaucoup progressé. On a gagné en indépendance, on a gagné en impertinence, on a gagné en rythme, en qualité et en exigence. L’interview, à proprement parler, il y a moins de déférence aujourd’hui. Le contrepoids de tout cela, c’est qu’il y a beaucoup de fausse impertinence !
L.S. : L’impertinence, vous n’aimez pas beaucoup, vous dites « je préfère la pertinence à l’impertinence ! »

E.M : Oui, c’est un peu un gimmick ! Ce que je n’aime pas, ce que je ne pratique pas, du moins ce que j’essaie de ne pas pratiquer, c’est l’impertinence pour l’impertinence, cette espèce de narcissisme qui consiste à poser une question qui vous fait plaisir et qui n’apporte rien aux auditeurs. En radio, et pas seulement en radio, à RTL en particulier, il y a une grande humilité par rapport à l’auditeur, une grande humilité parce que l’on en a beaucoup (des auditeurs, comme d’autres…) et parce si on a beaucoup dit que RTL est une radio populaire – un compliment - effectivement, on s’adresse à l’auditeur populaire qui a besoin d’avoir une information, et pas une discussion de salon ! En réalité je fais attention à ce que l’impertinence ne soit pas gratuite, et je n’ai pas le monopole de la pertinence, c’était une formule…

L.S. : Quand ils vous répondent à côté, vous les prenez, vous ne les lâchez pas, vous tapez sur les doigts quand il faut !

E.M : Je joue avec les mains ! il y a beaucoup de mouvements des doigts comme des injonctions…

L.S. : Vous êtes méditerranéenne ?

E.M : Pas du tout, je suis creusoise !

L.S. : Et pourtant, vous parlez avec les mains !

E.M : Je parle beaucoup avec les mains ! Quand on est à la télévision, on a les mains pour s’aider, le corps aussi qui est dans l’interview, qui agit, qui interagit avec l’invité. Mais en radio on n’a que la voix, on a beau faire des gestes, si on est déstabilisé, si il y a un blanc, on n’a rien pour se rattraper… ce qu’il y a de génial en télé, en cas de petit problème, une question qui ne plaît pas, la nécessité de vous reprendre… hop, un petit jeu de mains, une petite expression du visage, et vous faites passer ça !

L.S. : Il y a une étrangeté qui vous concerne, c’est que vous êtes une journaliste politique, émérite, reconnue depuis des années et la France vous a découverte cette année à la télévision quand vous avez animé les débats de la Présidentielle sur TF1 ?

E.M : Ce n’est pas une étrangeté, c’est normal, c’est logique, je suis journaliste politique à la radio depuis une petite poignée d’années seulement. J’ai d’abord été reporter, on passe tous par-là ! Et j’ai surtout été présentatrice, transversale, j’ai fait en permanence des interviews politiques dans un journal d’information mais ce n’est pas une interview politique à proprement parler, on ne la construit pas de la même façon, ce n’est pas le même écrin, ce n’est pas non plus la même attente du côté de la caméra ou de la radio. Et puis par ailleurs, j’ai fait de la télévision depuis longtemps mais sur des magazines de niche, thématiques, et pas en prime time donc il n’y avait aucune raison que le grand public me connaisse ! Effectivement, beaucoup m’ont « découverte » - c’était drôle à mon âge ! - mais cela me correspond bien, je suis d’une maturation lente !



A propos du Prix Philippe Caloni 

Le Prix Philippe Caloni est l’unique distinction récompensant l’interview en France. Créé en 2007 par sa famille et ses amis professionnels, avec le soutien de la Scam, Société civile des auteurs multimedia, le Prix Philippe Caloni a déjà distingué Frédéric Taddeï (2007), Emmanuel Laurentin (2008), Nicolas Demorand (2009), Jean-Jacques Bourdin (2010), Jean-Michel Aphatie (2011), Anne-Sophie Lapix (2012), Marc Voinchet (2013), Thierry Demaizière (2014), Léa Salamé (2015), Thierry Ardisson (2016).
Le jury 2017 du Prix Philippe Caloni, présidé par Jean-Noël Jeanneney, était composé de Thierry Ardisson, Jean-Jacques Bourdin, Edouard-Vincent Caloni, Thierry Demaizière, Jacques Esnous, Anne-Sophie Lapix, Emmanuel Laurentin, Emmanuel Moreau, Léa Salamé, Frédéric Taddeï et Marc Voinchet.


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Christine Morges : 06 08 25 67 76

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