Les Prix 2022 seront remis à Riga, en Lettonie, le lundi 28 novembre prochain. Un hommage sera rendu aux journalistes russes en exil et à leurs consœurs et confrères ukrainiens. Toutes et tous ont en partage une même volonté de lutter pour une information digne de ce nom. Les journalistes du Prix Albert Londres se veulent résolument à leurs côtés.

84e Prix de la presse écrite

Margaux Benn Le Figaro
Julie Brafman Libération
Christel Brigaudeau Libération
Hélène Coutard Society
Mathias Destal, Geoffrey Livolsi et Ariane Lavrillieux Disclose
Paul Gogo Libération
Louis Imbert Le Monde
Bruno Meyerfeld Le Monde
Sophie Tardy-Joubert XXI

38e Prix audiovisuel

Martin BoudotSérie Vert de rage (France 5, Première ligne – 3 x 50’)
Loup Bureau Tranchées (Unité – 85’)
Sarah Creta Libye les centres de la honte (Arte, Magneto – 60’)
Jules Giraudat Malte, au nom de Daphne (France 5, Forbidden films – 56’)
Alexandra Jousset et Ksenia Bolchakova Wagner, l’armée de l’ombre de Poutine (France 5, Capa Presse – 79’)
Anaïs Llobet et Reka Valerik Silent Voice (TV7 Bordeaux, Dublin film – 51’)
Jean-Baptiste Renaud, Sonia Ghezali et Shahzaib Wahlah11 septembre : 20 ans après, le retour des talibans (M6, Slugnews – 71’)

6e Prix du livre

Victor Castanet Les Fossoyeurs (Fayard)
Solène Chalvon-Fioriti La Femme qui s’est éveillée, une histoire afghane (Flammarion)
Vincent Larouche La saga SNC-Lavalin : un thriller géopolitique (Éditions La Presse)
Thibault Petit Handicap à vendre (Les Arènes)
Guillaume PitronL’Enfer numérique – Voyage au bout d’un like (Éditions LLL)
Charlotte PudlowskiOu peut-être une nuit (Grasset)

Contact presse

Stéphane Joseph – 06 82 90 01 93 – albert.londres@scam.fr

Logo partenaires prix Albert londres 2022

Dix films documentaires sortent sur les grands écrans en octobre 2022. Allez nombreux voir ces films dès les premiers jours pour leur donner une chance de rester à l’affiche la semaine suivante !

La Combattante
de Camille Ponsin

Prix de la compétition nationale du FIPADOC 2022

France – 2020 – 94′ – Minima Productions

Marie-José Tubiana, 90 ans, est une ethnologue à la retraite, spécialiste du Darfour. Chaque jour, elle recueille minutieusement des témoignages de réfugiés pour authentifier leur récit et compléter leur dossier de demandeur d’asile. Malgré son âge, elle met à contribution son savoir et le travail de toute une vie de recherche, pour mener son combat. Le combat d’une vie dédiée à autrui.

Sortie en salles le 5 octobre 2022.

Distribution : KMBO


40 jours, 4 criollos et du silence
de Jean-François Pignon

France – 2021 – 95′

Jean-François Pignon, dresseur reconnu de chevaux en liberté, se lance un nouveau défi : apprivoiser quatre chevaux dans leur milieu naturel, en totale liberté, dans le campo d’un célèbre chanteur français, Florent Pagny.
40 jours de voyage initiatique en Patagonie où il va mettre en œuvre son savoir faire et sa patience : peu à peu, la magie opère…

Sortie en salles le 5 octobre 2022.


Licu, une histoire roumaine
de Ana Dumitrescu

Roumanie – 2017 – 86′ – Jules et Films

La vie d’un homme de 92 ans qui a tout vécu : la paix, la guerre, le communisme, la révolution et l’après-révolution. Ce magnifique portrait d’un homme et de son pays est aussi le récit du temps qui passe.

Sortie en salles le 5 octobre 2022.

Distribution : BarProd

Pénélope, mon amour
de Claire Doyon

France – 2021 – 88′ – Tamara Films, Microclimat

Depuis 18 ans je filme Pénélope, jeune adulte porteuse d’autisme. Un jour j’ai ouvert le placard qui contenait des cassettes DV et des bobines super 8. Ça m’a presque crevé les yeux. Il fallait rassembler toutes ces images. Pénélope mon amour trace le parcours d’une mère et de sa fille à travers les années. Il raconte différentes étapes : le choc du diagnostic, la déclaration de guerre, l’abdication des armes, pour finalement accepter et découvrir un mode d’existence autre. Pénélope ne cesse d’acclamer ce qu’elle est, je ne cesse de questionner qui elle est. La réponse à la question est précisément dans cette quête infinie. Tout m’est renvoyé en miroir. Ainsi, n’est-ce pas Pénélope qui par ricochet me dit qui je suis ?

Sortie en salles le 12 octobre 2022.

Distribution : Norte Distribution

Temps morts
de Vincent Dieutre, Julien Thèves

France – 2020 – 84′ – À vif cinémas

L’un est confiné à Paris, l’autre à la campagne. L’un est écrivain, l’autre réalisateur. Au printemps 2020, tous deux correspondent avec leurs téléphones. Ils filment le réel et se filment dans l’épreuve, pendant l’épidémie. Cette traversée du temps est un document historique, intime et collectif, drôle et profond, tourné dans l’urgence de l’événement. Que faire de ce « temps mort », de ce temps retrouvé ?

Sortie en salles le 12 octobre 2022. 

Distribution : À vif cinémas

Habités
de Séverine Mathieu

France – 2021 – 85′ – Les Films du Carry, Dis-Formes, Lyon Capitale TV

Le film raconte ma rencontre avec quatre habitants de Marseille qui vivent entre raison et déraison. Considérés comme ‘malades’ par la société, ils habitent néanmoins en ville. Entre des périodes d’hospitalisation, ils tentent de s’élancer vers le monde commun, de l’habiter, d’y être présents, alors qu’ils sont eux-mêmes habités, étrangers, inspirés.

Sortie en salles le 19 octobre 2022.

Distribution : Les Films du Carry

Du TGM au TGV
de Ruggero Gabbai

France – 2022 – 88′ – Forma Internaitonal

Le parcours de la communauté juive de Tunisie partie pour la France en quête d’une nouvelle vie. Le documentaire s’articule autour d’images d’archives et d’interventions de juifs tunisiens qui livrent des témoignages touchants et poignants sur la face cachée de l’exil. Au-delà de la difficulté d’un nouveau départ dans un nouveau pays, c’est notamment la répercussion de ce déracinement sur plusieurs générations que le film tente de mettre en lumière.

Sortie en salles le 25 octobre 2022.

Hopper
de Phil Grabsky

Grande-Bretagne – 2022 – 90′ – Seventh Arts production

Les toiles d’Edward Hopper sont les plus reconnaissables dans l’art américain, elles sont appréciées, acclamées et restent mystérieuses. A l’occasion de la grande exposition au Whitney Museum de New York (à partir du 22 octobre 2022), Exposition sur Grand Écran présente son nouveau film consacré à l’art, la vie et l’entourage d’Hopper. Nous découvrirons la personnalité énigmatique derrière le pinceau : ses débuts d’illustrateur, sa femme qui abandonna une carrière artistique prometteuse pour devenir son agent, et son succès critique aussi bien que commercial. Mêlant interviews d’experts, extraits de journaux personnels, et une surprenante réflexion visuelle de la vie aux États-Unis, le film donne vie à l’artiste américain le plus influent de l’histoire.

Sortie en salles le 25 octobre 2022.

Distribution : Seventh Arts production

Mon pays imaginaire
de Patricio Guzmán

Chili, France – 2022 – 83′ – ARTE France Cinéma, Market Chile

Octobre 2019, une révolution inattendue, une explosion sociale. Un million et demi de personnes ont manifesté dans les rues de Santiago pour plus de démocratie, une vie plus digne, une meilleure éducation, un meilleur système de santé et une nouvelle Constitution. Le Chili avait retrouvé sa mémoire. L’événement que j’attendais depuis mes luttes étudiantes de 1973 se concrétisait enfin.

Sortie en salles le 26 octobre 2022.

Distribution : Pyramide Films

Derniers jours d’un médecin de campagne
de Olivier Ducray

France – 2018 – 52′ – Hanna Films, Les productions du désordre, France 3 Bourgogne/Franche-comté, LCP la chaîne parlementaire

Patrick Laine, 68 ans, exerce la médecine depuis 35 ans à Saulnot, petite commune de Haute-Saône. Passionné par son travail mais usé, il sait qu’il va devoir s’arrêter. Mais aucun successeur ne s’est présenté pour prendre le relais. Ses derniers mois d’exercice sont de plus en plus difficiles car s’approche ce qu’il a toujours voulu éviter : laisser ses patients sans médecin et sans soutien.

Sortie en salles le 26 octobre 2022.

Distribution : Tamasa Distribution

Auteur, réalisateur, producteur, enseignant, Jean-Marie Barbe est avant tout un « passeur de films documentaire d’auteur », et c’est avec reconnaissance que le conseil d’administration de la Scam lui a attribué le Prix Jean-Marie Drot 2022.

Auteur, Jean-Marie Barbe a réalisé une quinzaine de films documentaires, depuis Benleù Ben, la tradition orale en Cévennes (1979), jusqu’au portrait de Chris Marker, Chris Marker never explain never complain, avec Arnaud Lambert (2014). Citoyen du monde enraciné en Ardèche, il nourrit la conviction de rester en milieu rural afin de le transformer par le cinéma. Sous son impulsion, le festival Cinémas des pays et régions voit le jour en 1978.

Producteur, il crée en juin 1983 la société de production audiovisuelle Ardèche Images production qui compte à son catalogue plus d’une centaine de films réalisés par plus de quarante cinéastes, dont André S. Labarthe, Pierre Oscar Lévy, Christopher Walker, Caroline Buffard, Joëlle Janssen, Jacques Deschamps…

Passeur de films documentaires, Jean-Marie Barbe est à l’origine en 1988 du premier festival consacré au documentaire de création, Les États Généraux du film documentaire, à Lussas en Ardèche. Depuis, il n’a eu de cesse de poursuivre son action en développant une véritable « cité » du documentaire dans le village de Lussas : un pôle édition et distribution avec Doc Net Films, un pôle information avec Film-documentaire.fr, un pôle formation avec L’Ecole du doc, un pôle d’actions internationales avec DocMonde et Lumières du Monde… Dernière-née, la plateforme de S-VOD Tënk, spécialisée dans le documentaire de création, qu’il fonde en juillet 2016 et compte aujourd’hui 10 000 abonnés.

Ce Prix porte le nom de Jean-Marie Drot, membre fondateur et président de la Scam de 1995 à 1999, défenseur inlassable des arts, de la diversité culturelle et du droit d’auteur. Il honore celles et ceux qui, par leur engagement, œuvrent en faveur des autrices et des auteurs, de la culture et de la création.

Contact presse

Astrid Lockhart – 06 73 84 98 27 – astrid.lockhart@scam.fr

Le Festival Pariscience lance la 6e édition du Salon des idées scientifiques en partenariat avec la Scam, l’occasion de rencontrer des professionnels scientifiques dont les travaux pourraient vous inspirer un film documentaire.

À l’origine de tout projet de film documentaire, il y a une rencontre… Identifié en France et dans le monde comme un pôle d’échanges du documentaire scientifique, Pariscience agit en catalyseur de projets de films.

Si vous souhaitez rencontrer des scientifiques porteurs de projets, vous êtes invités à vous inscrire via le formulaire en ligne pour échanger ensemble sur leur projet.

Ces rendez-vous, d’une heure environ, se tiendront en visioconférence du lundi 17 au vendredi 21 octobre, et vous permettront de rencontrer les scientifiques porteurs de projet pour peut-être donner naissance aux documentaires de demain.

Le Salon des Idées Scientifiques est ouvert à toutes et tous les professionnels de l’audiovisuel.

Le nombre de places étant limité, les rencontres vous seront proposées, autant que possible, selon les vœux indiqués. Les rendez-vous seront confirmés par courriel.

Pour plus d’informations vous pouvez contacter :
Noémie Desveaux, assistante de coordination à : noemie.desveaux@science-television.com ou par téléphone : +33 (0)6 58 31 34 75.

Découvrez les finalistes de la 5e édition du prix créé par l’ATAA avec le soutien de la Scam, qui valorise les métiers de la traduction ! Le prix 2021-2022 sera annoncé et remis au cours de la soirée.

Christophe Elson & Marie Laroussinie

pour Derrière nos écrans de fumée  (titre original : The Social Dilemma) de Jeff Orlowski
94’ – 2020 – USA – Exposure Lab, Argent Pictures et The Space Program, diffusé sur Netflix, laboratoire : Dubbing Brothers

Entre documentaire et drame, ce film donne la parole à des experts qui nous mettent en garde contre les innovations dont ils ont été les pionniers et décrient l’impact dangereux des réseaux sociaux. Il décortique le modèle économique des entreprises du numérique, telles que Facebook, Google, Twitter, Instagram et YouTube. Des analyses d’universitaires, comme Shoshana Zuboff qui a créé le concept de « capitalisme de surveillance », et des témoignages alarmistes d’anciens employés de ces géants du Web (ingénieurs, concepteurs de services, dirigeants, etc.) défilent, illustrés par des séquences fictionnelles mettant en scène des adolescents dont l’attention est de plus en plus mobilisée par leur activité en ligne. (suite…)

On peut ne pas adhérer à toutes vos saillies, n’empêche, quand vous l’ouvriez, ça avait de la gueule.

A Yvonne Baby, autre grande disparue de l’année qui vous interrogeait en mars 1960 sur A bout de Souffle, vous lâchiez : « Ce film est un documentaire sur Jean Paul Belmondo et Jean Seberg ».

« Jean Luc Godard n’a jamais opposé fiction et documentaire. Pour lui, un film, c’est d’abord voir, avant d’écrire et filmer. C’est un documentaire avec des acteurs, le personnage est d’abord filmé « documentairement » : telle est la clé pour rentrer dans le cinéma de Godard, sa marque de fabrique » analyse Marc Cerisuelo, professeur d’études cinématographiques à l’Université Gustave Eiffel.

En 1959, à propos de Moi un Noir, film de Jean Rouch, vous écriviez dans les Cahiers du Cinéma : « Mettons les points sur les “i”. Tous les grands films de fiction tendent au documentaire, comme tous les documentaires tendent à la fiction ».

Vous remettiez le couvert, si j’ose dire, en 1992 dans un entretien avec Artavazd Pelechian dans Le Monde : « Aujourd’hui la différence entre documentaire et fiction, entre un film documentaire et un film du commerce, même s’il se dit artistique, c’est que le documentaire a une attitude morale qui n’existe plus guère dans le film de fiction. La Nouvelle Vague a toujours mêlé les deux, nous avons toujours dit que Rouch était passionnant parce qu’à force de documentaire il fait de la fiction, et que chez Renoir, à force de fiction, il fait du documentaire ».

On vous salue Godard, membre de la Scam depuis 1989. Parmi la trentaine d’œuvres  dont vous nous avez déclaré les droits, citons :  la série « Histoire(s) de cinéma » avec « Toutes les histoires », « Une histoire seule », « Seul le cinéma », « Fatale Beauté », « La Monnaie de l’absolu », « Une vague nouvelle », « Le Contrôle de l’univers », « Les Signes parmi nous »… et la série « Six fois deux / Sur et sous la communication », réalisée aux côtés de Anne-Marie Miéville.

Rémi Lainé, réalisateur, président

À l’occasion du festival Frames 2022, le Prix de la vulgarisation de la Scam a été décerné à Emmanuel Gougeon, chaîne Feedback Chroniques,  pour son œuvre Des Mythes au storytelling : pourquoi ce besoin de nous raconter des histoires ?


Des mythes anciens aux écrans publicitaires, des contes fantastiques aux campagnes présidentielles, les récits font partie de ces choses auxquelles on ne prête pas beaucoup d’attention bien qu’ils nous accompagnent depuis nos origines, traversent nos sociétés, influencent notre quotidien. Alors essayons de considérer, non pas comme une évidence, mais comme une curiosité, le fait que les récits et les fictions narratives occupent à ce point nos esprits.

Emmanuel Gougeon

Après avoir effectué un master en science politique et sociologie à l’université Lyon 2 puis un master en histoire des sciences et des techniques à l’EHESS, j’ai voulu prolonger les recherches que j’avais entreprises sur la circulation des savoirs à un niveau plus expérimental, en travaillant à la diffusion des sciences sociales, dans une optique interdisciplinaire et auprès du grand public. Ce projet a abouti aux chroniques Feedback.

Lien vers la chaîne
(suite…)

Accords signés entre OCS, les syndicats de producteurs et distributeurs audiovisuels et les sociétés d’auteurs.

OCS, les syndicats de producteurs et distributeurs audiovisuels (AnimFrance, SATEV, SEDPA, SPECT, SPI et USPA) et les sociétés d’auteurs (SACD et Scam) ont conclu des accords interprofessionnels dans le cadre des décrets n°2021-1924 du 30 décembre 2021 et n°2021-793 du 22 juin 2021.

Acteur important et singulier de la production audiovisuelle depuis plus de 10 ans, comme en témoignent ses deux labels de création « OCS Signature » et « OCS Originals », OCS a souhaité porter son obligation d’investissement dans la production audiovisuelle patrimoniale de 6 à 7% du chiffre d’affaires net de l’exercice précédent pour soutenir une politique éditoriale ambitieuse et diversifiée.

Les parties se sont mises d’accord sur un certain nombre de modulations de la contribution d’OCS autorisées par les décrets.

Les accords conclus entrent rétroactivement en vigueur au 1er janvier 2022, pour une durée de trois ans. OCS, les syndicats de producteurs et distributeurs audiovisuels (AnimFrance, SATEV, SEDPA, SPECT, SPI et USPA) et les sociétés d’auteurs (SACD et Scam) se félicitent du renouvellement de leur partenariat au bénéfice de la création française.

contacts presse

Scam – Astrid Lockhart – astrid.lockhart@scam.fr – 06 73 84 98 27
OCS – Isabelle di Costanzo – isabelle.dicostanzo@orange.com – 06 08 71 42 99
OCS – Ludovic Gottigny – ludovic.gottigny@orange.com – 06 77 07 10 28
SACD – Agnès Mazet – agnes.mazet@sacd.fr – 06 85 12 29 59
AnimFrance & Uspa – Stéphane Le Bars – s.lebars@uspa.fr – 06 60 23 53 96
Satev – Florence Braka – f.braka@ffap.fr – 06 03 51 70 18
Sedpa – Emmanuelle Jouanole – ejouanole@terranoa.com – 06 33 68 36 54
Spect – Vincent Gisbert – vincentgisbert@spect.fr – 06 18 01 54 34
SPI – Emmanuelle Mauger – emauger@lespi.org – 06 63 01 83 06

Depuis quarante ans, la Scam s’est construit une identité visuelle forte : son site, scam.fr, sa revue, Astérisque, ses créations graphiques portent haut l’ensemble de ses engagements. Mais, alors qu’elle incarne le réel à travers l’image ou le texte, il lui manquait de se raconter par le son.

Retour sur un voyage créatif et sensoriel, aux côtés de l’autrice-compositrice et documentariste sonore Marie Guérin. Elle a capté les bruits du monde mêlés aux motifs musicaux qu’elle a façonnés pour créer l’identité sonore de la Scam.

La glaneuse

Formée, en partie, à l’Institut national de l’audiovisuel, Marie Guérin y aborde les notions techniques et physiques relatives à l’onde sonore. Puis, elle intègre la classe d’électroacoustique de la compositrice Christine Groult, au Conservatoire régional de Pantin, où elle étudie ce que l’expérimentation dite schaefferienne — du nom de Pierre Schaeffer, connu comme le père de la musique concrète — nomme « l’écoute réduite », et dont ces classes sont l’héritage. Marie apprend à tresser un discours, une composition, dans ce que François Bayle, autre pionnier expérimentateur de cette musique, appelle « un aller-retour incessant entre le geste et l’oreille ».

Piocher dans le réel son caractère musical, lors d’une cueillette, d’une capture dans l’environnement sonore, chercher sa poésie « inouïe », comme la définit Schaeffer. Cette matière première collectée qui se transforme, se détourne, se coupe, se retouche, se monte pour que ces sons microphoniques deviennent des sons jamais entendus. C’est ainsi que Marie Guérin crée.

Pour cette nouvelle composition, l’artiste sort du studio, armée de son expérience de musicienne électroacoustique et de documentariste audio, et part capturer le réel, ces bruits du monde. Les prélever. Pour les (re)composer. Trouver sa gamme, les notes, les couleurs.

La signature sera un mélange entre des prises de son du réel, une mélodie jouée à la fois par des instruments acoustiques et des instruments virtuels, le tout façonné en studio par les outils de la musique électronique.

Durant plusieurs jours, Marie arpentera la nature, la ville, des terrains divers et multiples pour capter le bouillonnement de ce qui nous entoure et forger l’identité sonore d’un collectif d’auteurs et d’autrices du réel…

Bienvenue sur le chemin de la création.

Traduire et transposer l’identité de la Scam, recueillir et concentrer ses intentions, ses regards, ses envies, ses énergies, sa diversité, ses voix dans une signature sonore. Passionnant !

Marie Guérin

Jour 1 – La mise en mouvement

Point de départ : l’élaboration d’une partition, d’une formule, un motif comme une typographie sonore, un jeu de ponctuation… Une composition, certes, mais pas au sens classique du terme. Non. Marie Guérin chantonne. Une ritournelle. Inspirée de la tradition orale, populaire, elle sera la base de son travail, mais aussi celle d’une culture ancestrale, où la musique est conçue, organisée, enseignée, conservée en dehors de tout système d’écriture, et que Marie a à cœur de faire entendre. Travaillée avec les outils de la musique électronique, la mélodie sera posée, puis embarquée pour le début d’une autre marche, celle de la glaneuse en quête du réel, de la polyphonie du monde.

L’artiste décide d’entamer son voyage du côté de Montmartre. Équipée d’une enceinte Bluetooth pour rediffuser le motif musical sur le terrain, de son enregistreur, et de son micro qu’elle dit être sa plume, ses notes, sa gamme. Comme pour Charles Duvelle, ethnomusicologue et grand collecteur de musique populaire, « utiliser le microphone comme on utilise un instrument de musique ».

Elle grimpe vers la basilique du Sacré-Cœur. « Hakuna Matata », lui glisse un vendeur de bracelets brésiliens à la sauvette. Et ce sera à la sauvette que Marie poursuivra sa récolte… Elle rencontre Moncef, en haut de la butte, Bernardo et Maxence. Musiciens qui pour le plaisir du passant grattent leur guitare en échange de quelques pièces. Elle enregistre. Puis, rue des Trois-Frères, dans un immeuble soutenu par des étais, Jésus et Elloy. Elle boit une bière, fume une cigarette. Ce jour-là, Marie a recueilli le silence dans la basilique et la prière de l’un de ces flâneurs… Jésus a joué à la guitare la mélodie qu’elle a composée, diffusée sur l’enceinte. Marie éteint l’enregistreur.

Jour 2 – Se confronter au monde

Se fondre dans le réel. Capter ce qui étreint, accumuler et bâtir la banque de sons qui composera les fondations du corpus original. Y plonger le motif mélodico-rythmique. Bousculer la partition. Le travail de création et d’immersion se poursuit.

Suivant sa première inspiration, guidée par l’idée d’aller glaner au pied des street pianos — ces instruments placés dans la rue ou dans les espaces publics qui invitent le passant à jouer, à l’instant — Marie se rend gare Montparnasse, où elle croise Pierre. Assis au piano, il improvise La Lettre à Élise. Ensemble, ils tentent de reproduire la mélodie de Marie qu’elle diffuse et rediffuse comme un memento sur l’enceinte ambulante… Mais cela ne prend pas. Ce que l’on imagine, parfois, et ce que la réalité nous donne ne s’accordent pas toujours.

Marie voudrait pouvoir écrire une partition avec cette musique anecdotique, selon la formule de Luc Ferrari — représentant majeur dans les années 1960 de la musique concrète : un mélange de réel impromptu, fixé et composé de notes, de croquis, de photos, de citations, de ces substances capturées du terrain…  Il faut que l’instrumentarium se construise, trouver ce son de tête, chef de file de l’œuvre.

Jour 3 – Quand soufflent les voix

De cette matière amassée au son de ses escapades, Marie veut nourrir la mélodie d’une présence humaine. Des souffles, des voix, distinctes ou pas, qui bourdonnent, murmurent, glissent dans l’atmosphère. L’artiste cherche la rumeur, cet ensemble confus de bruits, de sons, au même instant, au même endroit. Elle part à la rencontre de la chorale La Tête à l’Est, dirigée par Corinne Ernoux. L’ensemble vocale se lance, les pépiements s’échappent alors de l’harmonie d’où vibre la note en accord continu. Quand le réel se met au service de la mélodie et qu’il devient grille et partition. Le corpus s’étoffe.

Jour 4 – Voyage dans le temps et l’espace

Retour à la gare Saint-Lazare, en immersion. Moumene, voyageur au street piano, rejoue la mélodie de Marie à l’oreille… Mais le piano est trop moderne. Sa tonalité ? La quintessence de la musique occidentale. Marie replonge alors à la genèse, lorsque la mélodie s’est imposée à elle. Cette ritournelle, ancestrale. Le serpent s’invite doucement dans ses pensées créatives. Courbé en S, percé de six trous, à la vibration cuivrée, dont les premières traces remontent à la fin du XVIe siècle, il a longtemps accompagné le chant liturgique et le chœur dont il renforçait la partie grave lors des offices religieux. Pour l’artiste, il incarne quelque chose d’atemporel, d’inclassable, datant d’une époque où la notation musicale était minimale, au plus juste de ce que représente pour elle la musique électroacoustique.

Dans le soin et l’énergie apportés à la confection d’un corpus original se joue déjà une intention forte. Dans les prises de sons, on entend le geste et son intentionnalité. Une clé est à trouver, là, dans le geste – si fort et chargé de responsabilité – de captation du réel.

Marie Guérin

Volny Houstiou, professeur de serpent et de tuba au conservatoire de Rouen, arrive à Paris pour accompagner Marie dans une nouvelle séance d’enregistrement. Déplacer l’instrument in situ. Pour cela, ils investissent la Scam, son porche, sa cour, ses caves, pour y tester différentes acoustiques. Puis, le brouhaha du parc Monceau voisin, entre quiétude et agitation, nœud d’énergie, où Volny se met à jouer au milieu d’un groupe de sportifs. Ça bruisse, palpite, bourdonne…

Pause. Se reprend le souffle.

Comme pour retourner à l’essence même de cet instrument immémorial qu’est le serpent, un dernier instant le consacre, dans l’église orthodoxe roumaine des Saints-Archanges, où le père Iulian les accueille, rue Jean-de-Bauvais dans le Ve arrondissement. Un dernier voyage. Dans le temps et l’espace. Pour capter cette sonorité sublimée dans ce lieu de sacre. La journée est finie. La quête aussi.

Dans le studio du compositeur électronique commencent maintenant le tissage, la composition à partir de ces matériaux. À assembler. Puis à mixer.

Jour 5 – Mise en boîte

La séquence de mixage, réalisé dans les studios du Groupe de recherches musicales — fondés en 1948 par Pierre Schaeffer sous le nom de Groupe de musique concrète, et qui reste aujourd’hui l’un des plus grands centres de musique électroacoustique — clôt cette partition pensée avec les bruits du monde. Avant-dernière étape durant laquelle Marie transpose ce corpus sonore vers la composition finale. Elle joue avec les sons, les étire, les mélange aux instruments électroniques.

L’identité se décompose puis se recompose en autant d’univers que d’usages. Pour la Scam, Marie a imaginé le son du logo animé jusqu’ici muet, un tapis sonore et des virgules qui viendront tour à tour rythmer les contenus vidéos et podcasts à venir de la société d’auteur.

La signature sonore est enfin là. Imaginée, conçue et créée dans ce passage étroit entre la musique et la voix, entre réalité et création, entre bruit du monde et arythmie instrumentale. Un travail délicat, réalisé grâce au savoir-faire et à la sensibilité de Marie Guérin et avec la complicité professionnelle du studio wave.audio, qui désormais fera vivre, et surtout vibrer la Scam.

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

photo Thomas Bartel

Quatre films documentaires soutenus par la Scam et accueillis en résidence de montage par Périphérie, seront projetés et suivis d’une rencontre avec les auteurices.

14h : Gardien des mondes de Leïla Chaïbi (2021 – 91’)

Brouillon d’un rêve documentaire 2018

Une nuit, au pied d’un tombeau, Hassan s’est endormi d’un sommeil de mort. Au petit matin, il décide de vivre parmi les tombes. Depuis quarante ans, sur les collines du Jellaz en Tunisie, il veille les absents et observe les vivants. Entre réalité et rêve, Hassan nous invite à partager ses mondes.

16h : L’Bnat de Karim Hapette (2021 – 52’)

Brouillon d’un rêve documentaire 2020

Alors que le jeûne du ramadan débute dans tout le pays, la ville de Khénifra n’a d’yeux que pour les jeunes joueuses du Chabab Atlas Khenifra Football Féminin (CAK FF), L’Bnat (les filles en arabe) sont les vedettes d’un tournoi local de football qui pourrait changer le cours de leurs destins.

17h30 : Mauvaises Filles de Émérance Dubas (2022 – 71’)

Brouillon d’un rêve documentaire 2019

Insoumises, rebelles, incomprises ou simplement mal-aimées. Comme tant d’autres femmes en France, Édith, Michèle, Éveline et Fabienne ont été placées en maison de correction à l’adolescence. Aujourd’hui, portée par une incroyable force de vie, chacune raconte son histoire et révèle le sort bouleversant réservé à ces « mauvaises filles » jusqu’à la fin des années 70

20h15 : Kiw de Frederik Arens Grandin (2020 – 73’)

Brouillon d’un rêve documentaire 2015

Après une série de revers, le jeune libanais Ali quitte Paris et retourne à Dakar. Son nouveau projet – une petite usine de poisson baptisée « Kiw Poissonnerie ». Cette fois-ci Ali semble avoir vraiment touché le jackpot. L’entreprise se développe bien malgré l’exploitation internationale des eaux sénégalaises, malgré la saison des pluies et les coupures d’électricité. Mais le cousin rejoint la société et met tout en désordre. Pour Ali, l’odyssée recommence. Prochain arrêt : Haïti