Reconduction de Delphine Ernotte-Cunci ou l’heure de vérité pour le service public

Publié le mercredi 22 juillet 2020


image crédit photo : Matthieu Raffard

Audiovisuel et cinéma, Communiqué, Actu1


La Scam adresse ses meilleurs vœux de réussite à Delphine Ernotte-Cunci à l’occasion du renouvellement de son mandat à la présidence de France Télévisions. Avec ce choix le Conseil supérieur de l’audiovisuel offre au groupe audiovisuel public une stabilité dont il a besoin pour affronter les défis d’aujourd’hui et de demain.

La Scam tient à souligner qu’au cours des cinq années passées, la présidente de France Télévisions a respecté ses engagements concernant notre secteur, et s’est toujours montrée très à l’écoute. Elle a notamment décidé l’engagement de France télévisions, aux côtés des organisations d’auteurs et de producteurs, dans la négociation d’une charte tripartite pour encadrer leurs relations dans leur travail quotidien. Les autrices et les auteurs de la Scam qui attendent beaucoup de cet accord, ont bon espoir de le voir aboutir.

En cohérence avec la politique menée lors de son premier mandat, la Scam espère la poursuite mais aussi le renforcement du financement et de la programmation du documentaire, tous les genres de documentaires, et du reportage. Elle attend aussi le développement de l’offre numérique en adaptant les budgets afin que l’offre web-native de FTV puisse affronter la concurrence des plateformes tout en étant innovante et créative.

Le renouvellement du mandat de Delphine Ernotte-Cunci est l’occasion pour la Scam de rappeler la nécessité pour l’audiovisuel public de bénéficier d’un financement à la hauteur des enjeux. Renforcer les moyens de France télévisions, et aussi ceux de Radio France, est une priorité. Le montant de la contribution à l’audiovisuel public (138 € annuels en 2020) place la France loin derrière ses voisins allemand (210 €), britannique (170 €), et slovène (153 €). Ce rappel factuel est un plaidoyer sans appel pour sa revalorisation que le gouvernement s’entête pourtant à refuser.

En montrant leur intérêt pour les chaînes publiques pendant la crise sanitaire, les téléspectateurs ont indiqué au gouvernement la direction à suivre. Il est choquant que l’audiovisuel public qui a démontré - s’il en était besoin…- dans ce moment sans précédent son utilité en termes d’information, de création, et d’éducation, en un mot son utilité démocratique et républicaine, n’ait pas d’horizon au-delà de 2022, date à laquelle la taxe d’habitation disparaîtra. C’est pourquoi dans le cadre du projet de loi de finances 2021 et des mesures de relance, il apparaît primordial de sanctuariser le principe d’un financement ad hoc au moyen d’une redevance affectée, et d’en augmenter substantiellement le montant.

Au-delà de ces enjeux budgétaires fondamentaux, la Scam dont les autrices et les auteurs sont historiquement très attachés au service public, appelle de ses vœux un plan ambitieux pour l’audiovisuel public avec une vision de ce que doit être la télévision, linéaire et délinéarisée, en ces temps de globalisation des médias, de souveraineté culturelle et d’indépendance éditoriale de plus en plus menacées. Il y a urgence à agir.

L’existence du service public procède d’une volonté politique. Elle s’exerce de manière paradoxale en ne donnant pas à celui-ci les moyens des ambitions affichées par les gouvernements et la représentation nationale, et celles exprimées dans la loi et les cahiers des missions et des charges. La crise sanitaire a permis de prendre la mesure de la nécessité vitale de donner les moyens à l’audiovisuel public de remplir ses missions. Pour aider à penser le présent et l’avenir, il a l’ardente obligation de proposer un regard exigeant, documenté, créatif, en somme un regard éclairé sur un monde tourmenté par de multiples crises. Le gouvernement a celle de lui en donner les moyens.

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Astrid Lockhart - 01 56 69 64 05 - 06 73 84 98 27 - astrid.lockhart@scam.fr

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