Voir un film en salle – et c’est la raison d’être de ce festival – c’est focaliser son regard bien plus efficacement que devant son écran personnel, smartphone, ordinateur ou télé, lorsque la vie tout autour dissipe l’attention. Voir un documentaire, c’est à un moment donné, le temps du film, réduire le monde réel à une histoire, une scène, un personnage. Le réel ramené à l’écran, modelé par l’œil d’un auteur ou d’une autrice avec son point de vue assumé, n’en devient que plus vrai.

Rémi Lainé - Réalisateur et président de LaScam

Vrai de vrai ! C’est le nouveau nom de notre festival annuel, Les Étoiles du documentaire, qui revient en novembre pour sa 17ème édition.

Vrai de vrai, la vocation des Étoiles de la Scam, c’est offrir un panorama de la diversité documentaire et ouvrir une fenêtre sur le monde dans ce qu’il a de meilleur… et parfois de pire.

Vrai de vrai, c’est inviter les amateurs, les amatrices, les spectateurs de tous genres, les citoyens, les actrices du monde de demain, à entrer dans une salle de cinéma pour y découvrir d’autres points de vue.

Le Festival Vrai de vrai, c’est la grande fête du documentaire, du vendredi 4 au dimanche 6 novembre, au Forum des Images à Paris. Et c’est gratuit (vrai de vrai !).

Affiche du Festival Vrai de Vrai 2022 – crédit photo Heiða Helgadóttir – Design Catherine Zask

Affiche festival Vrai de Vrai 2022
photo Heiða Helgadóttir - design Catherine Zask

Contact presse : astrid.lockhart@scam.fr – 06 73 84 98 27

Auteur, réalisateur, producteur, enseignant, Jean-Marie Barbe est avant tout un « passeur de films documentaire d’auteur », et c’est avec reconnaissance que le conseil d’administration de la Scam lui a attribué le Prix Jean-Marie Drot 2022.

Auteur, Jean-Marie Barbe a réalisé une quinzaine de films documentaires, depuis Benleù Ben, la tradition orale en Cévennes (1979), jusqu’au portrait de Chris Marker, Chris Marker never explain never complain, avec Arnaud Lambert (2014). Citoyen du monde enraciné en Ardèche, il nourrit la conviction de rester en milieu rural afin de le transformer par le cinéma. Sous son impulsion, le festival Cinémas des pays et régions voit le jour en 1978.

Producteur, il crée en juin 1983 la société de production audiovisuelle Ardèche Images production qui compte à son catalogue plus d’une centaine de films réalisés par plus de quarante cinéastes, dont André S. Labarthe, Pierre Oscar Lévy, Christopher Walker, Caroline Buffard, Joëlle Janssen, Jacques Deschamps…

Passeur de films documentaires, Jean-Marie Barbe est à l’origine en 1988 du premier festival consacré au documentaire de création, Les États Généraux du film documentaire, à Lussas en Ardèche. Depuis, il n’a eu de cesse de poursuivre son action en développant une véritable « cité » du documentaire dans le village de Lussas : un pôle édition et distribution avec Doc Net Films, un pôle information avec Film-documentaire.fr, un pôle formation avec L’Ecole du doc, un pôle d’actions internationales avec DocMonde et Lumières du Monde… Dernière-née, la plateforme de S-VOD Tënk, spécialisée dans le documentaire de création, qu’il fonde en juillet 2016 et compte aujourd’hui 10 000 abonnés.

Ce Prix porte le nom de Jean-Marie Drot, membre fondateur et président de la Scam de 1995 à 1999, défenseur inlassable des arts, de la diversité culturelle et du droit d’auteur. Il honore celles et ceux qui, par leur engagement, œuvrent en faveur des autrices et des auteurs, de la culture et de la création.

Contact presse

Astrid Lockhart – 06 73 84 98 27 – astrid.lockhart@scam.fr

On peut ne pas adhérer à toutes vos saillies, n’empêche, quand vous l’ouvriez, ça avait de la gueule.

A Yvonne Baby, autre grande disparue de l’année qui vous interrogeait en mars 1960 sur A bout de Souffle, vous lâchiez : « Ce film est un documentaire sur Jean Paul Belmondo et Jean Seberg ».

« Jean Luc Godard n’a jamais opposé fiction et documentaire. Pour lui, un film, c’est d’abord voir, avant d’écrire et filmer. C’est un documentaire avec des acteurs, le personnage est d’abord filmé « documentairement » : telle est la clé pour rentrer dans le cinéma de Godard, sa marque de fabrique » analyse Marc Cerisuelo, professeur d’études cinématographiques à l’Université Gustave Eiffel.

En 1959, à propos de Moi un Noir, film de Jean Rouch, vous écriviez dans les Cahiers du Cinéma : « Mettons les points sur les “i”. Tous les grands films de fiction tendent au documentaire, comme tous les documentaires tendent à la fiction ».

Vous remettiez le couvert, si j’ose dire, en 1992 dans un entretien avec Artavazd Pelechian dans Le Monde : « Aujourd’hui la différence entre documentaire et fiction, entre un film documentaire et un film du commerce, même s’il se dit artistique, c’est que le documentaire a une attitude morale qui n’existe plus guère dans le film de fiction. La Nouvelle Vague a toujours mêlé les deux, nous avons toujours dit que Rouch était passionnant parce qu’à force de documentaire il fait de la fiction, et que chez Renoir, à force de fiction, il fait du documentaire ».

On vous salue Godard, membre de la Scam depuis 1989. Parmi la trentaine d’œuvres  dont vous nous avez déclaré les droits, citons :  la série « Histoire(s) de cinéma » avec « Toutes les histoires », « Une histoire seule », « Seul le cinéma », « Fatale Beauté », « La Monnaie de l’absolu », « Une vague nouvelle », « Le Contrôle de l’univers », « Les Signes parmi nous »… et la série « Six fois deux / Sur et sous la communication », réalisée aux côtés de Anne-Marie Miéville.

Rémi Lainé, réalisateur, président

Pour son podcast L’Île sous la mer, Camille Juzeau est allée à la rencontre de collégiens et de collégiennes sur l’île de Petite-Terre à Mayotte. En nous dévoilant les coulisses de son enregistrement, elle nous raconte une terre secouée, entre tremblements de terre et violence, où la jeunesse îlienne dévoile des chemins de vie empreints de ces réalités qui s’entrechoquent, mais n’empêchent finalement pas les histoires d’enfant d’exister.

Tout au bout de l’île de Petite-Terre, 12 kilomètres carrés accrochés au flanc ouest de Mayotte et reliés par une barge, le collège de Pamandzi est déjà un peu sur les hauteurs.
Je dois y rencontrer des élèves de troisième pour le podcast que je suis venue enregistrer ici. À l’accueil, ils ont l’air préoccupés. Des parents sont là, des enseignants, les discussions semblent animées. Le professeur d’histoire-géo me cueille quelques minutes plus tard et m’explique : « Un règlement de compte est survenu hier soir dans le quartier : deux gamins de 12 ans ont été assassinés, décapités par d’autres du même âge. »

Il poursuit : « Une bonne partie des parents n’ont pas voulu laisser leurs enfants venir au collège ce matin, ils s’inquiètent pour leur sécurité. Ces derniers temps les violences ont augmenté, la Covid n’a pas aidé. » Nous sommes en janvier 2021, entre deux confinements. Tandis qu’il me parle, nous montons à l’étage, vers les classes. J’aperçois le proviseur par la porte ouverte de son bureau, il est au téléphone, l’air un peu dépassé par la situation.

Le professeur d’histoire-géo est calme, lui. Je lui dis que je peux revenir plus tard dans la semaine, mais il a déjà ouvert la porte d’une classe. Aux dix élèves présents, il demande : « Coucou les jeunes, qui veut parler du nouveau volcan au micro de la dame ? » Ça ne se bouscule pas, timidité des adolescents. Il en interpelle un ou deux gentiment, qui se lèvent, finalement pas mécontents. Je me dis que c’est pour eux une bonne excuse pour sécher le cours de SVT qui débute. Même chose dans la classe attenante où je me retrouve avec sept collégiens qui me sourient et chahutent entre eux. Ces mêmes collégiens qui connaissent sûrement les victimes ou les bourreaux des sinistres événements de la veille.

J’ai coupé la clim pour le son, et la chaleur envahit la salle de classe du préfabriqué où nous nous sommes installés. Djounaidi, 14 ans, s’est proposé pour commencer. Tout en faisant les tests micro je lui demande comment il va et il me raconte que ce sont ses cousins qui ont été tués. Ça s’est passé sur la colline de Pamandzi, derrière l’école, là où il habite.

Ces collines, couvertes de végétation haute, abritent des maisons en tôle, les bidonvilles de Mayotte sur Petite-Terre et Grande-Terre. Y logent surtout les Comoriens sans papiers. Dans la jungle, les descentes de police sont moins aisées.
Djounaidi est d’Anjouan. Soixante-dix kilomètres de mer séparent cette île des côtes françaises de Mayotte. Soixante-dix kilomètres que ses parents et lui, petit à l’époque, ont traversé de nuit, à bord de « kwassa-kwassa », minuscules bateaux de pêche. Le prix de cette périlleuse traversée ? Entre 700 et 1 000 euros, l’équivalent d’une année de travail aux Comores, l’un des pays les plus pauvres du monde. Une somme que beaucoup de Comoriens, aspirant à rejoindre les côtes françaises, continuent de payer aux passeurs aujourd’hui.

Le département, qui comptabilise la moitié des reconduites aux frontières françaises, a vu croître le nombre de mineurs isolés sur l’île. En 2015, le Défenseur des droits en recensait 3 000, sans famille et sans papiers. Sans ressources. Alors il y a l’errance, et la baston. Ça le met en colère, Djounaidi, cette violence qui défigure son île. La violence qui colle à la peau est là, latente, tout autour d’eux.

Mais dans ce préfabriqué où nos peaux sont déjà moites et où nos masques collent au visage, ce n’est pas cette histoire que je suis venue lui faire raconter. Alors je lui pose les questions que j’ai griffonnées sur un carnet : l’île comment est-elle ? Et la mer ? Et ce volcan sous-marin qui a surgit d’un coup au large de Petite-Terre ?

Il se prête au jeu facilement, raconte les tremblements de terre qui ont secoué l’île depuis 2017 ; la montée des eaux, l’inondation des routes ; l’arrivée des scientifiques de métropole à bord du Marion Dufresne, le bateau d’étude océanographique et de ravitaillement des Terres australes et antarctiques françaises. Mais il conte aussi ses excursions avec ses frères et sa sœur autour de l’ancien cratère devenu lac, vert fluo et acide ; les histoires que sa mère lui rapporte, les souvenirs qu’elle a de sa vie sur l’île comorienne ; sa grand-mère, restée là-bas et qu’il n’a pas revue depuis des années ; les nuits où il observe les étoiles et qu’il se prend pour un pirate, et les matins où les oiseaux multicolores piaillent à ses fenêtres. Sa sœur qui veut devenir ornithologue et lui policier.
Sa réalité : tout cela à la fois.

Sur la barge, je divague en regardant la mer, chargée de chacune des histoires qui constituent la complexité d’un réel, qu’un documentaire ne peut qu’effleurer, et pourtant.

Camille Juzeau

Puis chacun des six autres avec leurs mots sortis de l’enfance racontent les évolutions liées à la naissance du géant sous-marin qui a fait perdre douze centimètres à leur île. Ça charrie gentiment, certains sont timides, d’autres attirés par le micro. On a ri, finalement, cet après-midi-là. Ils ont pensé un peu à autre chose, c’est ce que je me dis.

En reprenant la route en sens inverse, en fin de journée, je marche longuement le long de la nationale, guettant un bus censé passer en ce lieu. On m’a dit de ne pas traîner dans les parages. Alors quand, à un angle de rue, j’aperçois un gars qui s’approche de sa voiture et me voyant un peu perdue me fait signe de monter, je n’hésite pas. En roulant vers la mer, il me parle. Il me dit qu’il vit là, à Petite-Terre, depuis cinq ans. Il a fui la Syrie, réfugié politique. On doit avoir à peu près le même âge. Il me parle des fêtes qui ont lieu ici, et me propose de revenir le samedi suivant.

Sur la barge, je divague en regardant la mer, chargée de chacune des histoires qui constituent la complexité d’un réel, qu’un documentaire ne peut qu’effleurer, et pourtant.

J’élague des parties entières du réel pour construire une bonne histoire.

Camille Juzeau

Paris, quelques semaines plus tard. Face à mon ordinateur, je coupe et découpe les paroles, les mots, les ambiances de la mer ou des oiseaux enregistrés à Mayotte. Je réécoute Djounaidi, le professeur d’histoire-géo… Et aussi la dame mahoraise qui m’a ouvert sa maison – alors que ces maisons sont difficiles d’accès aux blancs – et qui, malgré sa gentillesse, s’énervait pourtant que trop de Comoriens transforment l’île autrefois si calme. La faute, pensait-elle, leur revenait. J’élague des parties entières du réel pour construire une bonne histoire. Un récit avec un début percutant, des cliffhangers et des scènes fortes, car il faut embarquer l’auditeur.

Mais face à mon écran, j’ai encore en tête imprimés les yeux brillants de Djounaidi, celui qui se rêvait pirate.

***

Après des études en sciences du vivant et en histoire et philosophie des sciences, Camille Juzeau se lance notamment dans le journalisme avec l’écriture de chroniques pour Radio France, avant de devenir autrice et réalisatrice de ses premiers podcasts, et d’ajouter à ses compétences celle de productrice. En parallèle, elle poursuit ses nombreuses collaborations à la radio.

La Scam affirme la place singulière des auteurs et des autrices dans la société. Astérisque en est le porte-voix.

À l’occasion du festival Frames 2022, le Prix de la vulgarisation de la Scam a été décerné à Emmanuel Gougeon, chaîne Feedback Chroniques,  pour son œuvre Des Mythes au storytelling : pourquoi ce besoin de nous raconter des histoires ?


Des mythes anciens aux écrans publicitaires, des contes fantastiques aux campagnes présidentielles, les récits font partie de ces choses auxquelles on ne prête pas beaucoup d’attention bien qu’ils nous accompagnent depuis nos origines, traversent nos sociétés, influencent notre quotidien. Alors essayons de considérer, non pas comme une évidence, mais comme une curiosité, le fait que les récits et les fictions narratives occupent à ce point nos esprits.

Emmanuel Gougeon

Après avoir effectué un master en science politique et sociologie à l’université Lyon 2 puis un master en histoire des sciences et des techniques à l’EHESS, j’ai voulu prolonger les recherches que j’avais entreprises sur la circulation des savoirs à un niveau plus expérimental, en travaillant à la diffusion des sciences sociales, dans une optique interdisciplinaire et auprès du grand public. Ce projet a abouti aux chroniques Feedback.

Lien vers la chaîne
(suite…)

Accords signés entre OCS, les syndicats de producteurs et distributeurs audiovisuels et les sociétés d’auteurs.

OCS, les syndicats de producteurs et distributeurs audiovisuels (AnimFrance, SATEV, SEDPA, SPECT, SPI et USPA) et les sociétés d’auteurs (SACD et Scam) ont conclu des accords interprofessionnels dans le cadre des décrets n°2021-1924 du 30 décembre 2021 et n°2021-793 du 22 juin 2021.

Acteur important et singulier de la production audiovisuelle depuis plus de 10 ans, comme en témoignent ses deux labels de création « OCS Signature » et « OCS Originals », OCS a souhaité porter son obligation d’investissement dans la production audiovisuelle patrimoniale de 6 à 7% du chiffre d’affaires net de l’exercice précédent pour soutenir une politique éditoriale ambitieuse et diversifiée.

Les parties se sont mises d’accord sur un certain nombre de modulations de la contribution d’OCS autorisées par les décrets.

Les accords conclus entrent rétroactivement en vigueur au 1er janvier 2022, pour une durée de trois ans. OCS, les syndicats de producteurs et distributeurs audiovisuels (AnimFrance, SATEV, SEDPA, SPECT, SPI et USPA) et les sociétés d’auteurs (SACD et Scam) se félicitent du renouvellement de leur partenariat au bénéfice de la création française.

contacts presse

Scam – Astrid Lockhart – astrid.lockhart@scam.fr – 06 73 84 98 27
OCS – Isabelle di Costanzo – isabelle.dicostanzo@orange.com – 06 08 71 42 99
OCS – Ludovic Gottigny – ludovic.gottigny@orange.com – 06 77 07 10 28
SACD – Agnès Mazet – agnes.mazet@sacd.fr – 06 85 12 29 59
AnimFrance & Uspa – Stéphane Le Bars – s.lebars@uspa.fr – 06 60 23 53 96
Satev – Florence Braka – f.braka@ffap.fr – 06 03 51 70 18
Sedpa – Emmanuelle Jouanole – ejouanole@terranoa.com – 06 33 68 36 54
Spect – Vincent Gisbert – vincentgisbert@spect.fr – 06 18 01 54 34
SPI – Emmanuelle Mauger – emauger@lespi.org – 06 63 01 83 06

Depuis quarante ans, la Scam s’est construit une identité visuelle forte : son site, scam.fr, sa revue, Astérisque, ses créations graphiques portent haut l’ensemble de ses engagements. Mais, alors qu’elle incarne le réel à travers l’image ou le texte, il lui manquait de se raconter par le son.

Retour sur un voyage créatif et sensoriel, aux côtés de l’autrice-compositrice et documentariste sonore Marie Guérin. Elle a capté les bruits du monde mêlés aux motifs musicaux qu’elle a façonnés pour créer l’identité sonore de la Scam.

La glaneuse

Formée, en partie, à l’Institut national de l’audiovisuel, Marie Guérin y aborde les notions techniques et physiques relatives à l’onde sonore. Puis, elle intègre la classe d’électroacoustique de la compositrice Christine Groult, au Conservatoire régional de Pantin, où elle étudie ce que l’expérimentation dite schaefferienne — du nom de Pierre Schaeffer, connu comme le père de la musique concrète — nomme « l’écoute réduite », et dont ces classes sont l’héritage. Marie apprend à tresser un discours, une composition, dans ce que François Bayle, autre pionnier expérimentateur de cette musique, appelle « un aller-retour incessant entre le geste et l’oreille ».

Piocher dans le réel son caractère musical, lors d’une cueillette, d’une capture dans l’environnement sonore, chercher sa poésie « inouïe », comme la définit Schaeffer. Cette matière première collectée qui se transforme, se détourne, se coupe, se retouche, se monte pour que ces sons microphoniques deviennent des sons jamais entendus. C’est ainsi que Marie Guérin crée.

Pour cette nouvelle composition, l’artiste sort du studio, armée de son expérience de musicienne électroacoustique et de documentariste audio, et part capturer le réel, ces bruits du monde. Les prélever. Pour les (re)composer. Trouver sa gamme, les notes, les couleurs.

La signature sera un mélange entre des prises de son du réel, une mélodie jouée à la fois par des instruments acoustiques et des instruments virtuels, le tout façonné en studio par les outils de la musique électronique.

Durant plusieurs jours, Marie arpentera la nature, la ville, des terrains divers et multiples pour capter le bouillonnement de ce qui nous entoure et forger l’identité sonore d’un collectif d’auteurs et d’autrices du réel…

Bienvenue sur le chemin de la création.

Traduire et transposer l’identité de la Scam, recueillir et concentrer ses intentions, ses regards, ses envies, ses énergies, sa diversité, ses voix dans une signature sonore. Passionnant !

Marie Guérin

Jour 1 – La mise en mouvement

Point de départ : l’élaboration d’une partition, d’une formule, un motif comme une typographie sonore, un jeu de ponctuation… Une composition, certes, mais pas au sens classique du terme. Non. Marie Guérin chantonne. Une ritournelle. Inspirée de la tradition orale, populaire, elle sera la base de son travail, mais aussi celle d’une culture ancestrale, où la musique est conçue, organisée, enseignée, conservée en dehors de tout système d’écriture, et que Marie a à cœur de faire entendre. Travaillée avec les outils de la musique électronique, la mélodie sera posée, puis embarquée pour le début d’une autre marche, celle de la glaneuse en quête du réel, de la polyphonie du monde.

L’artiste décide d’entamer son voyage du côté de Montmartre. Équipée d’une enceinte Bluetooth pour rediffuser le motif musical sur le terrain, de son enregistreur, et de son micro qu’elle dit être sa plume, ses notes, sa gamme. Comme pour Charles Duvelle, ethnomusicologue et grand collecteur de musique populaire, « utiliser le microphone comme on utilise un instrument de musique ».

Elle grimpe vers la basilique du Sacré-Cœur. « Hakuna Matata », lui glisse un vendeur de bracelets brésiliens à la sauvette. Et ce sera à la sauvette que Marie poursuivra sa récolte… Elle rencontre Moncef, en haut de la butte, Bernardo et Maxence. Musiciens qui pour le plaisir du passant grattent leur guitare en échange de quelques pièces. Elle enregistre. Puis, rue des Trois-Frères, dans un immeuble soutenu par des étais, Jésus et Elloy. Elle boit une bière, fume une cigarette. Ce jour-là, Marie a recueilli le silence dans la basilique et la prière de l’un de ces flâneurs… Jésus a joué à la guitare la mélodie qu’elle a composée, diffusée sur l’enceinte. Marie éteint l’enregistreur.

Jour 2 – Se confronter au monde

Se fondre dans le réel. Capter ce qui étreint, accumuler et bâtir la banque de sons qui composera les fondations du corpus original. Y plonger le motif mélodico-rythmique. Bousculer la partition. Le travail de création et d’immersion se poursuit.

Suivant sa première inspiration, guidée par l’idée d’aller glaner au pied des street pianos — ces instruments placés dans la rue ou dans les espaces publics qui invitent le passant à jouer, à l’instant — Marie se rend gare Montparnasse, où elle croise Pierre. Assis au piano, il improvise La Lettre à Élise. Ensemble, ils tentent de reproduire la mélodie de Marie qu’elle diffuse et rediffuse comme un memento sur l’enceinte ambulante… Mais cela ne prend pas. Ce que l’on imagine, parfois, et ce que la réalité nous donne ne s’accordent pas toujours.

Marie voudrait pouvoir écrire une partition avec cette musique anecdotique, selon la formule de Luc Ferrari — représentant majeur dans les années 1960 de la musique concrète : un mélange de réel impromptu, fixé et composé de notes, de croquis, de photos, de citations, de ces substances capturées du terrain…  Il faut que l’instrumentarium se construise, trouver ce son de tête, chef de file de l’œuvre.

Jour 3 – Quand soufflent les voix

De cette matière amassée au son de ses escapades, Marie veut nourrir la mélodie d’une présence humaine. Des souffles, des voix, distinctes ou pas, qui bourdonnent, murmurent, glissent dans l’atmosphère. L’artiste cherche la rumeur, cet ensemble confus de bruits, de sons, au même instant, au même endroit. Elle part à la rencontre de la chorale La Tête à l’Est, dirigée par Corinne Ernoux. L’ensemble vocale se lance, les pépiements s’échappent alors de l’harmonie d’où vibre la note en accord continu. Quand le réel se met au service de la mélodie et qu’il devient grille et partition. Le corpus s’étoffe.

Jour 4 – Voyage dans le temps et l’espace

Retour à la gare Saint-Lazare, en immersion. Moumene, voyageur au street piano, rejoue la mélodie de Marie à l’oreille… Mais le piano est trop moderne. Sa tonalité ? La quintessence de la musique occidentale. Marie replonge alors à la genèse, lorsque la mélodie s’est imposée à elle. Cette ritournelle, ancestrale. Le serpent s’invite doucement dans ses pensées créatives. Courbé en S, percé de six trous, à la vibration cuivrée, dont les premières traces remontent à la fin du XVIe siècle, il a longtemps accompagné le chant liturgique et le chœur dont il renforçait la partie grave lors des offices religieux. Pour l’artiste, il incarne quelque chose d’atemporel, d’inclassable, datant d’une époque où la notation musicale était minimale, au plus juste de ce que représente pour elle la musique électroacoustique.

Dans le soin et l’énergie apportés à la confection d’un corpus original se joue déjà une intention forte. Dans les prises de sons, on entend le geste et son intentionnalité. Une clé est à trouver, là, dans le geste – si fort et chargé de responsabilité – de captation du réel.

Marie Guérin

Volny Houstiou, professeur de serpent et de tuba au conservatoire de Rouen, arrive à Paris pour accompagner Marie dans une nouvelle séance d’enregistrement. Déplacer l’instrument in situ. Pour cela, ils investissent la Scam, son porche, sa cour, ses caves, pour y tester différentes acoustiques. Puis, le brouhaha du parc Monceau voisin, entre quiétude et agitation, nœud d’énergie, où Volny se met à jouer au milieu d’un groupe de sportifs. Ça bruisse, palpite, bourdonne…

Pause. Se reprend le souffle.

Comme pour retourner à l’essence même de cet instrument immémorial qu’est le serpent, un dernier instant le consacre, dans l’église orthodoxe roumaine des Saints-Archanges, où le père Iulian les accueille, rue Jean-de-Bauvais dans le Ve arrondissement. Un dernier voyage. Dans le temps et l’espace. Pour capter cette sonorité sublimée dans ce lieu de sacre. La journée est finie. La quête aussi.

Dans le studio du compositeur électronique commencent maintenant le tissage, la composition à partir de ces matériaux. À assembler. Puis à mixer.

Jour 5 – Mise en boîte

La séquence de mixage, réalisé dans les studios du Groupe de recherches musicales — fondés en 1948 par Pierre Schaeffer sous le nom de Groupe de musique concrète, et qui reste aujourd’hui l’un des plus grands centres de musique électroacoustique — clôt cette partition pensée avec les bruits du monde. Avant-dernière étape durant laquelle Marie transpose ce corpus sonore vers la composition finale. Elle joue avec les sons, les étire, les mélange aux instruments électroniques.

L’identité se décompose puis se recompose en autant d’univers que d’usages. Pour la Scam, Marie a imaginé le son du logo animé jusqu’ici muet, un tapis sonore et des virgules qui viendront tour à tour rythmer les contenus vidéos et podcasts à venir de la société d’auteur.

La signature sonore est enfin là. Imaginée, conçue et créée dans ce passage étroit entre la musique et la voix, entre réalité et création, entre bruit du monde et arythmie instrumentale. Un travail délicat, réalisé grâce au savoir-faire et à la sensibilité de Marie Guérin et avec la complicité professionnelle du studio wave.audio, qui désormais fera vivre, et surtout vibrer la Scam.

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

Photographe, documentariste, auteur de fiction et même preneur de son, les casquettes ne manquent pas pour définir l’art du travail de Roger Pic. Mais ce qui caractérisait surtout ce boulimique d’images reste incontestablement sa foi en l’autre. Aujourd’hui, à travers le prix qui porte son nom, la Scam consacre cet explorateur visionnaire, militant du droit d’auteur, et, à travers lui, toute une génération de grands reporters. Retour en mots avec Rémi Lainé, président de la Scam, sur cet incroyable personnage, et en images avec un film retraçant les trente et un lauréats et lauréates qui depuis 1993 portent haut son héritage.

Pic en nous

Photographe dans la veine des plus grands, documentariste, pêcheur de sons, curieux des nouvelles formes de prise de vue, il a traversé son temps le regard aux aguets, avec épinglées au cœur les « vertus de l’espérance » selon les mots de Régis Debray, que reflètent la plupart de ses images. Si son approche des grands dirigeants révolutionnaires, Castro, Mao ou Hô Chi Minh lui a valu, suprême honneur, le titre décerné par la presse conservatrice d’« attaché de presse des barbares », il semble plutôt que tout de lui renvoie à l’humanisme, cette foi en l’autre qui rend le monde meilleur.

Né en 20 du nom de Pinard, ça ne s’invente pas, il s’est choisi comme pseudonyme Pic diminutif de picrate, « vin de piètre qualité » en argot. L’homme devait avoir chevillé à l’âme un certain sens de l’autodérision, cette belle marque de sensibilité et d’intelligence. Biberonné au Front populaire qu’il a vu émerger, épris de culture (« cinglé de théâtre » disait-il, il a engrangé 280 000 photos de scène), aventurier tout terrain et boulimique d’images, il s’est engagé très tôt dans un combat pour faire reconnaître le droit des preneurs de vues. Leur droit à gagner leur vie. Dans un métier très empreint d’individualisme, il s’est toujours inscrit comme un homme du collectif et c’est ce qui fait de lui un pionnier d’exception. Évangéliste du droit, il s’était alerté de la judiciarisation excessive de ses revendications qui, appliquées à l’excès, pourraient conduire un photographe à devoir payer pour prendre une vache dans un pré, « puisque la vache appartient à quelqu’un et le pré également ».

Penser qu’il aurait pu serrer la main de Clemenceau et que, sur ses vieux jours, il s’est intéressé à l’« immatriculation numérique des images » qui circulent sur internet, donne une idée de l’envergure et de la longévité du personnage. Il y avait chez cet homme un côté explorateur visionnaire. Lorsqu’il courait le monde, il opérait « … caméra à l’épaule, magnétophone sur le ventre, petite perche dans la ceinture pour le micro, sac à dos pour les magasins de la caméra 16mm, batteries de secours, appareil photo et pellicules, petite caméra de secours, un œil dans la caméra dans la main droite, l’autre dans le Leica tenu dans la main gauche ». À contre-courant des nostalgies annonciatrices d’aigreur, il a vécu – et on le comprend volontiers vu ce qui précède -, l’arrivée des caméras numériques « si légères et maniables » comme un apport décisif, « une renaissance ».

Roger Pic a été très tôt un compagnon de route de la Scam, la communauté des auteurs et autrices du réel créée il y a quarante ans. Que le prix photo qu’elle décerne chaque année porte son nom répond à un impératif organique, naturel. Il a décliné son art dans tous les répertoires qui sont aujourd’hui ceux de la Scam, le documentaire, le journalisme, la photo bien sûr, l’écrit, la radio, la vidéo. Nous, les 50 000 auteurs et autrices avons, même sans le savoir, toutes et tous en nous quelque chose de Roger Pic.

Rémi Lainé, réalisateur et président de la Scam

Ho Chi Minh (1890-1969) et Pham Van Dong (1906-2000). (Vietnam). Vers 1966. Photo Roger Pic / adoc-photos

Maria Callas (1923-1977). 1964. Photo Roger Pic / adoc-photos

Ernesto Che Guevara (1928-1967). 1963. Photo Roger Pic / adoc-photos

L’œuvre de Roger Pic illustre le passage entre la photographie humaniste et toute une génération de photojournalistes. À l’occasion des 30 ans du prix qui porte le nom de ce boulimique d’images, la Scam a réalisé un film présentant les trente et un lauréates et lauréats, toutes et tous témoins photographiques de leur époque. Retour sur trente ans d’histoire du réel.

Les lauréates et lauréats du prix

Baudouin Mouanda Prix Roger Pic 2022
photo Rochelle Boubelo

Baudouin Mouanda - 2022

Alexis Vettoretti
Photo Benjamin Géminel

Alexis Vettoretti - 2021

Sandra Reinflet
Photo Benjamin Géminel

Sandra Reinflet - 2020

Tomas van Houtryve Prix Roger Pic 2019
photo Tomas van Houtryve

Tomas van Houtryve - 2019 (ex æquo)

Denis Dailleux Prix Roger Pic 2019
photo Denis Dailleux

Denis Dailleux - 2019 (ex æquo)

Laura El-Tantawy Prix Roger Pic 2018
photo Laura El-Tantawy

Laura El-Tantawy - 2018

Romain Laurendeau -
Romain Laurendeau - Photo Droits Réservés

Romain Laurendeau - 2017

Pierre Faure Prix Roger Pic 2016
photo Patrick Cockpit

Pierre Faure - 2016

Vasantha Yogananthan Prix Roger Pic 2015
photo Cécile Poimboeuf-Koizumi

Vasantha Yogananthan - 2015

Anne Rearick Prix Roger Pic 2014
photo Miriam Rodriguez

Anne Rearick - 2014

Bruno Fert Prix Roger Pic 2013
photo Mélanie Kerloc'h

Bruno Fert - 2013

Cédric Gerbahaye Prix Roger Pic 2012
photo Stephan Vanfleteren

Cédric Gerbehaye - 2012

Christian Lutz Prix Roger Pic 2011
photo Alex Simha

Christian Lutz - 2011

Philippe Marinig Prix Roger Pic 2010
photo Laurent Parienti

Philippe Marinig - 2010

Michael Ackerman Prix Roger Pic 2009
photo Michael Ackerman

Michael Ackerman - 2009

Philippe Guionie Prix Roger Pic 2008
photo François Mouries

Philippe Guionie - 2008

Cédric Martigny Prix Roger Pic 2007
photo Laurence Brassamin

Cédric Martigny - 2007

Alain Turpault Prix Roger Pic 2006
photo Jean-François Bauret

Alain Turpault - 2006

Martin Kollar Prix Roger Pic 2005
Martin Kollar

Martin Kollar - 2005

Philip Blenkinsop Prix Roger Pic 2004
photo Philip Blenkinsop

Philip Blenkinsop - 2004

Olivier Culmann Prix Roger Pic 2003
photo Zéphir Culmann

Olivier Culmann - 2003

Guy Tillim Prix Roger Pic 2002
photo droits réservés

Guy Tillim - 2002

Tiane Doan na Champassak Prix Roger Pic 2001
photo Albane Dumas

Tiane Doan na Champassak - 2001

Jean-Claude Coutausse Prix Roger Pic 2000
photo Jean-Claude Coutausse

Jean-Claude Coutausse - 2000

Gérard Uféras Prix Roger Pic 1999
photo Jean Turco

Gérard Uféras - 1999

Christine Spengler Prix Roger Pic 1998
photo Christine Spengler

Christine Spengler - 1998

Éric Larrayadieu Prix Roger Pic 1997
photo Éric Larrayadieu

Éric Larrayadieu - 1997

Jane Evelyn Atwood Prix Roger Pic 1996
photo Sylvain Girard

Jane Evelyn Atwood - 1996

Marc Le Mené Prix Roger Pic 1995
photo Frédérique Lomba

Marc Le Mené - 1995

Giorgia Fiorio Prix Roger Pic 1994
photo Christian Jungwirth

Giorgia Fiorio - 1994

Patricia Canino Prix Roger Pic 1993
photo Sergei Pescei

Patricia Canino - 1993

Le jury de cette 30e édition a consacré Baudouin Mouanda pour son portfolio Ciel de saison. Un travail remarquable, nécessaire, documentant et interrogeant le réel avec humanité, singularité et humour. Baudouin Mouanda s’inscrit dans une filiation naturelle et complice avec l’œuvre de Roger Pic.
La remise du prix et le vernissage de l’exposition auront lieu le 13 octobre à 19h30 à la Scam (sur invitation).

Ciel de saison Baudoin Mouanda
photo Baudoin Mouanda
Baudouin Mouanda vit et travaille à Brazzaville. Il débute la photographie en chroniquant la vie brazzavilloise pour les journaux locaux. Très vite, il s’attache à l’histoire de son pays et aux séquelles des guerres à répétition qui ont endeuillé le Congo. Lauréat de nombreux prix et résidences, exposé dans les grands festivals photos, Baudouin Mouanda collabore régulièrement avec plusieurs journaux parmi lesquels Jeune Afrique, Planète Jeune, Afrique Magazine, Le Monde, Express Styles, VSD, L’Humanité. Ciel de saison est né des intempéries dues au changement climatique que connaît l’Afrique ces dernières années.

Baudouin Mouanda rejoint ainsi un palmarès composé de photographes de talent que la Scam est heureuse de mettre à l’honneur à l’occasion de ce trentième anniversaire du Prix Roger Pic. (suite…)

Rendez-vous était pris au Frames Pro, à Avignon, pour une 4e édition des Rencontres IRL de la Scam, qui, cette année, abordait l’incroyable popularité du phénomène true crime. Autour d’auteurs et d’autrices, décryptage de ce nouveau genre narratif où la réalité dépasse bien souvent la fiction.

Le genre du true crime, originellement littéraire, s’est étendu dans toutes les sphères de la création documentaire remportant un succès incroyable auprès d’un public toujours plus avide d’histoires singulières, tout particulièrement en France. Affaires criminelles, faits divers, enquêtes judiciaires… mais comment raconter l’indicible ? Qu’est-ce qui fait le sel d’une bonne histoire de true crime ?  Qu’est-ce que ces œuvres nous disent de la société ? Comment capter l’attention du public en évitant l’écueil du voyeurisme ?

À travers leurs récits empruntant différents chemins médiatiques (web, livre, radio et podcast, TV), les autrices et auteurs invités mènent l’enquête, parfois en totale immersion, décryptent les faits, se rapprochent au plus près des affaires et de leurs protagonistes….  La diversité des regards et des écritures documentaires permet d’appréhender une réalité qui souvent dépasse la fiction.

Une table ronde, animée par Julia Lagrée  en présence de :

Feldup, vidéaste, musicien
Victoria Charlton, vidéaste, autrice, présentatrice
Mathieu Palain, écrivain, journaliste
Constance Vilanova, journaliste indépendante en presse écrite, en radio et en podcast

Cette rencontre a été conçue par Pascaline Peretti pour la Scam.

Feldup est un vidéaste et musicien français dont la chaîne YouTube traite des faits étranges et des légendes urbaines qu’on retrouve souvent sur internet et au cœur des recoins sombres de l’horreur. Il est l’auteur de la série Findings qui explore par exemple les faces cachées de jeux en réalité alterné (ARG). Il écrit, compose et interprète de manière autodidacte et a sorti un premier album intitulé A Thousand Doors, Just One Key (label Talitres) en 2020.

YouTube / Twitter / Bandcamp

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