À la belle étoile, venez (re)découvrir des pépites mythiques de l’histoire de la radio, dénichées dans les archives de l’INA. Construite cette année sur le thème Le jour tombe, la nuit se lève – programme réalisé par Karine Le Bail – la Nuit de la radio s’installe sur les hauteurs de Lussas pour une immersion sonore avec les sans-sommeil.

Une expérience d’écoute collective à la belle étoile dans le cadre des Etats généraux du film documentaire de Lussas, du 19 au 25 août 2018.


La nuit fait un pas. Les choses de l’ombre vont vivre.

Victor Hugo

« Il n’y a plus de nuit », s’alarment les astronomes : la voûte céleste, vaincue par la clarté artificielle des villes, se dérobe toujours plus à nos yeux.

« Il n’y a plus de nuit », disent les sans-sommeil, comme les appelait affectueusement Macha Béranger : la radio qui s’invitait dans les demeures, au creux de la nuit, a déserté les ondes.

D’une nuit, l’autre, entre effacement et disparition, voici peut-être remise en jeu une certaine manière de voir le monde – celle où le jour, perdant l’avantage, laisse la nuit renverser l’ordre des choses et ouvrir un espace pour l’indistinct, l’indéterminé, le possible.

Longtemps, je me suis promenée dans les archives sonores pour écouter le jour tomber, et la nuit se lever. Ici, Duras est intervieweuse de rêves, Cendrars, compositeur nocturne d’une symphonie des bruits du monde, et Bachelard, spécialiste en « valeurs inconscientes ». On y rencontre un ciel étoilé, une vierge de minuit, un chanteur insomniaque, une médium, ses fantômes, et bientôt la « lumière tremblée de l’aube ».

Là, s’entr’ouvrent des alcôves radiophoniques où des voix se parlent et se répondent à travers de longs silences – on a moins peur du silence, la nuit.

Karine Le Bail, historienne, autrice radio.

Un événement proposé par la Scam* en partenariat avec l’Ina et Radio France, dans le cadre des États généraux du film documentaire de Lussas.

Attention : pré-inscription obligatoire à l’accueil public du festival, places limitées.

Navettes gratuites place de l’église à Lussas : 19h15, 19h45, 20h, 20h30


Le programme de l’édition 2018 a été conçu par Karine Le Bail

Historienne, chercheuse au CNRS et enseignante à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Karine Le Bail s’intéresse aux formes d’engagement des professions artistiques au XXe siècle dans une perspective d’histoire socioculturelle, publiant notamment La musique au pas. Être musicien sous l’Occupation (« Prix de la Critique » 2016), Pierre Schaeffer, les constructions impatientes (CNRS Éditions, 2012), Jean-Louis Barrault, une vie sur scène (Flammarion, 2010). Son long compagnonnage avec les mondes de l’art et de la radio – elle a produit durant plus de vingt ans sur France Musique l’émission d’archives sonores et musicales Les Greniers de la mémoire – a nourri une pensée originale sur le son et l’écoute qui aboutit en 2018 à la création de « Saisir le son / On Sound », pôle de recherche et de création pluridisciplinaire sous l’égide du CNRS. Elle est membre du Conseil d’administration de la Scam, au titre du Collège sonore.

Avec le concours de

Annie Lauzzana, documentaliste INA

Frédéric Fiard, monteur/mixeur

Benoît Delbecq, musique du générique

Plusieurs écoutes collectives