Rendez-vous au Palais du Grand Large, à Saint-Malo au festival Étonnants Voyageurs pour notre traditionnelle après-midi consacrée au grand écrivain-reporter Joseph Kessel à l’occasion de la remise du Prix Joseph Kessel 2025.
Le jury présidé par Olivier Weber, et représenté pour l’occasion par Annick Cojean, Pierre Haski, Michèle Kahn, Pascal Ory et Hubert Prolongeau, remettra le Prix Joseph Kessel 2025 à Mathias Enard, pour son livre Mélancolie des confins : Nord (Actes Sud).
Dans un monde en crise, où l’incertitude domine, les écrivains prennent la parole non pour asséner des vérités, mais pour interroger, éclairer, résister. Sous l’égide de Joseph Kessel, cette table-ronde réunit trois écrivains et une journaliste. Lauren Groff explore les racines violentes de l’Amérique dans Les terres indomptées et défend une littérature militante à travers sa librairie dédiée aux livres interdits aux États-Unis. L’Ukrainien Andreï Kourkov livre, avec Notre guerre quotidienne, le récit sensible d’un pays en guerre. Annick Cojean, journaliste au Monde, revient sur la bande dessinée Les Mémoires de la Shoah. Enfin, Daniel Munduruku incarne, avec force, la lutte des peuples autochtones d’Amazonie pour la sauvegarde de leurs cultures et de l’environnement.
Quatre écritures, un même souffle d’engagement littéraire pour redonner à la littérature sa place de boussole.
D’Aldira Akay, Beka Munduruku et Rylcélia Akay.
72’ – Production Pindorama Filmes – 2025
Trois femmes du collectif audiovisuel Daje Kapap Eypi prennent la caméra comme arme de défense de leurs ancêtres pour assurer la préservation et la transmission de leur mythologie Munduruku, qui parle des origines du monde, lorsque les hommes se sont transformés en forêts, en plantes et en animaux. La réalisation de ce film est également un acte de résistance et d’autodétermination. Depuis plus de 250 ans, sur les rives du fleuve Tapajós, dans l’État du Pará, au Brésil, le peuple Munduruku lutte contre l’invasion des pariwat (populations non indigènes) et les menaces de déforestation et de déplacement des terres. Des journalistes sont déjà venus avec des caméras pour raconter leur histoire. Cette fois-ci, les femmes Munduruku ont choisi d’utiliser elles-mêmes la technologie et de porter à l’écran, avec amour, la magie de leur communauté, de leur culture quotidienne et de l’esprit de la forêt, qui est une force spirituelle ancestrale et fait partie de la famille.
Lauréat du Grand Prix documentaire international et du Prix Mitrani au FIPADOC 2025, « Black Box Diaries » retrace le combat de la journaliste Shiori Itō contre l’omerta au Japon. Nommé aux Oscars 2025, ce documentaire exceptionnel sera projeté à Paris pour une séance unique.
Japon – 2024 – 102 minutes – Hanashi Films, Cineric Creative, Stars Sands Production, Akay Films
Depuis 2015, Shiori Itō défie les archaïsmes de la société japonaise. Elle dénonce son agression par un homme puissant, proche du Premier ministre. Seule contre tous, confrontée aux failles du système médiatique et judiciaire, la journaliste mène sa propre enquête, prête à tout pour briser l’omerta et faire éclater la vérité.
A l’occasion du Sommet de Paris 2025 pour l’action sur l’intelligence artificielle, 38 organisations européennes et mondiales de défense de la création, au sein desquelles la Scam est représentée, appellent à soutenir le développement d’une IA éthique et respectueuse des droits de la propriété intellectuelle autour de trois grands principes : transparence, autorisation, rémunération.
Vu la recommandation du Conseil sur l’intelligence artificielle de l’OCDE, en date du 3 mai 2024 et en particulier ses principes d’une approche responsable en appui d’une IA digne de confiance, notamment 1.2 sur le Respect de l’Etat de droit, 1.3 sur la Transparence et explicabilité et 1.5 sur la Responsabilité ;
Vu la Déclaration de l’Assemblée générale de l’ONU en date du 11 mars 2024, sur le développement de systèmes d’intelligence artificielle sûrs, sécurisés et dignes de confiance, notamment en encourageant, selon qu’il sera opportun et utile, l’application de garanties appropriées du respect des droits de propriété intellectuelle, y compris les contenus protégés par des droits d’auteur, tout en promouvant l’innovation ;
Vu le processus du G7 dit « d’Hiroshima »,
Les signataires réaffirment les principes suivants :
Listes des 38 organisations signataires
CEATL (Conseil européen des associations de traducteurs littéraires) est une organisation internationale à but non lucratif créée en 1993 pour permettre aux associations de traducteurs littéraires de différents pays européens d’échanger des points de vue et des informations et d’unir leurs forces afin d’améliorer le statut et les conditions de travail des traducteurs. Elle est aujourd’hui la plus grande organisation de traducteurs littéraires en Europe, avec 36 associations membres de 28 pays, représentant quelque 10 000 traducteurs littéraires individuels.
CEPI (Association européenne de production audiovisuelle) représente les intérêts des producteurs indépendants de cinéma et de télévision en Europe.
CICAE, Confédération Internationale des Cinémas d’Art et d’Essai, est une association à but non lucratif regroupant plus de 2400 cinémas d’art et d’essai dans 46 pays du monde, grâce à la collaboration de 14 réseaux nationaux et régionaux de cinémas d’art et d’essai, ainsi que des cinémas individuels, non encore représentés par un réseau national, et des festivals à travers le monde.
CISAC, la confédération internationale des sociétés d’auteurs, qui comprend 227 sociétés d’auteurs dans 116 pays et représente cinq millions de créateurs de toutes les régions du monde et de tous les répertoires artistiques : musique, audiovisuel, arts du spectacle, littérature et arts visuels.
ECSA (European Composer and Songwriter Alliance) représente plus de 30 000 compositeurs et auteurs-compositeurs professionnels dans 29 pays européens. Avec 59 organisations membres dans toute l’Europe, l’Alliance défend les intérêts des créateurs de musique artistique et classique (contemporaine), de musique cinématographique et audiovisuelle, ainsi que de musique populaire.
FEJ (Fédération européenne des journalistes) est la plus grande organisation de journalistes en Europe, représentant plus de 320 000 journalistes dans 73 organisations de journalistes dans 45 pays. La FEJ est reconnue par l’Union européenne et le Conseil de l’Europe comme la voix représentative des journalistes en Europe. La FEJ est membre de la Confédération européenne des syndicats (CES).
EMMA, l’association européenne des médias magazine, est la représentation unique et complète des médias magazine européens, sur papier et en format numérique, couvrant l’automobile, les affaires, la finance, l’actualité, les enfants, les bandes dessinées, les adolescents, l’intérêt général, la maison, les titres masculins et féminins, les guides télévisés, les revues B2B et scientifiques.
ENPA, l’Association européenne des éditeurs de journaux, est le plus grand organe représentatif des éditeurs de journaux en Europe. Elle promeut la liberté de la presse et défend les intérêts de 14 associations nationales réparties dans 14 pays européens. Elle est le principal interlocuteur des institutions européennes et joue un rôle clé dans les débats sur la politique des médias.
EPC, le Conseil des éditeurs européens, est un groupe de haut niveau composé de présidents et de directeurs généraux des principaux groupes de médias européens, représentant des entreprises actives dans les domaines des médias d’information, de la télévision, de la radio, des marchés numériques, des revues universitaires, de l’apprentissage en ligne, des bases de données et des livres.
Eurocinema, Association des producteurs de cinéma et de télévision, a pour objectif de défendre et de promouvoir le rôle fondamental de l’industrie cinématographique et des cinéastes dans une Europe politiquement et économiquement intégrée.
EUROCOPYA, Association européenne des sociétés de gestion collective de la copie privée des producteurs audiovisuels et cinématographiques. Elle représente les intérêts des producteurs audiovisuels en Europe.
Europa Distribution est l’association internationale des éditeurs et distributeurs de films indépendants. Avec plus de 125 distributeurs de films indépendants représentant 32 pays d’Europe et d’ailleurs, elle agit comme un réseau et un groupe de réflexion, et sert de voix au secteur.
EVA, European Visual Artists, représente les intérêts des organisations de gestion collective d’auteurs pour les arts visuels. 31 sociétés sont réunies sous ce toit. Elles gèrent collectivement les droits d’auteur de près de 170 000 créateurs d’œuvres d’art, d’illustration, de photographie, de design, d’architecture et d’autres œuvres visuelles.
CEE (Conseil des écrivains européens) est la plus grande fédération mondiale représentant uniquement les auteurs du secteur du livre et constituée de 50 associations professionnelles nationales d’écrivains et de traducteurs littéraires de 32 pays. Les membres du CEE comptent plus de 220 000 auteurs professionnels qui écrivent et publient dans 35 langues.
FEE/FEP, la Fédération des éditeurs européens, représente 29 associations nationales d’éditeurs de livres et de revues savantes de l’Union européenne et de l’Espace économique européen.
FERA (Federation of European Screen Directors) représente les réalisateurs de cinéma et de télévision au niveau européen, avec 48 associations de réalisateurs membres dans 35 pays. Fondée en 1980, elle est le porte-parole de plus de 20 000 réalisateurs européens, dont elle défend les intérêts culturels, créatifs et économiques.
FIA (Fédération internationale des acteurs) est une fédération syndicale mondiale représentant des syndicats d’artistes-interprètes, des guildes et des associations professionnelles dans environ 70 pays. Dans un monde connecté de contenu et de divertissement, elle défend des droits sociaux, économiques et moraux équitables pour les artistes-interprètes de l’audiovisuel travaillant dans tous les médias enregistrés et le théâtre en direct.
FIAD, la Fédération internationale des associations de distributeurs et d’éditeurs de films, représente et promeut les intérêts des associations nationales de distributeurs et d’éditeurs de films. Les sociétés membres de ces associations investissent dans des films de tous styles et de tous genres et les diffusent. Les membres de la FIAD sont présents dans 15 pays d’Europe où ils couvrent 90 à 100 % du marché des salles de cinéma.
FIAPF (Fédération internationale des associations des producteurs de films) / Film producers worldwide regroupe 36 associations de producteurs de 29 pays sur tous les continents.
FIM (Fédération internationale des musiciens) est le seul organisme représentant les musiciens professionnels et leurs syndicats au niveau mondial, avec des membres dans environ 65 pays couvrant toutes les régions du monde. Fondée en 1948, la FIM est reconnue en tant qu’ONG par diverses autorités internationales telles que l’OIT, l’OMPI, l’UNESCO, la Commission européenne, le Parlement européen ou le Conseil de l’Europe.
FSE (Fédération des scénaristes en Europe) est un réseau d’associations nationales et régionales, de guildes et de syndicats de scénaristes en Europe, créé en juin 2001. Elle regroupe 25 organisations de 19 pays, représentant plus de 7 000 scénaristes en Europe.
GESAC, le Groupement européen des sociétés d’auteurs, qui représente 32 sociétés d’auteurs en Europe et plus d’un million de créateurs de tous les répertoires artistiques.
IAF, la Fédération internationale des auteurs, représente plus de 700 000 auteurs dans le monde et milite pour leurs intérêts dans tous les pays. La Fédération est une plateforme internationale permanente qui veille à ce que la voix des auteurs soit entendue parmi les autres personnes ayant des droits et des intérêts dans les œuvres des créateurs.
ICMP est l’association professionnelle mondiale de l’industrie de l’édition musicale. Elle représente environ 90 % de la musique commercialisée dans le monde et compte parmi ses membres 76 associations nationales différentes, réparties sur les six continents, ainsi que les principales sociétés d’édition musicale et les sociétés indépendantes.
IFPI est la voix de l’industrie du disque dans le monde entier et représente plus de 8 000 maisons de disques membres dans le monde entier.
IFRRO, la Fédération internationale des organismes de droits de reproduction, est une association indépendante à but non lucratif. Elle facilite, sur une base internationale, la gestion collective des droits de reproduction et autres droits sur les œuvres textuelles et iconographiques grâce à la coopération de ses organisations membres de droits de reproduction (RRO). L’IFRRO compte plus de 158 membres, originaires de quelque 90 pays du monde entier. Nos membres représentent plusieurs millions d’auteurs, d’artistes visuels et d’éditeurs de livres, de revues, de journaux, de magazines et de musique imprimée.
IMPALA est l’association européenne des entreprises musicales indépendantes, qui représente plus de 6 000 entreprise du secteur de la musique. Sa mission est de développer durablement le secteur de la musique indépendante, d’accroître la valeur ajoutée pour les artistes, de promouvoir la diversité et l’esprit d’entreprise, d’améliorer l’accès à la politique, d’inspirer le changement et d’accroître l’accès au financement.
IMPF est l’organisme mondial de commerce et de défense des éditeurs de musique indépendants. Il contribue à créer un environnement commercial et entrepreneurial plus favorable en promouvant la diversité artistique, culturelle et commerciale pour les éditeurs de musique indépendants et les auteurs et compositeurs qu’ils représentent.
IPA, l’Association internationale des éditeurs, basée à Genève, en Suisse, est la plus grande fédération mondiale d’associations d’éditeurs nationales, régionales et spécialisées. Elle compte 101 associations membres dans 81 pays. Par l’intermédiaire de ses membres, l’IPA représente des milliers d’éditeurs individuels dans le monde entier qui servent les intérêts de leurs clients.
IVF, la Fédération internationale de la vidéo, représente des entreprises individuelles et des associations représentant des entreprises actives dans la production et la distribution de films et de contenus audiovisuels, avec un accent particulier sur la publication de ces contenus via toutes les formes de canaux légaux de distribution en ligne (modèles transactionnels pour un accès permanent ou limité dans le temps (TVOD), par abonnement (SVOD), financés par la publicité (AVOD et FAST)) ainsi que sur des supports physiques tels que le DVD et le Blu-ray.
News Media Europe (NME) est la voix de l’industrie progressiste des médias d’information en Europe, représentant plus de 2 700 marques de presse écrite, en ligne, radio et télévision, par l’intermédiaire d’associations nationales dans seize pays. Ensemble, nous défendons des principes clés qui sont essentiels pour nous : protéger la liberté de la presse, défendre l’avenir numérique de notre industrie et veiller à ce que la valeur du contenu soit correctement protégée.
SAA (Society of Audiovisual Authors) est l’association faîtière des organismes européens de gestion collective représentant les auteurs audiovisuels. Ses 33 membres répartis dans 25 pays gèrent les droits de plus de 167 000 scénaristes et réalisateurs européens de films, de programmes télévisés et d’œuvres multimédias.
SCAPR, le Conseil des sociétés de gestion collective des droits des artistes-interprètes, est une organisation à but non lucratif basée à Bruxelles, en Belgique. Fonctionnant comme une plateforme internationale pour le développement de la coopération pratique entre les organisations de gestion collective des artistes-interprètes (CMO), le SCAPR s’efforce d’améliorer l’efficacité de la gestion collective des droits des artistes-interprètes.
STM, l’Association internationale des éditeurs scientifiques, techniques et médicaux, est la principale association commerciale mondiale des éditeurs universitaires et professionnels. Elle compte environ 150 membres du monde entier qui, chaque année, publient collectivement près de 60 % de tous les articles de revues en langue anglaise et des dizaines de milliers de monographies et d’ouvrages de référence. Les membres de STM sont des sociétés savantes, des presses universitaires, des entreprises privées, des nouveaux venus et des acteurs établis – des organisations de toutes tailles et de tous les coins du monde.
UNIC (Union internationale des cinémas) est une association internationale représentant les exploitants de salles de cinéma et leurs associations nationales dans 39 territoires européens.
UNI MEI – UNI – Media, Entertainment and Arts réunit plus de 140 syndicats et guildes pour améliorer les normes et faire respecter les droits de plus de 500 000 créateurs, techniciens et travailleurs auxiliaires. Ensemble, nos membres œuvrent en faveur d’un secteur mondial du divertissement équitable, inclusif, égalitaire et durable et d’une transformation juste.
UVA (United Voice Artists) est une coalition mondiale de guildes, d’associations et de syndicats d’acteurs vocaux qui se sont unis pour poursuivre leurs objectifs communs de protection et de préservation de l’acte de création, en particulier par le biais de la voix humaine. Cette collaboration rassemble des associations et des syndicats de premier plan de l’Union européenne, notamment de France, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique et de Pologne, ainsi que des organisations de Suisse, de Turquie, des États-Unis d’Amérique, du Royaume-Uni et du Canada.
La Scam présente et met en avant les œuvres qu’elle prime et qu’elle soutient dans le répertoire des Écritures et Formes Émergentes. Venez découvrir un panorama des nouvelles écritures documentaires : réalité virtuelle ou augmentée, œuvres expérimentales, vidéos du web…
Des autrices et des auteurs explorent des formes narratives inédites en utilisant les nouvelles technologies pour raconter le réel.
Rémi Lainé président de la Scam, Pascal Goblot et Patrick Bousquet salueront l’artiste français, auteur d’une œuvre ludique et détonante, pionnier de l’utilisation de l’art vidéo sur scène et ancien membre de la commission des Écritures et formes émergentes de la Scam (qui nous as quittés en décembre 2023).
Prix Nouvelles Écritures 2024
Œuvre de réalité virtuelle sur casque VR – 40’ – 2023 – Atlas V, Reynard Films, France Télévisions (France.tv Storylab)
Expérience interactive et narrative nous invitant à voyager au cœur d’un cerveau : celui d’un père devenu aphasique, tel que se l’imagine sa fille, avec qui il ne peut plus dialoguer. Dans un rendu monochrome inspiré par l’animation traditionnelle, cette histoire intime est envisagée sous l’angle d’un périple aux accents surréalistes, qui propose d’explorer l’aphasie comme un pays lointain. Une expérience poétique de la perte d’une faculté, du temps qui passe, et du lien qui, malgré tout, subsiste.
Le Prix Nouvelles Écritures a été remis aux deux lauréats, lors de cette soirée.
Prix de l’œuvre expérimentale 2024
21’06 – La Fémis – 2023
Un internaute pénètre l’espace mental d’une intelligence artificielle à la recherche de Francine Descartes, la fille de René Descartes. Cette intelligence produit une quantité infinie d’images à partir d’une suite de mots commandés par l’Homme, jusqu’à fonctionner par elle-même, sans intervention humaine. Un monde alternatif et décharné, qui renferme toute la mémoire du monde, devient possible.
Projet lauréat de la bourse Brouillon d’un rêve Impact 2024
Pitch vidéo – 4’39
Que se passe-t-il dans le viseur d’un photographe ? Jetez un œil dans celui de mon appareil photo pour le découvrir ! Je m’appelle Thomas Dévényi et je suis photographe. J’aime figer le temps. Déclencher au bon moment, avec la bonne composition. Patienter quelques jours et découvrir les photos sur la pellicule. Garder une trace physique de ces instants suspendus et les transformer en objets finis sur des tirages d’art encadrés. Avec Rollfilms, je vous emmène avec moi sur le terrain. Grâce à deux caméras fixées sur mon appareil, je vous laisse regarder dans mon viseur et découvrir les instants qui précèdent mes photos.
Prix Émergences 2023
28’58 – (Extrait vidéo 10’11) – La Fémis – 2021
Quentin a découvert un disque dur appartenant à un adolescent qu’il ne connaît pas. Les discussions MSN et les photos qu’il contient vont l’amener à réfléchir sur la mémoire numérique et les traces que nous laissons.
Projet lauréat de la bourse Brouillon d’un rêve Écritures et formes émergentes 2024
Extrait du pitch vidéo
Not for Sale est un court film documentaire expérimental qui s’intéresse aux différentes couches qu’implique un héritage de terres en Afrique de l’Ouest au travers de la voix d’une jeune femme issue de la diaspora africaine qui souhaite comprendre pourquoi il y a tant de constructions et de terrains abandonnés pour ainsi questionner le rapport à la terre au pays de ses ancêtres qu’elle connaissait peu ou pas du tout.
Une soirée organisée par la commission des Écritures et Formes Émergentes de la Scam, animée par Pascal Goblot son président, Marianne Rigaux sa vice-présidente, Benjamin Hoguet, Virgile Novarina, Xavier Marquis, Ludovic Bassal et Gwenola Wagon membres de la commission.
À l’approche des élections législatives, et dans la perspective d’un renouvellement de l’Assemblée nationale, la Scam s’alarme de la fragilisation croissante du secteur culturel dont les enjeux, une fois de plus, semblent ignorés d’une majorité de candidates et candidats.
Le monde de la culture ne peut que s’inquiéter de l’avenir qui se profile. La souveraineté culturelle fonde notre socle commun depuis des siècles, il est capital de la préserver.
Des priorités s’imposent pour réguler et permettre au secteur de la culture et des médias de prospérer.
Les médias audiovisuels publics irriguent la création et répondent à une mission singulière en diffusant informations et savoirs auprès de toutes et tous.
Avec la fin de la contribution citoyenne en 2022, et celle de l’affectation d’une part de TVA au 31 décembre prochain, la question du financement est aujourd’hui laissée sans solution. Il est urgent et primordial d’assurer un moyen de financement pérenne aux antennes publiques : la proposition de loi organique consistant à mettre en place un prélèvement sur recettes, qui devait être examinée fin juin, doit pouvoir parvenir à son terme dès après les échéances électorales.
En outre, l’audiovisuel public fait l’objet de deux projets majeurs parmi les partis candidats aux élections législatives, une fusion pour certains, la privatisation pour d’autres, et son financement est loin d’être stabilisé.
La Scam s’était fermement opposée à la proposition de loi sur l’audiovisuel public qui prévoit de réunir au sein d’une holding France Télévisions, Radio France, l’INA et potentiellement France Médias Monde. Cette réforme ne nous semble pas nécessaire et comporte le risque d’accroître les charges de gestion au moment où les ressources publiques sont en danger.
Quant à la privatisation de France Télévisions et Radio France, elle est évidemment bien plus dangereuse et déstabilisatrice que la fusion. Elle induira une chute des tarifs publicitaires auprès des annonceurs, et donc des recettes publicitaires des chaînes privées, déjà décroissantes, qui affaiblirait l’ensemble de nos diffuseurs audiovisuels. Elle porte en elle un effondrement de la création audiovisuelle et sonore. Rappelons que pour FTV les engagements dans la production audiovisuelle sont de 440 M€ et font travailler des milliers d’auteurs, d’autrices et de techniciennes et techniciens.
Le développement de l’IA générative doit respecter les obligations de transparence et d’autorisation des ayants droit. Protéger nos industries créatives en assurant la fiabilité des contenus et la traçabilité des œuvres protégées qui les ont inspirés, est indispensable.
La Scam souhaite que les pouvoirs publics français soutiennent le meilleur niveau de protection possible pour ses créateurs et créatrices, en permettant l’application des outils de transparence les plus exigeants, dans les suites de l’adoption de l’IA Act à Bruxelles, et les adaptations nécessaires de l’arsenal juridique au niveau européen. C’est seulement à cette condition que les éditeurs d’IA français pourront prospérer dans un environnement juridique sain, assurant le respect des droits des auteurs.
Malgré l’essor remarquable du podcast et le vif intérêt du public pour la radio, la création sonore reste le parent pauvre des politiques publiques. Il est urgent de créer un dispositif de soutien pérenne pour le secteur du podcast en France, afin de porter la création française dans un écosystème aujourd’hui menacé par une offre internationale très concurrentielle, et dominé par les plateformes et les contenus anglo-saxons ainsi que par le déploiement non maîtrisé de l’IA.
La Scam milite pour la reconnaissance d’un vrai statut pour l’œuvre sonore, et pour une meilleure définition de l’auteur sonore dans le code de la propriété intellectuelle.
Elle souhaite la création d’un mécanisme de soutien public de toute la chaîne de création, et une obligation pour les diffuseurs de financer en partie des créations sonores originales et indépendantes.
Sur le plan européen enfin, il est nécessaire de soutenir la régulation du média sonore à l’instar des médias audiovisuels, et de rendre éligibles les créations sonores aux aides attribuées par l’Union européenne.
Trop de journalistes audiovisuels indépendants ne bénéficient pas d’une carte de presse en raison de la nature de leurs revenus. C’est un outil vital pour l’exercice de leur métier sur le terrain.
Le Scam préconise une évolution du fonctionnement de la commission qui attribue la carte de presse (CCIJP) pour faciliter le travail des instances d’examens. Il conviendrait d’opérer deux couloirs/formulaires distincts, assortis d’une période de délivrance propre à chacun :
Celui des journalistes-salariés (CDI/CDD/Pigistes) qui fourniraient, comme actuellement et sans changement, les éléments justifiant de leur activité professionnelle.
Celui des journalistes « indépendants » qui fourniraient la preuve que leurs revenus sont issus majoritairement de leur activité journalistique.
Les pouvoirs publics devront assurer les adaptations réglementaires et législatives qui permettront à cette commission professionnelle d’agir en ce sens.
Les principales organisations professionnelles au sein du Conseil Permanent des Écrivains (CPE) négocient depuis de longues années avec le Syndicat National de l’Édition (SNE). Si la France bénéficie d’un important réseau de librairies indépendantes grâce à la loi sur le prix unique, la situation des autrices et auteurs de l’écrit reste précaire, et un manque de transparence est à déplorer.
La Scam souhaite que l’accord CPE/SNE signé en décembre 2023 (reddition des comptes deux fois par an ; obligation d’information incombant à l’éditeur en cas de sous-cession des droits d’exploitation ; résiliation du contrat de traduction en cas de « disparition » du contrat de cession de l’œuvre première…) soit transposé dans la loi.
Elle demande également une réforme du cadre normatif du contrat d’édition pour un meilleur partage de la valeur, une rémunération minimale pour l’auteur de 10% du prix du livre hors taxe et la progressivité des taux de rémunération pour l’associer au succès de ses œuvres.
Face aux programmes vantant, sans autre souci que la marchandisation et le profit immédiat, la libéralisation des filières culturelles françaises, et en particulier des groupes audiovisuels du service public, la Scam rappelle que leur poids économique (45,3 milliards d’euros en 2021, soit 2% du PIB) est en grande partie lié aux mesures souveraines qui les ont préservés jusqu’à présent des règles et des excès du marché.
Brader cette économie saine et prospère au profit d’idéologies globalisantes, au moment où notre pays traverse une période d’incertitude majeure, est-ce une bonne idée ?
Contact presse : presse@scam.fr – 01 56 69 64 34
Au programme de cette 36e édition des États généraux du film documentaire, quatre films engagés, soutenus par le dispositif d’aide à la création de la Scam Brouillon d’un rêve, et le nouveau programme de la Nuit de la radio 2024 proposé par Anne de Giafferri. Rendez-vous pour deux jours de festivités, les 22 et 23 août 2024.
Qu’il pleuve, qu’il chauffe ou qu’il vente, contre bourrasques et marées, nous serons là, au cœur du mois d’août, réunis une fois de plus dans ce village si singulier qui contribue envers et contre tout aux grandes heures du documentaire. On pourrait ici se sentir loin du chaos du monde. Voire.
Celles et ceux qui le pratiquent savent combien le documentaire est un sport de combat.
Un combat de chaque instant.
Quatre films pour s’en convaincre.
Quatre brouillons d’un rêve que la Scam vous propose le jeudi 23 août.
Des films qui palpitent et inspirent un grand souffle.
Des films qui, j’en suis sûr, déborderont l’écran
Contre la censure et la dictature
Contre l’extrême-droite rampante qui avance masquée.
Contre ces rengaines qui nous font frémir et les chansons qui les combattent
Contre les loups qui rôdent mais ne sont pas encore rentrés dans Paris,
Contre la guerre toujours proche.
Contre soi-même. Parce qu’il le faut souvent, pour accéder à davantage de fraternité, de compréhension mutuelle, moins de frontières et moins d’ombres, plus de lumière.
Lussas, ses invités femmes et hommes, ses visiteuses et visiteurs, une âme résistante. De celle qui résiste à tout. Durable.
« … On tue l’esprit fermé par l’esprit ouvert » disait le regretté écrivain new-yorkais Paul Auster, cher disparu dont on se souviendra qu’il aimait la France et le documentaire.
Ici et maintenant, l’esprit est ouvert.
Rémi Lainé, réalisateur, président de la Scam
Rendez-vous pour la Journée Brouillon d’un rêve, dont la programmation, imaginée par les membres du jury, Laetitia Mikles, Laurent Cibien et Lise Roure, responsable du dispositif Brouillon d’un rêve de la Scam, mettra à l’honneur quatre films documentaires inédits.
La Nuit de la radio 2024 vous invite à une expérience d’écoute collective, casque sur les oreilles, pour découvrir Motus et bouche cousue d‘Anne de Giafferi. Elle explore la question du secret sous forme d’une déambulation « ethnosonographique » dans les archives de l’INA. Le secret, lieu de création et de poésie.
Attention, les places sont limitées, les tickets sont à retirer à l’accueil public du festival. Un quota de places sera disponible chaque jour à l’accueil public, dès l’ouverture de la billetterie à Lussas.
Au programme de la 35e édition des États généraux du film documentaire, cinq films engagés qui ont été soutenus par le dispositif d’aide à la création de la Scam Brouillon d’un rêve, et le nouveau programme de la Nuit de la radio 2023 proposé par Judith Bordas.
Une fois de plus, la Scam vous convie à un grand voyage dans les limbes des brouillons devenus films. Voyage dans le temps, voyage intérieur, voyage lointain d’Alep à Ahmedabad. Des voyages qui « ouvrent une brèche de contradiction » comme le disait si joliment à propos du genre documentaire l’ami Jean-Louis Comolli, disparu l’an dernier – lui qui aimait le foisonnement de Lussas.
A propos de voyage, je voudrais m’attarder un instant sur Kadib Abyad – La Mère de tous les mensonges qui terminera avec éclat notre journée Brouillon d’un Rêve. Asmae El Moudir, sa réalisatrice, est casablancaise. Elle se souvient depuis son tout-jeune âge d’un « besoin inné de raconter ». Sans doute son film vibrait-il déjà en elle sans même qu’elle le sache. « On a grandi ensemble », dit-elle. Il lui a fallu dix années pour le faire mûrir, pour « apprendre à raconter avec des images ». Le chemin de son rêve a été semé d’embûches, les sorcières et les bonnes fées étaient à l’affût. Asmae l’a porté en elle du Maroc au Sénégal, d’Ecosse en Italie, de Suisse aux Pays-Bas au gré des pitchs et des ateliers. Il y a eu des écritures, des réécritures, des aléas de production, des aides promises et jamais parvenues, d’autres trop modestes « pour un si grand rêve » même si tout était bon à prendre. Des prétendus sachants et sachantes ont tout remis en question. Il y a eu des moments de désespoir, des essaims de doutes et une force intérieure pour les esquiver : Asmae n’a jamais-jamais perdu de vue une petite étoile qui scintillait au bout du tunnel, le film à l’écran. Le Festival de Cannes a sélectionné Kadib Abyad pour Un Certain Regard. Asmae y a décroché le prix de la mise en scène puis dans la foulée, l’Œil d’or, le prix du documentaire créé par la Scam avec la complicité de Thierry Frémaux. Le voyage s’est poursuivi de festival en festival. Tchéquie, Afrique du sud en attendant Lussas. L’horizon s’élargit sans cesse, rien n’est désormais trop grand pour le rêve d’Asmae : lauréat de l’Œil d’or, La Mère de tous les mensonges est présélectionné pour les Oscars 2024. Asmae osait-elle l’imaginer quand toute petite elle éprouvait ce besoin de raconter ? Je dirais oui. Dix ans, elle n’a rien lâché. Asmae parle de « patience ». On pourrait dire « foi ». C’est surtout ce que l’on appelle être cinéaste.
Rémi Lainé, président de la Scam
Présentation du dispositif Brouillon d’un rêve Documentaire avec Lise Roure, responsable de l’aide à la création de la Scam (Bâtiment L’imaginaire).
Filmer l’autre côté du palier. Filmer comme un pacte scellé avec soi-même, avec sa ville, avec ses proches. Filmer la folle érudition d’un simple Monsieur. Filmer comme autant de subtils actes d’élévation, d’impertinence. La journée Brouillon d’un rêve vous convie à la découverte de cinq films remarquables, soutenus dès l’écriture par le dispositif d’aide à la création de la Scam.
(75’ – France – Dryade Films)
(90’ – France – La Société des Apaches)
(103’ – France, Syrie, Qatar – Caractères Productions)
(61’ – France – Les Films de l’Aqueduc)
(1h36’ – Maroc, Egypte – Insight Films, Fig Leaf Studios – Prix L’Œil d’Or Cannes 2023)
La Nuit de la radio 2023 vous invite à une expérience d’écoute collective, à Saint-Laurent sous Coiron, casque sur les oreilles, pour découvrir Les morts ne l’entendent pas de cette oreille de Judith Bordas.
Cette promenade dans des extraits mythiques de la radio, issus des collections de l’INA, est une enquête sur notre manière d’accompagner les morts, de faire rite, pour leur permettre de devenir des morts heureux.
Sur pré-inscription à l’accueil public.
A l’occasion de l’année du doc, Ciné concert La Fête sauvage avec les Percussions de Strasbourg.
La Fête Sauvage a nécessité plus de deux ans de tournage aux quatre coins de la planète, en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, au réalisateur Frédéric Rossif pour créer cette ode à la nature et aux animaux qui la peuplent.
Les mots, l’image… Deux façons de dire le monde, et un festival pour les faire dialoguer. Partenaire de cette troisième édition, la Scam soutient un cycle de cinq documentaires suivis de rencontres et d’échanges avec des cinéastes et des écrivains au cinéma indépendant Le Diagonal.
#LaComedieDuLivre25
97 mn. Agat Films et Ex nihilo
Rencontre avec Sébastien Lifschitz et Marie NDiaye, écrivaine
La jolie maison de campagne abritait un repaire de hors-la-loi. Près de New York, dans les années 60, Casa Susanna recevait une communauté clandestine de travestis. Un lieu rare où ces pionnières ont trouvé la liberté d’assumer leur identité, d’être elles-mêmes le temps d’un week-end.
52 min. Camera Lucida, Compagnie des Phares et Balises
Rencontre avec avec Virginie Linhart et Régis Penalva, directeur de la Comédie du Livre
À travers ses albums de famille et à la lumière de son œuvre, une plongée dans la vie de François Mauriac pour peindre le portrait d’un écrivain complexe, anticonformiste malgré lui, écartelé entre
les exigences de son origine bourgeoise et ses tentations « inavouables ».
Insoupçonnable, l’Affaire du Grêlé (épisodes 1 et 2) de la série docu-fiction d’Elie Wajeman, d’après Patricia Tourancheau
2 x 50 min. Imagissime
Rencontre avec Patricia Tourancheau, journaliste et scénariste de la série, et Alice Géraud, écrivaine et scénariste
L’affaire du Grêlé a hanté la crim’. Daniel Zagury, psychiatre expert en tueurs en série, se passionne pour un cold case récemment résolu. Et en particulier pour le meurtrier, indétectable. Une série
docu-fiction adaptée du travail de la journaliste Patricia Tourancheau.
76 min. Squawk et Kidam
Rencontre avec Jérôme Clément-Wilz et Maylis de Kerangal, écrivaine
À Haïti, le réalisateur a suivi pendant cinq ans la vie d’un garçon abandonné, Raphaël, et de Diane, la Canadienne qui l’a recueilli et se bat depuis dix ans pour faire reconnaître son adoption.
52 min. Solent Production en coproduction avec Minimal Films (Espagne)
Rencontre avec Catherine Bernstein et Mathias Énard, écrivain.
Il a porté la parole des rescapés espagnols des camps nazis. Militant anarchiste, syndicaliste, Enric Marco avait créé son martyr de toutes pièces. L’écrivain catalan Javier Cercas se penche sur l’imposture… et interroge le rôle du témoignage et de la fiction dans l’Histoire.
Ce cycle Littérature et Cinéma est proposé par Evelyn Prawidlo et animé par Élodie Karaki, Jean-Antoine Loiseau et Camille Thomine.
Les mots, l’image… Deux façons de dire le monde, et un festival pour les faire dialoguer. Partenaire de cette deuxième édition, la Scam soutient un cycle de cinq documentaires suivis de rencontres et d’échanges avec des cinéastes et des écrivains au cinéma indépendant Le Diagonal.
#LaComedieDuLivre24
52 mn. ARTE France et Magneto Presse.
Rencontre avec Ovidie, réalisatrice, journaliste, auteure.
La vie de Valérie Solanas, qui manqua de peu de tuer Andy Warhol, en 1968. L’année précédente, la militante était entrée en résistance en autopubliant le Scum Manifesto, sans doute le texte féministe le plus radical jamais écrit.
79 min. Iliade et Films, Eagles Team Entertainment, M141
Rencontre avec Oury Milshtein et Sarah Chiche, auteure, psychologue clinicienne, psychanalyste.
En famille ou sur la tombe de son psy, Oury Milshtein se retourne sur sa vie : un puzzle autobiographique et sentimental, au fil d’une chronologie aléatoire qui le ramène constamment à la mort, injustement absurde. C’est la vie…
52 min. Point du Jour – Les Films du Balibari, ZED
Rencontre avec Catherine Bernstein et Arno Bertina, écrivain.
La construction de 512 km de voie ferreé à travers les colonies françaises, de 1921 à 1934, pour exporter les richesses d’Afrique de l’Ouest vers la métropole. Déportation massive, travail forcé : des milliers de vies, celles des ouvriers africains, sont emportées, victimes de la grande mission “civilisatrice”.
99 min. Intermezzo Films, Luc Peter et Katia Monla
Rencontre avec Claude Baechtold et Joseph Incardona, écrivain, scénariste, réalisateur
Un road-movie pétaradant : la traversée de l’Afghanistan par un trio de reporters parti couvrir l’intervention américaine post-11 septembre 2001.
95 min. Les Films d’Ici Méditerranée
Rencontre avec Sylvère Petit, Vinciane Despret, psychologue et philosophe, Baptiste Morizot, philosophe, et Alain Damasio, écrivain.
Quatre animaux – une jument, un chien, deux philosophes – deux histoires pour interroger notre relation aux autres espèces, notre regard et notre coexistence.
Le cycle Littérature et Cinéma est proposé par Evelyn Prawidlo et animé par Vincent Deville, Marie-Pierre Soriano, Camille Thomine et Magali Wiéner.
Le prix Christophe de Ponfilly récompense cette année Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos, un couple surnommé les Garriberts. Ils ont fondé Les Jours il y a 9 ans avec une bande d’idéalistes, avec l’inébranlable conviction qu’il faut défendre une information indépendante … Aujourd’hui, ils ont fait des Jours une référence : experts dans la bollorisation des médias et de la démocratie et géniaux inventeurs du concept de la série journalistique avec les Obsessions.
Un portrait signé Nathalie Sapena pour notre lettre Astérisque.
Elle, la chevelure flamboyante et le look d’une chanteuse d’opéra. Lui, la boule à zéro et un petit sourire en coin. Le décor : un appartement transformé en rédaction, où on peut fumer sur le balcon, dans un immeuble bas du 19e arrondissement de Paris… Bienvenue dans l’univers d’Isabelle Roberts et de Raphaël Garrigos, deux journalistes qui portent le fer contre Vincent Bolloré depuis les premiers pas du milliardaire dans le paysage médiatique et qui ont osé fonder les Jours, petit média indépendant peuplé d’irréductibles journalistes résistant sans pub à l’envahissement des légions bollorisées des fakes news et des idéologues d’extrême droite…
Roberts / Raphaël / Isabelle/ Garrigos… Leurs noms se mélangent, se confondent, au point de s’amalgamer en une signature devenue célèbre et facile à retenir : les Garriberts, une idée d’un chef de service de Libé. « La rubrique du Dr Garriberts n’a pas duré longtemps, mais le nom nous est resté » ( Isabelle)… « Un duo devenu signature, il n’y aucun équivalent dans la presse, c’est une trouvaille inouïe », dit d’eux leur ami et ancien collègue à Libération Gérard Lefort.
Les Garriberts forment un couple dans la vie comme dans la presse. Ils écrivent à quatre mains, signent tous leurs articles à deux… « A deux, c’est plus drôle pour se coltiner des heures d’Hanouna » (Raphaël). Quand ils parlent, c’est d’un même souffle, une phrase commencée par l’un et terminée par l’autre « On est souvent ensemble » ( Isabelle). Ecrivent-ils comme ils s’expriment ? Personne ne le sait… « L’entité Garriberts » fascine tous ceux qui s’en approchent : « complètement en symbiose », « vraiment intriguant », « un duo baroque », « je les confonds toujours », « jamais vu s’engueuler »… et surtout « tellement drôles »… « Le Dr Garriberts, c’est le guerrier de Malaisie. Crack de la survie, son panache lui promet un grand parcours : exigeant, charismatique, il est devenu le chef naturel de sa tribu ». Voilà comment ils imaginaient leur présentation par Denis Brongniart, l’animateur de Koh Lanta (les Garriberts adooorent l’émission), eux les aventuriers du « Koh Kanapé » qui à l’époque chroniquaient dans Libération les programmes télé… Avec une certaine prescience, finalement, quand on voit ce qu’ils sont devenus : des patrons de presse qui depuis 9 ans font survivre leur petite tribu de journalistes indépendants dans la jungle médiatique…
L’humour est « une distance » dit Isabelle, mais au service d’un regard féroce et visionnaire sur le rôle de la télévision dans la vie démocratique du pays
Nathalie Sapena
« Le métier qu’on voulait faire, c’est journaliste à Libé », dit Raphaël… En 1998, les deux jeunes étudiants envoient une lettre de candidature au journaliste Pierre Marcelle : « vous avez mis des micros chez nous pour écrire ce qu’on disait », écrivent-ils. Ils débarquent dans la foulée comme stagiaires, déjà à deux, déjà différents. Et pas très bien accueillis avec leur look gothique. « Personne ne leur dit bonjour, personne ne leur demande ce qu’ils veulent faire (…) Le journal un vaste bordel, les rapports sont tendus et violents et eux arrivent à la fois très fiers et très impressionnés d’être là », se souvient Gérard Lefort… En 16 ans de Libé, les Garriberts ne connaîtront leur journal qu’en crise –une excellente école pour des spécialistes des médias…
Ils intègrent donc le service média – aux signatures illustres (Gérard Lefort et Pierre Marcelle, mais aussi Olivier Séguret, Mathieu Lindon…) et à l’immense liberté de ton. Ils rient beaucoup, ils font rire. Ils regardent la télé, toute la télé et la racontent, notamment dans leur fameuse rubrique Bourre-Paf. « On voulait parler de la télé que les lecteurs de Libé ne regardaient pas » (Isabelle). Suite de leurs aventures sur leur koh kanapé : « Partis en quête de nourriture télévisuelle sitôt notre arrivée, nous tombons sur une racine comestible mais déjà totalement rance : le Monument préféré des Français, avec Stéphane Bern sur France 2 » (Libération 2014). Et les lecteurs achètent l’édition du week-end exprès pour lire leurs pages – les études marketing le montent… L’humour est « une distance » dit Isabelle, mais au service d’un regard féroce et visionnaire sur le rôle de la télévision dans la vie démocratique du pays…
Ils se consacrent avec rigueur à cette rubrique peu considérée. « A cette période, il y a le mouvement de critique des médias, avec les documentaires de Pierre Carles (*administrateur de la Scam) comme « Pas vu pas pris », dont le service media et eux se saisissent », explique Catherine Mallaval, leur chef de service à l’époque. Ils chroniquent les conférences de presse de rentrée des chaînes de télévision « en journalistes, pour décrypter les enjeux, les jeux d’actionnaires, les frictions en termes de déontologie » poursuit Catherine Mallaval, qui aujourd’hui écrit des séries pour les Jours. Quand Hanouna fait ses premières apparitions médiatiques, ils déchiffrent vite le personnage. « Nous on le trouvait rigolo, pas sérieux… eux ils ont tout de suite compris qu’il était un danger dans un monde qui explosait en mille morceaux, et ils ont planté les crocs dedans », raconte Gérard Lefort.
Après une énième crise (le rachat de Libé par le milliardaire Drahi), ils quittent leur journal adoré. « Ça a été un très grand truc de quitter Libé. On a laissé un mot « Garriberts were here », comme dans Friends » (Raphaël). C’était le 6 janvier 2015. Le lendemain, la rédaction de Charlie Hebdo est massacrée… Ils auraient voulu reprendre leurs stylos, couvrir l’horreur, mais Libé leur dit non. « Le jour où on avait tellement besoin d’être journalistes, on ne l’était plus » (tous les deux).
Le lundi suivant, ils se mettent à travailler sur le concept des Jours… A l’époque, Mediapart vient de gagner 100.000 abonnés d’un coup avec l’affaire Cahuzac… et Rue 89 n’est déjà plus qu’un onglet sur le site du Nouvel Obs. Y-a-t-il une place pour un média en ligne capable de convaincre suffisamment de lecteurs prêts à payer pour des infos indépendantes ? « Il y avait déjà ce sentiment de fatigue informationnelle à l’époque, même si on appelait pas ça comme ça » (Raphaël).
Les deux Garriberts foncent, épaulés par d’anciens confrères de Libé (ils sont 9 associés). « C’était vertigineux, personne n’avait d’expertise entrepreneuriale à part moi », raconte Augustin Naepels, le directeur général des Jours et le seul non journaliste de la bande. Isabelle fait la tournée des investisseurs, trouve les emprunts bancaires, monte le crowdfunding. Raphaël planche sur l’éditorial.
Leur idée est de faire des séries, qu’ils baptisent Obsessions… Une autre façon d’écrire et de raconter l’actu et les faits, du « deep journalisme », du journalisme profond (Raphaël), favorisé par les possibilités immenses du numérique par rapport aux lourdeurs du papier. Ils mettent un soin particulier à la mise en forme, en s’inspirant de Netflix pour organiser la lecture du média sur Internet, et imposent une véritable politique photo. « A l’époque, il n’y avait pas de tarif photo pour Internet » (Raphaël). Pour Pascal Riché, ancien collègue de Libé et co-fondateur du site Rue 89, « appliquer la recette de la série au journalisme est vraiment très novateur, une vraie trouvaille dont s’inspirent aujourd’hui les journaux ». « Les lecteurs aspiraient à cela : se poser, enquêter, avoir des sources », (Isabelle). Le scénariste de la série télévisée « le Village français », Frédéric Krivine, les initie à cette écriture au long cours, aux arches narratives. En 9 ans, plus de 300 séries sont publiées, des longues, des courtes, des faits divers, de la politique avec des titres qui claquent comme House of Tocards, celle qui raconte l’Assemblée nationale depuis la dissolution.
La consécration vient très vite, avec le prix Albert Londres pour la série « Les Revenants » de David Thomson (publiée ensuite dans un livre) en 2017, des récits de djihadistes français de retour de Syrie. Le prix a une résonance toute particulière pour les fondateurs des Jours, comme ils l’écrivent sur leur site, en évoquant « la rencontre de deux journalismes qu’un siècle sépare : le feuilleton journalistique, cher à Albert Londres, et celui des Jours, (…) qui, par sa narration empruntant au langage des séries, parle à l’époque ». C’est la première fois qu’un « pure player », un media numérique, est récompensé.
« Au début on n’avait pas vu venir la croisade idéologique ». « Mais après, quand on a réalisé, tout faisait sens : la suppression des Guignols, du zapping, de l’investigation ». « C’étaient les premiers trophées ».
Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos
Mais leur meilleur scénariste, « c’est Vincent Bolloré » (Raphaël et Isabelle en chœur). Palme de la plus longue série, L’Empire, 225 épisodes depuis 2016 (plus les 69 pour L’Héritier, Arnaud Lagardère), des rebondissements innombrables au fur et à mesure qu’il avale les médias… « Si on peut faire cette enquête-là, c’est uniquement grâce à nos enquêtes de fond et à notre modèle éditorial des séries… » (Isabelle) « … qui est un super outil d’investigation. Ce n’est pas un artifice. On enquête de la même façon avec le Rassemblement national, par exemple » (Raphaël). Le duo, en plus de diriger l’entreprise pour elle, et la rédaction pour lui, continue à écrire chaque semaine sur son « méchant préféré »… Qui étonnamment ne leur a jamais fait aucun procès, lui qui a multiplié les procédures baillons contre France 2 ou France Inter. Malgré toutes ces années à lui coller aux basques, les Garriberts n’ont rencontré leur super méchant préféré qu’une fois en vrai, lors d’une conférence de presse en 2016. « Ce jour-là, j’ai piqué chez Vivendi un cendrier en cristal de sèvres ébréché » (Raphaël va le chercher sur son bureau). « On a son numéro de téléphone, mais il ne répond jamais » (Isabelle).
Dans l’épisode 6, le 21 février 2016, les Garriberts sortent un scoop, qui va servir de grille de lecture à toute la stratégie à venir du milliardaire. Ils mettent la main sur le compte-compte rendu d’un comité de management à Canal +, au cours duquel Bolloré vire en direct la DRH du groupe Canal +. « La haute direction d’une grande maison mérite un peu de terreur, un peu de crainte (…) La terreur fait bouger les gens », explique le grand patron à ses nouveaux sujets.. Les Garriberts écrivent : « Bolloré a prévenu : pendant cette période, il y aura une secousse à la tête et une stabilité sur le corps. Ce qui est, il faut le reconnaître, une assez bonne définition de la guillotine ». Le mode opératoire du milliardaire est en place, il va ensuite le dupliquer impitoyablement dans chaque média qu’il « bollorise » Itélé, le journal du dimanche, Europe 1, Paris Match… Les Garriberts deviennent des psys pour journalistes en souffrance du groupe Bolloré « car même chez C News, tout le monde n’est pas embrigadé » (Raphaël).
« Au début on n’avait pas vu venir la croisade idéologique (Isabelle). « Mais après, quand on a réalisé, tout faisait sens : la suppression des Guignols, du zapping, de l’investigation » (Raphaël). « C’étaient les premiers trophées » (Isabelle). Le tournant a eu lieu en 2019, avec l’arrivée de Zemmour, propulsé candidat à la présidentielle. Hanouna devient politique, pour le pire, et Bolloré le sérial killer trucide les rédactions, les unes après les autres, pour les transformer en force de frappe d’extrême-droite et catholique intégriste.
« Aujourd’hui l’édito de Pascal Praud donne le ‘la’ de la journée » (Raphaël). « Même le service public cite le JDD » (Isabelle). Les Garriberts, avec leurs enquêtes méthodiques et fouillées, nourrissent le débat public. Des combattants ? « Ce sont des journalistes, mais c’est une forme de combat, qui ne se déroule pas à armes égales. Nous on fait du journalisme, eux de la propagande », explique Augustin Naepels, le directeur financier des Jours. Et cette propagande puissante impacte directement le fonctionnement démocratique du pays. « Le JDD est dangereux quand, à la veille du 2e tour des élections législatives, il annonce qu’Attal va retirer le projet de loi sur l’immigration, alors que c’était tout simplement faux » (Raphaël). « Une manipulation » (Isabelle) dont se saisit immédiatement Jordan Bardella, le président du RN. Manipulation aussi quand Emmanuel Macron défend Gérard Depardieu en reprenant une ‘information’ donnée par Hanouna qui prétend que le montage du Complément d’enquête serait manipulé. « Le personnage le plus important de l’Etat va prendre ses infos chez Cyril Hanouna » (Isabelle).
«La plupart des médias Bolloré perdent beaucoup d’argent. Nous, avec notre million de budget annuel et nos 11 salariés, on lutte pour être à l’équilibre. David contre Goliath ». Les temps sont durs pour les médias qui naviguent à vue, les lecteurs changent, la distribution est aux mains des plateformes et de leurs algorithmes opaques. « Quels articles arrivent devant les yeux des lecteurs ? on n’en sait rien », poursuit Augustin Naepels. Les Jours, le plus gros des petits médias indépendants, fédèrent actuellement 10000 abonnés, en hausse depuis la dissolution. Ils ont pour la moitié moins de 35 ans, un lectorat différent de celui de la presse, masculin de plus de 60 ans. « Certains de nos abonnés offrent même les Jours à leurs parents. Le but est de grossir, de grandir, d’embaucher » (Isabelle).
Les Garriberts sont-ils heureux ? « Comme des Sisyphe du journalisme, ils poussent le rocher de l’indépendance. Ils croient en ce qu’ils font et ce n’est pas facile tous les jours », reconnaît Augustin Naepels… Le mot de la fin sera pour leur ami Gérard Lefort : « Sur Bolloré, ils devraient avoir des médailles de salut public … Longue vie aux Jours, longue vie aux Garriberts » !